 |
 |
L'église Saint-Louis-d'Antin existe de
par la volonté du roi Louis XVI, sur le trône de France de 1774
à 1793.
Le noviciat des frères Capucins, une branche des Franciscains réputée
pour ses talents de prédication, se trouvait dans le faubourg Saint-Jacques
depuis 1613. En 1779, le roi demande son transfert dans le nouveau
quartier, très populaire, de la Chaussée d'Antin qui n'a pas d'institution
religieuse. L'ensemble des bâtiments conventuels est construit entre
1780 et 1782 par l'architecte Alexandre-Théodore Brongniart
(1739-1813).
Le couvent est consacré en novembre 1782 ; le noviciat, installé
en septembre de l'année suivante. La chapelle sert de succursale
à l'église Saint-Eustache.
Sous la Révolution, cette chapelle est aménagée en imprimerie, puis
rendue au culte en 1795. Elle devient paroisse en 1802. Les autres
bâtiments du couvent sont affectés à un lycée - actuellement le
lycée Condorcet.
Le style architectural de l'église Saint-Louis-d'Antin se rattache
à l'antique. Théodore Brongniart rejette le baroque, alors sur le
déclin. Il nous faut imaginer un édifice sobre, aux murs nus et
austères, répondant aux exigences d'une chapelle monacale et aux
impératifs antiquisants de l'époque.
L'église a reçu sa foisonnante décoration polychrome au XIXe siècle,
«ce qui a eu raison de son héroïque nudité», écrit en 1968 Yvan
Christ, membre de la Commission du Vieux Paris, dans le Dictionnaire
des églises de France.
L'église Saint-Louis d'Antin ne possède en fait que des tableaux
du XIXe siècle (qui ne sont pas jugés de la meilleure qualité),
des répliques et des copies. C'est l'église que nous connaissons
aujourd'hui.
Yvan Christ conclut : «Brongniart et les Capucins du règne de Louis
XVI se sentiraient ici fort dépaysés : ils ne reconnaîtraient plus
leur mâle sanctuaire à la grecque dont ils devaient être si fiers...»
Si vous passez dans le quartier des grands magasins, prenez quelques
minutes pour entrer dans cette église, très discrète dans la rue
de Caumartin. Vous serez étonné par le nombre de personnes qui viennent
y prier. L'église est une des plus cosmopolites de Paris.
On y célèbre une demi-douzaine de messes par jour.
|
 |

Vue générale de la nef de l'église Saint-Louis-d'Antin. |
| ASPECT EXTÉRIEUR
DE L'ÉGLISE SAINT-LOUIS D'ANTIN |
|
 |

La Foi
Vitrail d'Edouard-Amédée Didron, 1882.

|
«««--- Rue de Caumartin, l'entrée de l'église
est très discrète.
Le fronton est sans décor, les niches sont vides.
C'est l'ancienne entrée de la chapelle des Capucins.
|
|
| ASPECT INTÉRIEUR
DE L'ÉGLISE SAINT-LOUIS D'ANTIN |
|

La nef et le bas-côté gauche.
Saint-Louis-d'Antin resplendit de ses fresques et de ses décorations
murales du XIXe siècle, si éloignées de l'aspect monacal du XVIIIe. |
|
Architecture
intérieure.
Le plan de l'église est très simple. Une avant-nef précède
une nef à quatre travées, flanquée d'un bas-côté gauche (c'est-à-dire
au sud car l'église a son chœur à l'ouest). Ce schéma simple
était souvent en usage chez les moines Capucins : pour prier,
une vaste nef ; pour circuler un bas-coté avec ses autels
secondaires : à l'opposé du bas-côté, un mur plein offrant
une grande surface pour la décoration peinte.
Le chœur en hémicycle, voûté en cul-de-four, s'étend sur une
travée.
Les arcades qui séparent la nef du bas-côté sont en plein
cintre. La voûte est un berceau surbaissé, creusé de baies
semi-circulaires qui reçoivent les vitraux créés en 1882 par
l'atelier parisien Édouard-Amédée Didron.
Enfin, le bas-côté s'ouvre sur deux chapelles latérales dont
la chapelle
de la Vierge.
L'église étonne par l'omniprésence de son ornementation et
de ses peintures parmi lesquelles se remarquent de grands
tableaux de peintres du XIXe siècle, des répliques et des
copies.
|
|

Le bas-côté gauche ouvre sur deux chapelles latérales.
Son ornementation polychrome date du XIXe siècle.
|

Chapelle de la Vierge
Au milieu du marbre et du stuc,
l'autel est en onyx rehaussé d'émaux et de cuivre.
|

Vierge à l'Enfant
Raymond Gayrard (1777-1858). Marbre.
Chapelle de la Vierge. |

L'élévation droite n'a pas de collatéral.
Elle est ornée de tableaux et de fresques surmontés des vitraux d'Édouard
Didron de 1882. |

La Tempérance
Vitrail d'Édouard-Amédée Didron, 1882. |

La mort de saint Louis
Léon Glaize (1842-1932). |

Le Christ au jardin des Oliviers
Eugène Goyet (1798-1857). |
| LE CHŒUR DE L'ÉGLISE
SAINT-LOUIS D'ANTIN |
|

Le chœur de Saint-Louis-d'Antin. |
Le tableau du Christ en Croix est entouré
de deux statues : saint
Louis tenant la couronne
d'épines et saint François d'Assise, fondateur de l'ordre
des Franciscains.
Elles sont l'œuvre du sculpteur Étienne Montagny (1816-1895).
|
|

Christ en croix
Auteur inconnu. Copie inspirée de Philippe de Champaigne ? |

Saint Louis et saint François adorant le Christ ressuscité
Fresque sur la voûte en cul-de-four du chœur réalisée par Émile Signol
(1804-1892).
La peinture est de style néobyzantin, très à la mode au milieu du
XIXe siècle. |
|

La Force (c'est-à-dire le courage qui permet de surmonter
les obstacles).
Vitrail d'Edouard-Amédée Didron.

|
Les vitraux
de l'église Saint-Louis d'Antin.
Les cinq baies historiées de Saint-Louis-d'Antin reçoivent
des créations d'Édouard-Amédée Didron (1836-1902).
Ces verrières semi-circulaires en grisaille rehaussée de jaune
d'argent représentent les trois vertus théologales : la
Foi, l'Espérance
et la Charité
et deux des quatre vertus cardinales : la Force
et la Tempérance.
Édouard Didron, en tant qu'iconographe chrétien et partisan
du retour aux sources en art, sera un défenseur du préraphaélisme
en France.
Cliquez sur les vitraux pour les afficher en gros plan.
|
|

Saint Louis portant la couronne d'épines
Étienne Montagny (1816-1895). |
| Vitraux d'Édouard-Amédée
Didron, 1882 ---»»» |


L'orgue de tribune est un Cavaillé-Coll de 1858, révisé en 1973. |

L'Espérance |

La Charité |
|

La nef et le bas-côté au niveau du chœur. Sur la gauche, la chapelle
de la Vierge. |
Documentation : «Paris d'église en église»,
Massin éditeur
+ «Les églises de France, Paris et la Seine», Letouzey et Ané, 1936
+ «Dictionnaire des églises de France», éditions Robert Laffont, 1968. |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |