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Page créée en juil. 2011
Visage de Ferdinand-Philippe d'Orléans dans le cénotaphe

L'église Notre-Dame-de-la-Compassion est née d'un drame : la mort accidentelle du prince héritier, le duc Ferdinand-Philippe d'Orléans en 1842, à l'âge de 32 ans. La même année, la reine Amélie fait ériger une chapelle commémorative en l'honneur de son fils disparu, à l'endroit où le drame s'est produit, sur la route de Neuilly. L'architecte Pierre-Bernard Lefranc est chargé de sa construction (sur les plans de Pierre-François Fontaine). Consacrée en 1843, la chapelle est dédiée à saint Ferdinand de Castille et à Notre-Dame de la Compassion (que l'on implore pour les morts brutales).
En 1970, pour la construction du palais des Congrès, la Chapelle Royale Saint-Ferdinand est déplacée pierre par pierre à son emplacement actuel, porte des Ternes. Enfin, en 1993, le sanctuaire est érigé en paroisse par l'archevêché de Paris sous le vocable de Notre-Dame-de-la-Compassion (nom choisi par Louis-Philippe dès 1843).
L'architecte s'est inspiré du mausolée de Galla Placidia à Ravenne. En réalité le style adopté est très éclectique. On y trouve des éléments byzantins, romans, gothiques, classiques et Renaissance. L'édifice est également intéressant pour ses vitraux réalisés par la Manufacture royale de Sèvres sur des cartons d'Ingres (qui était un ami du prince héritier). Ils sont consacrés aux saints patrons de la famille royale d'Orléans. Cette page les reproduit en très grande partie.

Vitrail «Saint Ferdinand Roi» avec le visage du prince défunt
La nef
Vue d'ensemble de l'église.
Elle se réduit à une petite nef, un transept et un chœur.

La chapelle. Le peintre Ary Scheffer (1795-1858), qui était très lié avec le défunt, reçut la mission de choisir le ton artistique du décor. Il le voulut sobre pour mettre en évidence les sculptures (Piéta et cénotaphe) ainsi que les vitraux. Certains historiens voient dans la chapelle Saint-Ferdinand un manifeste politique de la Monarchie de Juillet. Il n'en reste pas moins que cet édifice constitue un très bon exemple de l'esthétique romantique dite du «juste milieu», une tendance artistique qui allait bientôt décliner.
On se reportera avec intérêt à la Chapelle Royale Saint-Louis à Dreux où repose le prince héritier Ferdinand-Philippe (1810-1842) à côté de son épouse la princesse Hélène de Mecklembourg-Schwerin, duchesse d'Orléans (1814-1858). Cliquez ici pour voir les gisants de la nécropole royale.

Séparés par la religion, les deux époux ne reposent pas dans la même chapelle : il est catholique, elle est protestante.
L'autre intérêt de découvrir la nécropole royale est de constater la similarité des vitraux entre les deux édifices. Ils ont tous été réalisés par la Manufacture de Sèvres et trois sont identiques : saint Philippe, sainte Amélie et saint Ferdinand (pour ce dernier, la couleur de la tunique a changé). Précisons que la chapelle royale Saint-Ferdinand est postérieure à la nécropole royale de Dreux.
Cliquez ici pour afficher le vitrail de la nef de la nécropole où l'on voit ces trois vitraux.

L'église au milieu des immeubles
L'église Notre-Dame-de-la-Compassion est engloutie par les
immeubles de la porte des Ternes.
À DROITE ---»»»
La façade et son arc byzantin, place du général Koenig à la porte des Ternes (17e)
Le style général de la chapelle est inclassable.
La façade byzantine

L'accident du prince héritier d'Orléans. On sait peu de choses sur l'accident qui a coûté la vie au fils aîné du roi Louis-Philippe, le 13 juillet 1842. Venant du Palais des Tuileries, la calèche du prince passait à la Porte Maillot et allait vraisemblablement s'engager dans l'actuelle rue de Chartres, à Neuilly. Sans doute pour gagner le palais de Neuilly, résidence préférée de la famille régnante. Le prince venait saluer sa mère, la reine Amélie, avant de gagner Saint-Omer pour inspecter les troupes. Les chevaux s'emballèrent et il fut éjecté de sa calèche qui était un véhicule découvert. Porté mourant dans la maison d'un épicier, il expira dans l'après-midi. La maison fut rachetée par le roi au mois d'août. À son emplacement, on érigea la chapelle commémorative. Le prince est enterré à la chapelle royale de Dreux. Voir le gisant en cliquant ici.
Le livre de la RMN cité en source apporte une précision intéressante sur l'accident. Dans une brochure anonyme de 1843, portant sur la description de la chapelle Saint-Ferdinand et de la chapelle de Dreux, on apprend qu'il y avait des travaux de fortifications autour de Paris (c'est-à-dire sur le boulevard des Maréchaux actuel) et que la route, rendue dangereuse, était jonchée de grosses pierres. Par malchance, le prince Ferdinand n'avait trouvé aux Tuileries qu'une voiture découverte, peut-être parce que les autres étaient parties pour Saint-Omer où il y avait des manœuvres. Quand il était en uniforme (ce qui était le cas ce jour-là), Ferdinand-Philippe veillait toujours à monter dans des véhicules mieux protégés et donc plus discrets. Les chevaux s'étant emballés, comment l'accident s'est-il passé? On ne sait. Le prince fut-il proprement éjecté de sa voiture compte tenu des secousses d'une calèche qui roule sur un mauvais chemin à une vitesse proche du galop? Ou bien a-t-il voulu sauter de la voiture pour échapper au danger (version retenue par la brochure anonyme)? Quoi qu'il en soit, il est vraisemblable qu'il s'est fracassé la tête sur l'une de ces grosses pierres qui encombraient le chemin. L'histoire rapporte que l'accident eut lieu à 11h 30 du matin et que le prince expira à 16h 30 dans la maison toute proche d'un modeste épicier.
Le prince, qui avait pris part à la Révolution de 1830, était très populaire. Que se serait-il passé dans l'histoire de France sans cet accident? En 1848, après l'abdication de son père, serait-il monté sur le trône? Y aurait-il même eu une révolution? La France serait-elle toujours une monarchie? Alfred de Musset a embrassé l'ampleur du problème dans un mot magistral : «Une heure a détourné tout un siècle».
Source : «Ingres. Les cartons de vitraux des collections du Louvre» de Jacques Foucart, RMN 2002, article : «La série de Saint-Ferdinand».

Chapiteaux à feuillages
Le chœur et la Piéta
Le chœur et sa voûte de la chapelle commémorative
rappellent le style gothique pour le haut et le style roman
pour le bas (avec sa série d'arcades). Le mobilier est de style classique.
«««--- À GAUCHE
Les chapiteaux à feuillages rappellent le style gothique
Vitraux dans la nef
Vitraux dans la nef : Saint François d'Assise, sainte Adélaïde et l'Archange Raphaël
(Manufacture de Sèvres, cartons de Jean-Auguste-Dominique Ingres)
L'archange Raphaël avec ses bras levés vers le Ciel et son léger drapé blanc a été très admiré à l'époque.
Clés de voûte Renaissance
Clés de voûte de style Renaissance
dans le chœur
Le chœur et la Piéta
Le chœur de Notre-Dame-de-la-Compassion et sa Piéta exécutée par de Triqueti
La Piéta est entourée d'un vitrail représentant saint Philippe (qui prend les traits du roi Louis-Philippe Ier)
et d'un autre représentant sainte Amélie, la sainte patronne de la mère du défunt, la reine Marie-Amélie.
Vitrail «saint Philippe apôtre»
Vitrail «Saint Philippe apôtre»
Carton de Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867)
Voir le vitrail de saint Philippe à la Chapelle Royale
Saint-Louis à Dreux.
Piéta de Notre-Dame de la Compassion
Piéta de Notre-Dame-de-la-Compassion exécutée
par Henri-Joseph de Triquetti (1804-1874)
Statue en marbre blanc réalisée sur les dessins du peintre Ary Scheffer.
Vitrail «sainte Amélie Reine»
Vitrail «Sainte Amélie Reine»
Carton de Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867)
Voir le vitrail de sainte Amélie à la Chapelle Royale
Saint-Louis à Dreux.
Vitrail «l'Espérance»
Vitrail en forme de rosace : L'Espérance
Piéta de Notre-Dame de la Compassion
Piéta de Notre-Dame-de-la-Compassion exécutée
par Henri-Joseph de Triquetti (1804-1874)
Détail sur les visages

«««--- À GAUCHE : les rosaces constituent
la contribution gothique à l'édifice
Carton de Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867)
Vitrail «Saint Ferdinand Roi»
Vitrail «Saint Ferdinand Roi»
Voir le vitrail de saint Ferdinand à la Chapelle Royale
Saint-Louis à Dreux.
Le visage de saint Ferdinand porte les traits du
prince Ferdinand-Philippe d'Orléans.
Carton de Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867)
Vitrail «la Foi»
Vitrail en forme de rosace : La Foi
le chœur, la croisée et le croisillon droit du transept
Le chœur, la croisée et le croisillon droit du transept où trône le cénotaphe de de Triqueti
C'est le peintre Ary Scheffer (1795-1858) qui a été chargé du ton artistique de la chapelle.

Les cartons de Jean-Auguste-Dominique Ingres.
Les historiens sont très bien renseignés sur l'histoire des vitraux de la chapelle Saint-Ferdinand (comme sur ceux de la chapelle royale des Orléans à Dreux). Tous les cartons de Saint-Ferdinand ont été réalisés par le peintre Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867) à la demande expresse du roi Louis-Philippe qui a voulu honorer la grande amitié cultivée entre son fils défunt et le peintre. Pour la construction de la chapelle et la création des cartons, tout se fit avec rapidité, mais non sans concertation, tous voulant plaire à un roi aimé, plongé dans un deuil douloureux. Les vitraux seraient réalisés par la Manufacture royale de Sèvres qui était, à cette époque, sous la direction d'Alexandre Brongniart. Ingres reçut commande de douze cartons, chacun devant représenter un saint ou une sainte dont le prénom rappelait les membres de la famille royale. Les cartons feront 2,10 m de haut sur 92 cm de large : ils seront donc en taille réelle et les vitraux seront de la même dimension.
Ingres, très honoré, se mit au travail aussitôt et rendit compte régulièrement de l'avancée de ses travaux à Brongniart. Dès qu'un carton était terminé, il était porté à la Manufacture royale qui réalisait le vitrail sans délai. L'équipe de peintres de Sèvres était placée sous la direction du très compétent Louis Robert. Le roi, qui voulait que tout fut fini (chapelle et vitraux) pour le 13 juillet 1843, premier anniversaire de la mort de son fils, était tenu au courant de l'ensemble des travaux. On sait que c'est lui en personne qui a décidé de la dimension et de la forme (cintrée) des vitraux. À ces douze cartons, il faut ajouter trois rosaces (pour le transept et la façade de l'entrée) où figureront les trois vertus théologales : la Foi, l'Espérance et la Charité. Le tout de la main d'Ingres. Les choses ne traînent pas : dès le 8 septembre, Sèvres dispose de trois cartons et commence la peinture. La collaboration entre la Manufacture et le peintre est très étroite : échanges de lettres, visites d'Ingres à Sèvres. --»»

Saint Clément, sainte Rosalie et saint Antoine de Padoue
Vitrail à trois lancettes à l'entrée de la chapelle :
Saint Clément, sainte Rosalie et saint Antoine de Padoue
Carton de Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867)
L'archange Raphaël (détail)
L'archange Raphaël (détail)
Carton de Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867)

--»» La liste des saints retenue changea à plusieurs reprises. Saint Ferdinand avait même été oublié au début ! Il fut un moment question de retirer Charles pour mettre Ferdinand. Finalement, les deux personnages figureront dans la chapelle. On fit appel aux sommités parisiennes en iconographie des saints pour s'assurer de l'orthographe latine des figures choisies. Le 15 octobre 1842, tous les cartons (du moins ceux prévus à cette date) étaient faits, et neuf vitraux déjà réalisés. Ingres avait travaillé d'arrache-pied. Fin octobre, le roi vint à Sèvres et trouva que les vitraux étaient «trop peu montés de ton, trop transparents» [lettre de Brongniart au comte de Montalivet, intendant général de la Liste civile]. Mais, comme Ingres les trouvait fort beaux et très réussis, le roi céda devant l'«opinion d'art» du peintre. Toutefois, Brongniart s'engagea à revoir la trop grande transparence de certaines draperies.
Après de nouvelles modifications dans la liste des saints et le passage de douze à quatorze, Ingres travaillait encore sur Ferdinand, Raphaël et Charles fin 1842 - début 1843. Il plaça la tête du prince défunt dans le vitrail de Ferdinand (certainement avec l'accord du roi). Janvier 1843 : la liste des saints est enfin arrêtée ; le roi a fait connaître ses ultimes décisions. À Sèvres, on s'enquiert à présent de la taille des quatorze châssis qui doivent être tous égaux.
En plus d'une rétribution de 15 000 francs pour les dix-sept cartons (quatorze saints et trois vertus théologales), Ingres reçut, en mars 1843, un cadeau du roi en reconnaissance de son art et de son zèle : une coupe et deux vases de porcelaine, avec bouquets et couronnes de fleurs, réalisées par la Manufacture royale de Sèvres. Valeur globale : 1495 francs de l'époque. Un cadeau effectivement royal !
La chapelle fut bénie le 11 juillet, même si, d'après les sources, les derniers vitraux ne furent posés que le 13. Ce même 13 juillet, la famille royale était à la chapelle des Orléans à Dreux, où le prince était enterré. Au niveau juridique, la chapelle entrait dans le patrimoine du Domaine privé du roi. Au niveau canonique, l'archevêque de Paris, Mgr Affre, confirma le 6 juillet sa destination cultuelle. La chapelle, qui devint paroisse en 1993, est donc toujours aujourd'hui la propriété de la famille d'Orléans. Le roi décida de la faire ouvrir au public à partir du 19 août 1843, pendant trois heures chaque jour. Les Parisiens purent ainsi admirer les vitraux réalisés sur les cartons d'Ingres, ce qui pour la réputation du peintre fut une aubaine, car seuls quatre de ses tableaux étaient visibles à Paris.
Source : «Ingres. Les cartons de vitraux des collections du Louvre» de Jacques Foucart, RMN 2002, article : «La série de Saint-Ferdinand».

Vitrail «saint Charles Borromée» (détail)
Vitrail «Saint Charles Borromée» (détail)
Vitrail «sainte Adélaïde» (détail)
Vitrail «Sainte Adélaïde Reine» (détail)
Vitrail «Sainte Rosalie Vierge» (détail)
Vitrail «Sainte Rosalie Vierge» (détail)
Vitrail «saint Ferdinand Roi» (détail)
Vitrail «Saint Ferdinand Roi» (détail)
Saint Antoine de Padoue et l'Enfant Jésus
Saint Antoine de Padoue et l'Enfant Jésus (partiel)
Carton de Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867)

La polémique sur les vitraux de la chapelle Saint-Ferdinand et les cartons d'Ingres.
Les cartons d'Ingres sont visibles au Louvre. Trois sont reproduits ci-dessous. Quand on les compare aux vitraux de la chapelle, on voit une très grosse différence. Les dessins des cartons sont admirables et portent la griffe d'un maître, mais les couleurs portées aux vêtements des personnages paraissent, quant à elles, assez fades, presque délavées, pâles comme peuvent l'être les teintes d'une aquarelle. On sait pourtant aujourd'hui qu'Ingres a utilisé de la peinture à l'huile sur une toile très fine (ce qui rend d'ailleurs les cartons très fragiles). Aussi, sans attendre, la critique tomba-t-elle à bras raccourci sur le peintre quand les cartons furent exposés au musée du Luxembourg en 1847. Louis Clément de Ris, dans L'Artiste, reproche à Ingres d'être un peintre négatif, c'est-à-dire un peintre qui ne comprend pas la couleur. Dans L'Ami de la Religion, la même année, un autre critique loue le dessin du Raphaël, mais en attaque d'autres : l'épaule droite de La Charité est «disloquée», le torse démesuré de saint Ferdinand est campé sur des jambes trop courtes, saint François d'Assise a un aspect squelettique, etc. Mais Ingres était habitué à ce genre de reproches - au demeurant un peu spécieux (tous les corps humains ne sont pas identiques). L'article tire aussi à boulets rouges sur le fait d'avoir donné les visages de la famille royale aux saints représentés. Une telle audace est regardée comme une profanation, une réminiscence du «paganisme qui divinisait les empereurs de leur vivant» [cité par Jacques Foucart]. Et par-dessus tout, le reproche suprême porté à Ingres est de s'être éloigné de l'art médiéval, le seul art vraiment chrétien. On ne voit pas le souffle divin dans les cartons de Saint-Ferdinand ! Les tons en sont faibles, sans rapport à ce qu'il faut à une église. D'un point de vue plus pratique, notre auteur, qui s'en prend à la technique du vitrail de la manufacture, privilégie les assemblages savants des verriers médiévaux, des assemblages qui tiennent par un réseau de plombs et qui mettent en relief les couleurs. Il rejette les «grandes surfaces» plébiscitées par les verriers dès le XVIe siècle et qui sont justement utilisées par Sèvres (voir l'article à la chapelle de Dreux). Suite ci-après.

La polémique (suite). Jacques Foucart, avec force érudition, montre que les critiques de l'époque n'ont rien compris. La collaboration entre Ingres et les peintres de la Manufacture s'est faite en parfaite harmonie car Ingres n'a jamais cherché à imposer son art. En relevant les inscriptions que le peintre a écrites sur les cartons, on comprend le secret de la coopération : Ingres a peint les cartons exprès avec des couleurs un peu fades pour laisser le champ libre aux professionnels de Sèvres. Opter dès l'abord pour des tons bien affirmés sur ses dessins (ce que les vitraux possèdent) aurait signifié casser le travail des peintres verriers. Ainsi Jacques Foucart cite une inscription d'Ingres sur le carton de Saint-Charles, comme quoi le peintre «laisse à l'artiste [de Sèvres] le soin de donner le vif éclat de couleur consacré au caractère du vitrail selon le parti d'effet indiqué par les cartons.» En fait, Ingres indique «les grandes tendances de la couleur et les endroits où colorer» [Foucart]. Par exemple, il avait été prévu - assez rapidement à l'origine - que les personnages seraient peints sur un fond bleu clair. Le fond des cartons est de couleur crème. Ingres laisse tout simplement les spécialistes de Sèvres exercer leur art du vitrail et mettre en pratique leurs connaissances - que lui-même ne possède pas.
Venant régulièrement à la Manufacture voir l'avancement des vitraux, le peintre s'en montra toujours satisfait. À voir le Raphaël donné ci-dessus en gros plan, on comprend pourquoi. L'archange, dans l'expression de son visage et l'aspect rendu à sa peau par le peintre de Sèvres, y est tout simplement magnifique. Le Saint Ferdinand roi est, lui aussi, somptueux. Mais, à l'égard de ce dernier vitrail, Jacques Foucart nous apprend que, dans les années 1950-60, la chapelle était dans un état de quasi-abandon et que des clochards y avaient élu domicile. Pour y entrer, ils avaient brisé le vitrail de saint Ferdinand... qui a peut-être été refait partiellement depuis lors.
Sources : «Ingres. Les cartons de vitraux des collections du Louvre» de Jacques Foucart, RMN 2002, articles : «Cartons et vitraux» et «Considérations générales sur les séries de Saint-Ferdinand et de Dreux».

Vitrail «Saint Henri Empereur» (partiel)
Vitrail «Saint Henri Empereur» (partiel)
Carton de Jean-Dominique Ingres (1780-1867)

Carton de sainte Adélaïde, reine par Ingres
Carton de sainte Adélaïde, reine
Par Ingres
MUSÉE DU LOUVRE
Carton de saint Ferdinand, roi par Ingres
Carton de saint Ferdinand, roi
Par Ingres
MUSÉE DU LOUVRE
La salle Ingres au musée du Louvre
La salle Ingres, au deuxième étage, expose les cartons de la chapelle réalisés par le peintre.
La verrière du plafond inonde malheureusement les cartons de reflets.
MUSÉE DU LOUVRE
Carton de sainte Amélie par Ingres
Carton de sainte Amélie
Par Ingres
MUSÉE DU LOUVRE
Vitrail «sainte Hélène Impératrice»
Vitrail «Sainte Hélène Impératrice»
Carton de Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867)
Le cénotaphe
Le cénotaphe exécuté par Henri-Joseph de Triquetti (1804-1874)

Le cénotaphe de Triquetti. L'œuvre, réalisé sur les dessins d'Ary Scheffer, est en marbre de Carrare. Le prince est allongé, vêtu de son uniforme d'officier général. C'est ainsi que les membres de la famille royale l'ont découvert, dans la maison d'un modeste épicier de la porte Maillot, quelques heures avant de rendre l'âme.

L'ange de la Résignation, qui veille sur le mourant, a été exécuté par la princesse Marie d'Orléans (1813-1839), sœur du défunt. Le bas-relief représente le Génie de la France pleurant son prince.

Vitrail «Saint Louis Roi»
Vitrail «Saint Louis Roi»
Carton de Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867)
Le cénotaphe
Le cénotaphe d'Henri-Joseph de Triquetti
L'Ange de la Résignation (derrière) a été sculpté par la sœur du défunt,
la princesse Marie d'Orléans
Vitrail «Saint Henri Empereur»
Vitrail «Saint Henri Empereur»
Carton de Jean-Dominique Ingres (1780-1867)
Vitrail «la Charité», partie centrale
Vitrail en forme de rosace : La Charité (partie centrale)
Visage du prince Ferdinand-Philippe dans le cénotaphe Armoiries
Armoiries sculptées dans la pierre

«««--- À GAUCHE
Le visage de Ferdinand-Philippe d'Orléans dans le cénotaphe
L'église vue depuis le chœur
Vue de la nef depuis le chœur
Au centre, la rosace d'Ingres illustrant à la Foi

Documentation : «Paris d'église en église» (Massin éditeur), ISBN :978-2-7072-0583-4
+ ouvrage «Ingres. Les cartons de vitraux des collections du Louvre» de Jacques Foucart, RMN 2002, ISBN : 2-7118-4460-9
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