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Page créée en fév. 2015
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Jusqu'à la Révolution, ce quartier du 9e arrondissement de Paris, appelé la Nouvelle-France, abritait l'enclos Saint-Lazare. Au IXe siècle, on y trouvait une léproserie, qui tomba en désuétude à mesure que la maladie s'estompait. Au XVIe, saint Vincent de Paul y installa le siège de la Congrégation des prêtres de la Mission (les Lazaristes).
En 1789, les bâtiments furent pillés, puis servirent de prison. Mais les vastes terrains alentour subsistaient. Comme tous les biens du clergé, ils furent sécularisés dès le début de la Révolution et mis en vente.
Sous la Restauration, le quartier connut un important développement industriel et commercial. (En 1820, le fondeur Calla s'y établit ; son fils réalisera toutes les fontes de l'église.) Industries et commerces s'accompagnèrent évidemment de la construction d'immeubles d'habitation.
Au sein d'un projet général d'urbanisme de la Nouvelle-France, l'Administration de Louis XVIII décida de remplacer le bâtiment vétuste et insuffisant qui servait de lieu de culte depuis 1802. année de la création de la paroisse du quartier.
Le projet d'une nouvelle église fut confié à Jean-Baptiste Lepère (1761-1844) qui avait accompagné Bonaparte en Égypte. Il associa rapidement son gendre Jacques-Ignace Hittorff (1792-1867) à l'entreprise.
La première pierre d'un édifice basilical fut posée en 1824. Cependant, la crise économique de 1826 et la révolution de 1830 arrêtèrent les travaux. Finalement, en 1832, le projet passa entre les mains d'Hittorff qui le remodela à sa manière.
L'église fut consacrée en 1844.
L'église Saint-Vincent-de-Paul est un bâtiment imposant. Il domine tout le quartier et se distingue nettement depuis le parvis du Sacré-Cœur. Sa façade, mariage de plusieurs styles, est entièrement due à Hittorff. L'intérieur, d'une décoration foisonnante, s'inspire des basiliques romaines.
Néanmoins Saint-Vincent-de-Paul a un problème majeur : sa pénombre intense (voir plus bas). C'est d'autant plus dommage que sa richesse artistique est remarquable : frise d'Hippolyte Flandrin tout au long de la nef (présentée autrefois comme une œuvre majeure de la peinture française et symbole de l'Église triomphante) ; voûte néo-byzantine dans le chœur ; grilles en fonte réalisées par Calla ; Calvaire de François Rude ; vitraux de Charles-Laurent Maréchal ; enfin, dans la chapelle de la Vierge, toiles marouflées de William Bouguereau entourant une célèbre statue de Marie présentant l'Enfant d'Albert-Ernest Carrier-Belleuse. Sans oublier les plaques de lave émaillée sur la façade.
Si vous avez un train à prendre à la gare de l'Est et que vous disposez de temps, mettez-le à profit. L'église est toute proche. N'hésitez pas à y entrer.


Vue d'ensemble de la nef de l'église Saint-Vincent-de-Paul
La vaisseau central est bordé par des colonnes ioniques surmontées, de chaque côté, de la frise d'Hippolyte Flandrin.
Au second niveau, les colonnes sont de style corinthien.
ASPECT EXTÉRIEUR DE L'ÉGLISE SAINT-VINCENT-DE-PAUL

La façade de l'église Saint-Vincent-de-Paul.
Son style hétéroclite n'en est pas moins harmonieux.
Les piliers sont surmontés de chapiteaux ioniques.

Paris vu du balcon de la façade
On reconnaît la cathédrale Notre-Dame et et les Invalides.

L'église Saint-Vincent-de-Paul vue depuis la butte Montmartre

Le balcon de la façade est accessible
lors des Journées du Patrimoine.

Lors des Journées du Patrimoine, on peut en général monter à la tribune dans la nef, ainsi que sur le balcon de la façade. L'église, située sur un petit promontoire du 9e arrondissement, domine toute la zone sud de Paris, avec Notre-Dame et les Invalides. Au nord, la vue s'étend sur Montmartre et le Sacré-Cœur.


Le Sacré-Cœur de Montmartre vu du balcon de la façade.

Cliquez sur l'image pour l'afficher en grand format.

La sculpture du fronton.
Ancien fief des Lazaristes, ce quartier de Paris offre, au fronton de sa grande église, un beau témoignage de l'action de saint Vincent de Paul. C'est une longue sculpture en ronde-bosse ciselée par Charles-Lebœuf Nanteuil (1792-1865) qui illustre la Glorification de saint Vincent.
Le saint est au centre. À ses côtés, deux anges incarnent la Foi et la Charité, deux vertus fondamentales dans la vie de Monsieur Vincent. Sur la droite se tient une dame de la noblesse, accompagnée de Filles de la Charité, de femmes et d'enfants pauvres. Sur la gauche, un prêtre, un galérien et un barbaresque.
L'artiste a vraisemblablement inclus ce personnage pour rappeler que Vincent de Paul fut fait prisonnier par les Barbaresques et vendu comme esclave.


Une imposante sculpture en ronde-bosse, illustrant la Glorification de Monsieur Vincent, orne le tympan de la façade.
Créée en 1846, elle est due à Charles Lebœuf-Nanteuil, déjà auteur
du tympan de l'église Notre-Dame-de-Lorette (Paris, 9e).

Un barbaresque, un galérien et un prêtre.
Ronde-bosse du tympan de la façade de Charles Lebœuf-Nanteuil, 1846.

La porte principale et ses panneaux en lave émaillée du peintre Jollivet.

La porte principale en fonte peinte est ornée des douze apôtres.
Sur l'imposte, le Sacré-Cœur.
Œuvre de Jean-Baptiste Farochon

Jacques le Majeur et Jacques le Mineur moulés dans la fonte de la porte principale.

«««--- Le Sacré-Cœur au-dessus de la porte principale.
Œuvres de Jean-Baptiste Farochon

Les plaques de lave émaillée.
C'est l'une des curiosités de l'église Saint-Vincent-de-Paul. Accrochées sur la façade, elles relatent les étapes de la Création du Monde et de l'Enfance du Christ.
L'architecte Jacques-Ignace Hittorff, passionné de polychromie, voulait une façade ornée de peintures conformes à sa passion. Il mit à profit un art tout neuf, apparu en 1827 : la peinture émaillée sur plaque de lave volcanique.
Les plaques venaient d'Auvergne et la technique était encouragée par le comte de Volvic, préfet de la Seine sous Charles X.
Entre 1845 et 1859, le peintre Pierre-Jules Jollivet (1794-1871) créa treize panneaux pour la façade. Dans son volumineux ouvrage L'Art de Paris, l'historien d'art Jean-Marie Pérouse de Montclos écrit que ce décor «a été le premier et le plus important exemple de l'emploi de la lave émaillée.»
Cet exemple ne fit pas école. L'architecture polychrome ne s'imposa pas et ce procédé à base de lave fut concurrencé rapidement par la porcelaine peinte.
Quant à l'œuvre de Jollivet, elle fut jugée inconvenante (voir photos ci-dessous). Les plaques furent retirées en 1861. Elles ont regagné leur place depuis.

LES PLAQUES DE LAVE EMAILLÉE DE PIERRE-JULES JOLLIVET (1794-1871)

«Création d'Ève»

«La Sainte Trinité»

«Chute d'Adam et Ève»

«Adam et Ève chassés du Paradis terrestre»

«Adoration des Mages»

«Baptême du Christ»
ASPECT INTÉRIEUR DE L'ÉGLISE ET SES ŒUVRES D'ART

Plan de l'église avec le parvis.
Longueur de 80 mètres ; largeur de 37 mètres.

Cette photo de la nef et du bas-côté droit de l'église donne une idée de la pénombre intense qui règne dans l'édifice.
Voir plus bas le commentaire qui en est donné.
LES CHAPELLES LATÉRALES DE L'ÉGLISE SAINT-VINCENT-DE-PAUL

Chapelle des Fonts baptismaux.

Chapelles latérales Sainte-Clotilde et Saint-Charles-Borromée.
Les chapelles latérales sont closes par de somptueuses grilles de l'atelier Calla.

La fonte de l'architecte Hittorff.
Mis à part le Calvaire de François Rude, Hittorff a choisi la fonte peinte pour meubler l'église. C'était moins cher que le bronze et les ateliers de l'industriel François Calla étaient installés dans le faubourg Poissonnière, tout proche.
Ainsi grilles, fonts baptismaux, candélabres et torchères sortent de ses moules. Calla a aussi produit toutes les fontes des fontaines des Champs-Élysées et de la place de la Concorde aménagée par Hittorff lui-même.
La fonte est un matériau qui nécessite un moule et qui présente une grande résistance à la compression. Elle fut largement employée dans le bâtiment au XIXe siècle et remplaça bien souvent le fer dans les grilles de balcon, les rampes d'escalier et le mobilier des églises.
À la fin du siècle, la fonte fut détrônée par l'acier.
Source : L'Art de Paris de Jean-Marie Pérouse de Montclos.


La cuve baptismale en fonte peinte et dorée.
Œuvre des ateliers Calla.

Le Baptême de Jésus
Vitrail de Charles-Laurent Maréchal et Gugnon.

Quatre cerfs ornent la base des fonts baptismaux,
illustrant un psaume gravé sur le pourtour de la cuve.

Saint Jean-Baptiste, partiel.
Cuve baptismale (F. Caunois).

Grille en fonte dorée fermant les chapelles latérales.
Tout le mobilier en fonte de l'église a été façonné par les ateliers Calla.

Le bas-côté gauche vu du déambulatoire.
Les colonnes monocylindriques à chapiteaux ioniques
donnent beaucoup de prestance aux bas-côtés.

Torchère en fonte dorée des ateliers Calla.

Du banc d'œuvre ne subsiste plus
que le crucifix sous son arc en bois.

Vitreail de la Résurrection
Charles-Laurent Maréchal et Gugnon (1843-1844)

La chaire à prêcher est en bois.
Sa cuve est ornée des trois vertus théologales.
«««--- La Résurrection, partie supérieure du vitrail.
Atelier Charles-Laurent Maréchal et Gugnon.

Les voûtes des chapelles latérales et des bas-côtés sont remarquables.
Elles manquent malheureusement de lumière naturelle.

La cuve de la chaire à prêcher a été sculptée par Bernard Duseigneur.
On y voit les trois vertus théologales. Au centre, la Charité.

Sainte Clotilde
Atelier Charles-Laurent Maréchal & Gugnon).

Chapelle latérale Saint-François-de-Sales.

Saint François de Sales
Atelier Charles-Laurent Maréchal et Gugnon.

Chemin de croix, station IV :
Jésus rencontre sa Mère.

Sainte Clotilde, détail.
Vitrail de Charles-Laurent Maréchal et de Gugnon
(réalisé en 1843-1844).

Pourquoi l'église Saint-Vincent-de-Paul est-elle si sombre (1/2) ?
En entrant dans la nef, le visiteur est frappé par la forte pénombre. Le manque cruel de lumière constitue le problème numéro un de cette grande église du XIXe siècle.
Au premier niveau, on s'aperçoit vite que le nombre de baies est insuffisant : quatre de chaque côté, et de dimension très moyenne. De plus, les vitraux qui les ornent se distinguent par des couleurs chaudes et intenses. Les baies en deviennent, presque opaques. C'est par une volonté délibérée.
En effet, dès 1824, afin de renouer avec la tradition médiévale, les architectes Lepère et Hittorff décidèrent d'installer une verrière à la polychromie très riche.
Le peintre-verrier de Metz, Charles-Laurent Maréchal et son collaborateur Gugnon conçurent les cartons des huit vitraux du premier niveau. En 1843-1844, ils passèrent à la fabrication en utilisant des émaux opaques en couches superposées. Le résultat fut magnifique ; la couleur, chatoyante ; mais la lumière ne passait plus !
Pour gagner un peu en clarté, ils modifièrent les bordures en les couvrant de peintures à la grisaille. Ce sont les motifs de croix et de rinceaux que l'on peut voir, mais c'est loin d'être suffisant.
Lors des Journées du Patrimoine, en montant dans les tribunes, on aura une explication complémentaire de cette pénombre générale.
Il y a encore quatre fenêtres de chaque côté, de même taille qu'en bas. Elles aussi ne laissent passer que très peu de lumière car les vitres sont opacifiées par un dessin grillagé, teinté d'un gris assez soutenu (photo ci-contre).
Et, pour finir, on s'aperçoit que la timide lumière qui parvient à franchir cette verrière grise se trouve barrée par le muret qui ferme la tribune (photo à droite plus haut) !
---»» Suite 2/2 plus bas.


Les tribunes sont fermées par un muret (au premier plan).
Cet obstacle réduit encore la faible lumière qui
réussit à passer les fenêtres du second niveau.

Au second niveau, les vitraux sont rendus opaques par
un verre gris qui donne l'apparence d'une grille.

Les tribunes et la frise des saints et des saintes en marche vers le chœur.
Lors des Journées du Patrimoine (où l'on peut monter dans les tribunes), toutes les lumières de l'église sont allumées.
La photo a malgré tout été éclaircie.

Pourquoi l'église Saint-Vincent-de-Paul est-elle si sombre (2/2) ?
---»» Avec son mètre vingt de hauteur, le muret est construit pour recevoir la partie supérieure de la frise d'Hippolyte Flandrin. Une grille ne peut pas le remplacer.
Rareté des fenêtres, opacité du verre et muret plongent la nef dans une obscurité intense. Il n'est pas sûr que du verre blanc dans les baies suffirait à sortir l'église de la nuit. La plupart des photos de cette page, prises lors des Journées du Patrimoine (où toutes les lumières sont allumées) ont quand même dû être éclaircies.

Il apparaît donc que Jacques-Ignace Hittorff n'a pas su anticiper les conséquences de ses choix architecturaux sur la lumière. Il n'a pas vu que sa recherche de polychromie et son désir d'imiter le Moyen Âge réduiraient la luminosité de son édifice à presque rien et empêcheraient d'admirer les nombreuses œuvres d'art dont il avait dessein de l'orner !
Pour résumer, retenons ce que dit un jour à l'auteur de ses lignes un sacristain de l'église : «l'architecte s'est complètement planté» !


Comme pour les chapelles latérales, les tribunes
sont enrichies de très belles voûtes à caissons.

La nef est envahie par une forte pénombre, en dépit des torchères allumées au niveau des chapelles latérales.

Que voit-on dans l'église Saint-Vincent-de-Paul plongée dans la pénombre ? La photo ci-dessus en donne une idée. Les torchères allumées dans les bas-côtés ne changent pas grand-chose. Au 1er niveau, les colonnes se terminent par des chapiteaux ioniques, au second par des chapiteaux corinthiens. Mais il est difficile de le voir.


Gros plan sur les motifs géométriques de la voûte
«««---Vue en perspective de la magnifique voûte en bois peint de la nef.
Saint François de Sales, détail ---»»»
Atelier Charles-Laurent Maréchal et Gugnon (1843-1844).
LA FRISE DE LA NEF PEINTE PAR HIPPOLYTE FLANDRIN

La nef vue de l'orgue de tribune.
Elle se distingue nettement par une double élévation de colonnes monocylindriques, interrompue par la frise d'Hippolyte Flandrin.

Saint Denis
Vitrail de Charles-Laurent Maréchal et de Gugnon

La frise peinte par Hippolyte Flandrin.
Elle a fait la réputation de l'église Saint-Vincent-de-Paul. Cette longue procession de saints (à droite en se tenant devant l'orgue) et de saintes (à gauche) a été qualifiée par Théophile Gautier de «Panathénées chrétiennes».
La frise contient deux cent trente-cinq personnages qui convergent vers le Christ en majesté, peint sur la voûte de l'abside par François-Édouard Picot (1786-1868).
Réalisée entre 1848 et 1853, la peinture mesure 90 mètres de long sur une hauteur de 2,60m. Les personnages, peints à la cire sur un très beau fond or, sont groupés par thème, les groupes étant souvent séparés par des palmiers.
Chez les hommes, on trouve près de la voûte : les apôtres, puis les martyrs, les Docteurs de l'église et les évêques. Les confesseurs ferment le cortège.
Chez les femmes : les saintes vierges et martyres, les vierges, puis deux groupes de saintes femmes. Enfin les saintes pénitentes et les saints ménages, c'est-à-dire les couples avec leurs enfants quand ils en ont eu.
Tous les personnages portent un nom (pas toujours lisible) en haut de la frise. Comme tout peintre, Flandrin a représenté des proches ou des amis dans certains visages.
Quand la nef est éclairée, cette frise crée une atmosphère envoûtante. Comme la peinture à la cire ne brille pas, les personnages, placés sur un fond or, profitent d'un fort contraste et donnent l'impression qu'ils avancent sereinement, majestueusement.
«Ils apparaissent aussi comme des figures immuables, déjà entrées dans l'éternité», lit-on dans le livret disponible dans l'église. C'est très vrai. Flandrin avait étudié à Rome les peintures de Raphaël. Dans cette frise, il a concrétisé les fruits de son apprentissage d'une très heureuse manière.


La frise part de dessous l'orgue de tribune : Saint Pierre et saint Paul
évangélisent les peuples d'Orient et d'Occident.

Les Saints Docteurs dans la procession des hommes.
Frise d'Hippolyte Flandrin peinte à la cire sur fond or entre 1848 et 1853.

Les Saints Ménages dans la procession des femmes.
Frise d'Hippolyte Flandrin peinte à la cire sur fond or entre 1848 et 1853.
«««--- Saint Eustache et sainte Théophiste dans le groupe des Saints Ménages.

Les Saintes Vierges et Martyres.
De gauche à droite : sainte Ursule, sainte Dorothée, sainte Blandine, sainte Lucie, sainte Cécile, sainte Marguerite (et son dragon),
sainte Catherine, sainte Agathe, sainte Barbe, sainte Agnès, sainte Apolline et sainte Thècle.

Le dragon de sainte Marguerite
imaginé par Hippolyte Flandrin.
Voir la légende de sainte Marguerite
au musée des Beaux-Arts de Dijon.

Saint Charles-Borromée
Vitrail de Charles-Laurent Maréchal et de Gugnon.

Sainte Bathilde
dans la procession des Saintes Femmes.

Les Saintes Femmes, détail.
De gauche à droite : sainte Jeanne de Chantal, sainte Jeanne de Valois,
sainte Françoise Romaine (l'ange de face ne compte pas), sainte Catherine de Suède, sainte Brigitte,
sainte Élisabeth de Hongrie, sainte Élisabeth du Portugal, sainte Marguerite d'Écosse, sainte Adélaïde, sainte Bathilde.

Sainte Élisabeth de Hongrie et sainte Élisabeth du Portugal.

Sainte Pélagie et sainte Marie l'Égyptienne
dans la procession des Saintes Pénitentes.

Sainte Élisabeth
Vitrail de Charles-Laurent Maréchal et de Gugnon
(réalisé en 1843-1844).

La procession des saints vue depuis l'orgue de tribune.
Au premier plan, les Saints confesseurs.

Sainte Julitte qui porte saint Cyr
et sainte Crescence qui porte saint Vitus
dans la procession des Saintes Femmes.
L'influence de Raphaël sur le dessin et les couleurs d'Hippolyte
Flandrin est criante dans cet extrait de la frise.

Les Saintes Femmes.
De gauche à droite : sainte Monique, sainte Eustochie, sainte Paule, sainte Hélène, sainte Félicité (et des enfants), sainte Julitte qui porte
saint Cyr, Sainte Crescence qui porte saint Vitus, sainte Anne et sainte Élisabeth. À droite saint Jean-Baptiste enfant est caché.

Saint Polycarpe et saint Pothin
dans la procession des Saints Martyrs.

Les Saints Martyrs.
De gauche à droite : saint Étienne, saint Laurent, saint Denis, saint Polycarpe, saint Pothin, saint Cyr enfant, saint Saturnin, saint Clément, saint Georges et son bouclier,
saint Longin, saint Exupère, saint Maurice en général romain, saint Victor (presque caché), saint Sébastien et saint Christophe.

Sainte Élisabeth
Vitrail de Charles-Laurent Maréchal et de Gugnon
(réalisé en 1843-1844).

Saintes Pulchérie, Scolastique
dans la procession des Saintes Vierges.
La Pénitence dans la frise des Sacrements ---»»»
Peinture de François-Édouard Picot (1786-1868).

Sainte Marguerite d'Écosse
dans la procession des Saintes Femmes.
L'Extrême-Onction dans la frise ---»»»
des Sacrements de François-Édouard Picot

Les Saints Apôtres, détail.
Saint Pierre, saint Paul et saint Matthieu sont en tête.

La frise des Sacrements.
Si la double procession de la nef a été peinte par Hippolyte Flandrin (1809-1864), c'est François-Édouard Picot (1786-1868) qui a été chargé de la frise en hémicycle dans le soubassement de la voûte de l'abside. Cette peinture est désignée sous le nom de frise des Sacrements. Sont représentés : le Baptême, l'Eucharistie, la Confirmation, le Mariage, l'Ordination, la Pénitence et l'Extrême-Onction. On constate avec bonheur que le style des deux peintres est le même. Tous deux ont utilisé la peinture à la cire appliquée sur un fond or (exigence de Hittorf), assurant ainsi une uniformité à l'ensemble.
Flandrin et Picot n'étaient pas de la même génération. En 1848, quand cette tâche ardue commença, Flandrin avait 39 ans, Picot, 62. Ce n'était pas la seule différence. Le maître de Picot était David, celui de Flandrin, Ingres. Picot était spécialisé dans la peinture académique et d'histoire (il avait peint des plafonds du Louvre), tandis que Flandrin était réputé pour ses peintures religieuses (notamment à l'église Saint-Séverin à Paris).
Quoi qu'il en soit, le choix fut heureux : on ne s'aperçoit pas que les frises ont été peintes par deux artistes différents. Les photos de cette page ne le montrent pas davantage.
Source : Église Saint-Vincent-de-Paul, livret édité par la paroisse.

LA FRISE SOUS LA VOÛTE

La frise sous la voûte avec deux chapiteaux corinthiens.

Saint Marcel évêque
Détail de la frise sous la voûte.

La frise sous la voûte.
L'église possède, sous la voûte, une remarquable frise. Fidèle à la théorie de la polychromie d'Hittorf, elle se révèle très chatoyante, de couleurs vives. Six peintres ont participé à son exécution.
On y voit des papes, des évêques et des anges dans des médaillons. Et elle fait le tour de la nef. En raison de la pénombre de l'église, il est très difficile de les distinguer.

LE CHŒUR DE L'ÉGLISE SAINT-VINCENT-DE-PAUL

Le chœur de l'église Saint-Vincent-de-Paul.
Même lors des Journées du Patrimoine (où toutes les lumières de la nef sont allumées), il reste dans une certaine pénombre.
Il est difficile d'apprécier les œuvres d'art qu'il abrite (frise, voûte en cul-de-four, baldaquin, Calvaire, stalles, etc.).

Le Christ en croix
dans le Calvaire de François Rude (1784-1855).

Le Calvaire de François Rude.
C' est une œuvre magnifique qui resplendit de force et de brillance.
Rude (1784-1855) avait 70 ans quand il a réalisé cette œuvre en bronze. Il y a mis toute sa science de sculpteur et son expérience de la vie.
Sur le visage de Marie se lit une tristesse résignée ; sur celui de Jean, la révolte. Ses deux mains jointes indiquent néanmoins l'espoir. Notons que, à l'origine, Hittorff avait demandé de couvrir le bronze d'une patine noire pour opposer ce Calvaire, expression de la souffrance, au baldaquin doré, symbole du triomphe.


Le maître-autel de l'église Saint-Vincent-de-Paul
avec le Calvaire en bronze de François Rude sous le baldaquin.
Les anges en prière, à droite et à gauche du baldaquin, sont de Husson.

La Vierge dans le Calvaire de Rude.

Saint Jean dans le Calvaire de Rude.

La Cène dans le soubassement du maître-autel.
Œuvre en bois doré d'Astyanas-Scaevola Bosio (1793-1876).

Le baldaquin en bois doré et ses colonnes couvertes
d'anges, de vignes et de gerbes de blé.

Le chœur vu depuis la tribune.

Détail de la barrière en fonte dorée qui ferme le chœur (ateliers Calla).

La clôture du chœur.
Sur les côtés, le chœur est clos par une suite de panneaux en bois (donnés ci-contre) où sont représentés les saints patrons des membres de la famille d'Orléans. Ces figures sculptées sont dues à François Derre et Aimé Millet. D'après les sources, les visages des sculptures seraient ceux des membres de la famille d'Orléans.


Le Christ en majesté entouré d'anges
dans la voûte de l'abside peinte par François Picot.

La peinture à la voûte de l'abside.
Cette œuvre a été réalisée, à la cire sur fond or, par François Picot (1786-1868). Elle représente le Christ en majesté entouré d'anges portant les instruments de la Passion. Le Christ bénit de sa main droite et tient le Livre de sa main gauche.
Dans la partie basse, à gauche et à droite, Picot a représenté des rois et des prophètes de l'Ancien testament. On reconnaît David qui tient sa lyre et Salomon qui porte le Temple. Enfin, au milieu de cette partie basse, se trouve saint Vincent de Paul qui présente au Christ les enfants trouvés, peints nus, qu'il a sauvés. Malheureusement, cette dernière partie se distingue difficilement, même lorsque l'église est totalement éclairée.


Rois et prophètes de l'Ancien testament accompagnent le Christ.
Partie droite de la voûte de l'abside par François Picot (1786-1868).

Les stalles du chœur sont du XIXe siècle.

L'intrados de l'arc devant la voûte
est très travaillé. Il rappelle les
ornementations de la frise sous la voûte.

Sur la clôture du chœur dans le déambulatoire sont représentés les saints patrons des membres de la famille d'Orléans.
Vue d'ensemble du chœur de Saint-Vincent-de-Paul.
LE DÉAMBULATOIRE

Déambulatoire gauche avec le bas de la voûte
et la frise peintes par François Picot.

Les grandes grilles en fonte sont du plus bel effet dans le déambulatoire.
Au-dessus, dans la frise des Sacrements, l'Ordination.

Saint Martin
Vitrail de Charles-Laurent Maréchal et Gugnon.
LA CHAPELLE DE LA VIERGE

La chapelle de la Vierge a été construite en 1869.

La chapelle de la Vierge.
Lors de la construction de l'église, l'architecte Hittorff n'a bâti qu'une petite chapelle axiale. Celle-ci a été agrandie en 1869 par Édouard Villain qui s'est appliqué à respecter les idées de ses deux devanciers, Lepère et Hittorff.
La nouvelle chapelle est immense. Elle a la taille d'une petite église et, elle aussi, resplendit de ses œuvres d'art surmontées d'une superbe voûte à trois pans et à caissons. L'adjonction du mobilier s'est faite jusqu'à nos jours.

Ainsi, les vitraux latéraux sont modernes et les litanies peintes dans l'hémicyle qui abrite la statue de la Vierge datent de 1952.
Contrairement à celles de la nef, on peut voir ces œuvres d'art à peu près convenablement car de nombreuses sources de lumière électrique compensent le manque de lumière naturelle (le soupirail de la voûte et les deux vitraux latéraux n'apportent qu'une lumière très faible).



La statue de la Vierge à l'Enfant.
Cette œuvre d'Albert-Ernest Carrier-Belleuse (1824-1887) a une histoire. Initialement, elle s'intitulait Le Messie.
La hardiesse inédite du geste de la Vierge qui présente à bout de bras son enfant au monde lui avait valu beaucoup de succès lors de l'Exposition universelle de 1867. Napoléon III en personne l'avait remarquée. Il l'acheta pour l'offrir à l'église Saint-Vincent-de-Paul qui la plaça plus tard dans la chapelle axiale.
À l'époque, on en fit de nombreuses copies et la manufacture de Sèvres en réalisa les moules pour la reproduire en porcelaine. On peut d'ailleurs toujours la commander à la Cité de la Céramique.
Le sculpteur a-t-il hésité sur l'expression à donner à la Vierge ? On n'y voit aucune sérénité, mais plutôt de la résignation. On y devine aussi la concentration d'une jeune fille de quinze - seize ans qui porte à bout de bras un enfant de plusieurs kilos. Peut-être cet effort physique a-t-il été pris en compte par l'excellent sculpteur qu'était Carrier-Belleuse. La Vierge montre en effet un visage assez austère.


Le côté gauche de la chapelle de la Vierge avec son vitrail moderne
et ses toiles marouflées de William Bouguereau (1825-1905) relatant des scènes de la vie de la Vierge.
«««--- La Vierge à l'Enfant d'Albert-Ernest Carrier-Belleuse

Copie de la célèbre statue de Jeanne d'Arc
de la princesse Marie d'Orléans.
Chapelle de la Vierge.

La Vierge à l'Enfant d'Albert-Ernest Carrier-Belleuse, détail.

«La Fuite en Égypte»
de William Bouguereau (1825-1905)
dans la chapelle de la Vierge.

«O Marie, reine du monde»
Vitrail moderne non signé dans la chapelle de la Vierge.

La chapelle de la Vierge et son côté droit.

La belle voûte à caissons de la chapelle de la Vierge est percée
d'une fenêtre, trop petite pour l'éclairer utilement.

«L'Annonciation»
de William Bouguereau (1825-1905)
Chapelle de la Vierge.

Saint Antoine de Padoue.
Chapelle de la Vierge.

L'hémicycle qui abrite l'autel et la statue de la Vierge a été décoré en 1952 par Auguste Labouret. L'artiste a dessiné en mosaïque des petites vignettes fort simples, inspirées des litanies. Des anges volètent dans la partie haute. On peut voir le décor dans la grande photo de la chapelle, donnée plus haut.

Les huit grandes peintures marouflées de William Bouguereau (1825-1905) ont été financées, entre 1881 et 1889, par les dons des habitants du quartier, la municipalité ayant refusé de participer à cette acquisition.


«La Visitation»
William Bouguereau (1825-1905).

«Le Chemin du Calvaire»
William Bouguereau (1825-1905).

Saint Vincent de Paul par C. Casciani.
Chapelle de la Vierge.

«Caritas»
Vitrail moderne non signé dans la chapelle de la Vierge.

«L'Adoration des bergers»
de William Bouguereau (1825-1905)
Chapelle de la Vierge.
L'ORGUE DE TRIBUNE DE L'ÉGLISE SAINT-VINCENT-DE-PAUL

L'orgue de tribune, la frise d'Hippolyte Frandrin et la rose de la façade.

Le haut de l'orgue de tribune et la frise sous la voûte.

L'orgue de tribune.
C'est un Cavaillé-Coll installé en 1852. L'architecte Hittorff en a dessiné le buffet. Les tuyaux de montre, répartis en deux groupes, sont séparés par une très belle voussure dont l'intrados est garni de caissons. Les sources indiquent que l'orgue est de très grande qualité et qu'il était, au XIXe siècle, l'orgue du Conservatoire de musique installé dans la paroisse.
Source : Église Saint-Vincent-de-Paul, livret édité par la paroisse.


La nef vue du chœur avec l'éclairage maximal des Journées du Patrimoine.

Documentation : «Paris d'église en église», Massin éditeur
+ «Église Saint-Vincent-de-Paul», livret édité par la paroisse
+ «L'Art de Paris» de Jean-Marie Pérouse de Montclos, Éditions Place des Victoires.
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