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Page créée en mai 2013
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La ville de Sens s'enorgueillit de posséder le plus ancien sanctuaire chrétien de la région : la basilique Saint-Savinien, dans les faubourgs de la ville. Elle est exactement datée de l'année 1068, mais sa crypte est beaucoup plus ancienne. Les malheurs des temps frappèrent l'édifice : incendies, intempéries, invasions, guerres de Religion.
À la Révolution, le nombre des paroisses de Sens devant être réduit, Saint-Savinien était promise à la destruction. Elle fut pillée en 1793 par les habitants du faubourg des Sans-Culottes.
Épargnée, promue «bien national», elle eut la chance d'être rachetée en 1796 comme carrière de pierres par un Sénonais dont l'histoire a gardé le nom : Simon André Blanchet... qui la restaura quatre ans plus tard sur ses deniers. Sa petite nièce et héritière l'embellit et la restitua à l'Église en 1909. Grâce à des fonds privés et publics, l'ultime restauration de la basilique fut achevée en 1915.
Sur le plan architectural, Saint-Savinien possède une nef et un transept du premier âge roman tout à fait remarquables. Voir aussi une belle Piéta anonyme du XVIe siècle et quelques statues médiévales.

Vue d'ensemble de l'intérieur de la basilique Saint-Savinien
La nef et le chœur de la basilique Saint-Savinien.

La façade de la basilique Saint-Savinien.

La basilique se tient au cœur d'un petit jardin.

Le clocher de la basilique.
L'étage du bas est daté du XIe siècle, celui du haut du XIIIe.
Les deux sont ornés de frises scandées de modillons.

Le bas-côté nord remonte à l'année 1068.

Maquette de la basilique Saint-Savinien.

La végétation et les constructions avoisinantes empêchent
de voir l'édifice dans son entier. La présence de cette maquette
dans la nef de l'église est donc assez judicieuse.
La partie supérieure du clocher (avec ses hautes arcades) date du XIIIe siècle.

Le bas-côté sud abrite, en son milieu, l'autel de la Vierge.
Les bas-côtés, disparus au XVIe siècle, ont été reconstruits au XIXe.

L'absidiole nord avec la Piéta du XVIe siècle.

Chemin de croix, station I :
Jésus est condamné à mort.

Chemin de croix, station II :
Jésus est chargé de sa croix.

La Piéta de Saint-Savinien (XVIe siècle).
Ce chef-d'œuvre a été retrouvé dans les années 1940 enterré
derrière l'église... en dix-huit morceaux.

Expression profonde et troublante que celle de ce Christ mort, la bouche entrouverte.
Piéta anonyme du XVIe siècle.

Pierre gravée du XIe siècle, trouvée à Bonny-sur-Loire.
On y trouve des caractères grecs et latins (bas-côté nord).

Le Bon Pasteur
Tableau anonyme du XIXe siècle.

Chemin de croix, station VIII :
Jésus console les filles de Jérusalem.

La nef vue depuis le chœur.
Le mur à droite date de la consécration de l'église, l'an 1068.
La voûte est en berceau lambrissé puis plâtré. Sa forme en ogive est
due à un relèvement de l'arête au XVIe siècle.

L'absidiole nord et sa statue du XIVe siècle.
En haut : statue en bois d'une sainte avec une colombe ---»»»
sur l'autel de la Vierge dans le bas-côté sud.
En bas : le Christ en croix dans la nef.
«««--- Sur la façade, la corniche en pierre au-dessous de la fenêtre
du haut indique qu'il y avait jadis un plancher à cette hauteur.
Il coupait l'église en deux parties : la nef et les combles.

Statue d'un prêtre en chasuble.
Pierre polychrome, XIVe siècle.

«««--- On ne sait pas qui est le prêtre en chasuble dans la photo de gauche. Cette statue, en pierre polychrome datée du XIVe siècle, est toutefois remarquable par le travail sur le drapé.
Que tenait ce prélat dans la main droite ? Une crosse d'évêque ?


La nef et son élévation sud.

Architecture romane.
Saint-Savinien a subi d'importants travaux de restauration en 1836, qui ont été repris en 1909. Il est clair que le côté sud (photo ci-dessus) n'est pas entièrement du XIe siècle, comme peut l'être le côté nord.
Quoi qu'il en soit, la basilique donne un très bon exemple de l'art roman le plus pur, notamment dans le transept (voir la photo ci-dessous). On peut lire dans le Guide du visiteur le commentaire suivant : «Arcades géminées en plein cintre en double archivolte de minces claveaux, prolongées un peu en-dessous de leur diamètre. Courtes piles cylindriques en petit appareil, bases à griffes, chapiteaux monolithes trapus ornés en palmettes (inspiration romaine), tailloirs entourés de torsades.» C'est le premier âge roman.


En application des règles de Vatican II, le transept de la basilique Saint-Savinien dispose de son propre autel.
La flèche indique le pilier médian du transept (premier âge roman).

Le chœur et l'entrée de la crypte.
Le chœur a été surélevé au XVIIe siècle.
La rampe en fer forgé et le maître-autel sont vraisemblablement du XVIIIe.

Vitrail dans le chœur.

Tailloir et chapiteau romans dans le transept.

Vierge hanchée (dite de l'Annonciation)
Seconde moitié du XIVe siècle.
Art champenois.

Statue de saint Sébastien
dans le chœur.
«««--- Le chœur vu depuis le transept

Inscription gravée dans le mur de la crypte.

Le chœur de la basilique Saint-Savinien.

La crypte de Saint-Savinien.
Savinien est un martyr chrétien du IIIe siècle.

La crypte de Saint-Savinien.
C'est l'endroit le plus ancien de l'église. C'est aussi historiquement le plus opaque. Les érudits sont à peu près d'accord pour dire que c'est là qu'eut lieu le premier culte chrétien de la région en hommage au Saint Sauveur, culte érigé sur un ancien temple païen.
Le premier sanctuaire aurait été remplacé par un second vers le VIe ou VIIe siècle. Un corps enseveli y fut toutefois découvert en 847, présenté, bien sûr, à l'époque comme celui de saint Savinien. D'où la construction d'une première basilique à cet endroit, qui fut suivie par la construction d'une seconde basilique en 1068. Mais, dans les faits, rien n'est vraiment sûr.

La pierre d'autel (photo ci-dessus) est présentée comme l'endroit même où saint Savinien aurait expiré. Elle a été brisée en six morceaux en 1793.
On peut voir une tache sombre sur la partie horizontale droite de cette pierre d'autel. Tache parfois présentée de nos jours comme la trace du sang de saint Savinien lors de son meurtre (!)
Les sources nous apprennent que l'évêque de Cosnac demanda en 1840 d'identifier cette tache comme étant du sang humain. Le savant chimiste Baron Thénard chargé de l'analyse n'osa pas contrarier la foi brûlante du prélat...
Source : L'antique basilique Saint-Savinien à Sens, Guide du visiteur.


Documentation : «L'antique basilique Saint-Savinien à Sens», Guide du visiteur (présenté par l'association La Savinienne), juin 2005.
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