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Page créée en 2012
Sainte femme en pleurs dans la Descente de croix de Théodore Chassériau

Faisant suite à la chapelle d'une maladrerie, détruite en 1739, l'église Saint-Philippe-du-Roule est issue de la volonté de Louis XV de redonner un sanctuaire au faubourg du Roule (village intégré à la capitale en 1722). Le Roule était devenu un quartier huppé. L'architecte Jean-François Chalgrin (1739-1811) fut chargé de sa construction. Elle s'étala de 1774 à 1784. Le style de l'église, avec des colonnes antiques, rappelait celui des temples romains. Les deux clochers, prévus au niveau des chapelles latérales actuelles, n'ont jamais été construits faute de financement.
A la Révolution, l'édifice est fermé. Il est rendu au culte en 1795 et redevient paroisse en 1802.
Au XIXe siècle, la population du faubourg s'accroît. C'est pourquoi, en 1845, l'architecte Etienne-Hippolyte Godde (1781-1869) agrandit l'église en lui ajoutant un déambulatoire (flanqué de colonnes antiques) et une chapelle axiale.
Saint-Philippe-du-Roule reprend le plan des basiliques paléochrétiennes de Rome, un style prisé par les architectes jusqu'à la fin de la Restauration. Elle est enrichie d'une très belle décoration XIXe. Sa splendide chapelle axiale (dite de la Vierge), couverte de peintures et de dorures, pourrait faire honneur au château de Versailles ou au palais du Louvre.
Les vitraux du premier niveau, en tonalité bleue, sont dus à Emile Hirsch (1832-1904), ceux de la voûte à Albert Maignan.

Vue d'ensemble de la nef
Vue d'ensemble de la nef avec ses colonnes cannelées à chapiteaux doriques.
Dès l'entrée, la Descente de croix peinte sur la voûte en cul-de-four attire le regard.
La façade de Saint-Philippe-du-Roule
Allégorie de la Religion dans le fronton
Allégorie de la Religion sur le fronton. La Religion tient la Croix et le calice.
Sculpture due à François-Joseph Duret (1732-1816)

«««--- A GAUCHE, la façade et son péristyle à colonnes doriques
A noter que les deux ailes, à gauche et à droite, s'ouvrent sur les anciennes chapelles du vestibule.
Vue de la nef et du bas-côté gauche
Vue de la nef et du bas-côté gauche. Il n'y a pas de chapelles latérales dans les bas-côtés.
Les vitraux, qui relatent la vie de saint Philippe et de saint Jacques, sont dus à Emile Hirsch (1832-1904).

A DROITE, vitrail dans le bas-côté droit : «Martyre de saint Jacques». Cliquez sur l'image pour l'afficher en gros plan. ---»»»
Vitrail d'Emile Hirsch dans le bas-côté
Le déambulatoire
Le vaste déambulatoire rajouté par l'architecte Godde en 1845
Vu du choeur depuis le déambulatoire
Vue du maître-autel et des fonts baptismaux depuis le déambulatoire
Chapelle latérale dans le déambulatoireVitrail d'Emile Hirsh
Chapelle latérale gauche au niveau du déambulatoire.
A part le vitrail, la chapelle latérale droite est totalement identique.
Vierge à l'Enfant dans le choeur
Statue de la Vierge à l'Enfant
dans le chœur (1862)
La chaire à prêcher
La chaire à prêcher (XVIIIe?) est montée sur cinq colonnes cannelées. Deux anges soutiennent l'abat-son.
La voûte en berceauVitrail de saint Louis par Albert Maignan (1894)
La voûte en berceau de Saint-Philippe-du-Roule
Simple charpente en bois décorée de rosaces, elle est peinte dans un ton imitant la pierre.
La voûte est percée de six hautes fenêtres à lunettes où ont pris place des vitraux de style Art déco.
L'orgue de tribune
L'orgue de tribune, niché sous la voûte,
est un Cavaillé-Coll-Mutin de 1903.
La Descente de croix de Théodore Chassériau dans la nef
La Descente de croix de Théodore Chassériau (1819-1856) peinte sur la voûte en cul-de-four de la nef
Cliquez sur l'image pour l'afficher en gros plan.
Vitrail Art déco dû à Albert Maignan (1894)
Vitrail de sainte CLotilde dans les fenêtres hautes
Ces vitraux datent de 1894 et sont dus à Albert Maignan.
Cliquez sur l'image pour l'afficher en gros plan.
La Descente de croix de Théodore Chassériau dans la nef, détail
Les soldats romains tirent au sort celui qui conservera la tunique du Crucifié.
Détail de la Descente de croix
La Descente de croix de Théodore Chassériau dans la nef, détail
Les membres du Sanhédrin regardent, d'un air arrogant, Joseph d'Arimathie descendre le corps de Jésus.
Détail de la Descente de croix

Le Sanhédrin et la mort de Jésus de Nazareth. Dans l'histoire occidentale chrétienne, le peuple juif est regardé comme le peuple déicide, avec le cortège d'exactions et de massacres dont les chrétiens se sont rendus coupables - pour punir les juifs d'avoir crucifié le «Sauveur». Les membres du Sanhédrin peints par Théodore Chassériau (image du haut à droite) ne font rien pour dissiper cette vision des choses. Leurs visages expriment le mépris, l'arrogance. Quant à celui sur la gauche (agenouillé et à moitié en prière), il a l'air de se moquer ostensiblement de ce qu'il voit. Par ses mains jointes, il donne carrément dans la provocation. Il faut reconnaître que son visage, extrêmement typé «sémite», rappelle les portraits de juifs exhibés au XXe siècle par la propagande antisémite la plus virulente.
Rappelons d'abord quelques faits historiques.
Au temps de la guerre civile entre César et Pompée, les Juifs prirent le parti de César. Bien leur en prit : César, une fois vainqueur, les récompensa. Rappelons que, dès le IIe siècle avant J.-C., à la suite de la répression menée par les Séleucides, les Juifs avaient commencé à se disperser dans le monde romain, créant la diaspora. Ce mouvement avait repris à partir de 63 av. J.-C. quand Rome arriva en Palestine. Jules César, qui, au début de sa dictature, eut à combattre l'exclusivisme religieux du sénat (il autorisa les cultes de Cybèle et de Mythra), se montra généreux envers les Juifs. Dérogeant à la sévérité de la loi de Rome qui limitait le droit d'association, il fit inscrire les synagogues (en fait, les associations formées par les Juifs) sur la liste des corporations et collèges autorisés. «Mieux encore, il habilita le grand prêtre de Jérusalem à percevoir sur leurs sociétaires et à se faire transmettre par elles [les synagogues] la taxe du didrachme annuellement exigible de chaque juif pour l'entretien du temple de Jérusalem», écrit Jérôme Carcopino dans Profils de conquérants, (chapitres Autour de César). De fait, en Judée, les Romains, en tant que puissance occupante, garantissaient au Sanhédrin (assemblée suprême garante de la Loi Juive) son pouvoir moral et religieux sur le peuple. Cependant cette assemblée n'avait pas le pouvoir de condamner à mort. Jésus de Nazareth, qui se disait Fils de Dieu, représentait pour elle une menace. Son allégation de quasi-divinité était un blasphème. Une semaine plus tôt, Jésus était entré dans Jérusalem parmi une foule en liesse qui agitait des rameaux : la menace était réelle. Un peu plus tard, il avait chassé les marchands du Temple à coups de fouet. Or bien souvent ces marchands vendaient les objets de sacrifice offerts au Temple par les fidèles juifs - objets qui étaient bien sûr récupérés par les prêtres. Ceux-ci étaient à même d'interpréter ce geste de colère

comme une provocation : cet agitateur voulait leur couper les vivres et casser leur prééminence sur la société israélite ! Il fallait se débarrasser de lui.
Le Sanhédrin le fit donc comparaître devant le procurateur Pilate, détenteur de l'autorité romaine, en disant en quelque sorte : «Cet individu menace notre pouvoir. Tuez-le!». Et ceci pour n'importe quel motif. On sait que Ponce Pilate choisit de se laver les mains ostensiblement devant la foule pour bien montrer qu'il refusait de prendre la responsabilité d'une condamnation qu'il ne comprenait pas. A ses yeux, le dénommé Jésus de Nazareth n'était qu'un brave homme qui n'avait fait de mal à personne. Qu'il se dise Fils de Dieu ou roi des Juifs n'était pas un problème pour un citoyen de Rome, c'est-à-dire un individu épris d'une grande tolérance religieuse qui, de plus, vivait à une époque où ce genre d'«illuminé» prompt à se proclamer «Fils de Dieu» n'était pas rare.
En fin de compte, c'est le motif de sédition qui fut retenu ; Jésus fut condamné à la Crucifixion. Le Sanhédrin avait réglé ses comptes.
La condamnation à mort de Jésus de Nazareth doit être regardée comme LE symbole du problème le plus important de l'espèce humaine : celui de sa gestion. C'est-à-dire celui du jeu des pouvoirs. Aux conflits d'orgueil entre individus répondent les conflits de pouvoir entre groupes d'individus. Qui a le Pouvoir? Qui décide? Qui est responsable? L'espèce humaine, depuis son apparition sur terre, est en conflit avec elle-même uniquement pour savoir comment répondre à ces trois questions. Dans le cas qui nous occupe, le jeu des pouvoirs oppose le Conseil suprême juif, garant de la Loi, au Galiléen et à ses disciples.
Conclusion : à la question «Qui a tué Jésus?», on ne répondra pas «les Juifs», mais «le Sanhédrin», c'est-à-dire ceux qui détiennent le pouvoir et qui refusent de le lâcher. Ceci par-delà toutes les époques et toutes les cultures. Soyons abrupt : les Juifs, en tant que Juifs, n'ont rien à voir dans cette histoire.
On regardera donc les membres du Sanhédrin peints par Chassériau, non pas comme des Juifs déicides, moqueurs, vindicatifs, mais comme les détenteurs du Pouvoir, comme des gens qui se sont donné le droit de gérer la vie des autres, et qui voient avec soulagement disparaître un concurrent dangereux, en se disant que cette exécution servira de leçon à ceux qui seraient tentés d'imiter son exemple.
Compte tenu de cette analyse, il est regrettable que le peintre Théodore Chassériau ait cru utile de forcer le trait sur les faciès.

La Descente de croix de Théodore Chassériau dans la nef, détail
Joseph d'Arimathie, aidé de saint Jean, descend de la croix le corps de Jésus.
Détail de la Descente de croix de Théodore Chassériau
La Descente de croix de Théodore Chassériau dans la nef, détail
Les saintes femmes en pleurs. Sur la droite, Marie.
Détail de la Descente de croix de Théodore Chassériau
LA CHAPELLE DE LA VIERGE
La chapelle de la Vierge
La chapelle de la Vierge et sa série de toiles marouflées et de peintures murales réalisées par Claudius Jacquand (1804-1878)
Sur la voûte en cul-de-four : «Le Christ couronnant la Vierge» par Jacquand. Le Christ est entouré de saint Philippe et de saint Jacques.

Vue de la chapelle de la Vierge (côté droit)
Vues des toiles marouflées sur le côté droit.
Claudius Jacquand a représenté, au premier niveau, des scènes de la vie de la
Vierge (en style très narratif). Au deuxième niveau, les invocations des Litanies.


A DROITE EN HAUT ---»»»
Statue en marbre de la Vierge à l'Enfant dite «Notre-Dame de toutes-Grâces»,
œuvre de Charles-François Lebœuf Nanteuil (1792-1865)

Toile de Claudius Jacquand : «La Sainte Famille» dans les scènes de la vie de la Vierge.
Il faut reconnaître que Joseph et Marie font très «couple ouvrier XIXe siècle»...
A DROITE CI-CONTRE ---»»»
Le grand et magnifique vitrail horizontal qui éclaire (faiblement) la chapelle de la Vierge
Vierge à l'Enfant en marbre due à Charles-François Leboeuf-Nanteuil
Tableau de Claudius Jacquand, la Sainte Famille
«La Sainte Famille» (toile de Claudius Jacquand)
Vitrail horizontal dans la chapelle de la Vierge
La chapelle de la Vierge
Vue générale et côté droit de la chapelle de la Vierge
L'éclairage électrique étant indispensable, la chapelle en acquiert une composante jaune un peu poussée.
La nef vue depuis le maître-autel
La nef vue depuis le maître-autel

Documentation : «Paris d'église en église» (Massin éditeur), ISBN :978-2-7072-0583-4
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