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Page créée en 2011
Saint Joseph dans le vitrail central de l'abside

L'origine de l'église Saint-Joseph-Artisan repose dans le besoin d'apporter aux travailleurs immigrés de langue allemande, dans la première moitié du XIXe siècle, un soutien spirituel et une aide à l'insertion dans la société française, alors en pleine industrialisation. Une chapelle est créée en1850 avec une mission jésuite. Une église la remplace en 1865, construite avec des dons, essentiellement allemands et autrichiens. Son appellation sera «Saint-Joseph des Allemands».
En 1925, le but originel de la Mission ayant disparu, elle est confiée à une congrégation proche du monde du travail, alors que l'ensemble des biens immobiliers appartient au prince de Saxe. En 1958, l'église devient paroisse sous le vocable «Saint-Joseph Artisan», les biens immobiliers étant la propriété de l'archevêché de Paris. Contrairement à la plupart des églises paroissiales de France, Saint-Joseph Artisan n'est pas la propriété de l'Etat.
Le bâtiment actuel, de style néogothique, date de 1865. De petite taille (46m de long), son ornementation est sobre. A l'exception de trois vitraux, l'ensemble de la verrière est constituée de vitraux à motifs géométriques assez clairs, ce qui assure à la nef une grande luminosité.

Vue générale de la nef de Saint-Joseph Artisan
La nef de Saint-Joseph-Artisan (46m de long)

La nef est rythmée par des arcades brisées. Les piliers sont ornés de chapiteaux à crochets. Le deuxième niveau de l'élévation est constitué par un triforium, ouvert sur la nef par une arcature à cinq baies, dont les deux extrêmes sont aveugles. Au troisième niveau, les ouvertures accueillent des vitraux à motifs géométriques. Sur le mur du bas-côté gauche (comme dans le chœur - cf ci-dessus), on voit que l'architecte a choisi de laisser les moellons apparents.

La façade qui donne sur une cour Statue de saint Joseph sur la façade
Statue de saint Joseph sur la balustrade de la façade


«««--- A gauche, la façade de Saint-Joseph.
L'ornementation est assez sombre.

On voit, devant, une parterre qui est
entouré de bâtiments : l'église ne donne
pas sur la rue, mais sur une cour.
Absidiole droite avec statue de la Vierge
Absidiole droite très sobre avec une statue de la Vierge

L'histoire de Saint-Joseph-Artisan
Vers 1830, beaucoup d'ouvriers allemands arrivent à Paris, attirés par la vague d'industrialisation. Un père jésuite, Jean-Joseph Chable, crée une mission à élan spirituel pour les aider à s'insérer dans la société française. Une première chapelle est construite en 1850, construction suivie de l'installation de l'école des Frères des écoles chrétiennes (avec enseignement en allemand). Vers 1865, une église remplace la chapelle grâce à de nombreuses aides financières (dont celles du souverain du Luxembourg, des chefs d'Etat allemand et autrichien). Elle est dédiée à «saint Joseph des Allemands».
En 1870, à la déclaration de guerre, les Allemands quittent la France et Paris ; après la guerre, des Alsaciens les remplacent. Néanmoins la Mission continue. En 1901, la loi de la République sur les associations non agréées par décret menace son existence. Le cabinet de Vienne intervient et les choses en restent là. En 1903, le radicalisme d'Emile Combes la condamne : la Mission est placée sous séquestre et est déclarée acquise à l'Etat. En 1910, le prince Max de Saxe rachète l'ensemble des biens immobiliers.
Vient la guerre de 1914. Cette fois, la situation connue en 1870 s'inverse : les murs de la Mission sont allemands, les paroissiens sont français de l'Est ou Luxembourgeois... Les biens, propriété d'un prince allemand, sont mis sous séquestre.

En avril 1918, un obus allemand de gros calibre tiré par «Lange Max» tombe dans la cour de la Mission, juste devant la chapelle, mais n'explose pas...
En 1924, le séquestre est levé, les biens sont rendus à leur propriétaire. En 1925, les heurs et malheurs des guerres de 1870 et de 1914 conduisent au constat que le but originel de la Mission a disparu (il n'y a plus guère d'Allemands dans le 10e arrondissement de Paris). Aussi est-elle confiée à la congrégation des Prêtres du Sacré-Cœur de Saint-Quentin, proche du monde du travail. Elle s'appelle à présent «Mission en faveur des Luxembourgeois et des étrangers de langue allemande».
En 1951, à la mort du prince Max de Saxe, une société de droit luxembourgeois rachète l'intégralité du patrimoine immobilier du prince.
En 1958, la chapelle cesse définitivement d'être un lieu de repos et de recueillement pour les étrangers de passage ; elle est érigée en paroisse sous le vocable de «Saint-Joseph Artisan». La société luxembourgeoise qui possède l'ensemble immobilier constitué de l'église et des bâtiments annexes la remet à l'archevêché de Paris. Saint-Joseph Artisan n'est donc pas propriété de l'Etat français.

Source : «De Saint-Joseph des Allemands à Saint-Joseph Artisan», brochure de la paroisse Saint-Joseph Artisan.

Le choeur
Le chœur avec son lutrin au premier plan
Les moëllons apparents dans les arcatures lui donnent un aspect assez pittoresque.
Le choeur et l'absideSaint JosephSainte ElisabethSaint François d'Assise
Le chœur en vue verticale avec l'abside et le faux triforium
Le chœur est orné de fresques relatant la vie de Joseph, dues au père Adolphe Vasseur (fin XIXe).
Cliquez sur les vitraux pour les afficher en gros plan.
le bas-côté droit et les vitraux de Kim En Joong
Bas-côté droit avec trois des vitraux créés par le père Kim En Joong en 2004
Vitrail des armes des Habsbourg-Lorraine

Les vitraux de l'abside (photo du chœur ci-dessus)

Les trois vitraux à personnages de l'abside datent de 1873-1875. Ils ont été offerts par l'ambassade d'Autriche après le Second Empire pour remplacer les trois vitraux précédents, endommagés lors du bombardement de la chapelle pendant la Commune.
Ils représentent, de gauche à droite, saint François d'Assise, saint Joseph et sainte Elisabeth de Hongrie. François et Elisabeth ont été choisis à dessein : ils rappellent l'empereur François-Joseph et l'impératrice Elisabeth.

«««---- Les armes de Habsbourg-Lorraine sont représentées au pied de saint Joseph, dans le vitrail central (image ci-contre). Le lambrequin de droite du heaume impérial abrite la date de 1867 : année de la visite de l'Empereur d'Autriche à l'occasion de l'Exposition universelle de Paris. (Cette date n'est pas visible sur la photo ci-contre.)

Vitrail de Kim En Joong Vitrail de Kim En Joong Vitrail de Kim En Joong
statue de la Vierge
Notre-Dame de Luxembourg
Statue offerte à la paroisse par
l'archevêché de Luxembourg en 1997
Statue de saint Joseph
Statue de saint Joseph
dans le bas-côté gauche
Trois des cinq vitraux de Kim En Joong dans la nef
Le rouge représente la passion et l'Esprit Saint ; le jaune, la
Résurrection et la joie ; le vert, la paix et la persévérance.
Chapiteau standard de l'église
Les chapiteaux à crochets scandent toute la nef.
La nef et l'élévation côté gauche
Vue de l'élévation gauche dans la nef
Les arcs brisés sont enrichis de fresques réalisées sur toiles marouflées par le père Adolphe Vasseur entre 1897 et 1901.
Ils représentent des saints et des saintes, ainsi que des missionnaires. La clarté de l'image est conforme à la luminosité de l'église Saint-Joseph.
Vitrail à motifs géométriques dans l'abside
Vitrail dans l'abside
Cliquez sur le vitrail
Stèle commémorative dédiée aux père Stoeffels et Wampach
Stèle commémorative dans le bas-côté droit.

Elle rappelle le sacrifice des pères Stœffels et Wampach,
d'origine luxembourgeoise, morts en déportation en 1942
au camp de concentration de Dachau.
Statue de saint Rita
Statue en bois exotique de sainte Rita dans le bas-côté
gauche, sculptée par Chevallier (milieu du XXe siècle)
Sainte Rita est la patronne des servantes

A droite, vitrail de saint Joseph au centre de l'abside ---»»»

Dans le bas du vitrail, les armoiries de la maison
de Habsbourg-Lorraine
Cliquer sur le vitrail
Vitrail de saint Joseph dans l'abside
La nef et l'orgue de tribune
La nef avec l'orgue de tribune dû à Gonzalez (1966)

Documentation : «Paris d'église en église» (Massin éditeur), ISBN :978-2-7072-0583-4 + brochure de la paroisse : «De Saint-Joseph des Allemands à Saint-Joseph Artisan»
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