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Page créée en juil. 2019
L'archange Michel dans un fragment du tombeau de Guy X de Laval

Pour ceux qui aiment les vieilles pierres, le château de Vitré est une forteresse incontournable de la Bretagne. La silhouette actuelle remonte au début du XVe siècle quand Guy XII de Laval-Montmorency (†1412) était baron de Vitré. Le Châtelet d'entrée et la tour Saint-Laurent sont alors édifiés. Vingt ans plus tard, ce sera la tour de la Madeleine. Le baron Guy XV (†1501) entreprend l'aménagement des habitations existantes ainsi que la construction du logis seigneurial au nord-ouest. Finalement, c'est le baron Guy XVI, gouverneur de Bretagne, qui apportera, entre 1526 et 1531, la dernière touche au château. Elle sera de style Renaissance et prendra la forme d'une absidiole de tuffeau accrochée en nid d'abeille à la tour de l'Oratoire. Guy XVI s'entourera d'une cour brillante.
Vitré se situe aux marches de la Bretagne. La ville était donc un point défensif important face à des attaques venues de l'est, c'est-à-dire du royaume de France. En réalité, le rôle défensif était assez symbolique et l'on sait que la Bretagne fut acquise à la France par alliance matrimoniale. Il faut plutôt prêter à la forteresse un rôle d'ostentation et un symbole de pouvoir. Au cours du XVIIe siècle, le château est abandonné et se dégrade. Rappelons que la Révocation de l'Édit de Nantes en 1684 chasse l'importante communauté protestante du pays de Vitré, affaiblissant le commerce et l'artisanat.
Au XIXe siècle, la partie nord du château devient prison. Elle fait place au casernement d'un régiment d'infanterie entre 1867 et 1877. Le château de Vitré est classé monument historique en 1872 et connaît plusieurs campagnes de restauration. Le musée s'y installe en 1877. Enfin, un Hôtel de Ville, de style néo-gothique, remplace le logis seigneurial juste avant la première guerre mondiale.
Les photos des salles du musée qui sont données dans cette page datent de l'année 2013. En 2019, le site officiel du château montre des photos avec des salles réaménagées et enrichies de mobiliers et d'œuvres d'art.

Épi de faîtage : un homme en armure
Le château de Vitré vu depuis le nord
Le château de Vitré vu depuis le nord.
La tour Saint-Laurent et le fossé
La tour Saint-Laurent et le fossé.
La tour Saint-Laurent possède quatre étages.
La tour Saint-Laurent possède quatre étages.
Tour semi-circulaire
Tour semi-circulaire.
Le Châtelet et la tour Saint–Laurent vus depuis la place du château
Le Châtelet et la tour Saint-Laurent vus depuis la place du château.
Le Châtelet existait dès le XIIIe siècle. À la fin du XIVe, il a été aménagé en un logis confortable avec quatre étages d'appartements.
Le pont-levis du Châtelet
Le pont-levis du Châtelet.
Le logis à l'arrière du Châtelet
Le logis à l'arrière du Châtelet.
La tour de l'Oratoire et son absidiole en nid d'abeille
La tour de l'Oratoire et son absidiole en nid d'abeille.
L'Hôtel de ville de Vitré
L'Hôtel de ville de Vitré.

L'Hôtel de Ville, de style néo-gothique, a été bâti entre 1902 et 1912, à l'emplacement du logis seigneurial nord-ouest. Évidemment, cet endroit ne se visite pas. Ceux qui aiment les vieilles pierres ne peuvent que déplorer cette manie de l'Administration française de récupérer à son profit tout ou partie des châteaux anciens. On retrouve le même phénomène à Châteaubriand (le château abrite la sous-préfecture), à Chambéry (préfecture) ou encore à Châteauroux : le château Raoul (érigé au Xe siècle) abrite la demeure privée du préfet !

Le chemin de ronde
Le chemin de ronde.
Les bas-reliefs Renaissance de l'Oratoire
Les bas-reliefs Renaissance de l'absidiole de la Tour de l'Oratoire.
Sur le tuffeau sculpté de la partie centrale, on reconnaît les armes de Guy XVI de Laval.
Ce bas-relief regorge des ornementations typiques de la Renaissance : anges, putti, grotesques, rinceaux, etc.
Aspect de la cour intérieure
Aspect de la cour intérieure.
Le château de Vitré et l'église Saint-Martin
Le château de Vitré et l'église Saint-Martin.
QUELQUES VUES DE L'INTÉRIEUR DU CHÂTEAU DE VITRÉ
Absidiole de la Tour de l'Oratoire
Absidiole de la Tour de l'Oratoire.
Vierge à l'Enfant, fin du XVIe siècle
Vierge à l'Enfant, fin du XVIe siècle
Terre cuite, anciennement polychromée.
Vitrail dans l'absidiole, détail
Vitrail dans l'absidiole, détail.
Vierge à l'Enfant, fin du XVIe siècle, détail
Vierge à l'Enfant, fin du XVIe siécle, détail.

L'absidiole de la Tour de l'Oratoire a été construite à l'initiative du baron de Vitré, Guy XVI de Laval, entre 1526 et 1531. Sculpté dans le tuffeau, c'est l'un des premiers édifices Renaissance de Bretagne (voir plus haut). En 1737, mal en point, la tour semi-circulaire qui accueille l'oratoire est reconstruite dans un corps de maçonnerie carré. La dernière restauration date de 2011.

Écusson dans un vitrail contemporain de l'Oratoire
Écusson dans un vitrail contemporain de l'Oratoire.
Écusson dans un vitrail contemporain de l'Oratoire
Écusson dans un vitrail contemporain de l'Oratoire.
Salle du château avec la porte d'Adam et Ève
Une salle du château
La porte d'Adam et Ève se trouve sur la droite.
La Porte d'Adam et Ève
La Porte d'Adam et Ève.
Elle a été montée au château en 1914.
BAS-RELIEFS SUR LA PORTE D'ADAM ET ÈVE (vers 1500)
Adam croque une moitié de la pomme
Adam croque la pomme de la Connaissance.
Le serpent tentateur s'enroule autour de l'arbre
Le serpent tentateur s'enroule
autour du tronc.
Ève croque une moitié de la pomme
Ève croque la pomme de la Connaissance.
Le Père Céleste
Le Père Céleste.
Adam croque la pomme
Adam croquant la pomme.
Le serpent tentateur
Le serpent tentateur.
Ève croque la pomme
Ève croquant la pomme.
ADAM ET ÈVE dans le vitrail de l'Assomption, XVe siècle - CATHÉDRALE DE BOURGES
La salle du château avec la porte d'Adam et Ève
La salle du château avec la porte d'Adam et Ève.
Ostensoir de P. Poussielgue–Rusand, détail
Ostensoir de P. Poussielgue-Rusand,
détail.
Françoise Céleste de Boiséon–Coëtquen
Ostensoir de la paroisse Notre-Dame de Vitré
Ostensoir de la paroisse
Notre-Dame de Vitré.
Œuvre de P. Poussielgue-Rusand
(1847-1891).
«««--- À GAUCHE
Françoise Céleste de Boiséon-Coëtquen,
Duchesse de Duras
Anonyme, Huile sur toile, vers 1765.
Redingote et gilet à la française (soie, toile et broderies  de soie), vers 1760, époque Louis XV
«««--- À GAUCHE
Redingote et gilet à la française (soie, toile et broderies de soie)
Vers 1760 (époque Louis XV).
Redingote et gilet à la française, détail
Redingote et gilet à la française, détail.

La porte d'Adam et Ève. Cette porte, sculptée dans le gré de Vitré et datée aux alentours de 1600, vient de la maison d'un marchand de la ville. Elle était située au fond d'une cour. En 1914, elle a été rachetée par un antiquaire et remontée dans cette salle du musée.
La porte est encadrée par deux colonnes en spirale reliées à leur sommet par une élégante accolade. Son attrait artistique réside dans la présence d'un Arbre du Bien et du Mal sculpté à son sommet : le Malin, représenté selon la tradition sous la forme d'un serpent, s'enroule autour d'un tronc. Sa face surgit de l'Arbre de la Connaissance au centre d'un bouquet de feuillages. À gauche et à droite, Adam et Ève croquent la pomme.
La note affichée dans le musée précise que le style de l'œuvre étant assez maladroit, il faut voir là le travail d'un tailleur de pierre, plutôt que celui d'un sculpteur.
Il est intéressant de rapprocher cette sculpture d'un vitrail du XVe siècle de la cathédrale Saint-Étienne de Bourges : le vitrail de l'Assomption. Dans les quatre lancettes de ce vitrail se tiennent les apôtres. C'est dans les têtes de lancette que l'on voit une scène similaire à celle de la porte du château de Vitré : Adam et Ève, qui se tiennent de part et d'autre du serpent enroulé sur son tronc, croquent la pomme. Mais la scène est enrichie de la présence du Père céleste qui observe Adam et Ève d'un œil soupçonneux. On donne ci-contre la représentation réduite des quatre personnages.

Lit à la polonaise
Lit à la polonaise,
Acajou et toile de Jouy, vers 1780. Époque Louis XVI.
Dalmatique (soie, toile et broderies de soie), vers 1767, époque  Louis XV
Dalmatique (soie, toile et broderies de soie), vers 1767
Époque Louis XV.
Dalmatique, détail
Dalmatique, détail.
Fragments du tombeau de Guy X de Vitré
Fragments du tombeau de Guy X de Vitré.
Fragment du tombeau de Guy X, détail
Fragment du tombeau de Guy X, détail.
Saint Pierre (fragment du tombeau de Guy X)
Saint Pierre (fragment du tombeau de Guy X).

La cheminée Renaissance, datée de 1583, ornait à l'origine la grande salle d'une maison à porche située rue de la Poterie. À la fin du XIXe siècle, elle est acquise par la ville de Vitré et gagne la tour Saint-Laurent du château (où elle se trouve actuellement).
Cette cheminée, sculptée dans le gré et qui n'a rien à envier aux meilleures réalisations des châteaux royaux du Val-de-Loire, est l'œuvre d'André Bonnecamp (†1616). Le couple de commanditaires, Lucas Royer et Françoise Gouverneur était marchands d'Outre-mer. Par la présence de cette œuvre raffinée dans son logis, il a voulu afficher sa réussite sociale et financière aux yeux de ses visiteurs. Le niveau artistique est extrêmement relevé (voir ci-dessous). Les détails abondent, notamment dans les broderies et les fraises tuyautées que mari et femme portent autour du cou. Lucas Royer tient une bourse dans la main droite, rappelant que sa fortune vient du commerce. Le couple est mis en scène dans un environnement axé sur les loisirs musicaux, apanage des classes aisées.
Source : panneau dans le musée.

Apparition du Christ à Marie–Madeleine (fragment du tombeau de Guy X)
Apparition du Christ à Marie-Madeleine
(Fragment du tombeau de Guy X).

Voir à l'église Notre-Dame de Vitré trois bas-reliefs de saints venant de ce tombeau
et disposés dans le soubassement d'un autel latéral.

Fragments du tombeau de Guy X. Le baron Guy X de Vitré, né en 1295, appartient à la famille des Laval-Montmorency. Pendant la guerre de Succession de Bretagne (1341-1364), il prend le parti pro-français de Charles de Blois et meurt à la bataille de la Roche-Derrien en 1347.
Un tombeau lui fut élevé au début du XVe siècle dans le chœur de la Collégiale de la Madeleine. Le tombeau est détruit à la Révolution, mais des fragments sont cachés dans la muraille de la Collégiale. Ils seront découverts en 1859 lors de la destruction de l'édifice. Quelques-uns de ces fragments iront orner un soubassement d'autel à l'église Notre-Dame de la ville ; les autres enrichiront les collections du musée du château.
Les fragments sont en pierre calcaire dite de Bernay en Champagne. Les saints protecteurs du défunt, debout sous des arcatures, garnissaient les parois latérales du tombeau. Un petit côté accueillait l'écusson des armes des Laval tenu par deux anges ; l'autre illustrait l'apparition du Christ à Marie-Madeleine. Les personnages se caractérisent par un impressionnant drapé de leurs vêtements, reflet de l'influence artistique des Valois, du duc de Berry et de l'école mancelle.
Source : panneau affiché dans le musée.

Salle du château de Vitré avec cheminée Renaissance, 1583
Salle du château de Vitré avec cheminée Renaissance, 1583.
Cheminée Renaissance, détail
Françoise Gouverneur
Cheminée Renaissance, détail.
Cheminée Renaissance, détail
Lucas Royer
Cheminée Renaissance, détail.
Cheminée Renaissance, détail
Cheminée Renaissance, détail.
Cheminée Renaissance, détail
Cheminée Renaissance, détail.
Cheminée Renaissance, détail
Cheminée Renaissance, détail.
Cheminée Renaissance, détail
Cheminée Renaissance, détail de la corniche supérieure.
Salle du château de Vitré avec cheminée Renaissance et tapisserie, 1583
Salle du château de Vitré avec cheminée Renaissance et tapisserie, 1583.
Rencontre d'Alexandre et de Roxane
Rencontre d'Alexandre et de Roxane.
Tapisserie des Flandres, XVIe siècle, laine et soie.
Nef de Sainte-Ursule par Théophile Laurent, Lyon, vers 1889, détail

CI-DESSUS & À DROITE :
Nef de Sainte-Ursule par Théophile Laurent, Lyon, vers 1889.
Salle avec cheminée
Salle avec cheminée.
Nef de Sainte-Ursule par Théophile Laurent, Lyon, vers 1889 Dalmatique et manipule
Dalmatique et manipule.
Tissu moiré blanc et broderies de soies polychromes.
Vers 1850-1860.
Retable de la Vie du Christ et de la Vierge daté de 1544
Retable de la Vie du Christ et de la Vierge daté de 1544.

Le retable de la Vie du Christ et de la Vierge contient trente-deux scènes Il est daté de 1544 L'Église est en effervescence depuis le début du siècle : Luther demande que l'opposition idéologique entre catholiques et protestants soit mise à plat et discutée lors d'un concile. Il faudra vingt ans pour le réunir à Trente en 1545. Et sa séance de clôture aura lieu dix-huit ans plus tard. Loin de réconcilier les deux partis, le Concile de Trente aboutira à officialiser les sujets de total désaccord entre les deux religions.
Cependant l'esprit de la Contre-Réforme s'était emparé des artistes depuis longtemps : il fallait marquer son opposition aux idées réformées. Les protestants rejetaient la Vierge et les saints ? Alors il fallait mettre l'accent sur ces thèmes, les illustrer et les exposer dans les églises. C'est le sens recherché dans ce retable où le rôle de la Vierge est mis en exergue, notamment dans le panneau de gauche. On y voit les thèmes classiques de la vie de la Vierge : Mariage, Annonciation, Visitation, etc. Le message du retable est clair : les vies du Christ et de sa mère forment un tout indissociable. Sur les deux volets de fermeture figure une scène de saint Jean-Baptiste prêchant dans le désert. Parmi la foule se tient le commanditaire.
Ces trente-deux plaques d'émaux ne sont pas une œuvre d'un haut niveau artistique. Les émailleurs les plus connus de l'époque (Léonard Limosin ou Pierre Reymond) faisaient beaucoup mieux. Voir la page sur les émaux du musée du Louvre dans ce site. Le retable a en effet été commandé par un certain Jehan Bricier qui ne disposait sûrement pas d'importants moyens financiers. Il en a fait don à la paroisse Notre-Dame de Vitré à Noël 1544 où l'on pouvait le voir jusqu'à une date récente. Cette œuvre s'inscrit ainsi dans une série d'ouvrages accessibles à tous.

Le Baptême du Christ (retable de 1544)
Le Baptême du Christ.
La Cène (retable de 1544)
La Cène.
Ecce Homo (retable de 1544)
Ecce Homo.
Le Châtelet et la tour Saint-Laurent
Volet de fermeture.
Il représente la moitié de la scène
de saint Jean-Baptiste prêchant
dans le désert.
Le commanditaire du retable,
Jehan Bricier, est au premier plan.

Ce retable était autrefois exposé
à l'église Notre-Dame de Vitré.
Jésus aux limbes (retable de 1544)
La Descente de Jésus aux limbes.
Descente de croix (retable de 1544)
La Descente de croix.
Résurrection (retable de 1544)
La Résurrection.
Épis de faîtage vitréens en plomb, XVIe et XVIIe  siècles
Épis de faîtage vitréens en plomb, XVIe et XVIIe siècles.

Les épis de faîtage étaient déjà utilisés par les Romains - on les appelle des antéfixes - pour stabiliser les couvrements des bâtiments et les rendre étanches. Ils étaient en terre cuite. Au Moyen Âge, ce principe a survécu et s'est traduit par un foisonnement d'ornementations sur le toit des maisons. Le matériau retenu était le plomb (à partir du XVe siècle) pour les couvertures en ardoise et la terre cuite pour celles en tuile. L'épi de faîtage affiche évidemment le statut social du propriétaire du logis, parfois son métier. Parmi les épis en plomb exposés au musée du château de Vitré, il en est un qui est une véritable œuvre d'art : un homme en armure, d'une hauteur d'1,70 mètre, donné à droite. Cet épi surmontait la toiture de l'hôtel particulier Ringues de la Troussannais à Vitré.
Source : panneau dans le musée.

Épi de faîtage vitréen en plomb
Épi de faîtage vitréen en plomb.
Personnage casqué
Homme en armure et casqué
Épi de faîtage vitréen en plomb.
Le chemin de ronde
Le chemin de ronde.
Couleuvrine, vers 1500, bronze sur affût en bois
Couleuvrine, vers 1500, bronze sur affût en bois.
Le Châtelet et la tour Saint-Laurent
Le Châtelet et la tour Saint-Laurent.

Documentation : «Laissez-vous conter le château de Vitré», feuillet de la visite
+ panneaux affichés dans les salles du musée.
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