Accueil
 Histoire navale
 Céramique
 Bibliographie
 Les Grands Thèmes
  PATRIMOINE
  Châteaux, palais,
    Églises, monuments
Est Ouest Sud-Ouest Nord IdF Sud-Est Centre-OuestCentre-Est
RÉGIONS


 Contact
Page créée en 2011
??

Saint-Julien-le-Pauvre est considérée comme la plus ancienne église de Paris.
Au VIe siècle se dresse à cet endroit l'église d'un hospice qui accueille pèlerins et voyageurs.
Au IXe siècle, les Normands vandalisent les bâtiments qui sont cédés, vers 1120, aux moines clunisiens du prieuré de Longpont, près de Montlhéry. D'après le texte de la donation, l'église (qui est celle d'un prieuré) est dédiée à cette époque à saint Julien de Brioude et saint Julien du Mans. Plus tard, la dédicace à saint Julien l'Hospitalier dit le Pauvre évincera les deux premières.
Aucun texte ne nous renseigne sur la date de construction de l'église actuelle. Il faut l'examiner de près pour en tirer les principales étapes. On sait que les travaux, commencés vers 1170, seront très lents. La partie basse du chœur et les absidioles remontent à la fin du XIIe siècle. La partie haute du chœur suivra dans les années 1210-1220.
Il semble qu'on ait abandonné l'idée de dresser un clocher, prévu au-dessus de l'absidiole sud. La nef, bâtie entre 1220 et 1230, est couverte d'un berceau de bois et de plâtre. Deux bas-côtés voûtés d'ogives viennent l'épauler.
Une fois terminée, l'église est aussitôt choisie «comme siège des assemblées de l'université, notamment pour l'élection du recteur», écrit Maurice Dumolin en 1936 dans Les églises de France. Le prieuré connaît alors une période prospère avec près de cinquante moines.
Au XIVe siècle, quand les lieux d'enseignement passent dans les collèges, l'intérêt du prieuré décline. La décadence s'installe : les réunions se font rares ; l'édifice n'est plus entretenu, tout comme les trente-huit maisons qui en dépendent. De plus, le prieuré de Longpont, lui-même en décadence, ne peut rien assumer de sa charge.
Au XVIIe siècle, la nef de l'église est raccourcie : elle est amputée des deux travées ouest. Idem pour le bas-côté sud. Dans le bas-côté nord qui épaulait les deux travées disparues est rebâtie en sacristie. La façade romane est détruite.
En 1655, l'Hôtel-Dieu, qui doit s'étendre, se fait céder le prieurè par les moines de Longpont pour y installer les convalescents. De 1660 à 1725, ce même Hôtel-Dieu acquiert un vaste îlot dans le quartier. Il n'a plus besoin du prieuré. Dès lors, l'église sert de chapelle des Catéchismes à l'église Saint-Séverin toute proche.
À la Révolution l'édifice devient magasin à sel en 1793. En 1805, il est rendu à l'Hôtel-Dieu qui en fait un dépôt d'approvisionnement. Il est restauré en 1825 par les architectes Gou et Huvé. En encore en 1845 quand il faut reprendre l'abside en sous-œuvre.
En 1889, l'église est affectée au culte grec melchite, qui dépend du patriarche d'Antioche. À cette occasion, l'architecte Rapine procédera à d'ultimes réparations.


Vue générale de la nef depuis l'entrée.

Vue d'ensemble de la nef.
L'église est dédiée au culte grec byzantin : il n'y a ni statue ni orgue. En revanche, une magnifique iconostase en marqueterie sépare la nef du chœur (qui demeure invisible aux visiteurs si le rideau central n'est pas ouvert).
Les vitraux reçoivent du verre blanc. Les icônes se détachent sur l'ensemble gris de la pierre.
L'église Saint-Julien-le-Pauvre est un lieu plein de quiétude qui porte au recueillement.

ARCHITECTURE EXTÉRIEURE DE L'ÉGLISE

L'église Saint-Julien-le-Pauvre dans la rue du même nom.
Au sein d'une façade très sobre, on peut encore voir des éléments romans :
restes de galeries et de colonnes à chapiteaux.

Le chevet roman vu depuis le parc Viviani (5e arr.)
Le parc Viviani abrite le plus vieil arbre de Paris (planté en 1620).
ASPECT INTÉRIEUR DE L'ÉGLISE
Saint-Julien-le-Pauvre, la nef
L'élévation nord montre une architecture romane du XIIIe siècle.
Une suite d'arcades en plein cintre sépare la nef des bas-côtés.
Les colonnes sont surmontées de chapiteaux à thème floral.
La voûte en berceau remonte au XVIIe siècle.

Le bas-côté nord.
Les voûtes ogivales qui couvrent les bas-côtés sont du 2e quart du XIIIe siècle.

Le schisme entre Rome et Byzance.
L'affaire commence, dès le VIIIe siècle, par une rivalité entre la liturgie latine (défendue par Rome) et la liturgie grecque (défendue par Constantinople), l'usage du pain azyme (pâte non levée) par Rome étant l'élément de discorde le plus important.
Les choses s'enveniment au XIe siècle. L'envoi d'émissaires romains à Constantinople se termine en injures et provocations. Aux excommunications prononcées par Rome répondent les anathèmes jetés par Byzance. Peu après, néanmoins, les deux camps s'apaisent.
Avec les croisades, les rivalités politiques s'ajoutent aux oppositions liturgiques. Le schisme ne prendra la forme d'une opposition tenace, voire sectaire, qu'avec le sac de Constantinople par les Croisés en 1204 lors de la quatrième croisade.


Icône de la Mère de Dieu au-dessus de l'iconostase. ---»»»


Plan de l'église Saint-Julien le Pauvre.

L'iconostase. date de 1890.

L'iconostase.
Dans la liturgie grecque, c'est un objet de vénération. Les icônes que la recouvrent sont chargées de transmettre les prières des fidèles au Christ.
L'iconostase de Saint-Julien-le-Pauvre est une superbe cloison en bois marqueté réalisée par un artiste de Damas, Georges Bitat en 1890. Elle sépare la nef (symbole du monde humain) du chœur (symbole du monde divin).
Les panneaux du bandeau supérieur illustrent des scènes de l'Évangile. L'arcature du dessous présente quatre personnages en grande dimension : le Christ, la Mère de Dieu, saint Jean-Baptiste et saint Jean Chrysostome.
L'ensemble est surmonté de deux grands médaillons avec la Mère de Dieu et saint Jean l'Évangéliste.


Panneaux de l'iconostase : Ascension, Pentecôte, Présentation de Jésus au temple, Archange Gabriel combattant le dragon.
Année 1890.

Le bas-côté sud.

Autel byzantin dans le bas-côté sud. ---»»»

Les chapiteaux sont couverts de motifs de feuilles.
Un seul chapiteau présente une sculpture originale : des harpies.

Iconostase, détail.

Le mur du bas-côté sud, par ses nombreuses icônes, rappelle que l'endroit est un site religieux grec byzantin.

Documentation : «Paris d'église en église», Massin éditeur
+ «Les églises de France, Paris et la Seine», Letouzey et Ané, Paris 1936.
PATRIMOINE CARTE PATRIMOINE LISTE Retourner en HAUT DE PAGE

 

Menu Paris