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Page créée en juin 2013
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Saint Antoine de Padoue, statue de Delamarre

L'ancienne commune de Vaugirard a été annexée à la capitale en 1860. Elle comprend, au sud, les fortifications de Thiers où vit un petit monde d'ouvriers et de maraîchers. En 1919, l'enceinte est détruite, offrant une nouvelle superficie à la construction. Voulant assurer l'évangélisation de ce petit peuple parisien, le cardinal Verdier (1864-1940) y fait élever une église dans le cadre des Chantiers du Cardinal, donc sur des fonds entièrement privés. L'architecte en est Léon Azéma (1888-1976), aidé de l'abbé Robert Mortier (1877-1937). Ce dernier va imposer une touche résolument franciscaine : des lignes simpes, un décor dépouillé. Le chantier s'étale de 1933 à 1935.
L'église est en ciment armé, recouvert de briques rouges. Elle se voit de loin : son clocher-porche culmine à 46 mètres dans un environnement d'immeubles de faible hauteur. L'église Saint-Antoine-de-Padoue a été érigée très rapidement et sur des fonds modestes. Les dix oculi réalisés par le peintre-verrier Louis Barillet (1880-1948) sur des cartons de Robert Poughéon (1886-1955) en sont l'une des curiosités. Ils sont tous donnés dans cette page.

Le Christ dans un vitrail de Louis Barillet

Vue d'ensemble de l'église Saint-Antoine-de-Padoue.
La nef prend l'aspect original d'une coque de vaisseau inversée, mais reprend le plan basilical traditionnel : nef et bas-côtés.

L'église dresse un impressionnant clocher de 46 m de haut
au-dessus du quartier.

Bas-relief sur la façade : le Tau est un symbole de la Croix.
C'est aussi un signe de bénédiction pratiqué par les Franciscains.

Quatre saints protecteurs franciscains ornent les contreforts du clocher.

Les sculptures du clocher ont été réalisées par Raymond Delamarre (1890-1986) et Élie-Jean Vézien (1890-1982). Dans la photo ci-dessus, on a, de gauche à droite : sainte Claire (cofondatrice de l'ordre des Clarisses), saint François d'Assise (fondateur de l'ordre des Franciscains) et saint Louis (qui créa des couvents franciscains). La quatrième sculpture (cachée) est sainte Élisabeth de Hongrie (qui revêtit l'habit des Franciscains).


La façade est ornée de deux bas-reliefs portant les emblèmes de l'ordre des Franciscains.

Statue de sainte Claire sur le clocher,
cofondatrice de l'ordre des Clarisses.

Bas-relief sur la façade.
Les «Conformités» : ce sont deux bras croisés.

L'un est nu (celui du Christ), l'autre est
habillé (celui de saint François).
Le bras nu rappelle l'exemple du dénuement, donc de la pauvreté, l'une des exigences
de la règle franciscaine.

Saint Antoine de Padoue
par Raymond Delamarre (1890-1986).

La nef et son côté gauche.
Les oculi, assez opaques, de Louis Barillet et les dalles de verre des bas-côtés n'apportent qu'une faible lumière.

«Venez, vous qui êtes bénis par mon père».
Vitrail de Louis Barillet (1880-1948).

Saint Antoine de Padoue, détail
par Raymond Delamarre (1890-1986).

Chapelle dans l'entrée avec reproduction
du gisant du Christ.

Les vitraux de Saint-Antoine-de-Padoue.
Les cartons des vitraux sont dus à Robert Poughéon (1886-1955). Leur exécution a été assurée par le peintre verrier Louis Barillet (1880-1948). Ils se présentent sous la forme de dix oculi, de taille modeste, relatant des scènes de la la vie de Jésus. Dans chaque oculus on peut lire un texte tiré de l'Évangile (qui n'est pas toujours bien lisible).
Le style un peu cru de Robert Poughéon peut choquer. Les sources citées le qualifient de «post-cubisant» et regardent ces verrières comme l'une des belles réussites de l'art sacré au XXe siècle. Trop proches du style de certains auteurs de bandes dessinées, il leur manque toutefois un peu de douceur.

Le corps du Christ dans le vitrail ci-dessus (Venez, vous qui êtes bénis par mon père), fait penser à un superman caparaçonné venu de l'espace. Le Christ peint dans «la Cène» (voir ci-dessous), c'est presque Conan le barbare qui défie son ennemi ! Enfin, dans le vitrail de l'Ascension, avec les deux pieds de Jésus seuls visibles, Poughéon a repris une idée déjà ancienne, mais qui n'est pas forcément des plus heureuses.
En matière de réussite de vitrail au XXe siècle, on pourra se reporter à l'intéressante verrière de François Décorchemont (1880-1971) à l'église Sainte-Odile (Paris, 17e arr.) qui a privilégié un style nettement plus feutré.


Chemin de croix réalisé par Delamarre et Vézien.
Station XIII : Marie reçoit le corps de Jésus.

«Voici ton roi».
Vitrail de Louis Barillet (1880-1948)

La chaire à prêcher.
On peut difficilement faire une chaire plus dépouillée.

La tête du Christ dans la reproduction du gisant (chapelle dans l'entrée).

La Vierge à l'Enfant dans la chapelle de la Vierge.
Œuvre d'Élie-Jean Vézien (1890-1982)

«Tes péchés te sont remis» , détail.
Vitrail de Louis Barillet (1880-1948).

Le bas-côté droit et la chapelle de la Vierge.
Les vitraux, au premier niveau de la nef, sont des dalles de verre coloré.

Chemin de croix réalisé par Delamarre et Vézien.
Station I : Jésus est condamné.


Chemin de croix réalisé par Delamarre et Vézien.
Station IV : Jésus rencontre sa mère.
Statue de saint Joseph présentant l'Enfant Jésus. ---»»»
Œuvre d'Élie-Jean Vézien (1890-1982)

Vitrail de Louis Barillet (1880-1948) : la Cène.

Saint Joseph présentant l'Enfant Jésus, détail.
Œuvre d'Élie-Jean Vézien (1890-1982), détail.

«Tes péchés te sont remis»
Vitrail de Louis Barillet (1880-1948).

Chapelle du Sacré-Cœur avec les fonts baptismaux .
La statue du Sacré-Cœur est de Raymond Delamarre (1890-1986).

L'Ascension.
Vitrail de Louis Barillet (1880-1948).

«Et ouvrant sa bouche il les enseignait».
Vitrail de Louis Barillet (1880-1948).

Cloisons et garde-corps du côté droit.
Ces aménagements architecturaux (à gauche et à droite) datent de l'année 1973.

Le Christ en gros plan dans «La Cène».
Vitrail de Louis Barillet (1880-1948)
sur un carton de Robert Poughéon (1886-1955).

Jésus par Louis Barillet.
Le visage de Jésus paraît un peu cru, style «bande dessinée». La partie colorée de sa face, sur la gauche, fait penser à un guerrier couvert de peintures rituelles, prêt pour l'ultime combat.
Bref, presque un visage à faire peur aux enfants...


Saint François d'Assise montrant les stigmates
par Raymond Delamarre (1890-1986).

La nef vue depuis le transept avec l'orgue de tribune.

Éclairage de l'église.
Dans l'ouvrage Églises parisiennes du XXe siècle (Action artistique de la ville de Paris), l'historien d'art Simon Texier écrit que le choix de l'architecte Léon Azéma, pour l'éclairage de l'église, a été de concentrer la lumière naturelle dans le chœur. Azéma proposait ainsi un contraste entre une nef faiblement éclairée et un chœur baignant dans un puits de lumière
À cet effet, trois verrières parallèles assuraient l'éclairage zénithal de l'autel. Que voit-on en fait ? On trouve la trace de ces trois verrières dans le chœur (voir image ci-dessous), mais elles ont été bouchées (soit par de la peinture, soit par un matériau solide). Le chœur n'est éclairé, un peu chichement, que par une lumière électrique venue d'en bas, réduisant presque à rien l'effet artistique voulu par Azéma (voir la photo de l'ensemble de la nef en haut de cette page).


Le chœur avec ses statues de saint François (à gauche) et de saint Joseph (à droite).
La fresque de Jean-Fleury Bernard (1908-1994), «Le Christ expirant», offre un contraste agréable avec l'environnement de couleur uniforme.

Sainte Thérèse de Lisieux
Élie-Jean Vézien (1890-1982).

Le chœur et l'ensemble de la fresque de Jean-Fleury Bernard.

Fresque : «Le Christ expirant» de J.-F. Bernard (1908-1994).
Détail : La Crucifixion avec Marie, saint Jean et Marie-Madeleine

Saint François d'Assise montrant les stigmates, détail.
par Raymond Delamarre.

«Le Christ expirant»
Fresque de J.-F. Bernard (1908-1994)
Partie gauche : saint François d'Assise, agenouillé, les bras ouverts, est
accompagné de frères franciscains : Bonaventure, Duns Scot et Pacifique.

«Je vous dis en vérité que je n'ai point trouvé
une si grande foi, pas même en Israël».
Vitrail de Louis Barillet (1880-1948).

Le maître-autel et l'autel de messe.

Le Saint Esprit.
Vitrail de Louis Barillet (1880-1948).

«Laissez venir à moi les petits enfants».
Vitrail de Louis Barillet (1880-1948).

Sainte Thérèse de Lisieux, détail.
sculptée par Élie-Jean Vézien (1890-1982)
Fresque : «Le Christ expirant» ---»»»
de Jean-Fleury Bernard (1908-1994).
Partie droite : saint Antoine de Padoue entouré
de quatre martyrs franciscains : Burté, Morel,
Griault et Bauer. L'Enfant Jésus, jeune, tend la
main à saint Antoine (voir la fresque entière).

L'orgue de tribune et son buffet résolument moderne.
«««--- «Or il arriva que le pauvre mourut
Et fut porté par les anges dans le sein d'Abraham».
Vitrail de Louis Barillet (1880-1948).


«Or il arriva que le pauvre mourut
Et fut porté par les anges dans le sein d'Abraham», détail.
Vitrail de Louis Barillet (1880-1948).
La nef et l'orgue de tribune vus du chœur.

Documentation : «Paris d'église en église», Massin Éditeur,
+ «Églises parisiennes du XXe siècle», Action artistique de la Ville de Paris.
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