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Page créée en février 2018
Notre-Dame de Victoire, statue de 1850, détail

L'ancienne église Saint-Louis de Lorient a été construite entre 1810 et 1830. De style néo-classique, elle possédait un clocher qui dominait la ville. En 1940, l'occupant allemand crée une base de sous-marins assez vulnérable, qui est très vite la proie des bombardiers anglais. C'est pourquoi, dès janvier 1941, dans le quartier sud de Kéroman, la Kriegsmarine commence la construction d'un énorme complexe en béton pour abriter ses U-Boote et les lancer contre le commerce allié dans l'Atlantique. Curieusement, la Royal Air Force ne commencera à bombarder qu'une fois la base terminée... Et ce sera peine perdue. Winston Churchill décidera alors de raser la ville, tout au moins les quartiers voisins de la base, pour créer un no man's land et gêner l'approvisionnement allemand (bombardements des 23 janvier, 7 et 16 février 1943). Sous l'effet des bombes, l'église Saint-Louis sera tellement endommagée qu'on renoncera à la restaurer.
En 1953, l'architecte Jean-Baptise Hourlier reçoit la charge de reconstruire une église, à 400 mètres de l'emplacement de l'ancienne. Il s'inspirera de l'art néo-byzantin en créant une large coupole au-dessus de la nef. L'architecte gère aussi l'aménagement de la place Alsace-Lorraine dont l'église occupe un côté. La construction de l'église s'étalera sur trois ans (1953-1955) et utilisera matériaux et finitions en honneur à l'époque, autrement dit le béton laissé brut de décoffrage. Ce mode de construction n'est pas nouveau. L'église du Saint-Esprit à Paris (12e arr.), achevée en 1935, est aussi en béton laissé sans parement. Voir aussi l'église Notre-Dame à Royan. L' église est placée sous le patronage de Notre-Dame de Victoire, mais également, comme celle qu'elle remplace, sous celui de saint Louis. Notre-Dame de Victoire, très honorée par les Lorientais depuis l'échec du siège anglais de 1746, possède sa statue dans la chapelle de la Vierge.
Pauvre en ornements, cette église de Lorient possède néanmoins quelques fresques intéressantes, œuvres d'artistes parisiens ou bretons. On remarquera notamment la grande fresque de l'abside illustrant le Couronnement de Vierge due à Nicolas-Pierre Untersteller (1900-1968). L'extérieur de l'église propose aussi trois statues de pierre (Vierge à l'Enfant, Saint-Pierre-aux-liens et Saint-Louis). Les vitraux, très succincts, sont l'œuvre des maîtres verriers Le Guevel et Michel.
Au moyen de photos assez grandes, cette page essaie de rendre en partie l'atmosphère peu commune qui saisit le visiteur quand il parcourt l'église.

«Le Couronnement de la Vierge» de Nicolas-Pierre Untersteller, détail
Vue d'ensemble de la nef de l'église Notre-Dame-de-Victoire.
Vue d'ensemble de la nef de l'église Notre-Dame-de-Victoire.
L'église vue de la place Alsace–Lorraine. Le clocher culmine à 54 mètres.
L'église vue de la place Alsace-Lorraine. Le clocher culmine à 54 mètres.

Architecture. Jean-Baptiste Hourlier, architecte de l'église, a enrichi le bâtiment d'un clocher de 54 mètres, c'est-à-dire la longueur d'un côté de la place Alsace-Lorraine qu'il borde. Le porche monumental, au milieu de la façade, accuse 12 mètres de haut. Il est orné d'une statue de Notre-Dame réalisée par René Letourneur, 1er grand Prix de Rome.

Statue de saint Louis
La façade de l'église est associée à cette parole du Christ : «Avance au large».
Statue de saint Pierre aux liens Statue de saint Louis
Le parvis de l'église
Le parvis de l'église.
Notre-Dame sur le parvis de l'église.
Notre-Dame sur le parvis de l'église.
Statue de René Letourneur,
1er grand Prix de Rome.
Le coin sud-est laisse voir le réseau de vitraux
Le coin sud-est de l'église laisse voir le réseau
de vitraux qui illumine le chœur.
Détail extérieur du réseau de vitraux du chœur.
Détail extérieur du réseau de vitraux du chœur.
Maquette de l'église.
Maquette de l'église.
«««--««--- Statue de saint Pierre aux liens dans le portail sud.
«««--- Statue de saint Louis par Jean Mingam (1927-1987).
La paroisse fut dédiée à saint Louis dès sa fondation le 17 février 1709.
LA NEF DE L'ÉGLISE NOTRE-DAME-DE-VICTOIRE
Vue de l'intérieur de l'église depuis l'entrée à  droite.
Vue de l'intérieur de l'église depuis l'entrée à droite.

Architecture interne. Dès que le visiteur entre dans l'édifice, son regard est frappé par le contraste chromatique entre le gris, presque uniforme, de la nef et la clarté, plutôt jaune, du chœur. Telle était la volonté de l'architecte : créer une nef sans beaucoup de vitraux et qui doit restée dans l'ombre afin que l'attention des fidèles soit aspirée par la lumière du chœur. À cette fin, une série de claustras vitrés borde les côtés nord et sud du sanctuaire, presque du sol jusqu'à la voûte.

Vitrail dans le bas-côté nord.
Vitrail dans le bas-côté nord.
Le bas–côté nord et ses petits vitraux perdus dans le parement de béton.
Le bas-côté nord et ses petits vitraux perdus dans le parement de béton.
Opaques, les vitraux sont là pour apporter une petite touche de couleurs, non pour éclairer.
Vitrail dans le bas-côté nord.
Vitrail dans le bas-côté nord.
Chemin de croix, station X. Jésus est dépouillé de ses vêtements.
Chemin de croix, station X. Jésus est dépouillé de ses vêtements.
Chemin de croix, station IV
Chemin de croix, station IV
«Jésus rencontre sa très sainte mère»
(Le chemin de croix est l'œuvre de René Letourneur.)
Le Baptistère abrite une cuve Second Empire
Le Baptistère abrite une cuve Second Empire
tirée des décombres de l'église Saint-Louis en 1943.
«La Mise au tombeau», fresque de Henri Joubioux.
«La Mise au tombeau», fresque de Henri Joubioux.
Vitrail du Baptistère
Vitrail du Baptistère
La cuve du baptistère
La cuve du baptistère
(Second Empire, elle a été dégagée intacte
des décombres de l'église Saint-Louis en 1943.)

Les fresques d'Henri Joubioux. Cet artiste a signé «La Mise au tombeau» (ci-dessus) et «L'Annonciation» (au-dessous). Étrangement, la dominante chromatique des deux fresques est le gris, comme s'il ne fallait à aucun prix qu'elles se détachent sur l'élévation en béton à l'arrière-plan, grise elle aussi. Certes, il faut assurer le contraste avec le chœur, mais un visiteur distrait peut très bien ne pas les voir en faisant le tour de la nef...

L'élévation sud et sa très discrète fresque de la Mise au tombeau.
L'élévation sud et sa très discrète fresque de la Mise au tombeau.
Fresque «La Mise au tombeau» d'Henri Joubioux. Gros plan sur Joseph d'Arimathie et le Christ mort.
Fresque «La Mise au tombeau» d'Henri Joubioux. Gros plan sur Joseph d'Arimathie et le Christ mort.
Fresque de l'«Annonciation» d'Henri Joubioux.
Fresque de l'«Annonciation» d'Henri Joubioux.
La fresque d'Adolphe Beaufrère au–dessus du baptistère
La fresque d'Adolphe Beaufrère au-dessus du baptistère
évoque la Genèse et l'origine du monde.
La coupole vue depuis le chœur. Elle a 24 mètres de diamètre et culmine à 26 mètres de haueur.
La coupole vue depuis le chœur. Elle a 24 mètres de diamètre et culmine à 26 mètres de haueur.
La coupole a gardé les stries des coffrages de bois
La coupole a gardé les stries des coffrages de bois qui ont servi
à couler le béton. Au centre, on remarque une étoile de Noël.
Vitrail dans un bas-côté.
Vitrail dans un bas-côté.
LE CHŒUR DE L'ÉGLISE NOTRE-DAME-DE-VICTOIRE
Le chœur est très éclairé par les séries de vitraux au nord et au sud
Le chœur, très éclairé par les séries de vitraux au nord et au sud, est dominé par
la grande fresque du «Couronnement de la Vierge» de Nicolas-Pierre Untersteller (1900-1968).
«Le Couronnement de la Vierge» de Nicolas–Pierre Untersteller (1900–1968).
«Le Couronnement de la Vierge» de Nicolas-Pierre Untersteller (1900-1968).
Le maître–autel au centre du sanctuaire, délimité par une grille.
Le maître-autel au centre du sanctuaire, délimité par une grille.

Parole d'évangile. Le maître-autel de l'église Notre-Dame de Victoire est associé à la fameuse parole du Christ, lue dans l'évangile selon Luc : «Avance au large, et jetez vos filets pour la pêche.» Ces propos adressés à Simon-Pierre sont le prélude de la pêche miraculeuse. «Avance au large» figure d'ailleurs aussi sur une banderole bien visible sur la façade ouest de l'église (voir plus haut). On ne sait si c'est pour rappeler que Lorient est une ville côtière ou s'il faut une allégorie spéciale pour l'interpréter. Quoi qu'il en soit, sur la façade d'une église, cette parole détachée de son contexte a un curieux effet. On a envie de la compléter en : «Avance au large et marche à l'ombre» ! Ou encore pis : «N'entre pas ici». Ce qui n'est pas vraiment le but recherché.

Les anges dans la fresque du Couronnement de la Vierge.
Les anges dans la fresque du Couronnement de la Vierge.
Vitrail dans un bas-côté.
Vitrail dans un bas-côté.
Vitrail dans un bas-côté.
Vitrail dans un bas-côté.
Les anges dans la fresque du Couronnement de la Vierge.
Les anges dans la fresque du Couronnement de la Vierge.
L'ambon du chœur est enrichi des symboles des quatre évangélistes.
L'ambon du chœur est enrichi des symboles des quatre évangélistes.
Dans le sanctuaire, le Cercle et la Croix, suspendus derrière le maître–autel, symbolisent l'Église rassemblée par le Christ.
Dans le sanctuaire, le Cercle et la Croix, suspendus derrière le maître-autel, symbolisent l'Église rassemblée par le Christ.
Gros plan sur le Cercle.
Gros plan sur le Cercle.
Le chœur vu de l'abside avec l'élévation nord.
Le chœur vu de l'abside avec l'élévation nord.
Gros plan sur les vitraux qui éclairent le chœur.
Gros plan sur les vitraux qui éclairent le chœur.
LA FAÇADE OUEST
Le bas-côté sud et l'orgue de tribune du facteur Roethinger.
Le bas-côté sud et l'orgue de tribune du facteur Roethinger.
Statue d'un prophète (?)
Statue d'un prophète (?)
Le vitrail de la façade ouest. Très opaque, il n'est pas là pour éclairer la nef.
Le vitrail de la façade ouest. Très opaque, il n'est pas là pour éclairer la nef.
L'orgue de tribune du facteur Roethinger.
L'orgue de tribune du facteur Roethinger.
LES CHAPELLES LATÉRALES
La chapelle de la Vierge vue depuis la nef.
La chapelle de la Vierge vue depuis la nef.
«Notre-Dame de Victoire»
«Notre-Dame de Victoire»
Œuvre du sculpteur Postel (1850).

Les chapelles latérales. Ces deux chapelles sont ornées chacune d'une grande fresque. Toutes deux ont été réalisées par un artiste breton Xavier de Langlais (1906-1975). Celle de la chapelle de la Vierge retrace des éléments de la vie de saint Louis, alors que celle du Saint-Sacrement (voir plus bas) est riche d'un symbolisme biblique très enlevé.
Dans la chapelle de la Vierge trône la statue de Notre-Dame de Victoire, œuvre du sculpteur Postel en 1850. La ville de Lorient se veut sous la protection de Marie et cette statue en est l'illustration. En 1746, lors de la guerre de Succession d'Autriche, quand la ville est assiégée par les Anglais, les habitants font un vœu à la Vierge. Une statue de Notre-Dame en argent est alors créée. Elle disparaîtra à la Révolution et sera remplacée en 1850 par la statue de Postel. En 1943, la statue est retirée intacte des décombres de l'église Saint-Louis, ce qui a été interprété comme un signe de la protection de Notre-Dame de Victoire sur la cité. La Vierge trône sur les remparts de la ville. De son sceptre, elle écarte le léopard britannique (celui-ci tient le sceptre dans sa gueule).

La chapelle de la Vierge.
La chapelle de la Vierge.
Un vitrail de la chapelle de la Vierge.
Un vitrail de la chapelle de la Vierge.
Un vitrail dans la chapelle.
Un vitrail dans la chapelle.
La chapelle du Saint-Sacrement.
La chapelle du Saint-Sacrement.
Fresque du Sacré-Cœur par Xavier Langlais (1906-1975)
Fresque du Sacré-Cœur par Xavier Langlais (1906-1975)
Chapelle du Saint Sacrement.
Réplique de la statue de Notre-Dame de Victoire.
Réplique de la statue de Notre-Dame de Victoire.
La nef vue depuis l'élévation nord
La nef vue depuis l'élévation nord.

Documentation : brochure disponible dans l'église + panneaux affichés dans l'église
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