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Page créée en juil. 2014
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Saint Christophe dans le bas-côté droit de la nef

À partir des années 1860, le quartier de Javel, nouvellement inclus dans Paris et jusque-là délaissé, voit s'implanter des usines métallurgiques et chimiques, dont certaines produisent de l'eau de Javel. Après la première guerre mondiale, des entreprises de transport s'y installent, construisant locomotives, wagons, aérostats et surtout automobiles. La croissance économique et démographique suit ; l'église en bois, vétuste, ne suffit plus. Le Clergé commande alors un nouvel édifice situé près des usines Citroën et du terrain d'aviation d'Issy-les-Moulineaux. Il est naturellement dédié à saint Christophe, patron des voyageurs et des automobilistes.
Saint-Christophe-de-Javel est une église assez déroutante. Son style se veut inspiré par l'art gothique du XIIIe siècle, idéal architectural de Charles-Henri Besnard (1881-1946), disciple de Viollet-le-Duc, en charge de sa construction de 1926 à 1930. La technique utilisée est innovante : du ciment armé préalablement moulé en série (voir plus bas).
L'ambition de l'architecte, comme il l'a déclaré lui-même, est de réaliser ce que les maîtres du Moyen Âge auraient fait s'ils avaient disposé de ciment armé (!).
Avec sa nef scandée de piliers cruciformes et les panneaux en staff de la voûte, l'édifice ressemble à un mélange des églises Saint-Eugène et Notre-Dame-du-Travail, bien que le ciment moulé y remplace le fer. De grandes toiles marouflées illustrant la vie de saint Christophe, œuvres de Jacques Martin-Ferrières (1893-1974), décorent les deux côtés de la nef... quand le soleil veut bien l'éclairer. Les vitraux, assez opaques, sont dus à Henri-Marcel Magne (1877-1944).

L'Enfant Jésus sur l'épaule de saint Christophe

La nef et le chœur de l'église Saint-Christophe-de-Javel.

Un détail architectural.
Malgré les apparences, les piliers ne sont pas en métal, mais en ciment armé moulé. On remarquera, à la voûte, les arcs-doubleaux en treillis, eux aussi façonnés en ciment moulé. Voir la note sur l'architecture plus bas.
À l'époque de la construction, la ressemblance avec les voûtes en métal a été reprochée à l'architecte de l'église.


Le clocher de l'église domine le carrefour
entre la rue de la Convention et la rue Saint-Christophe.

La façade de l'église et son beau fenestrage en ciment moulé.
De part et d'autre du porche, à la hauteur du haut des fenêtres
gémellées, on voit la frise d'Henri-Marcel Magne.

Saint Christophe portant le Christ Enfant
Haut-relief en ciment moulé
de Pierre Vigoureux (1884-1965).

Deux panneaux de la frise qui court sur le mur extérieur de l'église.
Saint Christophe protège des voyageurs ainsi que des ouvriers des entreprises de transport.
Fresque sur ciment d'Henri-Marcel Magne (1877-1944).

Architecture : le ciment moulé (1/2).
Avec l'église Saint-Christophe-de-Javel, l'architecte Charles-Henri Besnard (1881-1946) occupe une place particulière dans l'histoire de la construction. Le ciment avait déjà acquis ses lettres de noblesse, notamment le ciment armé avec lequel fut bâtie la controversée église Saint-Jean-de-Montmartre. D'ordinaire, le ciment, comme le béton, était coffré. Pour Saint-Christophe, Besnard choisit de le mouler. Les moules ne seraient pas utilisés sur place, mais en usine. C'est en fait dans des hangars adaptés qu'on bâtirait tous les éléments structurels de l'église, avec la conviction de réduire ainsi le coût de la construction (surtout si l'on parvenait à réutiliser les moules pour un autre bâtiment). On pouvait en plus y inclure sans peine le décor sculptural : il suffisait de façonner les moules avec les motifs appropriés.
Simon Texier, dans l'ouvrage Églises parisiennes du XXe siècle, nous informe du côté pratique : «Faits de bois armé de fer ou de staff [plâtre renforcé par un tissu épais - comme le jute], les moules recevaient dans un premier temps les ferraillages, puis le mortier de ciment. Après un arrosage de plusieurs jours avait lieu le démoulage. Les pièces (poteaux, arcs et claustras), pouvaient alors être transportées sur le chantier pour leur assemblage.» En fait, Besnard avait utilisé le même procédé pour la chocolaterie Poulain à Blois en 1917 et il avait déposé avec l'ingénieur Bessonneau un brevet relatif à un mode de construction rapide en éléments de ciment armé (et non pas moulé) pour les habitations. Le point-clé était que ces éléments étaient préfabriqués en série et à l'abri des intempéries.
Adaptée à une église, ce mode de construction supprimait le chômage hivernal. Une plaque commémorative (ci-dessous) à la mémoire de l'architecte et visible dans l'avant-nef, le rappelle.
Un panneau dans l'église informe le visiteur curieux que, pour la diminution du coût de la construction, l'essai fut raté puisque les moules ne furent jamais réutilisés. Les sommes qu'on aurait pu collecter (sans doute en les louant pour bâtir une autre église selon le même procédé) manquèrent douloureusement. D'où l'absence de finitions dans les chapelles et des difficultés de paiement.
Simon Texier précise que l'architecte a bel et bien réutilisé des éléments de structure en ciment moulé conçus pour Saint-Christophe. Ce fut en 1931, pour la construction de l'église des Trois-Ave-Maria à Blois, édifice que l'auteur qualifie de «grandiloquent». Ce chantier fut abandonné pour des raisons financières. ---»» Suite 2/2 ci-dessous.


L'impressionnant fenestrage en ciment moulé de la façade dessine
des croix, des fleurs de lys et des couronnes d'épines.

Au-dessous de l'aigle et du taureau, on lit, gravé en ciment moulé :
«Ô Dieu, accordez à tous ceux qui viendront dans ce temple
implorer vos grâces la joie de les avoir obtenues».

Plaque commémorative dédiée à l'ingénieur
Charles-Henri Besnard (1881-1946).

Pilier cruciforme en ciment moulé
orné de sculptures de roses.

Architecture : le ciment moulé (2/2).
---»»   La prétendue diminution des coûts grâce au ciment moulé termina en farce. En effet, pour être assemblées, les pièces d'usines «nécessitaient l'emploi d'appareils de levage puissants et perfectionnés» [Texier]. Besnard avouera plus tard que pour Saint-Christophe, reculant devant le risque d'abîmer les précieux éléments de ciment moulé, il avait employé des appareils en bois de très faible rendement. Des appareils qu'il fallait construire sur place avec des madriers !
Autrement dit, ce qu'on gagnait en ne coulant plus sur place le ciment ou le béton dans des coffrages qu'on n'avait plus à construire, on le perdait dans la conception d'engins de levage sophistiqués, capables de manipuler sans casse le ciment moulé qui arrivait sur le chantier. Si, en plus, les moules n'étaient pas réutilisés, on donnait aux adversaires de Besnard un argument de poids : ce nouveau mode de construction, qui se voulait économique, allait finir par coûter plus cher que la pierre de taille ! Ajoutons que Besnard réemploya le même processus compliqué de levage à Blois, mais échoua dans son entreprise.
Quoi qu'il en soit, la presse de l'époque (fin des années 1920) salua le concept du ciment moulé, mais rappela que, dans le nord de la France, précisément à Roubaix et à Watrelos, on avait déjà construit des églises selon ce procédé.
On lira avec profit la note sur le béton armé et les matériaux des églises parisiennes construites au XXe siècle, note qui se trouve à la page consacrée à l'église Sainte-Odile à Paris dans ce site Web.
Source
: Églises parisiennes du XXe siècle, Action artistiques de la Ville de Paris, article «Les matériaux ou les parures du béton» de Simon Texier.


Le bas-côté droit vu depuis le chœur avec les statues de Pierre Vigoureux (1884-1965).
Les panneaux de Jac Martin-Ferrières (1893-1974) illustrent la première partie de la vie
de saint Christophe, quand il s'appelait encore Reprobus.

Archétype des vitraux d'Henri-Marcel Magne (1877-1944) dans la nef

Les vitraux d'Henri-Marcel Magne (1877-1944) dans la nef sont des rosaces qui symbolisent la Résurrection. Le centre est rempli d'un signe religieux dans une croix bleue. Des rayons jaunes en jaillissent comme la lumière divine. Ici, le signe religieux prend la forme d'épis de blé (l'Eucharistie). Le claustra, de forme octogonale, est en ciment moulé.


Saint Christophe portant l'Enfant pour traverser le fleuve
Peinture de Jac Martin-Ferrières (1893-1974) dans le bas-côté droit

L'Agneau pascal
Vitrail d'Henri-Marcel Magne (1877-1944) dans la nef, détail central.

Saint Christophe fait traverser le fleuve au Christ
et ploie sous le poids du monde.
Peinture de Jac Martin-Ferrières (1893-1974).
Le diable ne peut supporter la vue de la croix. ---»»»
Peinture de Jac Martin-Ferrières (1893-1974).

Sainte Françoise tenant l'Enfant
Statue de Pierre Vigoureux (1884-1965) ?

Sainte Françoise tenant l'Enfant, détail.
Statue de Pierre Vigoureux (1884-1965) ?

Saint Antoine de Padoue portant l'Enfant.
Statue de Pierre Vigoureux (1884-1965) ?


Sainte Françoise et la peinture de Jac Martin-Ferrières :
«Christophe répand la lumière de l'Évangile».

Saint Christophe s'émerveille devant son bâton transformé en dattier.
Peinture de Jac Martin-Ferrières (1893-1974).

Saint-Christophe est étonné par l'attitude du diable
qui ne peut supporter la vue de la croix.
Peinture de Jac Martin-Ferrières (1893-1974).
«««--- Saint Christophe s'émerveille devant son bâton
transformé en dattier.
Peinture de Jac Martin-Ferrières (1893-1974).

Deux colombes au milieu d'une croix bleue entourée de rayons
jaunes, symbole de la lumière divine.
Vitrail d'Henri-Marcel Magne (1877-1944) dans la nef, détail central.

Le bas-côté droit et ses peintures de Jac Martin-Ferrières (1893-1974).

Le géant Reprobus voit le roi faire le signe de la croix.
Peinture de Jac Martin-Ferrières (1893-1974), détail.

La légende de saint Christophe (2/3).
---»»  Le roi confessa qu'il avait peur du diable et qu'il agissait ainsi pour se protéger. «Le diable est donc plus puissant que toi !», répondit Reprobus. Alors il quitta son maître pour chercher le démon et se mettre à son service.
Dans le désert, il tomba sur une grande armée commandée par un homme au visage féroce. Apprenant qu'il était le diable, il fit route, tout heureux, à ses côtés. L'armée vint à passer devant une croix plantée au bord du chemin. Et aussitôt le diable s'enfuit à toutes jambes.
Interloqué, Reprobus lui en demanda la raison. Le diable lui raconta qu'un homme appelé «Christ» avait été attaché sur une croix et que depuis il s'enfuyait dès qu'il en voyait une parce qu'il avait peur. «C'est donc que le Christ est plus puissant que toi !», rétorqua le géant de Canaan. Aussitôt il quitta le diable et se mit en quête du Christ.
Il erra longtemps et rencontra un ermite qui lui dit que pour servir le maître qu'il cherchait, il devait jeûner souvent. Reprobus se récria : la chose était au-dessus de ses forces ! Dans ce cas, il fallait faire de nombreuses prières. Impossible : le géant ne savait pas ce qu'était prier ! Alors l'ermite lui conseilla, s'il voulait faire plaisir au Christ, de s'établir près d'un fleuve dangereux et d'aider les gens à traverser. À cette condition, le Christ se montrerait peut-être à lui.
Reprobus se rendit près du fleuve, dressa une cabane sur la rive, prit un tronc d'arbre en guise de bâton et vécut là en aidant les gens.
Une nuit, il entendit une voix d'enfant qui lui demandait de l'aider pour passer le fleuve. Il sortit aussitôt, mais ne vit personne. Il rentra et la voix se fit encore entendre. Personne non plus. La troisième fois, il trouva enfin un petit garçon qui le pria de lui faire traverser le fleuve.
---»» Suite 3/3 ci-contre.


Saint Christophe portant l'Enfant.
Sculpture en ciment moulé de Pierre Vigoureux (1884-1965).

La légende de saint Christophe (1/3).
Dans l'iconographie des saints, Antoine de Padoue porte l'Enfant Jésus sur son bras, sainte Françoise tient l'Enfant nourrisson dans ses mains et le géant Christophe porte l'Enfant sur son épaule.
La vie de saint Christophe nous est connue par la Légende dorée de Jacques de Voragine. C'est un conte fort peu banal, mais qui reste une belle allégorie. Il est illustré dans la nef de l'église par Jac Martin-Ferrières (1893-1974). L'artiste a utilisé la technique de l'encaustique, c'est-à-dire une peinture à la cire sur toile marouflée qui garantit une bonne conservation de l'œuvre.
Christophe est un Cananéen taillé en Hercule et de très haute stature, au visage effrayant. Au début de l'histoire, il se nomme Reprobus, c'est-à-dire le rejeté.
Reprobus s'était mis en tête de servir le prince le plus puissant du monde. Quittant son roi, il partit à la cour d'un autre monarque dont on disait que sa puissance surpassait celle des autres. Un jour, un jongleur chantait devant le roi une chanson où le mot diable revenait souvent. À chaque fois, le roi, qui était un prince chrétien, faisait le signe de la croix (ci-contre à gauche). Intrigué, Reprobus lui demanda ce que signifiait ce geste.
---»» Suite 2/3 à gauche.


Le paon, symbole de la Résurrection.
Vitrail d'Henri-Marcel Magne (1877-1944).
Un poisson percé d'un trident. ---»»»
Vitrail d'Henri-Marcel Magne (1877-1944) dans la nef, détail central.

Statue d'une sainte les mains sur la poitrine
Sculpture en ciment moulé

La légende de saint Christophe (3/3).
---»» Le prenant sur son épaule, le colosse entra dans l'eau, armé de son bâton. Mais la charge s'alourdissait à mesure qu'il avançait, pour devenir aussi pesante que le plomb. En plus, le niveau de l'eau montait. Le géant crut qu'il allait périr.
Arrivé malgré tout sur l'autre rive, il se plaignit au jeune garçon : «Tu m'as mis en danger. Tu étais si lourd que le poids du monde entier n'aurait pas été une charge plus difficile à porter.» Alors, l'Enfant lui dit qu'il avait bel et bien porté le monde entier et qu'il était le Christ que lui-même servait par l'aide qu'il apportait aux autres. Désormais il ne s'appellerait plus Reprobus, mais Christophorus, le Porte-Christ.
Pour prouver ses dires, l'Enfant lui demanda, une fois qu'il serait revenu sur l'autre rive, de planter son bâton dans la terre et, le lendemain, celui-ci serait chargé de fleurs et de fruits. L'enfant disparut et Christophorus s'exécuta. Le matin suivant, il trouva un palmier couvert de feuilles et de dattes.
L'histoire du martyre de Christophorus est contée plus bas.
Source : La Légende dorée de Jacques de Voragine, éditions Diane de Selliers.


La voûte des bas-côtés est percée de vitraux horizontaux d'Henri-Marcel Magne.
Au-dessous, les peintures du martyre de saint Christophe par Jac Martin-Ferrières (1893-1974).

La voûte est constituée de panneaux en staff où Henri-Marcel Magne a peint des anges musiciens.
Le staff est un plâtre à modeler armé d'un tissu (jute, sisal, chanvre, etc.).
Cette technique, inventée sous le Second Empire, coûtait moins cher que le stuc.

Le Supplice de saint Christophe. Quatre mille archers tirent sur le supplicié,
mais les flèches restent suspendues en l'air.
Peinture de Jac Martin-Ferrières (1893-1974).

Le Supplice de saint Christophe.
Peinture de Jac Martin-Ferrières (1893-1974), détail.
Cette image donne une idée de l'aspect obtenu par la technique de l'encaustique (peinture à la cire).
Symboles religieux dans les vitraux de la nef, détail (Henri-Marcel Magne, 1877-1944) ---»»»

Sur le bas-côté gauche, la série de confessionnaux
en porte à faux est intégrée à la structure.

Les tympans des confessionnaux sont en ciment moulé.
On y voit des scènes qui illustrent les vices et le vertus
(symbolisés par des personnages profanes).
Œuvre de Max et Jean Brœmer sur des cartons d'Auguste Roubille (1872-1955).

«Saint Christophe refuse de sacrifier aux faux dieux».
Peinture de Jac Martin-Ferrières (1893-1974).

La Décapitation de Saint Christophe, détail.
Peinture de Jac Martin-Ferrières (1893-1974).

Le martyre de saint Christophe.
Dans la Légende dorée, ce martyre donne clairement dans l'outrance des chiffres.
Un jour, le saint se rendit à Samos, une ville de Lycie, et y réconforta les chrétiens que l'on torturait dans l'arène du cirque. Un juge le frappa. Christophe déclara que, s'il n'avait pas été chrétien, il aurait vengé l'injure. Il planta son bâton en terre et pria Dieu d'y faire pousser des feuilles. Ce qui se produisit. À la vue du miracle, huit mille hommes se convertirent.
Le roi envoya alors deux cents soldats pour s'emparer du géant. Le trouvant en prière, ils n'osèrent le toucher. Deux cents autres soldats arrivèrent, qui se mirent à genoux et prièrent avec lui. Les soldats lui proposèrent de partir libre, mais Christophe refusa. Il les convertit tous et se fit ensuite lier les mains derrière le dos. Arrivé devant le roi, il refusa de sacrifier aux dieux et fut jeté en prison. Les quatre cents soldats convertis furent décapités.
Le roi envoya ensuite deux courtisanes qui étaient sœurs, Nicée et Aquiline, pour séduire le prisonnier et essayer de le faire pécher. Mais celui-ci les convertit. Revenues devant le roi, elles acceptèrent de sacrifier aux dieux à condition que tout le peuple se réunît dans le temple. Là, avec leurs ceintures, elles détruisirent les statues des idoles et défièrent les médecins de les guérir. Par ordre du roi, Aquiline fut pendue à un arbre ; on lui attacha une grosse pierre aux pieds et on lui rompit tous les membres. Quand elle fut morte, on jeta sa sœur Nicée dans un brasier, mais elle en sortit indemne. Alors le roi la fit décapiter.
Vint le tour de saint Christophe. Il fut frappé avec des verges de fer (peinture ci-contre) ; on plaça un casque de fer chauffé au rouge sur sa tête et on l'attacha sur un siège de fer, lui aussi chauffé au rouge. Le siège se brisa et Christophe se releva sans avoir rien souffert. Alors on attacha le supplicié à un arbre et quatre mille archers tirèrent sur lui. Mais les flèches restèrent suspendues en l'air et aucune ne l'atteignit. Le roi, revenant sur le lieu du supplice, fut furieux de voir le saint indemne au lieu d'être criblé de flèches. Il se mit à l'insulter. Aussitôt, une flèche se tourna dans sa direction, le frappa à l'œil et le rendit aveugle. Christophe eut pitié de lui et lui conseilla, juste après sa mort qu'il savait toute proche, d'appliquer un peu de son sang sur ses yeux pour recouvrer la vue. Le roi lui fit trancher la tête, prit de son sang et s'en frotta les yeux. Aussitôt il recouvra la vue. «Alors, le roi se convertit, reçut le baptême, et décréta que toute personne qui blasphémerait contre Dieu ou contre saint Christophe aurait aussitôt le tête tranchée», lit-on à la fin du texte.
De toutes les légendes tirées de l'ouvrage de Jacques de Voragine, l'histoire du supplice de saint Christophe est l'une des plus morbides et des plus extravagantes.
Source : La Légende dorée de Jacques de Voragine, éditions Diane de Selliers. Traduction de Teodor Wyzewa. La citation finale est tirée du texte de T. Wyzewa.

«««--- Saint Christophe est flagellé avec des verges de fer.
Peinture de Jac Martin-Ferrières (1893-1974).

Le bas-côté gauche vu depuis l'avant-nef.
Il est illustré des peintures de Jac Martin-Ferrières (1893-1974) relatant le martyre de saint Christophe.
LE CHŒUR DE L'ÉGLISE SAINT-CHRISTOPHE-DE-JAVEL

Le chœur de l'église Saint-Christophe-de-Javel est orné d'un vaste fenestrage en ciment moulé.

La voûte du chœur, de style Art Déco, est l'œuvre d'Henri-Marcel Magne (1877-1944).
Au centre, saint Christophe porte le Christ sur ses épaules. À droite et à gauche, des hommes et des femmes agenouillés
lui présentent des moyens de locomotion (vélo, locomotive, etc.) et implorent sa protection.

Vue d'ensemble du chœur et de l'abside
de l'église Saint-Christophe-de-Javel.
SIGNES RELIGIEUX DANS LES VITRAUX
DE LA NEF (Henri-Marcel MAGNE)

Les Pèlerins d'Emmaüs.
Verre gravé sur le devant du maître-autel
par Max et Jean Brœmer (1930).

Saint Christophe porte le Christ sur ses épaules.
Partie centrale de la voûte à l'abside.
Peinture d'Henri-Marcel Magne (1877-1944).

Chapelle absidiale gauche.

Partie droite du chœur.

Une porte latérale de l'église entourée des vitraux de Jacques Gruber.

Le chœur des anges musiciens autour de l'orgue de tribune.
Peinture murale d'Henri-Marcel Magne (?)

Chapelle de la Vierge et du Saint-Sacrement.

L'ancre d'espérance.
Vitrail d'Henri-Marcel Magne (1877-1944)
dans la nef, détail central.

Autel de la chapelle de la Vierge et du Saint-Sacrement.
L'autel a été réalisé par Dominique Kaeppelin (1985).

«««--- Détail de la décoration de Dominique Kaeppelin.

Crucifixion de Jacques Gruber (École de Nancy, 1923)
au-dessus d'une porte latérale.

Le vitrail de Jacques Gruber dans le tympan d'une porte latérale. Il est ici vu de l'extérieur
et paraît presque plus beau quand la lumière arrive directement dessus.

L'orgue de tribune est un Schwenkedel de 1972.
La tribune est embellie par une peinture d'Henri-Marcel Magne (?) représentant un chœur d'anges musiciens.

Saint Christophe est flagellé, détail du panneau.
Peinture de Jac Martin-Ferrières (1893-1974).

La nef et l'orgue de tribune vus depuis le chœur.

Documentation : Panneaux d'information dans l'église
+ «Paris d'église en église», Massin éditeur
+ «Églises parisiennes du XXe siècle», Action artistique de la Ville de Paris.
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