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Située à huit kilomètres
de Rouen,
l'ancienne abbatiale Saint-Georges dans le petit bourg de Saint-Martin-de-Boscherville
est un lieu à ne pas manquer pour tout amateur d'art roman
qui visite la Haute-Normandie.
Depuis le début du XIe siècle, l'endroit est une possession
des seigneurs de Tancarville. Une église collégiale
a précédé l'édifice actuel (voir encadré
plus bas)
. Les chanoines en sont chassés au début du XIIe et
remplacés par des moines bénédictins. Une abbaye
est ainsi créée avec statuts et dotations.
Une nouvelle église est construite, à côté
de la première, en plus grand. Commencée vers 1113-1114,
les travaux étaient vraisemblablement achevés trente
ans plus tard. Selon Jacques Le Maho et Nicolas Wasylyszyn, dans
Saint-Georges de Boscherville, 2000 ans d'histoire, c'est
probablement un atelier venu de Rouen
qui se chargea de la maîtrise d'œuvre en utilisant le
calcaire blanc des carrières de la vallée de la Seine.
Le style est roman ; la voûte est charpentée.
Au siècle suivant, la voûte est rebâtie en pierre
et devient ogivale ; des flèches sont ajoutées aux
tours de la façade.
L'abbaye gagne en importance ; elle va compter jusqu'à 35
moines. Mais elle n'aura jamais la renommée de ses voisines
comme Jumièges ou Saint-Wandrille, peut-être parce
qu'elle n'a pas de reliques pour attirer les pèlerins.
Dans la partie nord de leur domaine, les seigneurs de Tancarville
font construire des bâtiments à jouissance privée,
dont il nous reste la chapelle
des Chambellans.
Le XIVe siècle marque le début de la décadence.
La lignée des Tancarville s'éteint en 1305 ; les biens
finissent dans les mains des Orléans-Longueville qui délaissent
le domaine. La guerre de Cent Ans fait perdre à l'abbaye
ses dépendances en Angleterre, diminuant ses ressources.
En 1418, le roi anglais Henry V et son armée mettent Rouen
à sac et n'épargnent pas l'église Saint-Georges.
Le mur nord de la nef
devra être restauré.
Au XVIe siècle, le régime de la commende accélère
la dégradation de l'église et de ses annexes : le
commendataire loge de temps à autre dans les bâtiments
privés, mais délaisse le reste. (En 1556, c'est Hippolyte
d'Este, fils de Lucrèce Borgia, qui est nommé commendataire.)
Puis surviennent les guerres de Religion. Par trois fois, les huguenots
saccagent l'abbaye (1562, 1570 et 1590). Les bas-reliefs du jubé
sont martelés.
En 1659, les Mauristes arrivent à Boscherville et vont cohabiter,
après un rigoureux partage des lieux, avec les onze Bénédictins
qui s'y trouvent déjà. (Ces derniers, qui ont tous
refusé d'intégrer la Congrégation de Saint-Maur,
seront désignés sous l'appellation d'Anciens.)
Grâce à des emprunts, les Mauristes vont agréger
les dépendances, selon le style de l'époque, en un
grand bâtiment à quatre étages érigé
dans le prolongement de la salle capitulaire. Ils vont aussi refaire
la charpente de la nef.
Jusqu'à la Révolution, l'abbaye ne comptera jamais
plus d'une dizaine de mauristes (les derniers bénédictins
étant morts ou ayant rejoint la Congrégation). En
1736, le jubé est supprimé et remplacé par
une clôture en fer forgé.
En 1790, les habitants du bourg obtiennent que Saint-Georges devienne
l'église paroissiale à la place de l'église
Saint-Martin, très dégradée et située
loin du centre. Cette dernière sera démolie. Les congrégations
sont supprimées ; les Mauristes se dispersent. Les habitations
monastiques sont vendues, puis modifiées ou détruites.
L'église et la salle
capitulaire sont classées parmi les monuments historiques
en 1822. Le XIXe siècle devra entreprendre un grand nombre
de réfections de détails (le chœur
et tous les bas-côtés sont en mauvais état).
Si toutes les dépendances ont disparu à l'exception
de la salle
capitulaire et de l'étage qui la surplombe, l'église
abbatiale Saint-Georges nous est parvenue quasiment inchangée
depuis le XIIe siècle. L'architecture y est d'une homogénéité
presque parfaite : signe que l'église a été
érigée d'un seul tenant. Un badigeon
blanc a été passé vers 1873 faisant malheureusement
disparaître les derniers restes de coloris sur les chapiteaux.
L'église Saint-Georges possède un intérêt
certain car les dispositions de la façade, de l'abside et
les modénatures qui ornent l'ensemble innovent quelque peu
par rapport à celles des grands édifices qu'on venait
de construire, comme Saint-Étienne
de Caen dans les années 1070. À ce titre, l'ancienne
église abbatiale de Boscherville est l'un des derniers grands
témoins de l'architecture normande du XIIe siècle.
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La nef de l'ancienne abbatiale vue depuis l'entrée.
Le badigon blanc passé en 1873 a effacé la patine des
vieilles pierres.
Au XIIIe siècle, la couverture charpentée du XIIe a
fait place à une voûte ogivale quadripartite en pierre. |
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L'édifice roman observé depuis les jardins : c'est
la plus célèbre vue de l'abbatiale.
Passez la souris sur l'image pour inverser les étages
de la tour-lanterne !
Et reportez-vous ensuite au texte sur l'architecture extérieure. |

La façade romane de l'abbatiale.
Les deux tours minces abritent chacune un petit escalier intérieur.
Les clochetons ont été rajoutés au XIIIe
siècle.

Passez la souris sur l'image pour voir ce que donnerait
une façade avec des tours plus larges. |

Clocheton roman du XIIIe siècle
sur la façade. |

Statue de la Vierge à l'Enfant.
Sculpteur Jean-Marc de Pas.
Résine patinée, XXIe siècle. |
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Architecture
extérieure (2/2).
---»» Vue de l'est, la beauté de
la pierre dans le panorama s'explique. Au chevet et
aux absidioles le maître d'œuvre a renforcé
l'effet de verticalité en imposant de minces
contreforts qui, de fait, deviennent des colonnettes
engagées. Depuis le haut des jardins, ces colonnettes
ne sont plus que de simples traits verticaux prolongés
au loin par la tour-lanterne et son toit en flèche.
Néanmoins, souligne l'historienne Maylis Baylé
en 2003 pour le Congrès archéologique
de France, ce chevet, porté ici à
la perfection, reste très traditionnel dans la
Normandie médiévale des XIe et XIIe siècles.
Bâti au XIIe, il s'insère dans la lignée
de quelques édifices normands du siècle
précédent, comme celui de Saint-Nicolas
ou de la
Trinité à Caen.
La tour-lanterne comprend deux étages aux ouvertures
savamment étudiées : au premier niveau,
six arcatures plaquées en faible relief dont
deux sont ouvertes ; au second, trois grandes baies
centrales, plus profondément modelées,
accueillent des fenêtres géminées
dont le tympan est ajouré. Aux extrémités
de ce second niveau, une petite arcature aveugle à
faible relief rompt le nu du mur.
Sous le toit, une subtile rangée de modillons
donne plus de corps au modelé des trois baies.
Le maître d'œuvre n'a pas fait ciseler ces
modillons : on n'aurait pas vu les sculptures depuis
le sol (photo ci-contre) !
Au nord-ouest, une tourelle d'escalier flanque l'angle
de la tour.
En rapprochant les percements de la tour-lanterne de
l'abbatiale Saint-Georges à ceux de Saint-Étienne
de Caen,
l'historien Lucien Musset donne l'idée qui a
vraisemblablement animé les constructeurs de
ces deux édifices à peu près contemporains
: «donner aux baies plus de relief et plus d'ouvertures
à mesure que l'on s'élève.»
Passez la souris sur la photo de l'abside donnée
plus
haut. Les deux étages ont été
inversés dans la seconde image : l'esthétique
de la tour-lanterne y apparaît totalement déséquilibrée,
voire laide.
Une autre analyse se fait ainsi jour : le premier étage
de la tour-lanterne, peu ouvert, joue le rôle
d'un soubassement. En fait, la tour-lanterne reproduit,
sur deux niveaux, le profil de l'abside qui en possède
trois et dont le soubassement affiche une arcature aveugle.
L'esthétique de l'abbatiale vue de l'est repose
dans la presque identité de ses «soubassements».
L'inversion des étages de la tour-lanterne fait
bien apparaître ce phénomène. Nul
doute que le maître d'œuvre a travaillé
son dessin avant de lancer les travaux.
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Deux chapiteaux sur l'ébrasement sud du portail.
De gauche à droite : le péché originel
; l'ange interdisant l'entrée du paradis terrestre. |
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Les
chapiteaux extérieurs.
Les huit chapiteaux qui surmontent les colonnettes du
portail ont toujours interpellé les historiens
de l'abbatiale. Bien que très dégradés,
et la plupart historiés, ils sont d'une finesse
notable, en opposition avec ce qu'offrent les chapiteaux
de l'intérieur de l'édifice. En 1926,
pour le Congrès archéologique tenu
à Rouen,
Louis-Marie Michon y voit «la main de sculpteurs
habiles, venus vraisemblablement d'Île-de-France
ou du pays chartrain, mais à coup sûr étrangers
à la Normandie.»
Cet avis ne sera pas repris par les historiens qui vont
suivre.
Ainsi, en 1974, Lucien Musset, dans Normandie romane,
constate une différence de qualité entre
les chapiteaux intérieurs, extérieurs
et ceux de la salle
du chapitre «sans que la raison arrive bien
à démêler les motifs de ces disparates.»
Même rejet, en 1998, des sources chartraine ou
francilienne pour Jacques Le Maho et Nicolas Wasylyszyn
dans Saint-Georges de Boscherville, 2000 ans d'histoire.
Ils voient dans l'abondance des chapiteaux historiés
de Boscherville un trait original et rare car «les
sculpteurs normands, écrivent-ils, ne s'adonnaient
qu'avec réticence à la représentation
de personnages ou d'animaux, réservant volontiers
leur savoir-faire à la réalisation de
motifs végétaux ou purement géométriques.»
En 2003, pour le Congrès archéologique
de France, Maylis Baylé leur emboîte
le pas et écrit que ces chapiteaux, «en
raison de la rareté des exemples contemporains
conservés autour de Rouen
prennent une importance capitale pour tenter de définir
ce que fut vers 1125-1130 le style rouennais.»
En les examinant tous (intérieurs et extérieurs),
son analyse conduit à poser l'existence de plusieurs
écoles rouennaises de sculpture, ayant chacune
son style propre.
Il n'empêche. L'idée de Louis-Marie Michon n'a rien
d'impossible, même si aucun document ne l'atteste. Voir
le commentaire à la salle
du chapitre.
Le visiteur intéressé essaiera d'identifier
les scènes suivantes (données plus
bas) : renard ou loup étranglant une poule
; la Fuite en Égypte ; les saints Pierre, Paul
et Jacques, le Péché originel ou encore
un ange interdisant l'accès au Paradis terrestre.
D'autres chapiteaux se trouvent au niveau du chevet.
Le plus célèbre est celui du monnayeur.
Sa faible valeur esthétique n'occulte pas sa
haute valeur documentaire. À côté
d'une palme arborescente en faible relief, rattachée
à la tradition préromane, se tient, en
action, un monnayeur à la tête énorme.
La présence de ce chapiteau est un peu étonnante
car l'abbaye n'a jamais eu le droit de battre monnaie.
De la main droite, l'artisan brandit son marteau ; de
la main gauche, il tient sur l'enclume le coin sur lequel
il va frapper. «Le personnage n'a ni vie ni aisance,
écrit Lucien Musset dans Normandie romane,
il ne regarde même pas son travail, la composition
est des plus maladroites.» Faut-il y voir la main
d'un sculpteur rouennais, un peu malhabile, commençant
ses gammes dans ce genre de chapiteaux ?
Voir plus bas le développement donné sur les chapiteaux
à masque.
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Chapiteau sur l'ébrasement nord du portail :
un renard ou un loup étranglant une poule (?) |
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Chapiteaux
à masque (1/2).
Une catégorie de chapiteaux, de bonne qualité,
a retenu l'intérêt des historiens : celle
des masques crachant des feuillages. Le thème
est traité cinq ou six fois, que ce soit à
l'intérieur ou à l'extérieur de
l'édifice. Cinq sont donnés dans cette
page : trois extérieurs (A & B
ci-dessus), C
ci-dessous et deux intérieurs : un simple (D)
et un à masques multiples (E).
En 1974, Lucien Musset, dans Normandie romane,
précise que les tailloirs de ces chapiteaux sont
lisses ou ornés de dessins géométriques
très simples. Dans l'exemple C
plus bas, on voit une double cordelette entrelacée.
Dans son étude pour le Congrès archéologique
de France tenu à Rouen
et en pays de Caux en 2003, Maylis Baylé décrit
plutôt ces bas-reliefs comme des faisceaux
de tiges terminées par de petites boules,
ce qui est typique du chapiteau C.
Constatant leur présence dans une aire limitée
(Rouen,
Saint-Wandrille), l'historienne avance l'idée
d'un petit groupe de sculpteurs locaux développant
ses ornements propres. Elle précise : «Les
motifs végétaux à boules, omniprésents
sur les chapiteaux ornementaux comme sur les œuvres
historiées, sont également une signature
locale, de même que les palmettes digitées
disposées en éventail ou les vignes stylisées.»
---»» Suite 2/2
à droite.
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| CHAPITEAUX ROMANS À MASQUE |
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Masque A. |

Masque B. |
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D'est en ouest, l'abbatiale (vue ici depuis le nord) fait 70
mètres de long.
La minceur des tours de la façade crée un réel
déséquilibre visuel.
À gauche, le rez-de-chaussée du bâtiment
abrite la salle
capitulaire construite entre 1150 et 1170. |
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Architecture
extérieure (1/2).
Cette architecture apparaît totalement homogène
et d'un seul tenant. L'historien Louis-Marie Michon
écrit en 1926 pour le Congrès archéologique
de France tenu à Rouen
: «Il est absolument impossible de déterminer
par quel côté fut commencée l'église.»
En 1998, dans Saint-Georges de Boscherville, 2000
ans d'histoire, Jacques Le Maho et Nicolas Wasylyszyn
optent carrément pour une construction par tranches
horizontales sur toute la longueur et non travée
par travée.
Commentant l'extérieur de l'abbatiale, Louis-Marie
Michon souligne «la majesté des proportions,
la beauté des lignes de l'abside et du transept
surmonté de sa tour-lanterne». Cela suffit,
ajoute-t-il «à faire de Saint-Georges un
des plus importants édifices romans de la province».
Le visiteur portera son intérêt sur deux
points : la façade
et le chevet.
La façade. Par son dépouillement
et la présence des deux tours nord et sud, la
façade
a souvent été rapprochée de celle
de Jumièges ou de celle de Saint-Étienne
de Caen.
Encore cette dernière est-elle plus harmonieuse
car les tours y sont plus larges. Néanmoins,
en 1974, Lucien Musset dans Normandie romane
détecte dans cette façade «aussi
bien le goût prononcé des Normands pour
la simplicité des lignes architecturales que
leur répugnance pour le décor à
grand spectacle.»
Passez la souris sur l'image de la façade
(ci-contre à gauche) pour voir l'effet que l'on
obtiendrait avec des tours moins étroites et
des clochetons moins graciles.
Notons que le dernier niveau des tours et la flèche
qui le surmonte ont été rajoutés
au XIIIe siècle.
Le portail
sans tympan (à la mode normande) présente
une remarquable variété
géométrique dans la simplicité
des voussures de son archivolte (motifs crénelés,
palmettes, dents de scie, etc.). Les chapiteaux qui
surmontent les colonnettes portent des scènes
historiées (et bien dégradées).
Ce décor est si éloigné de la simplicité
normande habituelle que Lucien Musset se demande s'il
ne s'agit pas là de l'une des parties les plus
récentes de l'église. Voir la présentation
des chapiteaux dans l'encadré
ci-dessous.
Le sol de la place a été abaissé
au XIXe siècle, d'où l'existence d'un
perron de dix marches.

Le chevet. Contemplée par beau temps depuis
le haut de l'ancien jardin des moines, il offre un vrai
décor de carte postale. Voir photo plus
bas.
L'abbatiale est dégagée de toute propriété
parasite et il est aisé d'en faire le tour. Le
seul bâtiment annexe est la salle
capitulaire, du milieu du XIIe siècle, de
style gothique, qui prolonge le bras nord du transept.
Au XVIIe siècle, les mauristes l'ont surmontée
d'un étage.
Au début du XIXe, on ne pouvait pas faire le
tour de l'abbatiale. Louis-Marie Michon relate en effet
en 1926 qu'un projet est à l'étude pour
dégager l'église et le chapitre des propriétés
qui les entourent. Il ajoute : «Ceci permettrait
aux touristes et aux archéologues désireux
d'étudier ces beaux édifices en pleine
liberté de le faire sans avoir à compter
sur le bon vouloir ou l'obligeance plus ou moins empressée
des propriétaires voisins.»
---»» Suite 2/2
plus bas à gauche.
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Les jardins de l'abbatiale vus depuis le chevet.
En montant jusqu'au mur d'enceinte, le visiteur a une vue
d'ensemble du domaine. |

Le chevet de l'église abbatiale touche la perfection
de l'art roman normand.
Voir le chevet similaire de Saint-Nicolas
à Caen, achevée en 1083. |

Les deux étages de la tour-lanterne romane remontent
au XIIe siècle.
Une rangée de modillons non sculptés accompagne
la corniche sous le toit.
À droite, une tourelle d'escalier flanque l'angle nord-ouest. |

Modillons romans sous le toit qui coiffe la tour-lanterne.
Le maître d'œuvre n'a pas fait sculpter les modillons
qui allaient être situés trop haut pour être
vus ! |

Modillons romans sur le chevet.
Le maître d'œuvre a fait sculpter les modillons qui allaient
être situés à hauteur des yeux. |

Portail occidental de l'abbatiale.
Avec ses voussures dentelées en tout genre et son tympan
nu, ce portail affiche une sobriété normande certaine.
Le sol de la place a été abaissé au XIXe
siècle, d'où l'existence d'un perron de dix marches. |

La modénature des voussures de l'archivolte du portail offre
une grande variété de formes. |

Trois chapiteaux sur l'ébrasement nord du portail.
De gauche à droite : renard ou loup étranglant
une poule ;
la Fuite en Égypte ; les saints Pierre, Paul et Jacques. |

Tailloir et chanfrein du chapiteau à masque A
(ci-contre) vu de face.
Depuis les photos proposées par Lucien Musset en 1974
dans son ouvrage Normandie romane,
on constate que les intempéries ont considérablement
dégradé ce bas-relief qui se trouve à l'air
libre. |
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Chapiteaux
à masque (2/2).
---»» Dans cette famille de chapiteaux à
masque, Lucien Musset décrit le tailloir et le
chanfrein du chapiteau A
ci-dessus. Ils s'opposent aux thèmes simplifiés
que l'on observe sur les autres : «Sur la face
avant d'autres monstres à tête de chouette
sont placés les pattes en l'air. Les chanfreins
qui raccordent ces tailloirs à la corbeille ornée
de feuillage portent des loups aux dents pointues, à
la queue s'achevant en palmette.»
Ces détails sont bien visibles sur les photos
de 1974. Dans les années 2010 (photo ci-dessus),
ils ont pratiquement disparu à l'exception des
queues en palmette. Le chapiteau étant à
l'extérieur, les intempéries l'ont rendu
méconnaissable.
Lucien Musset, qui détecte des racines préromanes
dans ce répertoire des formes, donne un commentaire
qu'il serait impossible de faire aujourd'hui : «son
traitement, d'une excellente qualité graphique,
témoigne d'une maîtrise dans le fantastique
qui est la marque propre de l'artiste du chevet de Boscherville.
Il faut regretter qu'il n'ait pas eu plus souvent l'occasion
de s'exprimer. En tout cas, nous sommes ici aux antipodes
des chapiteaux si maladroits de la nef.»
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En se plaçant à la limite orientale du domaine, le visiteur
a sous les yeux le panorame entier de l'abbatiale.
Par beau temps, l'abbatiale et ses jardins offrent un décor
de carte postale. |

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Chapiteau roman à masque C (chevet, XIIe siècle)
:
la gueule d'un animal fantastique crache des feuillages. |
«««---
Une fenêtre basse du chevet.

Le dessin des arcades dans les arcades
est caractéristique de l'art roman. |
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Chapiteau du monnayeur au chevet de l'abbatiale, XIIe siècle..
Cette composition assez maladroite montre un monnayeur s'apprêtant
à frapper de son marteau le coin posé sur l'enclume. |
| LA CHAPELLE DES CHAMBELLANS |
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Chapelle des Chambellans (partie nord du domaine).

C'est là qu'on peut voir l'impressionnante maquette réalisée
par Daniel Duval
et qui reconstitue le domaine de l'abbaye aux alentours de 1659. |
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La chapelle
des Chambellans (1/2).
C'est tout ce qui reste des bâtiments construits par les sires
de Tancarville peu avant 1295, au nord-ouest de la clôture,
à l'écart du cloître.
Il y avait trois bâtiments à but purement résidentiel
qui reçurent l'appellation de Logis-des-Chambellans.
Outre les locaux de réception qui contenaient à l'étage une
grande salle de trente mètres de long, les bâtiments
comprenaient, sur deux niveaux, les appartements à usage personnel
des seigneurs et une chapelle.
Cette chapelle, restaurée en 1993, de plan carré,
n'est éclairée que par deux baies étroites
(visibles dans la photo ci-contre à gauche.)
C'est un endroit que le visiteur ne doit pas manquer car c'est
là que se trouve une impressionnante maquette de l'abbaye
reconstituée dans son état présumé
vers l'an 1659.
Cette maquette a été conçue et réalisée
par Daniel Duval, puis offerte par M. et Mme Duval
en 2004. Sa création a bénéficié
des conseils de l'historien Jacques Le Maho, un des
grands spécialistes du domaine de Boscherville.
On en donne quatre vues ci-dessous.
---»» Suite 2/2
plus bas.
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La chapelle des Chambellans et la maquette du domaine. |
| L'ABBAYE VERS 1659 À L'ARRIVÉE DES MAURISTES |
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Maquette du domaine vers 1659 : l'abbaye vue de l'ouest avec la façade
occidentale de l'abbatiale. |

Maquette du domaine vers 1659 : le cloître. |

Le Prieur
Statue de l'artiste Michel Beck.
«En hommage à Henri Olivier»
Juin 2003. |
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Avant
l'abbatiale du XIIe siècle (1/3).
Grâce aux fouilles menées de 1978 à
1993, on en sait maintenant beaucoup sur l'historique
de l'abbatiale. Jacques le Maho et Nicolas Wasylyszyn,
dans Saint-Georges de Boscherville, 2000 ans d'histoire,
résument les apports historiques.
Tout part d'un petit temple païen, érigé
vers la fin du Ier siècle avt J.-C., à
l'emplacement de l'ancien cloître.
Au Ier siècle de notre ère, on le remplaça
par un bâtiment de même plan, mais entouré
d'une galerie. Qui fut lui-même bientôt
remplacé par un bâtiment érigé
sur un soubassement de pierre, puis enrichi, au sud,
d'une plate-forme en dalles de silex. Finalement, vers
la fin du Ier siècle de notre ère, à
l'édifice en bois succéda un ouvrage en
pierre, toujours sur le même plan.
On ignore à quelle divinité était
dédié ce petit temple gallo-romain.
Vinrent le VIIe siècle et les temps mérovingiens.
Le temple devint chapelle chrétienne dédiée
à saint Georges. Une abside fut ajoutée
à l'est pour abriter l'autel, tandis que la porte
d'entrée, jusque-là à l'est, passait
à l'ouest. Ce lieu servait à la célébration
des messes pour les morts de la noblesse franque. Dans
le bourg, une autre église, vraisemblablement
dédiée à saint Martin, le grand
saint de la Gaule, devait servir pour le culte courant.
Sous les Carolingiens, l'édifice gagna en surface
à l'est et à l'ouest. Le cimetière
s'agrandit.
Au début du XIe siècle, tout changea.
Le cimetière ne fut plus utilisé ; le
terrain devint privé et passa aux mains des sires
de Tancarville. C'est sans doute parce que des ancêtres
de cette famille étaient enterrés là
que Raoul, grand Chambellan de Normandie, y installa,
vers l'an 1050, quelques chanoines. À cette fin,
l'édifice fut en partie reconstruit, agrandi
en forme de croix, avec cloître et dépendances.
Les fouilles ont ainsi livré le plan complet
d'une collégiale normande du XIe siècle.
Les chanoines étaient-ils séculiers ou
réguliers ? En 1926, dans son étude de
Saint-Georges pour le Congrès archéologique
de France tenu à Rouen,
l'historien Louis-Marie Michon écrit que ces chanoines
étaient des réguliers suivant la règle de Saint-Augustin.
Information reprise en 1966 par Alain Erlande dans son
article pour le Dictionnaire des églises de
France (éditions Robert Laffont). En 1974,
dans Normandie romane, Lucien Musset parle d'une
communauté de chanoines séculiers.
Il n'y est évidemment plus question d'ordre religieux.
En 1998, Jacques le Maho et Nicolas Wasylyszyn, parlent,
quant à eux, de chanoines "séculiers"
et précisent que «ces clercs, qui n'étaient
pas soumis aux exigences de la vie claustrale et jouissaient
par conséquent d'une certaine liberté
de mouvement» étaient au service de la
famille fondatrice de la collégiale. En 2003,
pour le Congrès archéologique de France
tenu à Rouen
en pays de Caux, Maylis Baylé parle simplement
de chanoines.
La difficulté d'appellation vient du fait que
le statut de ces chanoines du XIe siècle se classe
mal dans les définitions des réguliers
et des séculiers.
---»» Suite 2/3
plus bas.
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Maquette du domaine vers 1659 : l'abbaye vue du nord-ouest. |

Maquette du domaine vers 1659 : l'abbaye vue du nord.
Au premier plan : la chapelle des Chambellans. |
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Vitrail moderne de la baie axiale
dans la chapelle des Chambellans. |
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La
chapelle (2/2).
---»» La lignée des Tancarville s'éteint
en 1305 et le logis, est abandonné. Il devient
ensuite logis pour l'abbé.
Aux XVIe et XVIIe siècles, avec le régime
de la commende, il devient en fait simple lieu de villégiature
pour l'abbé.
C'est à la fin du XVIe siècle qu'est posée la voûte
lambrissée en forme de carène (voir plus
haut).
Aux XIXe et XXe siècles, la chapelle est utilisée
comme grange agricole.
Restaurée en 1993-94, elle reçoit de nouveaux
vitraux.
La maquette met en évidence les locaux assignés
aux moines bénédictins en 1659 après
le partage des biens immobiliers entre l'ordre de Saint-Benoît
et l'ordre de Saint-Maur.
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Selon les dessins de l'époque,
un cadran solaire avait été
installé par les mauristes
dans les jardins de l'abbaye. |
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Les
religieux «anciens».
Ce sont les Bénédictins qui ont refusé de rejoindre
l'ordre réformé de Saint-Maur en 1659.
Des lieux spécifiques leur ont été attribués quand les
Mauristes sont arrivés. Dans l'église, des zones de
culte bien délimitées leur ont aussi été assignées.
En fait, la cohabitation de deux ordres dans une même
abbaye ne se pratiquait pas. C'était un état
temporaire avant le départ prévu de l'un
d'eux.
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Avant
l'abbatiale du XIIe siècle (2/3).
---»» La collégiale Saint-Georges était
bel et bien gérée par des chanoines réguliers
: clercs ayant prononcé leurs vœux, vivant en
communauté sous une règle (celle de Saint-Augustin
était courante dans ce contexte, mais n'est pas attestée
pour Boscherville) et assurant un ministère pastoral
(incluant l'enseignement). Souvent, ce ministère était
centré autour du service religieux dû à
un seigneur.
Ces chanoines se situent en fait à mi-chemin entre
le cloître et le siècle. Ce statut existe toujours,
même s'il a un peu évolué.
Une communauté de chanoines de ce genre vit dans une
maison canoniale qui doit nécessairement être
dotée afin de garantir ses moyens de subsistance. La
famille des Tancarville a dû y pourvoir... jusqu'en
1113, année où les clercs sont chassés
par Guillaume de Tancarville. Pourquoi ce renvoi ?
En 1926, Louis-Marie Michon donne une explication qui ne peut
être retenue. L'historien rappelle d'abord que, tout près
de là, se trouvaient trois abbayes prospères : Saint-Ouen
de Rouen,
Saint-Wandrille et Jumièges. Boscherville, en surnombre, n'eut
guère de succès. Et il ajoute : «Bientôt du reste la discorde
se mit dans les rangs des chanoines et le relâchement de leurs
mœurs ne tarda pas à faire scandale.» Rien ne vient confirmer
ces deux accusations.
En 1966, Alain Erlande (Dictionnaire des églises
de France) modère l'analyse et abandonne le «relâchement».
Il écrit : «Le peu de succès de cette
fondation et la discorde qui devait rapidement régner
au sein de la communauté (...)» Une nouvelle
fois, l'argument de la discorde paraît descendre du
ciel.
---»» Suite 3/3
à droite.
|
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Les jardins de l'abbaye et la forêt du Roumare. |

Dans le cloître, le maquettiste n'a pas oublié les détails
:
puits couvert, moines et croix centrale. |
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Avant
l'abbatiale du XIIe siècle (3/3).
---»» En 1974, Lucien Musset dans Normandie
romane, rompt un peu le lien avec ses prédécesseurs.
Il écrit qu'en 1114 Guillaume de Tancarville remplaça
les chanoines «démodés et peut-être
discrédités» par des Bénédictins.
Le discrédit est loin d'être prouvé. En
revanche, il est vrai qu'historiquement les collégiales
tenues par des clercs à cheval entre clôture
et siècle passaient peu à peu de mode. L'époque
demandait plus de rigueur, d'esprit de foi fortifié
par un engagement religieux plus strict. Un cloître
avec des moines vivant dans une abbatiale selon une règle
contraignante répondait à l'esprit du temps.
En 2003, Maylis Baylé se contente d'une constatation
basique : «Le remplacement des chanoines par des Bénédictins,
écrit-elle, est un processus bien connue dans l'histoire
religieuse normande du Xe au XIIe siècle et Saint-Georges
de Boscherville s'insère dans une importante liste
d'exemples similaires (..)»
Une explication séduisante est avancée par Jacques
le Maho et Nicolas Wasylyszyn en 1998. On sait qu'au XIe siècle
Guillaume le Conquérant et son épouse Mathilde,
aux liens du sang trop rapprochés selon l'Église,
ont fait amende honorable en bâtissant les deux grandes
abbayes de Caen.
Il semble que le phénomène se soit reproduit au début du XIIe
siècle avec Guillaume de Tancarville et son épouse, Mathilde
d'Arques. Mathilde ayant déjà été mariée à un parent de Guillaume,
le mariage n'était pas jugé recevable. Comme à Caen,
les deux époux proposèrent de régulariser leur union par des
œuvres pieuses similaires. Refusée dans un premier temps,
leur offre aurait finalement été acceptée. Pour Mathilde,
ce fut sans doute la nouvelle abbatiale du monastère Sainte-Catherine
au-dessus de Rouen.
Quant à Guillaume, selon cette hypothèse, il aurait jeté son
dévolu sur la collégiale Saint-Georges : d'abord on chasse
les clercs, puis on ouvre sa bourse pour financer des travaux
considérables et ériger une grande église abbatiale.
Les clercs de la collégiale sont donc chassés
en 1113. Ils sont remplacés par des moines réguliers
de l'ordre de Saint-Benoît issus de l'abbaye bénédictine
de Saint-Évroult d'Ouche - qui sera donc l'abbaye-mère.
Une charte de fondation fut établie avec la longue
liste des terres, dîmes et revenus divers que le Chambellan
et ses vassaux donnaient en dotation à la nouvelle
abbatiale. Dix bénédictins, conduits par un
abbé, arrivèrent à Saint-Georges.
Tout fut reconstruit : nouvelle église au sud, plus grande
que la première qui fut désaffectée, puis détruite ; cloître
rebâti à l'emplacement de l'ancien ; érection de toutes les
dépendances nécessaires à la vie de ces moines qui allaient
être coupés du siècle.
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| ARCHITECTURE INTÉRIEURE : LA NEF |
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Élévations nord de la nef vues du chœur.
La blancheur intérieure, qui frappe le visiteur dès
son entrée, est le résultat d'un malheureux badigeon
blanc passé vers 1873 de par l'autorité du curé
de l'époque. |

Plan de l'abbatiale Saint-Georges de Boscherville.
C'est un plan assez banal pour les grandes églises de
la Normandie des XIe et XIIe siècles.
Passez la souris sur l'image pour faire apparaître la salle du chapitre. |

Les fonts baptismaux
XIXe siècle (?) |

Ce chapiteau roman est interprété comme un combat
spirituel :
le fidèle, écartelé entre les tentations,
doit savoir leur résister. |

L'entrée du Christ à Jérusalem (?)
Chapiteau roman du pilier central de la tribune nord.
Le Christ sur son ânesse est salué par hommes qui
brandissent des rameaux d'olivier. |
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Chapiteaux
intérieurs.
Dans la nef, le décor des chapiteaux appartient
en général au répertoire courant : crochets, godrons, palmettes, entrelacs, masques,
auxquels s'ajoutent les motifs animaliers traditionnels
(lions, chevaux, dragons et autres créatures
fantastiques).
D'autres chapiteaux plus sophistiqués, voire
historiés, se trouvent dans le transept et les
bas-côtés du chœur,
sans qu'il soit toujours possible de bien identifier
les scènes qu'ils présentent. Et les historiens,
qui manipulent sur ces bas-reliefs les hypothèses
de différentes écoles de sculpteurs locaux,
n'osent pas toujours proposer une interprétation.
C'est le cas du chapiteau donné ci-dessus. En
1974, dans Normandie romane, Lucien Musset le
décrit ainsi : «La face [du chapiteau]
qui regarde la nef porte un cavalier, apparemment nu,
fort mal proportionné, ayant, semble-t-il derrière
son dos un décor de feuillages. Sous les angles
des personnages habillés, aux têtes énormes,
tiennent des palmettes. Les autres faces sont couvertes
de rinceaux de vigne aux tiges plates portant alternativement
des vrilles, des feuilles creuses et des grappes. L'ampleur
des dimensions met particulièrement en évidence
les faiblesses de la facture.»
Un panneau d'information dans l'église présente
cette scène comme étant «l'accueil
triomphal du Christ à Jérusalem»,
bien que cette identification ne soit pas reprise par
les historiens.
Description : un homme sur un cheval (un âne ?)
est salué par un autre homme agitant des palmettes
(des rameaux d'oliviers ?) Le cavalier nu était-il
habillé par le biais d'une peinture qui a disparu
sous les assauts du badigeon
de 1873 ? L'homme qui agite une palmette affiche
un air grincheux, ce qui trahit un manque de maîtrise
chez le sculpteur dans l'art de ciseler les visages.
Dans son étude pour le Congrès archéologique
de France tenu à Rouen
et en pays de Caux en 2003, l'historienne Maylis Baylé
est moins sévère sur la maladresse : «l'absence
de traitement de surface de détail, écrit-elle,
suggère que la peinture suppléait à
l'aspect inachevé de l'œuvre sculptée.
Mais cela n'est pas synonyme de maladresse ou d'un art
fruste, c'est plutôt une volonté de simplification
qui s'affirme ainsi.»
Tous les chapiteaux de la collégiale étaient
probablement peints. Cependant, pour ceux qui intègrent
des hommes ou des animaux, cette piètre qualité
des modelés (voir des exemples plus
bas) était-elle masquée par le talent
des peintres chargés de donner vie aux bas-reliefs ?
Avec le badigeon
de 1873, il ne reste aucune trace polychrome permettant
d'obtenir un début de réponse.
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Architecture
intérieure : la nef.
L'abbatiale Saint-Georges se situe dans le petit bourg
normand de Saint-Martin (environ 1500 habitants). Et
pourtant, dès l'entrée dans l'édifice,
ses dimensions paraissent grandioses : 70 mètres
de long et 20 mètres de large pour la nef et
les bas-côtés.
L'architecture suit un modèle normand à
trois niveaux assez classique : un premier niveau de
hautes arcades retombant sur des piles flanquées
de huit colonnes ; au second, une série d'arcatures
étroites ouvre sur un faux triforium où
se nichent les combles des bas-côtés ;
enfin, le dernier niveau reçoit les hautes baies.
Dans ce troisième niveau, la photo ci-dessus
montre une étroite galerie de circulation ménagée
dans l'épaisseur du mur. Cette disposition, rendue
possible grâce à la technique du mur
épais, est typiquement normande et se prolonge
dans le transept
et le chœur
jusqu'à la naissance
de l'abside. On la voit aussi au revers de la façade.
La voir à ce dernier endroit est quasiment unique.
Lucien Musset souligne dans Normandie romane que
ce serait, en Normandie, une sorte d'exclusivité
de Boscherville.
Dans la nef, les vitraux reçoivent du verre blanc
: l'abbatiale est extrêmement lumineuse.
Le voûtement ogival quadripartite est typiquement
gothique. À l'origine, il était charpenté.
Pourtant les hommes de l'art du début du XIIe
siècle possédaient déjà
la maîtrise de la construction d'une voûte
en pierre, même pour une largeur aussi importante
que celle de Saint-Georges. Dès lors, pourquoi
construire une voûte charpentée ?
Dans l'ouvrage Saint-Georges de Boscherville, 2000
ans d'histoire, Jacques Le Maho et Nicolas Wasylyszyn
attribuent ce choix à une possible fidélité
au modèle suivi par les bâtisseurs, c'est-à-dire
l'église abbatiale de Saint-Évroult d'où
venaient les Bénédictins, et donc maison-mère
de Saint-Georges. Avançons une explication plus
simple: un manque de financement ou une pénurie
temporaire de pierres...
En 2003, dans son article pour le Congrès
archéologique de France tenu à Rouen
et en pays de Caux, l'historienne Maylis Baylé
rejette cette idée d'imitation de la maison-mère...
puisque rien ne la prouve ! Le plan de Boscherville
est en effet moins complexe que celui de Saint-Évroult
tel qu'on a pu le reconstituer (cette abbatiale est
en ruines depuis le Consulat).
La charpente de Boscherville était-elle en berceau
comme celle de l'église abbatiale Notre-Dame
à Bernay ? Anticipant sur une future voûte
ogivale, des amorces de retombées d'ogives en
pierre avaient-elles été insérées
dans le prolongement des colonnettes montantes, comme
on peut le voir à l'église
Saint-Valentin de Jumièges ? On l'ignore.
La voûte ogivale gothique ne remplacera le bois
que dans la première moitié du XIIIe siècle.
Quant aux bas-côtés de l'abbatiale, ils
sont, depuis l'origine, voûtés d'arêtes
avec des doubleaux pour délimiter les travées.
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Statue de saint Martin
dans l'avant-nef. |
Les bas-côtés sont voûtés d'arêtes.
Les arcs doubleaux délimitent les travées.
Ici, le bas-côté sud vu vers l'ouest. |
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Un
triste badigeon blanc.
Passé en 1873, ce badigeon blanc
a fait disparaître tous les coloris qui pouvaient
subsister dans l'édifice (notamment sur les chapiteaux),
annihilant une bonne partie de son aspect médiéval.
Les historiens contemporains jugent tous l'intérieur
de l'église Saint-Georges comme étant
nettement dégradé.
À ce sujet, l'historien Louis-Marie Michon (1900-1958)
écrit dans son étude sur l'abbatiale pour
le Congrès archéologique de France
tenu à Rouen
en 1926 :
«Un badigeon malencontreux, égayé
de joints factices peints en rouge, a été
étendu sur tous les murs de l'église vers
1873, ce qui rend très difficile l'étude
de l'appareil. Œuvre d'un curé plus zélé
qu'artiste, ce badigeon a de tout temps soulevé
d'unanimes critiques. M. de Merval, membre de la Commission
des Monuments rouennais, le déplorait déjà
en 1874. Un projet est à l'étude pour
gratter cet enduit et rendre à l'église
la chaude tonalité de ses vieilles pierres.»
En 2003, lors du Congrès archéologique
de France tenu à Rouen
et en pays de Caux, Maylis Baylé précise
qu'un rapport de 1883 dénonce comme actes de
vandalisme le badigeon rouge et blanc ainsi que le faux
appareil appliqué de la sorte sur les parois.
De nombreuses traces de peinture de l'époque
romane, qui avaient été repérées,
ont disparu.
Actuellement, l'édifice est d'une blancheur immaculée,
bien loin de son état médiéval
quand la pierre était par endroits revêtue
de couleurs vives. La peinture n'était pas de
trop pour animer un peu des bas-reliefs de chapiteaux
qui ne sont parfois que des ébauches.
|
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Chapiteau roman à masque D. |

Chemin de croix, station XIII :
Jésus est descendu de la croix.

Le Chemin de croix, très sobre, se marie
très bien avec le badigeon blanc qui
recouvre les murs de l'abbatiale. |
Statue de saint
Benoît, détail ---»»»
dans l'avant-nef. |
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Chapiteau roman : deux monstres infernaux
dévorent un damné. |
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| CHAPITEAUX ROMANS
DANS LA NEF (RÉPERTOIRE COURANT) |
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| CHAPITEAUX ROMANS DU XIIe SIÈCLE |
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Chapiteau roman difficilement interprétable.
Prélat mis à la tentation par des créatures
maléfiques ? |

Animaux fantastiques affrontés. |

Loin d'être un bagnard en costume rayé, il
s'agit d'un abbé
tenant sa crosse. Derrière lui, l'Agneau de Dieu. |

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Élévation nord dans la nef près de la façade occidentale.

Cette élévation
à trois niveaux ne réserve qu'une petite part
à l'étage médian qui n'abrite ni tribune
ni triforium.
En revanche, un passage bien visible est pratiqué au
niveau des grandes fenêtres.
L'existence de ce passage est une caractéristique de
l'école romane normande. |
|
| PIÈTRE QUALITÉ DES
MODELÉS |
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Ce chapiteau roman dans la nef semble inachevé.
La peinture créait-elle les reliefs ? |

Chapiteau typique du bestiaire roman.
Que donnait-il avec de la peinture ? |
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Chapiteau roman avec masques E. |
| ARCHITECTURE INTÉRIEURE : LE TRANSEPT |
|

Comme souvent depuis Vatican II, la croisée du transept accueille
l'autel de messe.
On remarquera la continuité des niveaux d'élévation
depuis le transept vers les deux travées droites du chœur. |

Les croisillons du transept abritent une vaste tribune soutenue
en son centre par un lourd pilier cylindrique avec chapiteau.
Ici, le croisillon nord dont les fenêtres hautes sont
bouchées
par le bâtiment qui abrite la salle
capitulaire. |
|
Architecture
intérieure : le transept (1/2).
Les bras du transept sont couverts chacun d'une large
tribune à fonction liturgique : des chœurs
y prenaient place et pouvaient chanter en alternance
au cours des grands célébrations. Lucien
Musset rappelle que ces tribunes relevaient d'«une
pratique courante dans les grandes églises du
duché au temps du Conquérant et de ses
fils.»
Sous ces tribunes, le voûtement est fait d'arêtes
romanes, alors que l'espace supérieur a reçu
des voûtes ogivales gothiques.
Parmi les bas-reliefs du transept, on trouve deux œuvres
qui ornent les écoinçons au-dessus des
piliers centraux. On y voit, au nord, un abbé
tenant sa crosse et bénissant ; au sud, un combat
de cavaliers.
Dans l'un et l'autre cas, le bas-relief, d'une facture
plutôt rustre, rappelle l'art primitif. Le visage
de l'abbé est inexpressif. Pourquoi ses deux
pieds
reposent-ils sur deux têtes humaines ? Écrase-t-il
le paganisme et l'hérésie ? Quant
à la taille disproportionnée des cavaliers
par rapport à leurs montures, elle conduit à
penser que l'artiste a privilégié le côté
symbolique.
---»» Suite 2/2
plus bas à droite.
|
|

«Descente de croix»
Peinture de René Dudot, milieu du XVIIe siècle.
René Dudot est un peintre français actif à
Paris
et à Rouen
au XVIIe siècle. |

Le bras sud du transept abrite
un beau confessionnal daté du XVIIIe siècle. |

Matthieu et l'ange.
Vitrail de l'atelier Gesta à Toulouse. |

Marc et le lion.
Vitrail signé : «L.V. GESTA Toulouse» |

Le croisillon sud du transept et l'entrée vers les chapelles
orientales.
À travers un mur épais et typiquement normande,
la galerie de circulation,
au troisème niveau, poursuit sa course dans le transept. |
|

Écoinçon du bras nord du transept : un abbé
bénissant.
La variété de la modénature des arcades
est bien visible dans la partie basse de la photo. |
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Saint Luc et le taureau.
Vitrail signé : «L.V. GESTA Toulouse» |
|
«««---
Deux têtes humaines se
trouvent sous les pieds
du personnage bénissant.
L'abbé terrasse-t-il
le paganisme et l'hérésie ?
|
|
|

Dispute théologique (?)
Vitrail de l'atelier Gesta à Toulouse.
2e moitié du XIXe siècle.
|

«Adoration des bergers»
Anonyme, début du XVIIe siècle.
Selon la base Palissy, le peintre aurait été
influencé par Jacques Stella. |
|

Chapelle orientale du bras nord du transept.
Elle a l'heureux privilège de ne pas avoir été
dégradée par le badigeon blanc de 1873. |
|
Architecture
intérieure : le transept (2/2).
---»» Avec Lucien Musset, il faut poser
la question : ces deux bas-reliefs sont-ils contemporains
du reste de la sculpture de Boscherville ? Pour
l'abbé, la chose est quasi certaine car son modelé
est très voisin de celui des chapiteaux de la
nef. Pour
les cavaliers, il pourrait s'agir d'un remploi du XIe
siècle. Quant à l'emplacement en incrustation
dans les écoinçons, il rappelle les bas-reliefs
qui viennent orner, de façon similaire, les écoinçons
de la nef
de la cathédrale de Bayeux, ceux-ci étant
datés des environs de 1150. L'un des bas-reliefs
de Bayeux présente d'ailleurs, comme à
Boscherville, un prélat
tenant sa crosse et bénissant, mais avec
une qualité de sculpture nettement supérieure.
Les deux photos qui sont données du prélat
et des cavaliers montrent, dans leur partie basse, un
exemple de la variété des modénatures
dans les voussures (ce qui rappelle l'archivolte
du portail ouest sur la façade de l'abbatiale).
En levant les yeux sous la croisée, le visiteur curieux
remarquera l'élévation à deux niveaux de la tour-lanterne.
Le premier est aveugle ; le second présente deux baies
sur chacun des côtés d'un espace carré. La voûte gothique
possède huit voûtains ; son médaillon central est orné
d'un soleil
anthropomorphe. Avec une paire de jumelles le visiteur
pourra repérer les consoles
à figures humaines sur lesquelles viennent buter
les nervures qui séparent les voûtains.
|
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Cette photo de la pile sud-ouest de la croisée illustre
la continuité
de l'élévation à trois niveaux depuis la nef
vers le transept. |

Le Sacré-Cœur apparaissant à
Marie-Marguerite Alacoque
à Paray-le-Monial.
Atelier Gesta à Toulouse.
2e moitié du XIXe siècle. |

Chapelle dans le bras sud du transept.
Les voûtes montrent clairement la présence
d'anciennes peintures murales. |
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Chapelle dans le bras sud du transept, détail du retable.
L'ornementation générale (d'aspect baroque) pousse à
dater le retable du XVIIIe siècle.
«««---
Deux scènes de la vie de saint Martin.
Vitrail donné en 1866.
Atelier Louis-Victor Gesta à Toulouse ? |
|

Bas-relief dans l'écoinçon du bras sud du transept :
combat de cavaliers.
La variété de la modénature des arcades est bien
visible dans la partie basse de la photo. |

La tour-lanterne à la croisée du transept possède
huit voûtains.
Les huit nervures qui les séparent reposent sur des consoles
à têtes humaines. |

«Nativité» (toile anonyme). |
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| Consoles à la retombée
des nervures de la tour-lanterne. |
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Le médaillon central de la voûte de la tour-lanterne
est orné d'un soleil anthropomorphe. |

Le combat de cavaliers dans le bas-relief de l'écoinçon
sud. |
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Vitrail d'une procession.
Atelier Gesta à Toulouse.
2e moitié du XIXe siècle.
|
| ARCHITECTURE INTÉRIEURE : LE CHŒUR |
|

Vu depuis l'autel de messe, le chœur est illuminé par une abside qui,
par beau temps, resplendit sous les rayons du soleil. |
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Une frise à dents de scie occupe la voussure de l'arcade
des fenêtres basses de l'abside. |
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Architecture
intérieure : le chœur (2/2).
---»» Dans l'hémicycle, il est utile
de lever les yeux : le visiteur pourra admirer une belle
voûte rayonnante à cinq voûtains dont les
quatre nervures épaisses retombent sur des chapiteaux
romans à large tailloir (photo à gauche).
La fantaisie de l'architecte du XIIe siècle l'a
conduit à donner aux quatre nervures deux types
de mouluration : aux nervures externes, la moulure est
pleine avec un tore central à profil semi-circulaire
; aux nervures centrales, elle est creuse et possède
deux gorges.
Le chœur est flanqué, au nord et au sud,
de deux bas-côtés voûtés d'arêtes
qui se terminent, à l'extérieur, par un
chevet plat (voir plan),
mais à l'intérieur par une voûte
en cul-de-four percée d'une fenêtre (photo
ci-dessous). Cette particularité n'est pas rare
dans l'architecture romane normande.
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Chapelle et son retable dans l'absidiole nord.
La Vierge à l'Enfant est entourée de deux statues. |

La Vierge du Rosaire (?)
Statue du XVIIe siècle dans la chapelle de l'absidiole
nord. |
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La
Vierge du Rosaire ?
Les deux statues qui accompagnent le retable de la chapelle
de l'absidiole nord paraissent être celles de saint
Dominique et de sainte Catherine de Sienne. De plus,
l'Enfant Jésus donne, de la main gauche, un objet qui
a disparu.
Il est donc vraisemblable que ce groupe sculpté soit
une Sainte Vierge donnant le Rosaire.
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Le retable de l'absidiole sud. |
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La nef vue depuis la croisée du transept. |
Documentation : + «Saint-Georges de Boscherville,
2000 ans d'histoire» de Jacques Le Maho et Nicolas Wasylyszyn, éditions
GRAPC, 2008
+ «Abbaye Saint-Georges à Saint-Martin de Boscherville», Pastorale du Tourisme, Presbytère.
+ «Congrès archéologique de France tenu à Rouen en 1926», Société
française d'archéologie, 1927
+ «Congrès archéologique de France, Monuments de Rouen et du Pays
de Caux», Société française d'archéologie, 2003
+ «Normandie romane» de Lucien Musset, éditions Zodiaque, collection
La Nuit des Temps, 1974
+ «L'architecture normande au Moyen Âge», Presses Universitaires de
Caen, éditions Charles Corlet, 1997
+ «Dictionnaire des églises de France, éditions Robert Laffont, 1966,
article d'Alain Erlande
+ Panneaux d'information dans l'abbatiale. |
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