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Page créée en juin 2023
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Détail d'une chasuble de cérémonie   Page 1 : Extérieur, narthex, nef, vitraux et chapelles latérales ;
Page 2 : Croisée du transept, bras nord, bras sud, chœur et déambulatoire ;
Page 3 : Trésor et retable anversois.
La Vierge de l'Assomption dans le retable anversois
LE TRÉSOR DE LA CATHÉDRALE SAINT-PIERRE DE RENNES

Retable flamand : La Vierge de la Dormition entourée par les apôtres, détail.
1 - LE TRÉSOR : LES OBJETS DU CULTE

La salle de présentation du trésor dans l'ancienne sacristie nord.

Le trésor (objets du culte) de la cathédrale Saint-Pierre (1/2).
La Révolution n'a pas été tendre avec le trésor des églises. La plupart des objets de culte qu'ils conservaient ont disparu. Ils ont été volés, vendus ou encore fondus quand ils présentaient une grande quantité d'or ou d'argent. Malheureusement, il y eut peu de vols de précaution (c'est-à-dire qu'un paroissien «vole» un objet du trésor, le cache chez lui sans rien dire à personne et attend des jours meilleurs pour le rendre au clergé).
Rennes ne fait pas exception. La quasi-totalité du trésor de la cathédrale Saint-Pierre vient d'achats ou de dons de fidèles à la toute fin du XVIIIe siècle et au XIXe.
Curieusement, dans l'ouvrage La Cathédrale Saint-Pierre de Rennes (PUR, 2021), Cécile Oulhen écrit que la fonte des métaux et autres confiscations dues à la Révolution sont moins responsables de la disparition du trésor ancien de la cathédrale que la reconstruction de l'édifice à partir de la fin du XVIIIe siècle. On ne perçoit pas la logique de ce raisonnement. En quoi la reconstruction d'un édifice religieux empêcherait-elle de conserver les pièces du trésor dans un endroit sûr ?... La cause invoquée manque d'explications.
À Rennes, outre les dons et legs de pièces liturgiques de l'Ancien régime, les évêques du XIXe siècle ont imprimé leur goût personnel dans les achats de ciboires, ostensoirs, croix de procession, vêtements et autres. Parmi eux, Mgr Brossays Saint-Marc, qui fut évêque de Rennes de 1841 à 1878, se distingue tout particulièrement. Initiateur du décor qui transforme la cathédrale en basilique romaine, il a voulu doter le trésor d'«une orfèvrerie raffinée et fastueuse, véritable mise en abyme du décor qu'il commande pour l'édifice», écrit Cécile Oulhen.
Cette page donne quelques exemples des très beaux objets exposés. La salle, dûment protégée et sécurisée, a été inaugurée en 2019.
La pièce qui paraît être la plus ancienne est un «Baiser de paix» représentant le Christ crucifié entre la Vierge et saint Jean, daté de la seconde moitié du XVIe siècle (donné ci-dessous). Jadis, cet objet était présenté au baiser des fidèles à la sortie de la messe.
---»» Suite 2/2 plus bas.


Croix de procession, 1611-1612, détail,
Thomas Quin, Nantes.

Croix de procession, 1859,
Charles Eugène Trioullier, Paris.

Tunique de cérémonie.

Nimbe crucifère pour une statue
Vers 1890-1900.
Armand-Calliat et fils, Lyon.

Baiser de Paix
Seconde moitié du XVIe siècle.

Vitrine d'objets liturgiques.

Ostensoir, vers 1890-1900
Armand-Calliat et fils, Lyon.

Pyxide chrismatoire
Paris, 3e quart du XVIIe siècle.

La salle de présentation du trésor dans l'ancienne sacristie nord.

Calice en or massif
offert à Mgr Brossays Saint-Marc
par le pape Pie IX à l'occasion
d'un séjour du prélat à Rome.


Chasuble de Mgr Brossays Saint-Marc.

Le trésor (objets du culte) de la cathédrale Saint-Pierre (2/2).
---»» L'objet le plus chargé de l'ultramontanisme cher à Mgr Brossays Saint-Marc est un calice en or massif et sa patène. L'ensemble a été offert à l'archevêque par le pape Pie IX lors d'un séjour du prélat à Rome. L'élément à relever est industriel : le décor qui orne son pied est «réalisé à l'aide d'une technique italienne peu connue en France, une micromosaïque composée de tesselles très fines», écrit Cécile Oulhen.
Le XIXe siècle a vu le progrès industriel modifier considérablement le travail des orfèvres. La mise au point de techniques nouvelles a permis la production en série, donc à moindre coût, d'objets liturgiques incrustés ou pas de matières précieuses. Les ateliers de Paris et de Lyon acquirent un quasi-monopole de cette production qui profitait du renouveau religieux. En province, on trouvait surtout des revendeurs. Rennes, toutefois, possédait une exception avec l'atelier Évellin qui fut à la fois fabricant et revendeur.
Pour se dégager de la norme, ces ateliers de production adaptaient les modèles de série aux spécificités des commandes de prestige passées par les prélats, parmi lesquels se trouvait Mgr Brossays Saint-Marc.
Source : La cathédrale Saint-Pierre de Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2021, article de Cécile Oulhen.

2 - LE TRÉSOR : LE RETABLE ANVERSOIS (année 1520)

Dans la salle du trésor, le retable est protégé par une grille.
Vers 1520.

Le retable anversois de la cathédrale Saint-Pierre (1/2).
Aux XVe et XVIe siècles, les villes de Bruxelles, Malines et Anvers abritaient de grands ateliers spécialisés dans la création de retables en bois doré et peint.
Le retable du trésor de la cathédrale de Rennes répond aux caractéristiques de cette production : une caisse, constituée de trois parties verticales, repose sur une prédelle. Des volets (disparus, mais on sait qu'ils représentaient des scènes de la Bible) fixés sur les côtés étaient ouverts ou fermés selon le calendrier liturgique. L'ensemble était facilement démontable pour le transport.
Ces petits bijoux de sculpture étaient placés dans le chœur des églises ou dans des chapelles latérales. Ils servaient à la dévotion des commanditaires et des fidèles. Dans l'ouvrage La cathédrale Saint-Pierre de Rennes, Cécile Oulhen indique que le bois utilisé par les artisans était un «chêne à croissance lente de très bonne qualité, sans défaut, provenant des régions bordant la mer Baltique.» Pour la date de création du retable de Rennes, la dendrochronologie donne une période autour de l'année 1520. L'aspect du monument correspond tout à fait à la pratique stylistique de ce temps.
L'atelier anversois qui a créé cette magnifique pièce n'a pas été identifié. Mieux encore, Cécile Oulhen écrit que «le style des personnages n'a pas d'équivalent connu, ce qui laisse à penser qu'il est issu d'un atelier dont on ne conserve pas d'autres œuvres.» On pourra observer dans les photos proposées ici la qualité du travail des sculpteurs et le soin apporté aux détails. À cet égard, le visage fier et amusé de la femme qui maintient l'Enfant Jésus dans la Circoncision la fait ressembler à une poupée de porcelaine. Celui de saint Jean portant un calice, dans la Dormition, montre une grande maîtrise du ciseau. Cécile Oulhen n'hésite pas à parler d'«œuvre magistrale».
---»» Suite 2/2 plus bas à droite.


La Vierge de l'Assomption portée par quatre anges, détail.


Dormition, Assomption et Arbre de Jessé.
Vers 1520.

Rois de l'Arbre de Jessé.

Rois de l'Arbre de Jessé.

Le retable anversois de la cathédrale Saint-Pierre (2/2).
---»» L'intérêt artistique pour ce retable va naître dans les années 1840 quand des membres des sociétés savantes de la ville le dénichent dans les greniers de l'évêché. Bien sûr, il est loin d'avoir l'aspect qu'on lui voit aujourd'hui ; de plus, il faut partir à le recherche des pièces manquantes. On en trouvera chez des collectionneurs ; d'autres ne seront jamais récupérées. En 1975 et 2007, des pièces sont volées dont une partie est retrouvée sur le marché de l'art. La Naissance de la Vierge au premier niveau (prédelle) ne sera ainsi jamais reconstituée. Elle n'est pas donnée ici. Des personnages ont les mains coupées. On ne sait pas à quelle époque ce saccage est intervenu : Révolution ou guerres de la Ligue ?
Cette page donne de nombreux extraits de ce retable consacré à la vie de la Vierge. La partie centrale (Dormition et Assomption) est entourée par une ceinture de rois de Juda dont les sceptres ont été brisés. Au sommet de l'Arbre (donné ci-dessous), la Vierge est assise sur un croissant de lune en référence à la description de la Femme dans l'Apocalypse.
Source : La cathédrale Saint-Pierre de Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2021.


Au sommet de l'arbre de Jessé, la Vierge tenant l'Enfant repose sur un croissant de lune.

Les rois de l'Arbre de Jessé, détail.
Vers 1520.
LE RETABLE ANVERSOIS : LA DORMITION

La Vierge de la Dormition entourée par les apôtres, détail.

La Vierge de la Dormition entourée par les apôtres, détail.
Vers 1520.

Dormition : un apôtre (Saint Pierre?) au pied du lit de la Vierge.

Dormition : saint Jean.
LE RETABLE ANVERSOIS : LA CIRCONCISION

Vue d'ensemble de la Circoncision.
L'Enfant-Jésus, tenu par le grand-prêtre, est entouré
de huit femmes somptueusement chamarrées.

La Circoncision, détail.
LE RETABLE ANVERSOIS : LA PRÉSENTATION AU TEMPLE

Vue d'ensemble de la Présentation au temple.

La Présentation au temple, détail.
LE RETABLE ANVERSOIS : LA NATIVITÉ
LE RETABLE ANVERSOIS : L'ADORATION DES MAGES

Vue d'ensemble de la Nativité.
Deux personnages de ce compartiment ont été volés en 1975.

Vue d'ensemble de l'Adoration des mages.
LE RETABLE ANVERSOIS : LE MARIAGE D'ANNE ET DE JOACHIM
LE RETABLE ANVERSOIS : LES PROPHÈTES

Vue d'ensemble du Mariage d'Anne et de Joachim.

Le Mariage d'Anne et de Joachim, détail.

Les Prophètes, détail.

Les Prophètes, détail.

Les prophètes.
Situées au centre du deuxième niveau du retable, les deux paires de prophètes ci-dessus encadraient un Jessé endormi qui a disparu.
Au début des années 1940, un Jessé assis, peut-être la pièce manquante de ce retable, avait été repéré dans une église de Chambourcy. Malheureusement, cette pièce a été volée en 1949.


Documentation : «La cathédrale Saint-Pierre de Rennes», éditions des Presses Universitaires de Rennes, 2021
+ Panneaux affichés dans la cathédrale.
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