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Page créée en avril 2011
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Jusqu'à l'avènement du Second Empire, Clignancourt n'était qu'un petit village de campagne au nord de Paris. Pour le culte, ses habitants devaient gravir la butte Montmartre jusqu'à l'église Saint-Pierre-de-Montmartre.
Malgré tout, la population s'accroissait. En 1853, les villageois demandèrent l'autorisation de construire une nouvelle église, une autorisation votée en 1858 par le Conseil municipal de Paris.
La première pierre est posée en mai 1859. L'édifice sera de style néo-roman. La construction est confiée à l'architecte Paul-Eugène Lequeux (1806-1873). Son coût est environ de 800 000 francs de l'époque. C'est la cassette personnelle de l'Empereur qui financera le projet. L'impératrice Eugénie offrira une partie du mobilier.
En 1863, un décret impérial crée la nouvelle paroisse. L'église sera dédiée à Notre-Dame de l'Immaculée Conception de Clignancourt. Sous la Commune, l'édifice est saccagé, une partie de son mobilier disparaît.
Bien qu'elle souffre d'un manque de lumière, l'église Notre-Dame-de-Clignancourt mérite un détour. Elle possède en effet de très belles toiles marouflées réalisées par des artistes de renom (Félix-Joseph Barrias, Michel Dumas, Romain Cazes). On trouve aussi deux toiles de Nélie Jacquemart relatives à la Vie de la Vierge.
La nef est décorée de vitraux historiés dans le style Art Déco.
Le chœur de l'église, orné de peintures murales et de vitraux figuratifs, dégage une chaleur artistique certaine que lui dispute une très belle chapelle axiale de la Vierge. L'artiste Félix-Joseph Barrias (1811-1890) a décoré cette chapelle de toiles illustrant, là encore, des épisodes de la Vie de la Vierge.
À gauche et à droite du vestibule d'entrée se trouvent deux chapelles d'angle : la chapelle des Morts et l'ancienne chapelle du baptistère riches elles aussi de peintures murales.


La nef de Notre-Dame-de-Clignancourt vue depuis l'entrée.
Le style néo-roman de l'église et ses vitraux historiés au premier niveau ne lui assurent pas une grande luminosité.
ASPECT EXTÉRIEUR DE L'ÉGLISE NOTRE-DAME DE CLIGNANCOURT

La façade se rattache plus au style Renaissance qu'au néo-roman.

Le portail central de l'église. ---»»»

Le tympan du portail central.

Le tympan représente le Couronnement de la Vierge, œuvre de Louis Schroeder (1828-1898).
L'artiste a également signé les deux statues des saints patrons de Paris
sur la façade (saint Denis et sainte Geneviève).

Le chevet et le côté gauche de l'église.
ASPECT INTÉRIEUR DE L'ÉGLISE NOTRE-DAME DE CLIGNANCOURT

La nef et le bas-côté gauche percé de petites fenêtres néo-romanes aux vitraux opaques.

Architecture intérieure.
La nef se compose de quatre travées flanquées de deux bas-côtés percés de fenêtres néo-romanes dont les vitraux, très colorés, laissent passer peu de lumière. Les piles sont recouvertes de stuc imitant le marbre et surmontées chacune d'un chapiteau feuillagé.
Les arcades sont en plein cintre. Les piles qui soutiennent la voûte sont en très forte saillie et s'élancent «en palmier» vers les retombées des voûtes. Nef et bas-côté sont voûtés d'ogives.
L'étroitesse des lancettes du second niveau suffit à peine à éclairer la nef.


Le bas-côté droit. Pour être éclairé dignement, un ajout de lumière artificielle est nécessaire.


«Sainte Adélaïde».
Vitrail Art Déco dans les bas-côtés.

Chapelle d'angle (ancienne chapelle du baptistère).

Vitrail représentant le Père Céleste dans un oculus de la chapelle d'angle.

«««--- La chapelle d'angle qui fait face à la chapelle des Morts
est décorée de peintures illustrant des scènes
de la première guerre mondiale.

Piéta dans la chapelle d'angle.

La chapelle des Morts.
Elle est décorée de peintures de Louis Kratké (1848-1921).

Statue de sainte Rita.
LE CHŒUR DE L'ÉGLISE NOTRE-DAME DE CLIGNANCOURT
Le chœurCliquez sur le vitrail pour l'afficher dans la galerie des vitraux+Cliquez sur le vitrail pour l'afficher dans la galerie des vitraux+Cliquez sur le vitrail pour l'afficher dans la galerie des vitraux+
Le chœur à cinq pans est orné de peintures de Romain Cazes.

L'abside comprend quatre toiles marouflées relatives aux quatre Évangélistes.
Un arc triomphal en légère saillie sépare la nef du chœur.
«Saint Matthieu» de Romain Cazes
Saint Matthieu et l'ange.
Toiles marouflées de Romain Cazes à l'abside.
«Saint Jean» de Romain Cazes
Saint Jean et son aigle, détail.

Les Litanies de Lorette.
(vitrail du chœur) :
Temple de David, Trône de la Sagesse, Porte du Ciel
et Couronne.

L'abside et l'arcature du chœur.

Décoration de l'abside.
L'abside propose un magnifique décor qui souffre malheureusement d'un manque de lumière. Le peintre Romain Cazes a représenté le Père céleste entouré d'anges et de prophètes.
Cette réalisation trouve son inspiration dans les maîtres de la Renaissance : Raphaël pour les évangélistes de l'abside ; les primitifs italiens, comme Fra Angelico, pour les anges.
Source : «Paris d'église en église», Massin éditeur.


Vitrail central du chœur
symbolisant l'Esprit Saint.
Atelier Lechevallier.

Le chœur (avec les peintures de Romain Cazes) et la chapelle du Sacré-Cœur dans le bras droit du transept.
CLÉS DE VOÛTE NÉO-ROMANES

«««--- Le chœur.
Le maître-autel (à l'extrême gauche sur la photo) date de 1961. Il est signé Serraz.
Le nouvel autel et l'ensemble du mobilier liturgique datent de 1998. Ils sont l'œuvre de madame Chéret.


«Saint Denis, son Apostolat».
Toile de Michel Dumas (1812-1885)
Voir l'Apostolat en gros planVoir la Glorification en gros planVoir le Martyre en gros planVoir l'Ensevelissement en gros plan
La chapelle du Sacré-Cœur dans le bras droit du transept.
Les quatre toiles marouflées peintes par Michel Dumas relatent des épisodes de la vie de saint Denis.
Cliquez sur les toiles pour les afficher dans la Galerie des vitraux+.

«Jeanne d'Arc et ses voix».
Vitrail Art Déco dans les bas-côtés.

Bras gauche du transept avec l'orgue de chœur.
Il est orné de toiles marouflées de Jacques-Émile Lafon (1817-1886)
illustrant des épisodes de la vie de saint Ignace de Loyola.

(Ignace de Loyola et ses six compagnons firent vœu de pauvreté, de chasteté
et d'obéissance au pape sur la butte Montmartre en 1534.)

«Le Vœu de saint Ignace et de ses
compagnons à Montmartre»
Toile de Jacques-Émile Lafon.

«Saint Denis, son Martyre»
Toile de Michel Dumas (1812-1885)
«Saint Denis, sa Glorification» de Michel Dumas
«Saint Denis, sa Glorification»
Toile de Michel Dumas (1812-1885)
Déambulatoire droitLa Naissance de la Vierge de Nélie Jacquemart
Le déambulatoire droit avec la statue en marbre du roi David.
On voit, à l'extrême gauche de la photo, sur le mur du petit couloir menant
à la chapelle de la Vierge, une toile de Nélie Jacquemart.

«Le Martyre de sainte Eugénie»
Vitrail Art Déco dans les bas-côtés.

Moïse et ses «cornes».
Depuis le Moyen Âge, les artistes ont souvent représenté Moïse avec des cornes sur la tête.
On sait que cet étrange attribut est dû à une erreur de saint Jérôme au IVe siècle lorsqu'il traduisit la Bible hébraïque en latin, une traduction qui aboutira à la Vulgate et qui servira de référence au monde chrétien pendant des siècles.
En hébreu, le verbe qäran a une double source : la corne et, au sens symbolique, le rayon de lumière. En traduisant l'Exode en latin, Jérôme a privilégié le sens littéral et utilisé l'adjectif cornuta qui signifie cornu.
Les érudits chrétiens n'ont vraiment pris conscience de cette erreur que vers le XVIe siècle, quand certains d'entre eux se sont mis à étudier l'hébreu. Il était clair qu'il fallait opter pour le sens figuré et pour l'adjectif rayonnant.
Le monde artistique a été plus long à réagir. Dans la statue proposée par Alfred-Adolphe Lepère, Moïse n'a pas de cornes, mais deux appendices vestimentaires très marqués au sommet du crâne, des appendices qu'on peut regarder en effet comme deux rayons lumineux. Il n'empêche. Vu de loin, le prophète semble bien cornu...


Moïse avec les Tables de la Loi ---»»»
dans le déambulatoire.
Statue en marbre d'Alfred-Adolphe Lepère (1827-1904).

Moïse avec les Tables de la Loi, détail.
Le visage de Moïse exprime un magnifique mélange d'autorité
envers les hommes et de soumission envers le Père éternel.

«La Naissance de la Vierge»
Toile marouflée de Nélie Jacquemart (1841-1912)

«La Présentation de la Vierge au Temple»
Toile marouflée de Nélie Jacquemart (1841-1912)

«Saint Louis rendant la justice»
Vitrail Art Déco dans les bas-côtés.

Nélie Jacquemart.
Il n'est pas fréquent de voir des œuvres de ce peintre dans les églises. Elle était l'épouse du banquier Édouard André. Selon leur volonté commune, après leur mort, leur belle demeure du 8e arrondissement fut léguée à l'Institut de France qui en fit le musée Jacquemart-André.

Les deux toiles marouflées ci-dessus sont profondément marquées par la Renaissance italienne. Dans La Naissance de la Vierge, on appréciera la posture symbolique de sainte Anne qui tient les bras en croix sur sa poitrine, tandis que Joachim entre dans la pièce en écartant le rideau pour découvrir le nouveau-né.


Le roi David avec sa lyre (déambulatoire).
Statue en marbre de Louis Schroeder (1828-1898)

«La Naissance de la Vierge», détail.
Toile marouflée de Nélie Jacquemart (1841-1912)

«La Présentation de la Vierge au Temple», détail.
Toile marouflée de Nélie Jacquemart (1841-1912)
LA CHAPELLE DE LA VIERGE

La chapelle de la Vierge de l'église Notre-Dame-de-Clignancourt.

La chapelle de la Vierge de Notre-Dame-de-Clignancourt.
Elle est ornée de peintures de Félix-Joseph Barrias (1811-1890) décrivant des scènes de la Vie de la Vierge : Annonciation, Visitation, Glorification de Marie, Calvaire et Assomption. Toutes ces peintures sont données en grand format dans la galerie des vitraux+.
Sur l'autel trône une Vierge à l'Enfant en marbre d'Auguste-Louis Ottin (1811-1890) : Notre-Dame de Clignancourt.

Cette Vierge à l'Enfant, qui présente son fils au Monde, est pleine de chaleur et de générosité. On pourra la rapprocher de la superbe Vierge à l'Enfant de Jean-Baptiste Pigalle (1714-1785) dans la chapelle de la Vierge de Saint-Eustache à Paris.
La photo ci-dessus est obtenue avec un flash adouci. Pour le plaisir des yeux, on pourra admirer, dans la galerie des vitraux+. la photo de cette chapelle prise sans flash.


«La Visitation»
Félix-Joseph Barrias (1811-1890)

«Notre-Dame de Clignancourt»
Statue en marbre blanc d'Auguste-Louis Ottin.

«L'Assomption»
Félix-Joseph Barrias (1811-1890)

«Marie, Reine de France»
Vitrail Art Déco.

«La Visitation», détail.
Félix-Joseph Barrias (1811-1890)

Ce gros plan met en évidence la douceur du visage de la Vierge.

«Notre-Dame de Clignancourt»
Le sculpteur Auguste-Louis Ottin (1811-1890) a voulu
un Enfant Jésus qui ouvre ses bras au Monde.

«La Glorification de Marie»
Félix-Joseph Barrias (1811-1890)

La chapelle de la Vierge et ses peintures de Félix-Joseph Barrias (1811-1890).

«L'Annonciation»
Félix-Joseph Barrias (1811-1890)

«La Crucifixion»
Félix-Joseph Barrias (1811-1890)
Les visages de Marie devant l'Ange de l'Annonciation et devant la croix traduisent,
d'un côté, la douceur et l'humilité ; de l'autre, la tristesse et les larmes.

L'orgue de tribune est du facteur Merklin (XIXe siècle).

Vitrail de sainte Cécile, détail.

La nef vue du chœur.

Documentation : «Paris d'église en église», Massin éditeur
+ «Les églises de France, Paris et la Seine», Letouzey et Ané, 1936
+ panneaux affichés dans l'église.
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