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Page créée en oct. 2015
Refondue en juil. 2026
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Notre-Dame-des-Blancs-Manteaux est une belle église toute blanche en plein cœur du Marais, dans le 4e arrondissement de Paris. Son histoire commence au XIIIe siècle. Les Serfs de Marie, des moines qui suivent la Règle de saint Augustin, s'établissent à Marseille en 1223. Sur leur habit, ils portent un manteau blanc. Connaissant les libéralités du roi saint Louis pour les religieux, ils s'installent à Paris en 1258, après avoir obtenu des Chevaliers du Temple, par l'entremise du roi, un large terrain de l'autre côté du mur d'enceinte.
Leur monastère va s'élever le long de la rue de la Petite-Parcheminerie (actuelle rue des Blancs-Manteaux). Son existence sera courte. En 1274, le IIe Concile de Lyon dissout vingt-deux groupes religieux, dont les Serfs de Marie. En 1298, le monastère est donné aux Guillemites, ordre créé par Guillaume de Malval qui relève des Bénédictins. Ces moines portent un habit noir, mais le nom des Blancs Manteaux va rester.
Au début du XVIIe siècle, l'Église applique l'ordonnance du Concile de Trente : les ordres mineurs fusionnent avec l'Ordre dont ils suivent la Règle. Les Guillemites fusionnent donc avec les moines bénédictins.
Les Bénédictins du diocèse de Meaux (des mauristes) arrivent à Paris et s'installent au monastère des Guillemites en 1618. Celui-ci devient le noviciat de la Congrégation de Saint-Maur, noviciat qui sera un important centre d'érudition, rival de celui de Saint-Germain-des-Prés. C'est notamment là que fut rédigé, selon les principes rigoureux de Jean Mabillon (1632-1707), l'important ouvrage mauriste, l'Art de vérifier les dates.
L'ensemble du monastère, église et bâtiments, est peu après reconstruit sur les plans de l'architecte Charles Duval. Le chancelier Michel Le Tellier en pose la première pierre en 1685.
À la Révolution, dès 1790, les ordres religieux sont supprimés ; les moines des Blancs-Manteaux, chassés ; les bâtiments, pillés en 1796 ; vendus en 1797. La Ville de Paris rachète l'église en 1801 et l'érige en succursale de Saint-Merry. Elle sera rouverte au culte après le Concordat.
En 1863, l'architecte Victor Baltard bâtit une extension au côté est de l'édifice (la chapelle Sainte-Geneviève) et ajoute une huitième travée à la nef pour la rapprocher de la rue des Blancs-Manteaux. L'église n'a jamais eu de façade digne de ce nom. Baltard lui en donne une en réinstallant, pierre par pierre, le portail de l'ancienne église des Barnabites, démolie lors du percement du boulevard du Palais à l'occasion des grands travaux parisiens du baron Haussmann.
Au niveau artistique, l'église des Blancs-Manteaux abrite un nombre étonnant de tableaux religieux La plupart sont reproduits dans cette page. Elle possède aussi une magnifique chaire à prêcher baroque, acquise par l'abbé Charles-Félix Garenne, curé de l'église de 1831 jusqu'à sa mort en 1878, à qui l'on doit la plus grande partie du mobilier actuel.
La vitrerie de Notre-Dame-des-Blancs-Manteaux a été réalisée par l'atelier Raphaël Lardeur en 1946. Dans le bas-côté droit, quatre grands vitraux illustrent la vie de l'église (tous donnés dans cette page).
Dans l'abside, un Christ en croix est entouré des intruments de la Passion. Les autres vitraux ont un simple maillage géométrique avec une bordure blanc-orangé, ce qui donne à l'église une très bonne luminosité.

La nef de l'église Notre-Dame-des-Blancs-Manteaux
La nef de l'église Notre-Dame-des-Blancs-Manteaux.
Avec ses piliers, ses murs blancs et sa série de fenêtres hautes en verre blanc,
l'église bénéficie d'une très grande luminosité.

ASPECT EXTÉRIEUR DE L'ÉGLISE NOTRE-DAME-DES-BLANCS-MANTEAUX


Vue générale de l'église depuis le square Charles-Victor-Langlois
L'entrée se situe rue des Blancs-Manteaux, à gauche sur la photographie.

Ornementation d'un écoinçon du second étage de la façade.

Une maison Renaissance sur la rue des Francs-Bourgeois.
Cette belle maison se dresse tout à côté du chevet de l'église.

La façade des Blancs Manteaux.
Cette façade est celle de l'ancienne église des Barnabites dans l'Île de la Cité.
Construite en 1704, sur les plans de Jean-Sylvain Cartault (1675-1758), elle a été transportée pierre par pierre en 1863, lors des travaux du baron Haussmann, pour devenir la nouvelle façade de l'église.
Auparavant, l'architecte Baltard, qui supervisa la tâche, avait fait ajouter une huitième travée à la nef, rapprochant ainsi l'entrée de la rue.
La façade, très classique, reprend le style des églises jésuites du XVIIe siècle en superposant l'ordre dorique et l'ordre ionique.


La Vierge à l'Enfant, rue des Francs Bourgeois.
C'est la copie de l'original qui se trouve dans l'église.
La porte d'entrée rue des Francs-Bourgeois du côté du chevet. ---»»»
Elle est surmontée d'une copie d'une Vierge à l'Enfant du XIVe siècle
dont l'original se trouve dans l'église.

La façade de l'église superpose l'ordre dorique et l'ordre ionique.

ASPECT INTÉRIEUR DE L'ÉGLISE NOTRE-DAME-DES-BLANCS-MANTEAUX


Élévation gauche de la nef.
Le chœur de l'église est dirigé vers le nord-est. Cette élévation est donc au nord-ouest, d'où les rayons du soleil frappant les piliers.

Plan de l'église Notre-Dame des Blancs-Manteaux.

Vierge à l'Enfant, XIVe siècle.

Chemin de croix, station III :
Jésus tombe pour la première fois.

Architecture de l'église.
L'église des Blancs-Manteaux est de plan rectangulaire. La nef s'étale sur six travées, flanquées de deux bas-côtés.
De style classique, les grandes arcades sont en plein cintre, cantonnées de pilastres corinthiens. Entre chaque paire d'écoinçons laissés lisses prend place un médaillon circulaire qui reçoit le bas-relief d'un saint vu de profil..
Au-dessus, un large entablement abrite dans son ruban central une suite de bas-reliefs illustrant des thèmes de l'Ancien et du Nouveau Testament.
On reconnaît là l'ordonnance habituelle des mauristes, héritée du classicisme : les surfaces restent peu chargées et quelques motifs suffisent à animer l'élévation.

La voûte est un berceau en plein cintre crevé de profondes lunettes. Avec une vitrerie en verre blanc, les fenêtres hautes assurent la luminosité de l'édifice.
Le bas-côté droit se prolonge jusqu'à la rue des Francs-Bourgeois. Il est lui-même flanqué de la chapelle Sainte-Geneviève, ajout du XIXe siècle par Victor Baltard.
À gauche, après la chapellle des Fonts, le bas-côté s'ouvre sur quatre chapelles anciennes et irrégulières. Ces cinq chapelles sont logées entre les contreforts.
Les bas-côtés sont couverts par une voûte d'arêtes retombant sur les pilastres et les murs gouttereaux.
Le chœur comprend deux travées et un hémicyle à cinq pans. Sa voûte est en cul-de-four. Le chevet est entouré par la sacristie.


Médaillon avec une sainte et
ornementation du ruban de l'entablement.

Jésus et les dix lépreux
Léon Glaize (1842-1932).

L'Arche de Noé
Les bas-reliefs de l'entablement illustrent,
du côté gauche de la nef, des thèmes de l'Ancien Testament,
ceux de droite des thèmes du Nouveau Testament.

Médaillon d'un saint au-dessus d'une arcade.
Ces médaillons entourés d'une guirlande de fleurs accompagnent
les symboles de l'Ancien et du Nouveau Testament
qui ornent l'entablement.

Vierge à l'Enfant, détail.
XIVe siècle.

Chemin de croix, station XI :
Jésus est attaché à la croix.

LA CHAIRE À PRÊCHER DU XVIIIe SIÈCLE


La splendide chaire à prêcher de l'église des Blancs Manteaux
est de style bavarois et date de 1749.

Panneau de la chaire à prêcher. : la parabole de l'économe infidèle.
Le maître, assis, demande à son économe des comptes de sa gestion.
Le millésime «1749» est bien visible sur le livre de comptes.
L'Annonciation ---»»»
Marquetterie du dosseret.

La chaire à prêcher.
Cette chaire est généralement présentée comme un spécimen de l'art baroque-rococo de la Bavière du Nord. On la date de l'année 1749 d'après le millésime qui se trouve dans le panneau de l'économe infidèle, sur la rampe de la chaire, plus précisément sur le livre de comptes que le maître tient en main.
Cette chaire est l'élément le plus remarquable des Blancs Manteaux. On la doit au flair de l'abbé Garenne, curé de la paroisse, qui l'acheta lors à l'Exposition de l'Art et de l'Industrie qui se tint à Paris en 1864.
Si la forme de cette chaire est habituelle, sa décoration est exceptionnelle. Un saint Michel terrassant le démon trône sur l'abat-voix, orné dans sa partie basse de petites statues en bois doré des quatre Évangélistes. Leurs visages et leurs membres sont peints couleur chair.
Mais la splendeur de la chaire vient de la marqueterie qui orne les médaillons de la cuve et de la rampe, sans oublier le grand médaillon du dosseret. Les ébénistes ont utilisé diverses essences de bois, de l'ivoire naturel ou teint en vert, ou encore de l'étain. Cette magnifique création fait honneur à l'art baroque.
Le médaillon du dosseret présente une Annonciation d'une manière peu commune. Le Père céleste se tient au milieu d'une nuée qui darde Marie de ses rayons. Il est entouré d'Isaïe et de l'auteur inconnu du Cantique des Cantiques. Isaïe tient un cartouche où est écrit : Voici une Vierge enceinte, elle enfantera un fils qu'elle appellera Emmanouel.
Dans le cartouche opposé, on lit : J'entre dans mon jardin, ma sœur, ma fiancée.
Dans les autres médaillons, on note les scènes tirées du Nouveau Testament : Jésus et la Samaritaine (Évangile de Jean), la parabole de l'économe infidèle (Évangile deLuc), des pharisiens qui discutent avec Jésus (Évangile deJean), la rencontre entre Nicodème et Jésus (Évangile deJean), etc.
Tous ces petits tableaux font preuve d'une maîtrise remarquable de la marqueterie qui se révèle riche de détails traités avec une grande finesse. La position de la chaire dans la nef fait qu'on peut observer de très près les médaillons de la rampe et de la cuve.
Quant aux quatre médaillons situés sur l'abat-voix, ils sont difficilement lisibles. La brochure citée en source indique qu'ils montrent le Bon Pasteur, Moïse et Élie.
Source : Notre-Dame des Blancs Manteaux, au Marais par Henri Latreille, Paris, 1975.


Saint Marc et le lion
sur l'abat-voix de la chaire à prêcher.

Saint Michel combattant le démon
au sommet de l'abat-voix de la chaire à prêcher.

Deux pharisiens discutent avec Jésus sur l'authenticité de sa mission. Celui-ci répond :
Qui ex deo est verba dei audit.
Panneau de la chaire à prêcher.

Marqueterie sur la chaire à prêcher : deux pharisiens
discutent avec Jésus sur l'authenticité de sa mission.
Celui-ci répond : Qui ex deo est verba dei audit.
(Qui est de Dieu, entend les paroles de Dieu).
 
La chaire à prêcher apporte un peu de coloration à une élévation uniformément blanche.

L'Annonciation dans la marquetterie du dosseret, détail :
Le Père céleste est entouré d'Isaïe et de l'auteur du Cantique des Cantiques.

Marquetterie de la chaire à prêcher : Jésus et la Samaritaine.

LES CHAPELLES DU BAS-CÔTÉ GAUCHE, LES TABLEAUX ET LES VITRAUX DE RAPHAËL LARDEUR (1946)

Les tableaux exposés dans l'église.
L'église des Blancs Manteaux n'est pas très grande, mais elle regorge de peintures religieuses. Ce qui lui donne un peu l'aspect d'une galerie de tableaux.
Dans le bas-côté nord, donné ci-dessous, les toiles paraissent alignées comme dans un musée. Il y en a aussi dans le bas-côté sud et au-dessus des portes d'entrée sur la façade. On en voit même dans des coins obscurs, ce qui ne facilite pas l'observation.
Détail amusant : Henri Latreille, l'auteur de la brochure sur l'église, fait remarquer que la nef est flanquée d'un «déambulatoire» (terme impropre car ce sont des bas-côtés). Comme s'il tenait absolument à ce que les visiteurs, comme dans les musées, déambulent en admirant les tableaux...
D'autres toiles sont visibles dans la chapelle Sainte-Geneviève.
Cette page donne un très large aperçu de ces tableaux qui sont d'une qualité artistique très variable. On en soulignera deux qui paraissent se détacher : l'Annonciation de le Dart, du XVIIe siècle, et la très belle Adoration des bergers de Jean-Marie Bralle (1785-1863) pour laquelle sont joints plusieurs gros plans.


Le bas-côté gauche avec ses chapelles latérales et sa «galerie» de peintures religieuses.
Au fond, l'autel Sainte-Anne, à côté du chœur.
Les toiles de ce bas-côté, malheureusement situées face au sud-est, sont noyées dans les contre-jours.

Sainte Marie-Madeleine essuie les pieds du Christ, 1808.
Jean-Henri Marlet (1771-1847).
Voir sur le gros plan à droite la larme au-dessous de l'œil de Marie-Madeleine.

La Présentation de Jésus au temple
Marie-Jules Quantin (1810-1884).

Le chancelier Le Tellier pose la première pierre de l'église en 1685
Atelier Raphaël Lardeur, 1946.

Saint Louis fonde le monastère de Notre-Dame des Blancs Manteaux
Atelier Raphaël Lardeur, 1946.

Le baptistère avec une toile d'après Murillo.

Jésus, bon Pasteur
École Française, XVIIe siècle.
Chapelle du Sacré-Cœur.

L'Annonciation
Le Dart, XVIIe siècle.

Le Lavement des pieds
François-Vincent Latil (1797-1890), 1827.

Le Mariage de la Vierge
Jacques-Émile Lafon (1817-1886).

L'Assomption de la Vierge
École française, XVIIIe siècle, chapelle du Sacré-Cœur.
Un ange sur le fronton du retable ---»»»
de l'autel Sainte-Anne,
XVIIIe siècle

Chapelle du Sacré-Cœur.

Chapelle Saint-Joseph.

L'Annonciation, détail.
Le Dart, XVIIe siècle.

L'autel Sainte-Anne et son retable de bois.
C'est un assemblage de différentes pièces du XVIIIe siècle.
Au second plan, les fenêtres de l'ancienne tribune du grand orgue.

L'autel Sainte-Anne.
Cet autel bouche l'ancien déambulatoire qui passait derrière le chœur.
La Révolution priva l'église de ses dépendances. Quand elle redevint église paroissiale après le Concordat, on décida de couper l'abside dans le sens de la hauteur.
Le rez-de-chaussée derrière le maître-autel devint une sacristie. L'espace à l'étage servit de tribune au grand-orgue dont la construction fut achevée en 1831.
Rappelons que la tribune d'orgue actuelle (qui court contre la façade rue des Blancs Manteaux) date de 1863 lorsqu'une travée supplémentaire vint agrandir la nef et que la façade de l'ancienne église des Barnabites ferma la travée.
Source : Notre-Dame des Blancs Manteaux, au Marais d'Henri Latreille, 1975.


Sainte Marie-Madeleine essuie les pieds du Christ, détail.
Jean-Henri Marlet (1771-1847).
L'artiste a peint une larme sous l'œil de Marie-Madeleine.

Jésus entre la Vierge et saint Joseph
Copie d'une toile de Murillo.

Le bas-côté sud.
Au fond, l'entrée sur la rue des Francs-Bourgeois.

Le Lavement des pieds, détail.
François-Vincent Latil (1797-1890), 1827.

Le lavement de pieds.
Que peut ressentir l'apôtre Pierre quand le Christ lui lave les pieds ? Sans doute, une incompréhension devant une attitude déroutante. Plus certainement encore, une stupéfaction mêlée de honte.
C'est bien ce que l'on découvre dans ce très beau regard de Pierre peint par François-Vincent Latil. Derrière un œil scrutateur, l'apôtre cache une appréhension et une gêne bien naturelles.
L'expression de son visage est encore renforcée par le léger geste d'opposition de sa main gauche.


L'entrée du bas-côté droit est surmontée d'une très belle toile, l'Adoration des bergers. Cette toile est placée de façon
heureuse : à cet endroit, il n'y a pas de contre-jour.

Une toile remarquable : L'ADORATION DES BERGERS de JEAN-MARIE BRALLE, XIXe SIÈCLE


L'Adoration des bergers
par Jean-Marie Bralle (1785-1863).

L'Adoration des bergers, détail.
par Jean-Marie Bralle (1785-1863).

L'Adoration des bergers, détail : les bergères.
Jean-Marie Bralle (1785-1863).

L'Adoration des bergers.
Cette toile de Jean-Marie Bralle (1785-1863) est peut-être la plus belle de l'église. Si elle datait du XVIIe siècle, on y aurait vu un très beau Caravagesque : la scène centrale est mise en relief par un clair-obscur, tandis que l'environnement est plongé dans le noir. Mais, au XIXe siècle, cela faisait bien longtemps que l'on voyait des toiles de ce style créé par le Caravage dès la fin du XVIe siècle.
On voit que le peintre a placé la source lumineuse dans le coin du haut à gauche. La lumière éclaire l'Enfant de plein fouet, mais elle éclaire aussi le crâne du vieil homme sur la gauche, le visage de la Vierge et le dos musclé du berger en adoration au premier plan. Notons d'ailleurs que le volume de ce corps massif et musclé qui brille au premier plan accentue la fragilité de l'Enfant au centre du tableau.
Les trois visages de femmes doivent nous arrêter. Les deux bergères présentent chacune une expression pleine de tendresse innocente. Celle du bas exhibe même une frimousse délicieuse et charmante, conforme au sentiment traditionnel de l'amour maternel.
À ces deux regards admiratifs, la Vierge fait contraste. Son visage, vu de profil, est admirablement souligné par la lumière qui arrive de biais. Là, point de sourire béat, mais une expression, bien sûr de contentement et d'amour, mais aussi de sérieux : la jeune mère est consciente de ses responsabilités et du rôle promis par le Ciel à son nouveau-né. C'est à ce titre aussi qu'elle occupe tout l'espace dans la partie droite de la toile, s'opposant aux bergers, regroupés dans une partie gauche plus vaste.
Conseil : si vous entrez dans l'église par la façade de la rue des Blancs Manteaux (porte droite), pensez à vous retourner. La toile est juste au-dessus de la porte dans un endroit qui ne souffre pas de contre-jour. Voir la photo plus haut.


L'Adoration des bergers, détail : la Vierge.
Jean-Marie Bralle (1785-1863).

Le songe de Joseph
École française, XVIIe siècle.

L'Annonciation
Époque non précisée.

Tout le style classique transparaît dans cette vue des fenêtres hautes.
Le large entablement, orné de symboles de l'Ancien et du Nouveau Testament,
est surmonté d'une corniche en forte saillie.
Les symboles sont enrichis de médaillons de saints au-dessus des arcades.

La Multiplication des pains, 1683
Claude II Audran (1637-1684).

Le cardinal de Bérulle et Madame Acarie fondent les Carmélites
Vitrail de l'atelier Raphaël Lardeur, 1946.

Le Baptême de Jésus
Paul Jourdy (1805-1856).

Statue de la Vierge à l'Enfant, détail.
«««--- La chapelle latérale dédiée à
Notre-Dame-des-Victoires
est tapissée d'ex-voto.

La nef et le bas-côté droit (qui est au sud-est).
Les quatre vitraux historiés de Raphaël Lardeur sont situés à partir de celui que l'on aperçoit derrière la chaire.

LE CHŒUR DE NOTRE-DAME-DES-BLANCS-MANTEAUX


Le chœur de l'église Notre-Dame-des-Blancs-Manteaux.
Les statues blanches des quatre Évangélistes entourent celle de la Vierge Immaculée.

Le chœur des Blancs Manteaux.
Ce chœur très harmonieux offre un contraste notable entre le blanc et le brun : le blanc de l'architecture classique des piliers et de l'entablement ; le brun des boiseries aux ornements plus ou moins travaillés.
L'essentiel de ces boiseries remonte au XVIIIe siècle. Elles ont été achetées par l'abbé Garenne, curé de l'église, au cours de son long vicariat (1831-1878). C'est aussi à lui que l'on doit l'achat de la magnifique chaire à prêcher.
Au premier plan du chœur, la table de communion, acquise en 1859, date de la fin du règne de Louis XIV. Ses balustres sont à chapiteaux ioniques. Leur panse est ornée de coquilles et de rinceaux (photo ci-dessous).
Les trente stalles ont une origine incertaine : époque des Bénédictins (XVIIe siècle), église de Sceaux ou église Notre-Dame de Lorette, à Paris.
Œuvres du sculpteur Heyrault au XIXe siècle, les statues d'argile (peint en blanc) de la Vierge Immaculée et des quatre Évangélistes se détachent, de manière très heureuse, sur le brun foncé des boiseries d'arrière-plan et du rideau grenat tendu au centre. La Vierge Immaculée se tient debout sur un globe enrichi de nuages et de chérubins, le tout sous une belle Gloire.
Sur les boiseries latérales, les statues de saint Louis et du bienheureux Guillaume de Malval, patrons de l'église, complètent le chœur. Rappelons que Guillaume de Malval, mort en 1157, est le fondateur de l'ordre des Guillemites qui dut, en application des décrets du Concile de Trente, se fondre avec l'ordre des Bénédictins dont il suivait la Règle.
Le maître-autel en marbre blanc et jaune, de style Louis-Philippe, a été mis en place en 1877 pour remplacer un autel en bois. Son soubassement est orné d'un bas-relief représentant la Résurrection (photo ci-dessous).
Source : Notre-Dame des Blancs Manteaux, au Marais par Henri Latreille, Paris, 1975.


Le chœur et ses trente stalles acquises en 1859.

La Résurrection du Christ.
Bas-relief dans le soubassement du maître-autel (XIXe siècle).

Détail de la table de communion d'époque Louis XIV.
Chapiteaux ioniques ; coquilles et rinceaux sur la panse des balustres.

Statue en bois de Guillaume de Malval, patron de l'église des Blancs-Manteaux. L'autre patron étant saint Louis.
QUATRE STATUES DAND LE CHŒUR, XIXe SIÈCLE

Saint Matthieue et l'ange.

Saint Louis.

La Vierge Immaculée.

Saint Jean et son aigle.

Vue des parties hautes de la nef et du chœur.
L'entablement avec sa frise et ses médaillons orne tout le pourtour de l'église.
Le verre blanc des fenêtres hautes permet à l'édifice de bénéficier d'une grande luminosité.

Le chœur et l'abside de l'église des Blancs-Manteaux.

Bordure du chœur et statues d'art populaire contemporain.
La bordure sud du chœur et la chapelle Notre-Dame-des-Victoires
sont riches de dizaines d'ex-voto posés au XIXe et au début du XXe siècle.

Cette vue du chœur montre les deux statues de gauche : saint Jean et saint Matthieu
(œuvre d'Heyrault, XIXe siècle) devant de belles boiseries du XVIIIe siècle.

Les trois vitraux de l'abside sont de l'atelier Raphaël Lardeur (1946).

Les religieux guillemites remplaçant les serfs de Marie
Vitrail de l'atelier Raphaël Lardeur, 1946.

Statue de saint Luc à côté d'une boiserie
surmontée de la statue de Guillaume de Malval.
«««--- Élément de boiserie du XVIIIe
siècle dans le chœur.

Au sommet de la moitié gauche, un chandelier
à sept branches avec ses cierges allumés.

Au-dessous, la table de la Loi reprend un texte
de l'Ancien Testament :
Je suis le Seigneur ton Dieu qui t'ai fait
sortir de la terre d'Égypte, de la
maison de servitude
, etc.
Ex-voto de 1892 ---»»»
Chapelle Notre-Dame-des-Victoires.

Beau témoignage de foi devant l'impuissance
de la médecine à la fin du XIXe siècle.

Le Christ en croix.
Vitrail central de l'abside.
Atelier Raphaël Lardeur, 1946.

La Dernière entrevue de saint Benoît et de sainte Scolastique
Léon de Lestang-Parade (1801 ou 1810-1887).
«««--- L'Assomption par François Périer (vers 1590 - 1650).

L'ORGUE DE TRIBUNE


L'orgue de tribune est de Louis Callinet (1ère moitié du XIXe siècle).
Son buffet a été dessiné par Varcollier en 1863.

Détail de la plateforme qui soutient le buffet d'orgue.
Origine : abbatiale Saint-Victor, XVIIe siècle.

L'orgue de tribune de l'église des Blancs Manteaux
Cet orgue est dû au facteur Louis Callinet (1ère moitié du XIXe siècle). Initialement installé au-dessus du sanctuaire en 1831, l'entreprise Merklin est chargée en 1863 de le déplacer contre la nouvelle façade (après l'ajout d'une travée et la mise en place, pierre par pierre, de la façade de l'église des Barnabites).
L'orgue est restauré par Convers en 1925.
La plateforme qui soutient l'instrument date de la fin du XVIIe siècle. Elle vient de l'abbatiale Saint-Victor et présente un bel ensemble de colonnes cannelées et rudentées à chapiteau ionique (photo ci-dessous).
Le buffet proprement dit a été dessiné par Varcollier en 1863 à l'occasion de la réinstallation de l'orgue contre la façade. Ses piliers carrés sont ornés de panneaux du XVIIIe siècle qui viennent des acquisitions menées par l'abbé Garenne au XIXe.

Varcollier a eu la main heureuse : cette partie haute s'intègre au-dessus de la plateforme du XVIIe siècle de très belle façon.
En août 1944, l'église subit les dommages d'un bombardement allemand tout à côté. Le bâtiment est laissé sans vitraux. Les fermetures de fortune ne peuvent rien contre la dégradation de l'instrument.
En 1962, les Beaux-Arts de Paris disposent enfin des fonds pour en entreprendre une restauration complète qui est confiée au facteur strasbourgeois Alfred Kern. Tout ou presque est déposé et envoyé en Alsace. On en profite pour déplacer la tribune.
L'instrument sera réinstallé à un mètre du mur de la façade, améliorant du même coup son acoustique.
Source : Notre-Dame des Blancs Manteaux, au Marais par Henri Latreille, Paris, 1975.


La plateforme qui soutient le buffet d'orgue date de la fin du XVIIe siècle. Elle vient de l'abbatiale Saint-Victor
et présente un bel ensemble de colonnes cannelées et rudentées à chapiteau ionique.

LA CHAPELLE SAINTE-GENEVIÈVE


Vue générale de la chapelle Sainte-Geneviève.
On voit ici les portes qui permettent de passer dans le bas-côté sud de la nef.

Le prophète Élie secouru par l'ange
École française, XVIIe siècle.

L'autel de la chapelle Sainte-Geneviève.

La chapelle Sainte-Geneviève.
Cette chapelle est une grande salle rectangulaire, ajoutée au XIXe siècle, ornée de boiseries et de tableaux.
Les six tableaux du fond de la salle (vue d'ensemble donnée ci-dessous) sont de l'École française du XVIIe siècle. On n'en connaît ni les auteurs ni les ateliers. Ils relatent des événements de l'Ancien Testament.


La Glorification de sainte Geneviève
signée ABR, 1846, au-dessus de l'autel.

La Rencontre d'Abraham et de Melchisédech, détail.
École française, XVIIe siècle.

La Glorification de sainte Geneviève, détail.
signée ABR, 1846.
Peinture au-dessus de l'autel.

Vue générale du fond de la chapelle Sainte-Geneviève
avec les six toiles de l'École française du XVIIe siècle.

Statue en bois de sainte Geneviève sur l'autel, détail.

Moïse a frappé le rocher d'où jaillit l'eau
École française, XVIIe siècle.

La Manne
École française, XVIIe siècle.

David et le prêtre Akhimélech
École française, XVIIe siècle.

Samson mange un rayon de miel
École française, XVIIe siècle.
«««--- La Mort de sainte Anne
Joakim Sandrart, 1640.

La nef et l'orgue de tribune vus du chœur.

Documentation : «Notre-Dame-des-Blancs-Manteaux, au Marais» d'Henri Latreille, brochure disponible dans l'église
+ «Paris, d'église en église», Éditions Massin
+ «Les églises de France, Paris et la Seine», éditions Letouzey et Ané, 1936
+ «Histoire des ordres et congrégations religieuses» de Sophie Hasquenoph, éditions Champ Vallon.
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