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Page créée en 2012
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La Force, vitrail d'Édouard Didron, 1882, détail

L'église Saint-Louis-d'Antin existe de par la volonté du roi Louis XVI, sur le trône de France de 1774 à 1793.
Le noviciat des frères Capucins, une branche des Franciscains réputée pour ses talents de prédication, se trouvait dans le faubourg Saint-Jacques depuis 1613. En 1779, le roi demande son transfert dans le nouveau quartier, très populaire, de la Chaussée d'Antin qui n'a pas d'institution religieuse. L'ensemble des bâtiments conventuels est construit entre 1780 et 1782 par l'architecte Alexandre-Théodore Brongniart (1739-1813).
Le couvent est consacré en novembre 1782 ; le noviciat, installé en septembre de l'année suivante. La chapelle sert de succursale à l'église Saint-Eustache.
Sous la Révolution, cette chapelle est aménagée en imprimerie, puis rendue au culte en 1795. Elle devient paroisse en 1802. Les autres bâtiments du couvent sont affectés à un lycée - actuellement le lycée Condorcet.
Le style architectural de l'église Saint-Louis-d'Antin se rattache à l'antique. Théodore Brongniart rejette le baroque, alors sur le déclin. Il nous faut imaginer un édifice sobre, aux murs nus et austères, répondant aux exigences d'une chapelle monacale et aux impératifs antiquisants de l'époque.
L'église a reçu sa foisonnante décoration polychrome au XIXe siècle, «ce qui a eu raison de son héroïque nudité», écrit en 1968 Yvan Christ, membre de la Commission du Vieux Paris, dans le Dictionnaire des églises de France.
L'église Saint-Louis d'Antin ne possède en fait que des tableaux du XIXe siècle (qui ne sont pas jugés de la meilleure qualité), des répliques et des copies. C'est l'église que nous connaissons aujourd'hui.
Yvan Christ conclut : «Brongniart et les Capucins du règne de Louis XVI se sentiraient ici fort dépaysés : ils ne reconnaîtraient plus leur mâle sanctuaire à la grecque dont ils devaient être si fiers...»
Si vous passez dans le quartier des grands magasins, prenez quelques minutes pour entrer dans cette église, très discrète dans la rue de Caumartin. Vous serez étonné par le nombre de personnes qui viennent y prier. L'église est une des plus cosmopolites de Paris. On y célèbre une demi-douzaine de messes par jour.

La nef de Saint-Louis-d'Antin
Vue générale de la nef de l'église Saint-Louis-d'Antin.
ASPECT EXTÉRIEUR DE L'ÉGLISE SAINT-LOUIS D'ANTIN

La Foi
Vitrail d'Edouard-Amédée Didron, 1882.

«««--- Rue de Caumartin, l'entrée de l'église est très discrète.
Le fronton est sans décor, les niches sont vides.
C'est l'ancienne entrée de la chapelle des Capucins.
ASPECT INTÉRIEUR DE L'ÉGLISE SAINT-LOUIS D'ANTIN

La nef et le bas-côté gauche.
Saint-Louis-d'Antin resplendit de ses fresques et de ses décorations murales du XIXe siècle, si éloignées de l'aspect monacal du XVIIIe.

Architecture intérieure.
Le plan de l'église est très simple. Une avant-nef précède une nef à quatre travées, flanquée d'un bas-côté gauche (c'est-à-dire au sud car l'église a son chœur à l'ouest). Ce schéma simple était souvent en usage chez les moines Capucins : pour prier, une vaste nef ; pour circuler un bas-coté avec ses autels secondaires : à l'opposé du bas-côté, un mur plein offrant une grande surface pour la décoration peinte.
Le chœur en hémicycle, voûté en cul-de-four, s'étend sur une travée.
Les arcades qui séparent la nef du bas-côté sont en plein cintre. La voûte est un berceau surbaissé, creusé de baies semi-circulaires qui reçoivent les vitraux créés en 1882 par l'atelier parisien Édouard-Amédée Didron.
Enfin, le bas-côté s'ouvre sur deux chapelles latérales dont la chapelle de la Vierge.
L'église étonne par l'omniprésence de son ornementation et de ses peintures parmi lesquelles se remarquent de grands tableaux de peintres du XIXe siècle, des répliques et des copies.


Le bas-côté gauche ouvre sur deux chapelles latérales.
Son ornementation polychrome date du XIXe siècle.

Chapelle de la Vierge
Au milieu du marbre et du stuc,
l'autel est en onyx rehaussé d'émaux et de cuivre.

Vierge à l'Enfant
Raymond Gayrard (1777-1858). Marbre.
Chapelle de la Vierge.

L'élévation droite n'a pas de collatéral.
Elle est ornée de tableaux et de fresques surmontés des vitraux d'Édouard Didron de 1882.

La Tempérance
Vitrail d'Édouard-Amédée Didron, 1882.

La mort de saint Louis
Léon Glaize (1842-1932).

Le Christ au jardin des Oliviers
Eugène Goyet (1798-1857).
LE CHŒUR DE L'ÉGLISE SAINT-LOUIS D'ANTIN

Le chœur de Saint-Louis-d'Antin.
Le tableau du Christ en Croix est entouré de deux statues : saint Louis tenant la couronne
d'épines et saint François d'Assise, fondateur de l'ordre des Franciscains.
Elles sont l'œuvre du sculpteur Étienne Montagny (1816-1895).

Christ en croix
Auteur inconnu. Copie inspirée de Philippe de Champaigne ?

Saint Louis et saint François adorant le Christ ressuscité
Fresque sur la voûte en cul-de-four du chœur réalisée par Émile Signol (1804-1892).
La peinture est de style néobyzantin, très à la mode au milieu du XIXe siècle.


La Force (c'est-à-dire le courage qui permet de surmonter les obstacles).
Vitrail d'Edouard-Amédée Didron.

Les vitraux de l'église Saint-Louis d'Antin.
Les cinq baies historiées de Saint-Louis-d'Antin reçoivent des créations d'Édouard-Amédée Didron (1836-1902).
Ces verrières semi-circulaires en grisaille rehaussée de jaune d'argent représentent les trois vertus théologales : la Foi, l'Espérance et la Charité et deux des quatre vertus cardinales : la Force et la Tempérance. Édouard Didron, en tant qu'iconographe chrétien et partisan du retour aux sources en art, sera un défenseur du préraphaélisme en France.
Cliquez sur les vitraux pour les afficher en gros plan.


Saint Louis portant la couronne d'épines
Étienne Montagny (1816-1895).
Vitraux d'Édouard-Amédée Didron, 1882 ---»»»


L'orgue de tribune est un Cavaillé-Coll de 1858, révisé en 1973.

L'Espérance

La Charité

La nef et le bas-côté au niveau du chœur. Sur la gauche, la chapelle de la Vierge.

Documentation : «Paris d'église en église», Massin éditeur
+ «Les églises de France, Paris et la Seine», Letouzey et Ané, 1936
+ «Dictionnaire des églises de France», éditions Robert Laffont, 1968.
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