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Page créée en 2011
Sainte-Trinité, un ange chasse Adam et Eve du Paradis (tableau de  Louis-François Français

Comme bien d'autres à Paris; l'église de la Sainte-Trinité a été construite sous le Second Empire. L'architecte en est Théodore Ballu qui construisit également la basilique Sainte-Clotilde. Terminée en 1867, la Sainte-Trinité est d'un imposant style néo-Renaissance mi-italien, mi-français. Sans nul doute, l'architecture et la décoration avaient pour but d'impressionner les foules et de marquer la présence du catholicisme dans ce quartier de Paris.
Avec 90m de long, 34m de large et 30m de haut, le monument est en fait de type basilical par sa grande nef de 17m de large. Comme l'église Saint-François-Xavier, ce sanctuaire du 9e arrondissement possède une ossature métallique. En effet, seule une charpente en fer permet de telles proportions. Les bas-côtés ont été voulus étroits pour ne pas déranger les fidèles pendant la messe.
L'église bénéficie d'un bon éclairage de jour grâce à de nombreux vitraux en simple verre blanc. Seule l'abside arbore des vitraux colorés historiés. Les chapelles latérales abritent une série de peintures religieuses créées au XIXe siècle.
Quelques grandes images dans cette page donnent une idée du côté un peu théâtral de l'intérieur de l'édifice. Mais il faut reconnaître que les contemporains, en général, ont salué l'œuvre comme une réussite.

La Sainte-Trinité, sainte Geneviève distribuant des vivres, tableau de Désiré-François Laugée
La Sainte-Trinité, la nef
Vue générale de l'église de la Sainte-Trinité.

Le chœur est surélevé afin de suivre la déclivité du terrain. Il est entouré de deux tribunes à balustrade. Initialement cet espace, à droite et à gauche du chœur, avait été prévu pour Napoléon III et la Cour. Mais l'empereur ne vint jamais.
La nef, d'une largeur de 17m, est ornée de sculptures, de statues, de vases, le tout

au-dessous d'une voûte peinte de rinceaux et d'arabesques, sans surcharges. La lumière pénètre agréablement.
Il est clair que l'architecte Théodore Ballu et l'Eglise de Paris ont voulu «en mettre en plein la vue»!

La Sainte-Trinité, le clocher
Le clocher de la Sainte-Trinité culmine à 65 mètres.
Le campanile de forme octogonale se termine
par une coupole de style Renaissance française.
La Sainte-Trinité
La façade sud devant le square Etienne d'Orves.
Le style un peu hétéroclite est typique du Second Empire. Certaines
façades de gares construites à cette époque ont la même allure...
Les trois statues au premier plan illustrent la Trinité.
La Sainte-Trinité, statue de la Force
Quatre statues ornent les extrémités de la façade, représentant les quatre vertus cardinales.
Ci-dessus, la Force du sculpteur James Pradier (1792-1852). Elle porte une épée au côté droit.

La Sainte-Trinité, statue de la Tempérance
Les quatre vertus cardinales sont : la Prudence, la Tempérance, la Justice et la Force. Ci-dessus : la Tempérance, statue de Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875)

A gauche, vue de nef et des orgues. L'orgue de
tribune est, à l'origine, une œuvre de Cavaillé-Coll.
Elle est décorée au-dessus d'une scène de l'Apocalypse de saint Jean : «le Christ et l'Agneau pascal» de Jobbé-Duval.

La Sainte-Trinité, la nef et les orgues
Quand la chaire de la Sainte-Trinité servait de tribune révolutionnaire...
Une gazette de l'époque, plutôt ironique, rapporte les événements suivants :

Pendant la Commune de Paris, le 12 mai 1871, une trentaine de femmes se présentent devant la Sainte-Trinité et exigent - ordre de la Commune à l'appui - que le bâtiment soit mis à la disposition de leur «Club de la Délivrance».
La nef, réservée aux membres du club, est rapidement remplie de femmes et de jeunes filles tandis que les badauds - des hommes attirés par l'événement - restent dans les bas-côtés. La présidente prend place à une table, au bas des marches du chœur. Elle porte une large ceinture rouge où trônent deux pistolets. L'ordre du jour est le suivant : «Moyens à prendre pour régénérer la société».
La présidente monte en chaire, mais son discours ne suscite pas l'enthousiasme. Elle est suivie d'une jeune femme qui peste contre les patrons, la vraie plaie sociale. Sans grand succès. Une autre clame qu'il n'y a pas de Dieu ; des murmures parcourent l'assistance... Elle appelle à la perquisition et au vol à main armé, mais redescend bientôt de la chaire, écœurée par l'absence de réactions.
Une autre femme lui succède, encore plus exaltée, et réclame l'exécution de tous les réfractaires. Huées, réprobations. L'oratrice quitte son poste sous les sifflets. La suivante, plus réaliste, appelle ses sœurs à lutter jusqu'à la dernière goutte de leur sang et à écraser les Versaillais. «Bravo», répond la foule. Enfin, une autre, téméraire, monte en chaire pour parodier la cérémonie de la messe. Elle se fait huer aux cris de «madame Guignol» et de «A bas le polichinelle!».
Dégoûtée par le peu de succès obtenu, la présidente se lève et met fin à la réunion en déclarant qu'il est impossible de délibérer dans un quartier aussi réactionnaire...

Cinq jours plus tard, le 17 mai, l'activité révolutionnaire changea de pratique : une troupe de communards entra dans l'église, défonça les troncs et mit en pagaille le mobilier : chandeliers, croix, lustres, vases, etc. Elle fit bombance au presbytère avec des filles de joie jusqu'à ce que l'arrivée des Versaillais la fasse fuir. Pour venir à bout des tirs des insurgés, on dut même utiliser des canons amenés sous le porche.
Source : «La Sainte-Trinité», brochure du diocèse de Paris.
La Sainte-Trinité, élévations gauche dans la nef
Elévations de la nef, côté gauche.

On voit bien le parti pris de l'architecte quant à l'éclairage : au premier niveau, des vitraux colorés à figures géométriques,
au second niveau des vitraux en verre blanc laissant passer une abondante lumière.
La voûte repose sur des piliers flanqués de colonnes composites comportant chacune deux statues d'apôtres.

La Sainte-Trinité, le choeur
Le chœur est bordé de dix colonnes symbolisant les dix commandements. Sur la gauche, le maître-autel en bronze doré.
La Sainte-Trinité, statue de saint André
Statue de l'apôtre André sur un pilier de la nef
La Sainte-Trinité, le choeur
La Sainte-Trinité, le maître-autel
Le superbe maître-autel en bronze doré qui domine le chœur est une œuvre de Puissielgue-Rusand
(comme celui de l'église Saint-François-Xavier à Paris).
Le Christ en croix en premier plan date de 1992. Il est dû au sculpteur Philippe Kaeppelin.
«««----- A gauche, l'ensemble du chœur avec les vitraux historiés de l'abside.
La Sainte-Trinité, la chapelle de la Vierge
La Sainte-Trinité, ange surmontant un bénitier
Ange dominant un bénitier à l'entrée de l'église,
œuvre de Charles Gumery (1827-1871).
A gauche, la chapelle de la Vierge vue dans sa partie basse, avec ses vitraux décoratifs du maître verrier Nicod.
La Sainte-Trinité, les vitraux de l'abside


En 1870, l'église devient infirmerie.

La nef est vaste et le plancher en bois : l'église de la Sainte-Trinité fit un très bon hôpital pendant le siège de Paris. Durant l'hiver 70-71, le chauffage central de l'église fut très utile, mais insuffisant. On installa un poêle supplémentaire dont les fumées obscurcirent les voûtes...
Les paroissiens se mirent en quatre pour aider malades et blessés : équipes d'infirmières, brancardiers, veilleurs de nuit. Les familles et les écoles apportèrent le nécessaire. Tout fut stocké dans les chapelles latérales : pharmacie, lingerie et même dépôt d'armes. La cuisine et la buanderie furent installées dans la crypte.
«La nuit de Noël 1870, on tira le rideau qui masquait le maître-autel et la messe fut célébrée joyeusement pour la paroisse et ses hôtes alités.»

Source :«la Sainte-Trinité», brochure du diocèse de Paris.



«««----- A gauche
Les vitraux historiés dans la partie haute de la chapelle de la Vierge
illustrent des épisodes de la vie de la Vierge.
Ils sont l'œuvre d'Eugène Oudinot et Auguste Leloir.

Cliquez dessus pour l'afficher en gros plan.
La Sainte-Trinité, peintures sur l'arc au-dessus du choeur
Peinture monumentale sur l'arc au-dessus du chœur

La peinture monumentale sur l'arc qui surplombe le chœur est consacrée à La Sainte Trinité. Elle est due à l'artiste Barrias.
Les spécialistes la qualifient d'«audacieuse» car le Père, le Fils et le Saint-Esprit se tiennent la main. Elle demeure conforme aux pratiques cultuelles de l'époque : proclamation des dogmes de l'Eglise, apparitions de la Vierge. Le but étant pour l'Eglise de se renforcer face aux multiples oppositions.

La Sainte-Trinité, vitraux décoratifs
Exemple de vitrail décoratif à figures
géométriques dans les bas-côtés.

La lumière est réellement apportée par les vitraux
de verre blanc au premier niveau de l'élévation.
La Sainte-Trinité, chapelle latérale Sainte-Rita
Chapelle Saint-Joseph sur le côté gauche de la nef. Comme toutes les chapelles latérales de la Sainte-Trinité,
elle est ornée de deux peintures du XIXe siècle. Ici, à gauche, «Le Songe de saint Joseph».
La Sainte-Trinité, la chaire
La chaire à prêcher a été décorée par l'artiste Denuelle
Elle est très semblable à celle de l'église Saint-François-Xavier.
La Sainte-Trinité, chapelle latérale Sainte-Rita
Chapelle du Sacré Cœur
La Sainte-Trinité, chapelle latérale Sainte-Rita
Chapelle de l'Oratoire

Documentation : «Paris d'église en église» (Massin éditeur), ISBN :978-2-7072-0583-4 et «L'église de la Sainte-Trinité», brochure réalisée par la paroisse de la Trinité.
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