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Page créée en oct. 2014
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La construction de la chapelle Saint-Joseph-des-Carmes remonte à la Contre-Réforme. En 1611, des religieux (Carmes déchaussés) fondent un couvent dans la rue de Vaugirard. La première pierre de l'église est posée en 1613 par la reine Marie de Médicis. Les Carmes vouant un culte particulier à saint Joseph, c'est à lui que l'église sera dédiée.
À la Révolution, le couvent est transformé en prison. En septembre 1792, s'y déroule l'une des pages les plus sombres de cette période : cent quinze religieux sont massacrés par les septembriseurs, le 2 septembre. Un certain nombre d'entre eux avaient refusé de prêter serment à la Constitution.
En 1797, une religieuse carmélite rachète l'église et le cloître. Une communauté de carmélites s'installe dans les lieux. L'archevêché de Paris rachète les bâtiments en 1841, puis, en 1875, en fait le siège de l'Institut catholique de Paris. Plus tard, un séminaire ecclésiastique viendra occuper une partie du couvent.
Saint-Joseph-des-Carmes n'est qu'une chapelle. Elle n'est pas bien grande, mais elle est magnifique. La chapelle latérale Saint-Jacques est fastueusement décorée selon les règles du baroque, tout comme la chapelle Sainte-Anne.
La coupole de la croisée présente l'enlèvement du prophète Élie vers le ciel, œuvre de Walthère Damery (1614-1678). Dans le transept, la chapelle de la Vierge a été réalisée selon les plans du Bernin (1598-1680) et la statue de la Vierge à l'Enfant, œuvre du sculpteur Antonio Raggi (1624-1686), a été ciselée, là encore, d'après les dessins du Bernin.


La nef et le chœur de la chapelle Saint-Joseph-des-Carmes.

La façade est une reconstitution de la fin du XIXe siècle.
Clairement marquée par l'influence italienne, elle est
due aux architectes Louis et Lucien Dovillard.
Vue de l'église des Carmes sous l'Ancien Régime
Vue de l'église des Carmes sous l'Ancien Régime.

L'église et les arcades de la cour noyées au sein des immeubles.

Les deux côtés de la nef sont enrichis chacun de deux chapelles latérales au sein d'une architecture classique assez dépouillée.

Vierge à l'Enfant dans sa niche
sur la façade de la chapelle.
XIXe siècle.

Saint Joseph dans sa niche
sur la façade de la chapelle.
XIXe siècle.
LES QUATRE CHAPELLES LATÉRALES DE L'ÉGLISE SAINT-JOSEPH-DES-CARMES
CHAPELLE LATÉRALE GAUCHE

Vue d'ensemble de la première chapelle latérale gauche
«La Mort de saint Camille de Lellés» par Antoine Sublet (1821-1897) Huile sur toile de 1856
«La Mort de saint Camille de Lellés» par Antoine Sublet (1821-1897) Huile sur toile de 1856.
Statue de saint Joseph avec l'Enfant
Statue de saint Joseph avec l'Enfant
dans la chapelle latérale gauche.
Scènes religieuses peintes par Van Diepenbeeck dans la chapelle  Saint-Jacques
Scènes religieuses peintes par Van Diepenbeeck dans la chapelle Saint-Jacques.
Cénotaphe de l'abbé Liautard par Antoine-Auguste Préault (1809-1879)
Cénotaphe de l'abbé Liautard par Antoine-Auguste Préault (1809-1879).
Première chapelle latérale gauche
Le buste en bronze du prélat est inséré dans un bas-relief en chêne.
L'abbé Liautard est le fondateur du collège Stanislas.
La Mort de saint Camille de Lellés (1856), vitrail de la fin  du XIXe siècle
La Mort de saint Camille de Lellés (1856), vitrail de la fin du XIXe siècle
CHAPELLE LATÉRALE SAINT-JACQUES
La chapelle Saint-Jacques
La chapelle Saint-Jacques et sa fastueuse
ornementation baroque due à Abraham Van Diepenbeeck (1596-1675).
La voûte baroque de la chapelle latérale Saint-Jacques
La voûte baroque de la chapelle latérale Saint-Jacques a été conçue et peinte par Abraham Van Diepenbeeck (1596-1675).
Dans la mandorle sommitale : la Transfiguration.
Le Martyre de saint Jacques le Majeur
Le Martyre de saint Jacques le Majeur.
Jacques a été décapité sur ordre d'Hérode Agrippa vers 42.
Chapelle latérale Saint-Jacques.
«La Transfiguration» par Abraham Van Diepenbeeck
La Transfiguration par Abraham Van Diepenbeeck.
Jésus est entouré de Moïse et d'Élie.
Abraham Van Diepenbeeck , chapelle latérale Saint-Jacques.
Le roi saint Louis reçoit la couronne d'épines de la Passion
Le roi saint Louis reçoit la couronne d'épines de la Passion.
Abraham Van Diepenbeeck
Chapelle latérale Saint-Jacques.

Saint Jacques le Majeur (auteur inconnu)
Chapelle latérale Saint-Jacques.

Les deux chapelles latérales droites entourent la statue traditionnelle de saint Pierre sur son trône.
CHAPELLE LATÉRALE DROITE SAINTE-THÉRÈSE
La chapelle latérale Sainte-Thérèse et ses tableaux d'Amédée et Paul Buffet
La chapelle latérale Sainte-Thérèse et ses tableaux d'Amédée et Paul Buffet.
La statue centrale est celle de sainte Thérèse de Lisieux.
Elle a été installée en 1926 par le futur cardinal Verdier.

Le Christ sur le Saint Suaire.
Partie centrale du vitrail de la chapelle Sainte-Thérèse.
Les murs latéraux de la chapelle sont chacun ornés de deux toiles sur la vie de sainte Thérèse
Les murs latéraux de la chapelle sont chacun ornés de deux toiles sur la vie de sainte Thérèse. Ici le mur droit.
Ses toiles entourent la liste des élèves de l'école préparatoire des Carmes tués pendant la guerre 1870-71.

La chapelle Sainte-Thérèse.
Cette chapelle possède sept toiles marouflées du XXe siècle.
Nous sommes en 1926 et sainte Thérèse de Lisieux (1873-1897) a été canonisée l'année précédente. Le futur cardinal Verdier, qui est alors supérieur du séminaire de l'Institut catholique, fait installer une statue de la sainte dans cette petite chapelle de Saint-Joseph-des-Carmes. À cette époque, la piété envers sainte Thérèse de Lisieux se répand parmi les fidèles. Sa vie inspire les artistes. Aujourd'hui, son culte se fait plus rare : de nombreux autels qui lui étaient dédiés ont changé de dédicace. Cette chapelle est l'un des derniers vestiges parisiens du culte envers la sainte.
À la demande de Monseigneur Verdier, quatre toiles marouflées seront réalisées par l'abbé Paul Buffet (1864-1941), trois par son frère Amédée (1869-?). Elles illustrent la vie de sainte Thérèse et son rôle protecteur auprès des poilus dans les tranchées pendant le 1er conflit mondial.
Les peintres profitent de l'aubaine : l'iconographie de la sainte n'est pas encore figée. Les frères Buffet sont proches de Maurice Denis. Leur style rappelle les peintures Nabis : travail en aplat, pas de perspective ; l'émotion est censée se transmettre par le geste et le coloris.
Source : «Églises parisiennes du XXe siècle», Action artistique de la Ville de Paris, article : «Le décor mural, de l'enthousiasme au murmure» par Martine Chenebaux-Sautory.

«Sainte Thérèse recevant l'extrême-onction» par Paul Buffet (1864-1941)
«Sainte Thérèse recevant l'extrême-onction» par Paul Buffet (1864-1941).
«Sainte Thérèse et les tranchées»
«Sainte Thérèse et les tranchées»
par Amédée Buffet (1869-?).
«Sainte Thérèse au pied de la croix»
«Sainte Thérèse au pied de la croix»
par Paul Buffet (1864-1941).
LA CHAPELLE LATÉRALE DES BIENHEUREUX-MARTYRS-DES-CARMES
Chapelle des Bienheureux-Martyrs-des-Carmes
Chapelle des Bienheureux-Martyrs-des-Carmes.
«La Vierge apparaît aux religieux massacrés en septembre 1792», détail
«La Vierge apparaît aux religieux massacrés en septembre 1792», détail.
Paul et Amédée Buffet.
Anges musiciens et ange souffleur par Claude Deruet (vers 1588-1660)
Anges musiciens et ange souffleur par Claude Deruet (vers 1588--1660)
sur la voûte de la chapelle des Bienheureux-Martyrs-des-Carmes.
Anges musiciens par Claude Deruet (vers 1588-1660)
Anges musiciens par Claude Deruet (vers 1588--1660)
sur la voûte de la chapelle des Bienheureux-Martyrs-des-Carmes.
La voûte de la chapelle des Bienheureux-Martyrs-des-Carmes
Voûte de la chapelle des Bienheureux-Martyrs-des-Carmes.
Sa décoration est attribuée au peintre baroque lorrain Claude Deruet (vers 1588--1660).
«Le Couronnement de la Vierge» est entouré des trois archanges et de l'ange gardien.
«Le Couronnement de la Vierge», détail
Vitrail avec rinceaux et coquillage dans la chapelle des Bienheureux-Martyrs-des-Carmes
Vitrail avec rinceaux et coquillage dans la chapelle des Bienheureux-Martyrs-des-Carmes.
«««--- «Le Couronnement de la Vierge», détail.
Peinture de Claude Deruet (vers 1588--1660).
L'archange saint Gabriel et sa fleur de lys
L'archange saint Gabriel et sa fleur de lys
L'archange saint Raphaël et son poisson
L'archange saint Raphaël et son poisson
L'archange saint Michel et son glaive
L'archange saint Michel et son glaive

L'ange gardien
Magnifiques peintures murales que celles des trois archanges et de l'ange gardien qui entourent la Vierge.
Le peintre baroque Claude Deruet nous offre notamment un Raphaël très pittoresque qui enlace son poisson avec tendresse.
LE CHŒUR DE LA CHAPELLE SAINT-JOSEPH-DES-CARMES ET SES ŒUVRES D'ART

Le retable du chœur et la coupole à la croisée
L'autel moderne dessiné par Philippe Kaeppelin. ---»»»
XXe siècle.


Partie supérieure du retable.
L'autel moderne dessiné par Philippe Kaeppelin

Le Père Céleste dans le fronton du retable.
«La Présentation de Jésus au temple»
«La Présentation de Jésus au temple»
Retable du chœur.
Quantin Varin (vers 1570-1634).
«La Présentation de Jésus au temple» de Quantin Varin (vers 1570-1634)
«La Présentation de Jésus au temple»l, détail.
Retable du chœur.
Quantin Varin (vers 1570-1634).
Les mains des deux personnages relèvent du style maniériste.
«La Présentation de Jésus au temple» de Quantin Varin (vers 1570-1634), détail
«La Présentation de Jésus au temple», détail.
Quantin Varin (vers 1570-1634),
Statue d'Élie à gauche du retable
Statue d'Élie à gauche du retable.
Statue de sainte Thérèse d'Avila (?) à droite du retable
Statue de sainte Thérèse d'Avila (?) à droite du retable.

«La Présentation de Jésus au temple».
Ce tableau de Quantin Varin, daté 1624, a été offert à l'église Saint-Joseph par la reine Anne d'Autriche.
Cette œuvre relève clairement de l'esthétique maniériste : les personnages adoptent des attitudes et des gestes qualifiés de «précieux» comme ceux de la prophétesse Anne sur la gauche ou de la femme au nourrisson au-dessous ; les coloris sont vifs et imposants (la robe rouge du grand prêtre occupe toute la place centrale au risque de faire disparaître l'Enfant Jésus).
Le cadre architectural est, lui aussi, remarquable. Varin place ses personnages sur un même plan, mais crée un effet de profondeur en peignant une voûte en berceau à l'arrière-plan.
Enfin, touche presque inséparable du maniérisme : les mains et la longueur des doigts. La photo de gauche donne un gros plan sur les mains de la prophétesse Anne et celles de la femme qui tient son nourrisson. On y voit des doigts longs et effilés, dans une gestuelle très étudiée.
Le tableau «Saint Augustin offrant son cœur à l'Enfant Jésus» au musée d'Art et d'Histoire de Saint-Denis offre un aperçu très marqué de la «touche» maniériste (longueur des doigts et attitudes recherchées - voir les deux anges à droite). Voir aussi «Suzanne et les vieillards» au musée Magnin de Dijon.

«Saint Augustin offrant son cœur à l'Enfant Jésus»
«Saint Augustin offrant son cœur
à l'Enfant Jésus», détail.
de François Perrier, dit le «Bourguignon»
1634, musée d'Art et d'Histoire de Saint-Denis

Le chœur avec le maître-autel. Devant, l'autel de messe est du XXe siècle

Le tabernacle baroque.

Le chœur et ses œuvres d'art.
Le chœur de la chapelle Saint-Joseph-des-Carmes est magnifique. On peut y admirer un chef d'œuvre maniériste de Quantin Varin au-dessus du maître-autel, ainsi qu'un superbe tabernacle argenté (donné ci-contre), mais ce même maître-autel cache un somptueux bas-relief en marbre du XIVe siècle : la Cène, reproduite ci-dessous, attribuée à Évrard d'Orléans († 1357).

La Cène, bas-relief en marbre attribué à Évrard d'Orléans (XIVe siècle)
La Cène
Bas-relief en marbre attribué à Évrard d'Orléans.
Vers 1340.

La Cène.
Ce relief en marbre est le résultat d'une commande de Jeanne d'Évreux, épouse du roi Charles IV le Bel (1322-1328) à Évrard d'Orléans († 1357) pour orner le maître-autel de l'église abbatiale cistercienne de Maubuisson (Val d'Oise). Lors de la période révolutionnaire, Alexandre Lenoir redistribua les œuvres saisies et attribua la Cène à Saint-Joseph-des-Carmes.
Il faut être attentif lors de la visite de la chapelle car le relief, niché sous le maître-autel, passe facilement inaperçu.
Le musée du Louvre possède trois prophètes tenant des phylactères qui, visiblement, sont associés à cette œuvre. «Ils ont en commun avec les personnages de la Cène, écrit Bertand Dumas, de longs cheveux et des barbes fournies, ondulées ou fendues par le milieu. De même, les plis des vêtements, réalistes, sont peu profonds, comme ceux de la nappe qui recouvre la table du dernier repas.»
Si le Christ se tient évidemment au centre, il n'est pas aisé d'identifier les apôtres. Seuls deux d'entre eux se détachent. Saint Jean, assis à la droite de Jésus, se distingue par son visage imberbe. Et, tout à droite, Judas, qui, comme les autres, joint les mains, regarde dans le vide, droit devant lui.
Source : «Trésors des églises parisiennes» de Bertrand Dumas, éditions Parigramme, 2012.

«Saint Augustin offrant son cœur à l'Enfant Jésus»
La Cène d'Évrard d'Orléans, détail.
LA COUPOLE DE WALTHÈRE DAMERY À LA CROISÉE DU TRANSEPT
La coupole à la croisée : Élie enlevé au ciel dans un char de feu
La coupole à la croisée : Élie enlevé au ciel dans un char de feu.
Le monde céleste est représenté sur la calotte de la coupole. Le monde terrestre est sur le tambour.
Peinture en trompe-l'œil du Liégois Walthère Damery (1614-1678) datée de 1663.
Le chœur de la chapelle Saint-Joseph
Le chœur de la chapelle Saint-Joseph
avec son retable et ses deux statues (Élie et vraisemblablement sainte Thérèse d'Avila).
Vue d'ensemble de la coupole depuis l'allée centrale avec les deux  pendentifs
Vue d'ensemble de la coupole depuis l'allée centrale avec les deux pendentifs.
Peinture en trompe-l'œil du Liégois Walthère Damery (1614-1678) .
«La vision de sainte Thérèse»
«La vision de sainte Thérèse»
Pendentif de la coupole par Walthère Damery (1614-1678).
« Saint Jean de la Croix»
« Saint Jean de la Croix»
«Saint Simon Stock recevant le scapulaire par la Vierge»
«Saint Simon Stock recevant le scapulaire par la Vierge»
«Sainte Thérèse touchée par l'amour divin»
«Sainte Thérèse touchée par l'amour divin»
Les pendentifs de la coupole peints par Walthère Damery (1614-1678) mettent en scène trois personnalités qui ont marqué l'histoire de l'ordre des Carmes.
La coupole de Saint-Joseph-des-Carmes
La coupole de Saint-Joseph-des-Carmes.

La coupole est une peinture en trompe-l'œil du Liégois Walthère Damery (1614-1678).
La scène montre Élisée, disciple d'Élie, qui recueille le manteau blanc de l'ordre des Carmes, tandis qu'Élie est enlevé au ciel dans son char de feu. Voir la scène complète plus haut.
Les Carmes considèrent le prophète Élie comme le fondateur mythique de leur ordre.

Le prophète Élie dans son char de feu (calotte de la coupole peinte par Walthère Damery)
Le prophète Élie dans son char de feu.
Calotte de la coupole peinte par Walthère Damery.
Statue d'Élie dans le chœur, détail (auteur inconnu)
Statue d'Élie dans le chœur, détail.
(Auteur inconnu).
La coupole de Saint-Joseph-des-Carmes
La coupole de Saint-Joseph-des-Carmes.
Les spectateurs assistent à la montée du prophète Élie vers le ciel, enlevé dans un char de feu.
Peinture en trompe-l'œil du Liégois Walthère Damery (1614-1678).
Un ange salue le passage du char d'Élie (Walthère Damery)
Un ange salue le passage du char d'Élie.
Peinture de Walthère Damery.

La peinture sur plâtre de la coupole.
Cette peinture de 1663 reprend un thème abondamment illustré par les artistes : la montée au ciel du prophète Élie dans un char de feu.
Dans l'Antiquité, le char de feu était celui du dieu du soleil, Hélios, ou celui d'Apollon.
L'épisode biblique est assez connu : Élie laisse tomber son manteau blanc que ramasse Élisée, son disciple et successeur.
Le prophète a les yeux tournés vers l'ange qui l'emporte dans son ascension (image de droite). Walthère Damery a représenté au-dessous du char un autre ange qui salue, les bras écartés, le passage du prophète (image de gauche).
Les personnages, plus ou moins stupéfaits par la scène, sont peints pour meubler le tambour de la coupole. Dans la Bible, l'ascension d'Élie a lieu dans la solitude du désert.

Un ange guide le char d'Élie vers le ciel (Walthère  Damery)
Un ange guide le char d'Élie vers le ciel.
Peinture de Walthère Damery..
LA CHAPELLE DE LA VIERGE CRÉÉE PAR LE BERNIN (CROISILLON GAUCHE DU TRANSEPT)

La chapelle de la Vierge dans le croisillon gauche du transept.

La chapelle de la Vierge.
L'autel a été réalisé sur les dessins de Gian Lorenzo Bernini dit le Bernin (1598-1680). On y retrouve les éléments classiques du décor à l'italienne : colonnettes, corniche à rinceaux et profusion de frises.
L'élément phare de la chapelle est sans conteste la statue de la Vierge à l'Enfant longtemps attribuée au Bernin. Cette Vierge assise compte parmi les plus belles de Paris, à mettre à égalité avec la Vierge debout de Pigalle à l'église Saint-Eustache dans le 1er arrondissement.
C'est le cardinal Antonio Barberini qui passa cette commande au Bernin vers 1655-1656 pour en faire don au couvent parisien des Carmes déchaussés.
Nous savons que l'auteur de cette Vierge assise est Antonio Raggi (1624-1686) que le Bernin considérait comme son meilleur assistant. Raggi passa cinq ans dans l'atelier du maître à améliorer son art et le Bernin l'employa pour la réalisation des commandes de Rome, à Saint-Pierre et Saint-Jean-de-Latran.
Le Bernin faisait les dessins des œuvres commandées à son atelier ou en réalisait des esquisses en terre cuite. Surchargé de travail, il lui arrivait d'en confier la réalisation à ses collaborateurs les plus talentueux. C'est donc à Antonio Raggi que revint la responsabilité de ciseler cette Vierge assise pour le cardinal Barberini.
Raggi se mit à l'ouvrage en 1662. La statue une fois achevée, il fit le voyage de Paris pour la livrer. Sa sculpture y fut très admirée : l'élève avait parfaitement assimilé les leçons du maître.
Le visiteur ne doit pas oublier d'observer attentivement le visage de l'Enfant. C'est l'un des plus beaux que l'on puisse voir dans les Vierges assises. En effet, Raggi s'était fait une spécialité des putti, ces angelots qui agrémentent une scène par leurs facéties joyeuses. L'Enfant Jésus qu'il a réalisé est remarquable de vivacité.
Source : «Trésors des églises parisiennes» de Bertrand Dumas, éditions Parigramme, 2012.


Vierge à l'Enfant d'Antonio Raggi (1624-1686)
Vierge à l'Enfant d'Antonio Raggi (1624-1686)
d'après le Bernin.


Vierge à l'Enfant d'Antonio Raggi, détail.


Les frises en bas-relief de l'autel de la Vierge.
Statue de saint François de Paule (1416-1508), détail


Statue de saint François de Paule (1416-1508)
par Gilles Guérin (1611-1678).

Saint François de Paule est le fondateur
de l'ordre des Minimes.
Statue de saint François de Paule (1416-1508)
La Vierge donnant le Rosaire à saint Dominique, détail

Bas-relief de l'autel de la Vierge.
La Vierge à l'Enfant d'Antonio Raggi (1624-1686)
La Vierge à l'Enfant, détail.
Antonio Raggi (1624-1686).

Vue du bras gauche du transept et de la voûte.
«««--- La Vierge donnant le Rosaire à saint Dominique, détail.
Croisillon gauche du transept
Vitrail de l'atelier Claudius Lavergne, 1863.

Bas-relief de l'autel de la Vierge.

Bas-relief de l'autel de la Vierge.
La Vierge donnant le Rosaire à saint Dominique, détail
Le côté gauche de la nef. À droite, la chapelle de la Vierge.
LA CHAPELLE SAINTE-THÉRÈSE DANS LE CROISILLON DROIT DU TRANSEPT

Le croisillon droit du transept et la chapelle Sainte-Thérèse.
Saint Pierre par Jacques Sarazin (1592-1660)
Saint Pierre par Jacques Sarazin (1592-1660)
dans le croisillon droit du transept.
Sainte Marie-Madeleine par Jacques Sarazin (1592-1660)
Sainte Marie-Madeleine par Jacques Sarazin (1592-1660)
dans le croisillon droit du transept.

Les statues de Jacques Sarazin.
Saint Pierre et sainte Marie-Madeleine sont deux pénitents parmi les plus célèbres du Nouveau Testament, et les plus représentés aussi. Le sculpteur Jacques Sarazin (1592-1660) crée ici un apôtre Pierre dont la contrition est toute intérieure. On la voit à son visage tendu et à ses mains dont les doigts sont croisés, des mains que l'on devine crispées par le remords. Le coq du reniement l'accompagne.
De l'autre côté de l'autel du croisillon droit, Marie-Madeleine affiche une attitude opposée. La contrition de la sainte s'habille d'un profond chagrin qui ne peut s'épancher que dans un tissu. Elle pleure sur ses péchés et sur le Christ qu'elle a perdu. Marie-Madeleine tient dans la main la traditionnelle boîte à parfums.

«L'Apparition du Christ à sainte Thérèse d'Avila et à saint Jean de la Croix»
«L'Apparition du Christ à sainte Thérèse d'Avila et à saint Jean de la Croix»
Jean-Baptiste Corneille (1649-1695).
Statue de sainte Marie-Madeleine, détail
Statue de sainte Marie-Madeleine, détail.
Jacques Sarazin (1592-1660)
Bas-relief «Apparition du Christ à deux prisonniers»
Bas-relief «Apparition du Christ à deux prisonniers».
Croisillon droit du transept. Auteur non référencé.

«L'Apparition du Christ à sainte Thérèse d'Avila et à saint Jean de la Croix, détail.
Jean-Baptiste Corneille (1649-1695)
LA CHAPELLE BAROQUE SAINTE-ANNE
Vue d'ensemble de la chapelle Sainte-Anne
Vue d'ensemble de la chapelle Sainte-Anne (qui est très exiguë)
La voûte de la chapelle Sainte-Anne avec les quatre évangélistes qui entourent la scène du couronnement de la Vierge
La voûte de la chapelle Sainte-Anne avec les quatre évangélistes qui entourent la scène du couronnement de la Vierge.
Peintures attribuées à Georges Lallemant et à des peintres influencés par le maniérisme.
Sur la gauche : l'Annonciation.

La chapelle Sainte-Anne
Située dans l'absidiole droite, avec ses boiseries et ses peintures murales, elle est aussi exiguë que magnifique. La chapelle serait l'œuvre de Georges Lallemant et d'un groupe de peintres plus ou moins maniéristes du XVIIe siècle.
On y voit une Annonciation (très maniériste) et, sur la voûte, les quatre évangélistes dont un notable saint Luc pensif.


Le Mariage de la Vierge.
Peinture sur bois, 1ère moitié du XVIIe siècle.

Au centre de la voûte : «Le Couronnement de la Vierge».

Peintures sur panneaux de bois, 1ère moitié du XVIIe siècle.
À gauche, l'Ascension (?), à droite, la Présentation de Marie au Temple.

LA CHAPELLE SAINTE-ANNE A ÉTÉ RESTAURÉE EN 2013

«Le Couronnement de la Vierge», détail.
1ère moitié du XVIIe siècle
Un gros plan sur le visage de la Vierge montre une larme dans les yeux !
Dans ce gros plan du visage de la Vierge, on voit que le peintre a pris soin d'ajouter une larme dans les yeux. C'est très visible sur l'œil gauche.
«La Sainte Famille»
«Le Repos pendant la Fuite en Égypte»
Panneau de bois de la chapelle.
Une observation attentive des visages en gros plan montre que c'est la même jeune femme qui a pris la pose pour le personnage de
Marie dans «Le Couronnement de la Vierge» et dans «Le Repos pendant la Fuite en Égypte» (ci-dessus à droite).
Les peintures murales de la chapelle Sainte-Anne, 1ère moitié  du XVIIe siècle
Peintures murales de la chapelle Sainte-Anne, 1ère moitié du XVIIe siècle.
Ici : «L'Annonciation» et les deux évangélistes saint Marc et saint Jean.
«L'Annonciation», 1ère moitié du XVIIe siècle
«L'Annonciation», 1ère moitié du XVIIe siècle.
Saint Luc plongé dans ses pensées
Saint Luc plongé dans ses pensées (attribué à Georges Lallemant et à un groupe de peintres influencés par le maniérisme). ---»»»

Saint Jean
Saint Matthieu inspiré par un ange
Saint Matthieu inspiré par un ange.

Saint Marc
«La Pentecôte», 1ère moitié du XVIIe  siècle
«La Pentecôte»
1ère moitié du XVIIe siècle.
«La Mort de la Vierge», 1ère moitié du XVIIe  siècle
«La Mort de la Vierge», 1ère moitié du XVIIe siècle.
Les apôtres sont en grande conversation devant Marie mourante.
Saint Jean et saint Luc sur la voûte de la chapelle Sainte-Anne
Saint Jean et saint Luc sur la voûte de la chapelle Sainte-Anne.
À droite (fronton du retable), on peut voir les armoiries de Pierre Brûlart de Silery à qui a été concédée la chapelle en 1620.

«Présentation de Marie au Temple»
«Présentation de Marie au Temple»
Peinture sur panneau de bois.
1ère moitié du XVIIe siècle.

«Anne, Marie et Joachim», tableau du retable de la chapelle Sainte-Anne
«Anne, Marie et Joachim», tableau du retable de la chapelle Sainte-Anne.
Aucune documentation n'a été trouvée sur ce tableau.

Sainte Anne dans le tableau du retable.
Sainte Anne a ici un visage assez avenant, ce qui est rare sur ses statues.

Marie dans le tableau du retable.
L'orgue de tribune est dû à Henri Didier (1902), restauré  par Beuchet en 1971
L'orgue de tribune est dû à Henri Didier (1902), restauré par Beuchet en 1971.

Deux chérubins au milieu d'une décoration florale baroque dans le buffet de l'orgue

La nef et l'orgue de tribune vus depuis la croisée du transept.

Documentation : «Paris d'église en église», Massin éditeur)
+ «Églises parisiennes du XXe siècle», Action artistique de la Ville de Paris, article : «Le décor mural, de l'enthousiasme au murmure» par Martine Chenebaux-Sautory
+ «La Bible et les saints» de Gaston Duchet-Suchaux et Michel Pastoureau, Éditions Flammarion
+ «Trésors des églises parisiennes» de Bertrand Dumas, éditions Parigramme, 2012.
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