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Page créée en 2012
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À la belle saison, l'église Saint-Eustache est l'une des plus visitées de Paris. Sa situation au centre de la capitale, près du forum des Halles, n'y est pas pour rien. Si sa façade sud offre un beau portail de style Renaissance, l'aspect intérieur (ornementation Renaissance dans une structure gothique) est plutôt déroutant. Viollet-le-Duc, le célèbre architecte-restaurateur du Second Empire, n'y voyait qu'«un amas confus de débris empruntés de tous les côtés (...)».
Au XIIIe siècle se tenait à cet endroit une chapelle dédiée à Sainte-Agnès qui devint, avec l'usage, Saint-Eustache. Trop petite, elle est remplacée au XVIe par un vaste édifice de 105 mètres de long, de style gothique flamboyant, qui se voulait la plus grande église paroissiale de Paris. Les plans copient ceux de la cathédrale Notre-Dame. Selon Mathieu Lours dans La Grâce d'une cathédrale, l'architecte pourrait être Jean Delamarre, déjà actif à Saint-Maclou de Pontoise.
La première pierre est posée en août 1532, mais l'église n'est réellement achevée qu'en 1640. Sa construction, commencée par le transept et les chapelles nord du chœur, sera ralentie par le manque de financement, la nature du terrain et les guerres de Religion.
À la suite de la création de deux chapelles sous les tours occidentales, la façade s'affaisse. En 1688, elle est démolie tout comme la première travée de la nef et des bas-côtés. En 1754, Jean Hardouin-Mansart de Jouy donne les plans d'une nouvelle façade, imitée de celle de Saint-Sulpice. Elle ne sera jamais achevée.
À la Révolution, Saint-Eustache est saccagée, transformée en temple de l'Agriculture, puis rendue au culte après le Concordat. Victime d'un incendie en 1844, l'église est restaurée par Victor Baltard. Une trentaine de peintres vont l'embellir. Son célèbre orgue de tribune, dû à Ducroquet, date de 1854.
L'édifice est à nouveau incendié lors de la Commune, puis restauré.

Saint-Eustache contient, dans ses nombreuses chapelles latérales, un grand nombre de peintures murales des XVIIe et XIXe siècles ainsi que quelques magnifiques œuvres d'art (tableaux et sculptures).
On retiendra le mausolée de Jean-Baptiste Colbert dessiné par Charles Le Brun, le Saint Jean-Baptiste de François Lemoyne, le Martyre de saint Eustache de Simon Vouet, les Disciples d'Emmaüs de Pierre-Paul Rubens, les quatre toiles de la Passion d'Émile Signol dans le transept.
Enfin, le clou est peut-être la statue de la Vierge à l'Enfant de Jean-Baptiste Pigalle dans la chapelle de la Vierge. Datée de 1748 et très admirée à l'époque, c'est sans doute l'une des plus belles de Paris.
Les remarquables dessins des nervures de la croisée et du chœur méritent un coup d'œil attentif de la part du visiteur, tout comme la beauté du buffet de l'orgue dont les trois personnages sommitaux se détachent sur la grande rose occidentale.
Hormis la vitrerie du XIXe siècle riche d'un intéressant vitrail des Saints Protecteurs du Tiers Ordre de l'atelier Champigneulle, Saint-Eustache présente aussi, dans le chœur, des grandes verrières d'Antoine Soulignac, datés de 1631, une époque déjà marqué par le déclin de l'art du vitrail en France. La plupart sont données dans cette page.


La nef et le chœur de l'église Saint-Eustache vus depuis l'entrée.
La hauteur des arcades donne à l'édifice des allures de cathédrale.
Longueur : 105,0 mètres ; Largeur : 43,6 mètres ; Hauteur dans œuvre : 33,5 mètres.
À gauche, banc d'œuvre du XVIIIe siècle. À droite, chaire à prêcher du XIXe.
ASPECT EXTÉRIEUR DE L'ÉGLISE SAINT-EUSTACHE

L'église Saint-Eustache vue depuis le sud.

La façade, de style classique, a été dessinée
par Jean Mansart de Jouy. Elle n'a jamais été achevée.
Le chevet et le côté sud de l'église.
Ils présentent une juxtaposition de style gothique (arcs-boutants) et Renaissance.
Le cerf crucifère orne le pignon du croisillon sud.
Il rappelle la vision de saint Eustache.

Le côté sud de l'église Saint-Eustache vu depuis la place du Forum.
Le premier niveau de l'élévation est si haut qu'il reçoit une double rangée de fenêtres.

Portail du croisillon sud du transept. ---»»»
On y retrouve des éléments Renaissance comme les rinceaux et les coquilles.
ÉLÉMENTS DE LA FAÇADE SUD DE L'ÉGLISE SAINT-EUSTACHE

Ange dans sa niche Renaissance.
Années 1870.

Vierge à l'Enfant sur le trumeau du portail sud.
Années 1870.

Chapiteau corinthien surmonté d'une gargouille Renaissance.
ASPECT INTÉRIEUR DE L'ÉGLISE SAINT-EUSTACHE

La nef et ses hautes arcades nord vues depuis l'entrée ouest.
La nef est bordée, à droite et à gauche, d'un double bas-côté.

Plan de l'église Saint-Eustache.
XVIe siècle.
Longueur : 105,0 mètres
Largeur : 43,6 mètres
Hauteur : 33,5 mètres dans œuvre.
Transept non saillant.

Architecture intérieure.
Le visiteur qui entre dans l'église est tout de suite saisi par la hauteur des voûtes (33,5 mètres) et les imposantes masses verticales qui scandent tout l'édifice. On pourrait se croire dans une cathédrale.
Avec ses 105 mètres de long, l'église possède une nef à cinq travées flanquées d'un double bas-côté bordé de chapelles. Le large transept est sans saillie. Dans les croisillons, les voûtes offrent un intéressant dessin de nervures qui s'accolent à une belle rose de pierre à la croisée.
Le premier niveau de l'élévation est si haut qu'il est partagé en deux étages. Ainsi, le dessus des chapelles latérales s'orne d'une galerie de vitraux comme on le voit dans la photo ci-dessus.
Le chœur est formé de trois travées droites et de cinq travées en hémicycle. Au double bas-côté répond un double déambulatoire qui s'ouvre sur une rangée de chapelles.
L'architecture, très homogène, est vraisemblablement inspirée de celle de la cathédrale Notre-Dame. On note seulement, dans le déambulatoire, une légère déviation vers le sud de l'axe central et, dans les chapelles sud, un mur gouttereau oblique : l'architecte du XVIIe siècle a dû respecter le tracé de l'ancienne rue de la Traînée (voir plan ci-contre).

Le gothique flamboyant se retrouve au niveau des voûtes d'ogives, embellies de liernes, de tiercerons et de clés pendantes omniprésentes.
Le style Renaissance s'exprime dans la juxtaposition des ordres antiques, les piliers cruciformes flanqués de pilastres, les arcades en plein cintre et, bien sûr, dans l'abondante décoration des chapiteaux (séraphins, corbeilles de fleurs, etc.).
Comme le notait Eugène Viollet-le-Duc, la présence de ces deux styles bien distincts peut donner une sensation de confusion et de désordre. Néanmoins, Maurice Dumolin écrit dans Les églises de France, Paris et la Seine qu'à Saint-Eustache «où la superposition des ordres coupe partout les lignes verticales et produit un certain effet de lourdeur, il n'en faut pas moins admirer l'ampleur des proportions et l'habileté avec laquelle les maîtres d'œuvre ont su, en plein XVIIe siècle, appliquer les principes anciens.»
Les heurts architecturaux et le manque d'élégance dans la modénature, que les siècles suivants ont pu pointer du doigt, sont la conséquence du changement des formes : «la méthode subsistait, écrit Dumolin, mais le tour de main était perdu.»
L'architecture, un peu complexe, des colonnes montantes de la nef, montre des chapiteaux doriques au rez-de-chaussée, ioniques au-dessus et corinthiens à l'étage des fenêtres. Séparant les grandes arcades des hautes fenêtres, l'étage médian paraît trop petit pour l'ampleur de l'élévation.
Chaque travée de cette galerie médiane s'ouvre sur quatre baies en plein cintre, séparées en leur milieu par un pilastre, lui-même surmonté d'un entablement.
Toutes les voûtes d'ogives à liernes et tiercerons sont enrichies d'une clé pendante. Situées à 33,5 mètres de hauteur, une paire de jumelles est nécessaire pour les apprécier.
Seules des photos à petite focale peuvent donner une idée de l'ampleur de l'élévation, que ce soit dans la nef, les bas-côtés ou le déambulatoire.


Style des chapiteaux
sur les colonnes montantes
de la nef.

Élévation nord de la nef avec le banc-d'œuvre.

Moïse frappant le rocher
Nicolas-René Jollain (1732-1804)

Moïse frappant le rocher
Cette toile fut commandée par le roi Louis XVI et exposée au Salon de 1783. Elle rejoignit ensuite les collections de Saint-Eustache.
Confisquée par les révolutionnaires, elle fut vendue, puis rachetée par le curé de l'église, l'abbé Bossu, en 1808.


L'Apothéose de saint Eustache
Simon Vouet (1590-1649)
MUSÉE D'ARTS DE NANTES

Le Martyre de saint Eustache.
Cette toile ainsi que l'Apothéose de saint Eustache faisaient jadis partie d'un retable qui se trouvait dans le chœur de l'église Saint-Eustache. Réalisé en 1631, ce retable a été détruit au XVIIIe siècle quand ces grands diptyques sont passés de mode.
Il nous en reste néanmoins une gravure. En plus des toiles de Vouet, il y avait des statues : deux grandes en pierre de part et d'autre du Martyre (saint Louis et une Vierge à l'Enfant), le tout disposé entre quatre colonnes de marbre ; au-dessus, quatre autres statues plus petites encadraient l'Apothéose.
De cet art religieux il ne subsiste à Paris que le grand retable du chœur de l'église Saint-Nicolas-des-Champs riche, lui aussi, de deux toiles de Simon Vouet consacrées à la Vierge. On peut ainsi avoir une idée de l'importance que prenaient ces grands retables dans une église.
En 1794, les toiles de Vouet sur la vie de saint Eustache furent stockées au dépôt des Petits-Augustins. En 1809, le musée des Beaux-Arts de Nantes récupéra l'Apothéose, tandis que le Martyre était vendu en 1810 au cardinal Fesch, oncle de l'empereur Napoléon Ier.
Le Martyre fut revendu en 1845, puis racheté en 1855 par la Préfecture de la Seine qui replaça le tableau dans l'église.
Dans le Martyre, Eustache, général romain, et sa famille sont enfermés dans le taureau d'airain qui va être chauffé au rouge par le feu.
Source : La Grâce de Saint-Eustache, éditions Place des Victoires, 2019.


Le Martyre de sainte Agnès
Alexandre-François Caminade (1783-1862).

Le Martyre de sainte Agnès.
Ce tableau est une copie partielle, réalisée par le peintre Alexandre-François Caminade, d'une œuvre originale de Dominico Zampieri dit Le Dominiquin (1581-1641).
Le Martyre de sainte Agnès fut peint en 1620 pour le couvent Sainte-Agnès de Bologne. Lors de la campagne d'Italie, le général Bonaparte et ses troupes s'en emparèrent. Le tableau fut ensuite exposé au Louvre. Comme d'autres œuvres saisies par les armées françaises, la toile fut restituée à son propriétaire à la suite des directives du Congrès de Vienne.
Source : La Grâce de Saint-Eustache, éd. Place des Victoires, 2019.

François-Guillaume Ménageot.
Ce peintre français n'est pas très connu. Né en 1744, il avait onze ans de plus qu'Élisabeth Vigée Le Brun avec qui il entretint une relation amicale. Les deux peintres cultivaient le même rejet de la personne de Napoléon Ier (qu'ils n'ont jamais appelé que «le général Bonaparte») et de son peu d'humanité.
On lit ainsi dans les lettres d'Élisabeth Vigée Le Brun à la princesse Kourakin le passage suivant à propos de Ménageot (on est en 1800) :
«La première fois qu'il vint me voir, Ménageot me parla de la révolte des jeunes gens qui lui avait fait quitter Rome ; il me raconta aussi qu'à son retour il avait vu Bonaparte à Lodi, après la grande victoire que venait de remporter ce général. Bonaparte, en lui montrant le champ de bataille encore tout couvert de morts, lui dit avec un grand sang-froid : "Ce serait un beau tableau à faire". Ménageot avait été indigné de ce mot. "C'était, ajouta-t-il, un spectacle affreux, déchirant ; il y avait plusieurs chiens qui pleuraient auprès du cadavre de leur maître : ces pauvres chiens me parurent bien plus humains que Bonaparte!"»
Source : «Élisabeth Vigée Le Brun, Mémoires d'une portraitiste», éditions Scala.


La voûte quadripartite de la nef s'étale sur cinq travées.

Saint Jean-Baptiste
François Lemoyne (1688-1737).

Chapiteau corinthien
marqué par le style Renaissance.

«««--- Jean-Baptiste est représenté
ici dans une posture assez désinvolte,
à l'image de Bacchus.
Ce traitement - léger - d'un sujet religieux
annonce l'art de Natoire et de Boucher
au milieu du XVIIIe siècle.

Le Martyre de saint Eustache
Simon Vouet (1590-1649)
Peinture commandée par Richelieu avec son complément
L'Apothéose de saint Eustache (au Musée d'arts de Nantes).

Élévation sud de la nef avec la chaire à prêcher.


L'Adoration des bergers
François-Guillaume Ménageot (1744-1816)

Erreur d'attribution ? Selon Véronique Milande dans La Grâce de Saint-Eustache (éditions Place des Victoires, 2019), il est possible que la toile de Ménageot soit en fait le morceau d'agrément à l'Académie royale de peinture et de sculpture d'Étienne de Lavallée-Poussin (1735-1802).
L'artiste aurait présenté cette toile au Salon de 1789 à côté de son morceau de réception à l'Académie.

LE BANC D'ŒUVRE ET LA CHAIRE À PRÊCHER

Le banc d'œuvre de Saint-Eustache date de 1720.

Œuvre de Pierre Lepautre (1660-1758) d'après les dessins
de Jean-Sylvain Cartault (1675-1758).

«Le Triomphe de sainte Agnès»
domine le banc d'œuvre.

«««--- Au sommet, la statue en bois sculpté entourée
d'anges illustre «Le Triomphe de sainte Agnès».

La chaire à prêcher a été sculptée ---»»»
par Victor Pyanet au XIXe siècle
sur un carton de Victor Baltard.

La chaire à prêcher vue de l'arrière.

La cuve de la chaire à prêcher.
Elle est ornée des vertus théologales : Foi, Espérance et Charité.

«««--- Le Christ en croix orne le grand médaillon du banc d'œuvre.
LES CHAPELLES LATÉRALES DU BAS-CÔTÉ NORD

Élévation des deux collatéraux nord de la nef.
Même si l'architecture y est très homogène, la hauteur des piles et la prégnance
de la pierre ne facilitent pas vraiment le recueillement.

L'Adoration des mages
Copie du XVIIIe siècle du tableau de Pierre-Paul Rubens.
Chapelle nord Saint-Jean-Baptiste.

Les peintures murales des chapelles.
Au XVIIe siècle, des peintures murales ornèrent les murs des chapelles latérales. Cependant, la patine du temps et les infiltrations d'eau finirent par les altérer. Ces décorations furent plus ou moins dissimulées à la suite de multiples travaux. Pendant la Révolution, on les recouvrit d'un badigeon blanc. L'incendie de l'orgue en 1844 dégrada encore plus celles qui se trouvaient dans les chapelles proches.
Après l'incendie, Victor Baltard et ses ouvriers, mandatés pour restaurer et embellir les chapelles, eurent la surprise de les découvrir lors du grattage de ce badigeon sali par le temps. Furent ainsi concernées les chapelles Sainte-Cécile et Saint-Joseph en bordure de la nef et, dans le déambulatoire, les chapelles Sainte-Geneviève, Saint-Vincent-de-Paul, Sainte Madeleine et des Saints-Anges.
Dans l'ouvrage collectif La Grâce de Saint-Eustache, Véronique Milande fait remarquer que ces décors étaient peints directement à l'huile sur un enduit appliqué sur la pierre. En fait, la technique de la fresque est plus compliquée et, au XVIIe siècle, elle était mal maîtrisée.
Voir à ce sujet le développement proposé à l'église parisienne du Saint-Esprit qui est ornée de dizaines de fresques réalisées au XXe siècle.
Restaurées - pas toujours selon les règles de l'art - par les peintres de Victor Baltard, ces peintures murales furent à nouveau dégradées par les infiltrations d'eau au cours du XXe siècle, les vieilles pierres de l'église exigeant un travail spécifique pour en venir à bout.
Actuellement, quelques chapelles ont des décors muraux du XVIIe siècle restaurés de manière satisfaisante. Les autres vont suivre. Mais Véronique Milande rappelle que, avant de s'attaquer aux peintures, il est indispensable d'assécher les murs et d'empêcher les infiltrations d'eau. Ce qui est un travail de longue haleine.
Dans les autres chapelles, on peut admirer des peintures réalisées entre 1848 et 1870 par une trentaine d'artistes lors des travaux dirigés par Victor Baltard. Citons parmi eux : Félix-Joseph Barrias, Auguste-Barthélemy, Émile Signol et Isidore-Alexandre Pils.
Sur le plan pratique, les chapelles nord étant en général plongées dans la pénombre, il est très difficile d'apprécier les peintures murales qui s'y trouvent, qu'elles soient du XVIIe ou du XIXe. Il faut une lampe torche !
Source : La Grâce de Saint-Eustache, éditions Place des Victoires, 2019.


Chapelle Notre-Dame-des-Sept-Douleurs.
Bas-côté nord.
Quatre scènes de la Vie de la Vierge peintes par Léon Riesener (1808-1878).
Chapelle Notre-Dame-des-Sept-Douleurs.

Vitrail des Sept douleurs de la Vierge, 1893.
Atelier Charles Champigneulle.
Chapelle Notre-Dame-des-Sept-Douleurs. dans le bas-côté nord.

Les vitraux de l'église Saint-Eustache (2/2).
---»» Selon le Dictionnaire du Moyen Âge (PUF, 2006), le premier Tiers Ordre connu est celui des Humiliés, créé en 1201. Au XIIIe siècle et après, ces laïcs gravitent surtout autour des Franciscains et des Dominicains. Leur statut juridique ne sera pas fixé avant 1289 et la bulle Supra montem du pape Nicolas V.
Source : Corpus Vitrearum, les vitraux de Paris, de la Région parisienne, de la Picardie et du Nord-Pas-de-Calais.

Les vitraux de l'église Saint-Eustache (1/2).
Saint-Eustache bénéficie d'une très vaste vitrerie. Le premier étage de l'élévation est si haut qu'il est partagé, dans les murs gouttereaux, en deux niveaux, matérialisés par une double rangée de vitraux, ce que montre bien la photo du côté sud.
Peu de vitraux sont historiés ou à motifs floraux. La plupart sont en verre blanc. Saint-Eustache est une église très lumineuse. Comme le chœur est à l'est et qu'il n'y a pas de bâtiment au sud, le soleil, par beau temps, illumine toute la nef de ses rayons pendant toute la journée.
Les onze vitraux des hautes fenêtres du chœur datent de 1631. Ce sont des créations du peintre verrier Antoine Soulignac.
Voir le développement plus bas.
Les fenêtres hautes de la nef et celles (est et ouest) du transept, datées de 1637, reçoivent du verre incolore garni d'une bordure à décor floral réalisée avec des émaux.
Les différentes baies historiées des chapelles reçoivent des vitraux du XIXe siècle ou du XXe (ateliers Champigneulle, Gsell et Thévenot).
À noter deux grandes roses dans les croisillons nord et sud du transept. Celle du nord est une Glorification de la Vierge de l'atelier Gsell.
Si le vitrail ci-contre de l'atelier Charles Champigneulle relatant les Sept douleurs de la Vierge est un classique de l'époque (tant par son thème que par son style), en revanche, le vitrail des Saints Protecteurs du Tiers-Ordre, réalisé par le même atelier, mérite un commentaire.
Au-dessous de Jésus et de Marie en gloire, le cartonnier a représenté des saints créateurs d'ordre, comme saint François d'Assise, et des protecteurs, parfois canonisés, comme Louis IX et sainte Élisabeth de Hongrie.
Le Tiers-Ordre est un concept très ancien, aujourd'hui plutôt remplacé par celui de fraternité séculière. Ce sont des laïcs qui se regroupent dans une même spiritualité religieuse, en étroite relation avec un ordre. Ils viennent en troisième position après les branches masculines et féminines des ordres officiels.
---»» Suite 2/2 à gauche.


La Glorification de saint Joseph.
Tympan du vitrail des Sept douleurs de la Vierge.
LES CHAPELLES LATÉRALES DU BAS-CÔTÉ SUD

Bas-côté sud : suite de chapelles vue depuis le transept.

Le Mariage de la Vierge
Groupe sculpté de Henri-Joseph de Triquetti (1803-1874).
Chapelle des Saints-Innocents.

La chapelle des Âmes-du-Purgatoire et la chapelle
des Saints-Innocents ont été restaurées au XXe siècle.
Bas-côté sud de la nef.

La chapelle du Calvaire dans le bas-côté sud.
Elle est éclairée par le vitrail des Saints Protecteurs du Tiers-Ordre.

Buste de Jean-Philippe Rameau, détail.
Chapelle Sainte-Cécile.

Élévations et voûtes des deux collatéraux du bas-côté sud.

Le retable de la chapelle Sainte-Cécile
ou «chapelle des Musiciens».

Sainte Cécile et son frère Tiburce
Léon Brunel-Roque, 1857.
Chapelle Sainte-Cécile.

«««--- Partie basse du retable : Le Corps de sainte Cécile
est une peinture de Léon Balze datée de 1887.

Sainte Cécile, détail.
P.E. Froget
Chapelle Sainte-Cécile..

Saint-Eustache et ses orgues ont été un lieu de création musicale. Franz Liszt y fit jouer sa Messe de Gran en 1866. Hector Berlioz y dirigea la première exécution de son Te Deum en 1855.


Ecce Homo
Antoine Étex (1808-1888)
Chapelle des Âmes-du-Purgatoire.

Les Âmes du Purgatoire ou la Transfiguration
Peinture murale du XIXe siècle.
Chapelle des Âmes-du-Purgatoire.

«««--- La chapelle Sainte-Cécile,
aussi dénommée «des Musiciens»,
et sa luxuriante décoration du XIXe siècle.

Vitraill des Saints Protecteurs du Tiers-Ordre.
Atelier Champigneulle, 1893.

Bordure florale
du XVIIe siècle.
SAINT LOUIS
PATRON DES FRÈRES
DU TIERS-ORDRE
SAINT FRANÇOIS D'ASSISE
SAINT ANTOINE DE PADOUE
PATRON DE LA FRATERNITÉ
 
SAINTE ÉLISABETH
PATRONNE DES SŒURS
DU TIERS-ORDRE.
IL Y EUT UN EMPRESSEMENT GÉNÉRAL
À S'AFFILIER AU TIERS-ORDRE

ENCYCLIQUE AUSPICATO DE LÉON XIII
Vitrail des Saints Protecteurs du Tiers-Ordre.
Atelier Charles Champigneulle, 1893.
Le Tiers-Ordre concerne les laïcs. Aujourd'hui, ce terme est plutôt remplacé par celui de
fraternité séculière regroupant des fidèles partageant une même spiritualité religieuse.

Un donateur (fléché) a obtenu le droit de figurer sur le vitrail des Saints Protecteurs.

En arrière-plan des saints François d'Assise et Antoine de Padoue,
Charles Champigneulle a représenté une vue idéalisée de Paris avec la cathédrale Notre-Dame.
LE TRANSEPT DE L'ÉGLISE SAINT-EUSTACHE

Le transept non saillant et l'élévation du croisillon nord.

Statue de saint Jean l'Évangéliste
adossée contre l'ouverture du bras sud.
XVe siècle.

Bénitier monumental en plâtre dans le croisillon sud :
«Le pape Alexandre II instituant l'usage de l'eau bénite»
Œuvre d'Eugène Bion (1834).

Rose de la Glorification de la Vierge.
La Vierge et l'Enfant sont entourés de deux couronnes d'anges musiciens et chanteurs.
Voir un gros plan plus bas.
Atelier Gsell et Laurent (1860-1865).
Bras nord du transept.
«««--- Vitrail de l'Annonciation
Atelier Étienne Thévenot, 1841.
Bras nord du transept.

La partie basse du bras nord du transept possède une très riche ornementation :
sculptures, toiles marouflées, bas-reliefs, vitrail de l'Annonciation...

L'Évangéliste saint Marc dans la galerie de la Trinité et des Évangélistes ---»»»
Atelier Étienne Thévenot, 1841.
Bras nord du transept.

Sainte Cécile, martyre, 1858.
Bas-relief en plâtre dans le bras nord du transept.

La voûte du transept avec ses travées riches de liernes et de tiercerons.


Rose de la Glorification de la Vierge, détail :
les anges musiciens dans la couronne du vitrail.
Atelier Gsell et Laurent (1860-1865).
Bras nord du transept.

«««--- La Crucifixion
Toile marouflée d'Émile Signol (1804-1892)
Bras nord du transept.


Statues d'Apôtres (XIXe siècle)
dans le bras nord du transept.

Les Lamentations de la Vierge
Toile marouflée d'Émile Signol (1804-1892)
Bras nord du transept.

Jesse, père du roi David, détail.
Vitrail de l'atelier Jean Gaspard Gsell.
Bras sud du transept.

Jésus est conduit au sépulcre
Toile marouflée d'Émile Signol (1804-1892)
Bras sud du transept.


Le roi David, détail.
Vitrail de l'atelier Jean Gaspard Gsell.
Bras sud du transept.

La Résurrection
Toile marouflée d'Émile Signol (1804-1892)
Bras sud du transept.

Le roi Salomon, détail.
Vitrail de l'atelier Jean Gaspard Gsell.
Bras sud du transept.

Le transept et ses parties hautes.
Le bras sud se trouve à droite sur la photo.
L'abondance de liernes et de tiercerons sur la voûte est typique du gothique flamboyant

La clé de voûte à la croisée : deux anges tiennent la croix du Christ.

Rose du bras sud du transept.
La Glorification de la Vierge, détail. ---»»»
Rose du bras nord du transept.
Atelier Gsell et Laurent (1860-1865)

La Nativité
Vitrail de l'atelier Gsell et Laurent (1860-1865).
Bras sud du transept.
LE CHŒUR ET L'ABSIDE DE L'ÉGLISE SAINT-EUSTACHE

Le chœur de l'église Saint-Eustache est entouré d'une forêt de piliers hauts et massifs.

Au XVIIe siècle et au début du XVIIIe, il faut imaginer, à la place du maître-autel actuel, un grand retable abritant les deux toiles de Simon Vouet illustrant le Martyre et l'Apothéose de saint Eustache.
Les stalles, très simples, proviennent du couvent des chanoinesses de Picpus.


Les grandes arcades de la nef se poursuivent dans le chœur.
Les hautes baies reçoivent des vitraux d'Antoine Soulignac (1631).

Le maître-autel date du XIXe siècle (vue partielle).
Dessiné par Viollet-le-Duc, il est en marbre de Paros.


L'abside avec les vitraux d'Antoine Soulignac (1631)
et son ornementation de style gothique flamboyant.
LES VITRAUX DE L'ABSIDE (1631)

Baie 301 : saint Pierre

Baie 300 : le Christ ressuscité

Baie 302 : saint Paul

Baie 302 : saint Paul, détail.

Baie 303 : saint André, détail.

La clé pendante du chœur dans son décor flamboyant.


Baie 300 : le Christ ressuscité, détail.
Antoine Soulignac, 1631.


La somptueuse voûte du chœur et les vitraux d'Antoine Soulignac datés de 1631.

Baie 306 : saint Thomas et saint Philippe.

Baie 305, détail : saint Jacques le Mineur.

Baie 305, détail : saint Jean l'Évangéliste.

Les vitraux du chœur.
Les onze vitraux des hautes fenêtres du chœur (cinq dans le rond-point et six sur les côtés nord et sud) datent de 1631. Ce sont des créations de l'atelier parisien d'Antoine Soulignac, un atelier peu connu qui n'a laissé d'autres à la postérité que la grande verrière des Saints Protecteurs (baie 123) de la cathédrale de Sens.
Ces verrières de Soulignac comptent parmi les rares vitraux colorés encore produits dans la capitale à une époque, le début du XVIIe siècle, déjà marquée par le déclin de l’art du vitrail.
Antoine Soulignac a réalisé onze vitraux logés dans les baies numérotées 300 à 310 selon le Corpus Vitrearum. Les six baies des travées droites possèdent deux lancettes ; les cinq du rond-point, une seule. Toutes les lancettes présentent un personnage debout devant une architecture simplfiée, mais aux contours accentués, voire un peu criards. Soulignac a-t-il voulu reproduire dans ses créations, à coups de grandes esquisses, l'atmosphère architecturale de l'église ?
Dans l'abside, autour du Christ ressuscité, se tiennent les apôtres Pierre, Paul, André et Jacques le Majeur. Dans les travées droites, deux par deux, on y trouve les huit autres apôtres et quatre Pères de l'Église (Augustin, Ambroise, Grégoire et Jérôme). En tout dix-sept personnages.
La plupart des apôtres sont peints avec l'instrument de leur supplice à l'image de Jude et de sa scie (ci-dessous).
Situés sous une voûte haute de 33 mètres, ces vitraux ne peuvent être appréciés qu'avec une paire de jumelles.


Baie 308 : saint Jude et la scie de son supplice, détail.

Baie 309 : saint Grégoire, détail.

Baie 310 : saint Ambroise, détail.

Baie 310 : saint Jérôme et son lion, détail.


LA CHAPELLE DE LA VIERGE

La chapelle axiale de la Vierge a été réaménagée au XIXe siècle.
Toiles marouflées de Thomas Couture, vitraux d'Étienne Thévenot.
Au-dessus de l'autel trône la Vierge à l'Enfant de Jean-Baptiste Pigalle, l'une des plus belles Vierges de Paris.

Vierge à l'Enfant, 1748.
(avant la restauration de 2023)
Jean-Baptiste Pigalle (1714-1785)
Voir la Vierge à l'Enfant de l'église Saint-Sulpice du même artiste.

Les anges «très humains» de Thomas Couture
dans la toile marouflée centrale.

La chapelle de la Vierge.
C'est la chapelle la plus fréquentée de l'église, la plus grande et la plus belle.
À sa création, elle possédait une riche ornementation en marbres, boiseries et tableaux. Tout a été saccagé ou volé à la Révolution, comme l'ensemble du mobilier de l'église qui devint temple de l'Agriculture. Restaurée en 1800, la chapelle a été peu à peu ré-embellie grâce aux efforts de l'abbé Bossu (curé de 1803 à 1828) qui s'attacha à remeubler son église.
La Vierge à l'Enfant.
En son centre, on y trouve une magnifique sculpture de la Vierge à l'Enfant due au ciseau de Jean-Baptiste Pigalle (1714-1785), sans doute l'une des plus belles Vierge à l'Enfant de Paris.
Cette statue ne faisait pas partie de l'ornementation d'origine. Dans la Grâce de Saint-Eustache, Véronique Milande relate qu'elle a été commandée à l'artiste par le comte d'Argenson en 1745 pour la chapelle de la Vierge de l'église des Invalides. Le modèle en plâtre fut exposé au Salon la même année. L'œuvre en marbre blanc le fut en 1748. Cette Vierge à l'Enfant fut abondamment louée et admirée pour la douceur des visages, la qualité du drapé, pour l'ensemble de son mouvement.
En 1794, elle fut déposée et récupérée en 1799 par Alexandre Lenoir pour son musée des Monuments français. L'abbé Bossu l'acheta dans le commerce en 1804 pour remplacer la Vierge en marbre de Philippe de Buyster, elle aussi retirée en 1794, et disparue depuis.
De même beauté que la statue de Pigalle, la chapelle Saint-Joseph des Carmes dans le 6e arrondissement de la capitale propose une très belle Vierge à l'Enfant, assise cette fois, réalisée par Antonio Raggi (1624-1686), le meilleur élève du Bernin.
La décoration murale.
Après un refus d'Ary Scheffer en 1847, Victor Baltard confia en 1851 au peintre Thomas Couture (1815-1879) le soin de décorer les trois pans de la chapelle. La première idée du peintre fut d'y représenter l'Assomption et le Vœu de Louis XIII, mais, relate Véronique Milande, la commission des Beaux Arts refusa ces thèmes. L'artiste se tourna donc vers les litanies de la Vierge. S'éloignant de l'art de la fresque qu'il ne maîtrisait pas, il créa trois toiles qui furent ensuite marouflées : Marie, Mère du Sauveur, au centre ; Marie, Étoile des marins, à gauche, et Marie, Consolatrice des affligés, à droite.
La critique de l'époque n'apprécia pas ces peintures qui tranchaient avec les représentations religieuses traditionnelles. Néanmoins, le style de Thomas Couture est remarquable. On n'y trouve ni figuratif ni symbolisme. Le peintre décrit les sentiments (comme l'affliction ou le désespoir des naufragés) dans leur réalité crue. Les anges deviennent des êtres humains bien en chair.
Les vitraux.
Trois baies surmontent les toiles de Thomas Couture. Elles sont ornées des verrières d'Étienne Thévenot (l'ouvrage La Grâce de Saint-Eustache donne pour maître verrier Prosper Lafaye) sur des cartons de Nicolas-Auguste Hesse. La verrière centrale comprend deux fois la signature Hesse-Thevenot.
Sans grande originalité, on y voit des rois, des saints et des prophètes entourant une Annonciation.
Source : La Grâce de Saint-Eustache, éditions Place des Victoires, 2019.


La Vierge triomphante entourée par les anges.
Toile marouflée de Thomas Couture.

L'Annonciation entourée de deux anges
Atelier Étienne Thévenot.
Vitrail axial de la chapelle de la Vierge.

La chapelle de la Vierge et sa voûte.

C'est toujours dans la pénombre que se présente la chapelle de la Vierge. L'endroit serait idéal pour le recueillement, n'étaient les visiteurs qui passent sans cesse dans le déambulatoire juste derrière...
On remarquera le dessin des nervures de la voûte.


La Nativité
Tableau du Tintoret exposé face à la chapelle de la Vierge.


Signatures sous l'ange de gauche :
A. Hesse Delineavit (a dessiné)
E. Thevenot Pinxit (a peint).

«««---Signatures sous la Vierge de l'Annonciation.

L'Annonciation, détail.
Atelier Étienne Thévenot.
Vitrail axial de la chapelle de la Vierge.

La Vierge à l'Enfant, détail.
Jean-Baptiste Pigalle
Avant restauration.

La Vierge à l'Enfant, détail.
Jean-Baptiste Pigalle
Après restauration.

La Vierge à l'Enfant restaurée.
Il arrive que la patine due aux salissures et aux impuretés de toute sorte qui s'incrustent dans le marbre au fil des décennies donne à une statue une vivacité, une impression de profondeur, bref un cachet artistique qui forcent l'admiration.
C'était le cas de la Vierge à l'Enfant de Jean-Baptiste Pigalle jusqu'en 2023.
En 2023, la Ville de Paris a sollicité le savoir-faire d'une restauratrice, madame Sabine Cherki, pour que la statue de marbre blanc retrouve peu ou prou son aspect initial.
Pari réussi, mais cachet perdu ! Débarrassée de ses multiples impuretés, de la cire qui la protégeait, la statue a retrouvé la qualité de poli du marbre blanc utilisé par Jean-Baptiste Pigalle au XVIIIe siècle. L'œuvre met maintenant en lumière l'aspect velouté du style de l'artiste, mais elle n'accroche plus ni l'œil ni l'appareil photographique...
L'Enfant Jésus a au moins récupéré un pouce manquant.
Source : Bulletin de la paroisse Saint-Eustache du 19 novembre 2023.


Marie, Étoile des marins.
Thomas Couture (1815-1879)
Des naufragés, réfugiés sur un monticule de terre, implorent la Vierge.
À droite, la coque de leur vaisseau s'est brisée sur les récifs.

Sainte Élisabeth, saint Zacharie, saint Jean-Baptiste, saint Joseph et son lys.
Vitrail de droite dans la chapelle de la Vierge.
Atelier Étienne Thévenot.

Monument au cardinal Pierre de Bérulle,
fondateur de l'ordre de l'Oratoire.
Buste de Pierre de Bérulle par Michel Angier, 1657.

Marie, Étoile des marins, détail.
Thomas Couture (1815-1879).
Au XIXe siècle, la sévérité des visages, avec leurs gros sourcils, n'a pas plu.

Marie, Consolatrice des affligés
Thomas Couture (1815-1879).

Le roi David, saint Jean l'Évangéliste, saint Joachim et sainte Anne.
Vitrail de gauche dans la chapelle de la Vierge.
Atelier Étienne Thévenot.
LE DÉAMBULATOIRE ET SES CHAPELLES NORD ET SUD

Le déambulatoire sud dans sa partie tournante.
Les piles sont scandées de chapiteaux selon les trois ordres
classiques : dorique, ionique et corinthien.
Tous les voûtains sont ornés d'une clé pendante à thème floral.

L'Éducation de la Vierge
Tableau d'Hippolyte Lazerges (1817-1887).
Chapelle Sainte-Anne dans le déambulatoire sud.


L'entrée de la chapelle des Catéchismes
se fait par un double escalier.
La grille en fer forgé est d'époque Louis XVI.

«««--- Saint Louis en prière devant la croix
Tableau de Félix-Joseph Barrias (1822-1907).
Chapelle Saint-Louis dans le déambulatoire nord.

Chapelle Saint-Louis de Gonzague
ou chapelle de la famille Colbert.
Déambulatoire nord.

Tobie et l'Ange
Santi di Tito (1536-1603)
Chapelle Sainte-Geneviève dans le déambulatoire nord.

Tobie, en voyage en Médie, est accompagné d'un guide qui se révèle être l'Archange Gabriel.
Ce tableau se rattache à l'école maniériste.



Vitrail contemporain sur le thème du Souvenir.
Chapelle Saint-André (ou des Charcutiers) dans le déambulatoire sud.

La corporation des charcutiers («Le Souvenir») a toujours son centre
religieux dans l'église. Chaque année, une messe est célébrée
au nom de cette corporation.


La voûte du déambulatoire dans l'axe et son prolongement vers le sud.

Mausolée de Jean-Baptiste Colbert
par Antoine Coysevox et Jean-Baptiste Tuby d'après les dessins de Charles Le Brun.
Chapelle Saint-Louis-de-Gonzague.

«««--- La voûte axiale dans le déambulatoire.
En arrivant près de la chapelle de la Vierge, il faut lever la tête pour admirer le réseau de nervures dans l'axe. Malheureusement, la hauteur et l'épaisseur des piles ne permettent pas d'en saisir facilement toute la beauté.
Il faut choisir son angle et chercher à se placer au meilleur endroit.


La voûte axiale du déambulatoire et ses voûtains en triangle.
Au nord et au sud, ces deux voûtains assurent plus des 2/3 du tournant.

La Fidélité, détail,
Antoine Coysevox.
Mausolée de Jean-Baptiste Colbert.

Le mausolée de Jean-Baptiste Colbert, 1685.
Jean-Baptiste Colbert, marguillier et donateur de l'église Saint-Eustache, mourut en 1683. Sa femme, Marie Charron, décida de faire ériger le tombeau de son époux au sein même de l'église. Charles Lebrun, qui avait toujours été un protégé du grand ministre, en fit le dessin. Antoine Coysevox et Jean-Baptiste Tuby réalisèrent les sculptures.
Le tombeau d'origine était plus imposant que celui qu'on peut voir à l'heure actuelle. Il était situé sous une arcade, près de la chapelle de la Vierge. L'arcade était revêtue de plaque de marbre, de médaillons en bronze, de guirlandes, d'un écusson aux armes des Colbert, de vases. Face à Colbert, il y avait un ange assis qui lui présentait un livre de prières.
La Révolution a saccagé le monument, détruisant l'ange (sculpté par Tuby) et l'arcade.
En 1794, les pièces du tombeau furent transportées au musée des Monuments français. Alexandre Lenoir en fit restaurer les éléments restants. En 1817, à la demande la fabrique de Saint-Eustache, le mausolée regagna l'église et fut placé dans la chapelle de la Vierge. Il fut ensuite déplacé dans la chapelle Saint-Louis de Gonzague, où il se trouve actuellement..
Malgré les éléments disparus, ce mausolée est considéré comme une œuvre majeure de l'art funéraire français du XVIIe siècle. Pour le tombeau lui-même, Antoine Coysevox (1640-1720) a utilisé le marbre blanc et noir ainsi que le bronze.
Colbert, saisi dans l'attitude d'un priant, est revêtu de son manteau de commandeur de l'ordre du Saint-Esprit.
À gauche du sarcophage, la Fidélité, ciselée par Coysevox ; à droite, la Piété ou l'Abondance ciselée par Jean-Baptiste Tuby (1635-1700). Les visages des deux Vertus expriment la douleur.
Source : La Grâce de Saint-Eustache, éditions Place des Victoires, 2019.


Colbert dans l'attitude d'un priant (Antoine Coysevox)
Mausolée de Jean-Baptiste Colbert.

La Piété ou l'Abondance, détail (Jean-Baptiste Tuby).
Mausolée de Jean-Baptiste Colbert.

«««--- Les Disciples d'Emmaüs
Tableau attribué à Pierre-Paul Rubens.

Chapelle Saint-Pierre-l'Exorciste
dans le déambulatoire nord.



L'Extase de sainte Madeleine ---»»»
Rutilio Manetti (1571-1636).

Chapelle Sainte-Madeleine.

Le sujet est la relation mystique
de la sainte avec Dieu.

Sur le même thème, voir
«Sainte Marie-Madeleine en extase»
d'un auteur anonyme
au musée d'Art Sacré de Dijon.


Déambulatoire nord.
La chapelle du fond est celle de la famille Colbert.

La Fidélité par Antoine Coysevox, détail.
Mausolée de Jean-Baptiste Colbert.

La Piété ou l'Abondance de Jean-Baptiste Tuby, détail.
Mausolée de Jean-Baptiste Colbert.

L'architecte a réalisé la partie délicate du tournant
du déambulatoire au moyen de deux triangles très aigus.
Passez la souris sur l'image.

Suite de chapelles dans le déambulatoire nord :
Sainte-Geneviève, Saint-Vincent-de-Paul et Sainte-Madeleine.

Vitrail complexe à thèmes liturgiques avec médaillons et armoiries.
Date dans le tympan : 1866.

Œuvre de Raymond Mason (1922-2010) ---»»»
«Le Départ des fruits et légumes au cœur de Paris».
Chapelle Saint-Joseph.

La Vie du Christ
Keith Haring (1958-1990).
Chapelle Saint-Vincent-de-Paul.

La chapelle Saint-Louis avec son vitrail XIXe siècle sur l'éducation de Louis IX.
Déambulatoire nord.

Présentation de la Vierge au Temple.
La donatrice, Anne de Monsigot, est peinte assise sur les marches et regarde droit devant elle. Son époux, Nicolas de Bourdon, était conseiller à la chambre du Parlement de Paris. Le couple a été inhumé à Saint-Eustache, elle en 1670, lui en 1700.
Source : la Grâce de Saint-Eustache.


Joachim reçoit l'ordre de consacrer sa fille à Dieu.
Peinture murale du XVIIe siècle.
Chapelle Saint-Vincent-de-Paul.

Présentation de la Vierge au Temple
Peinture murale du XVIIe siècle.
Chapelle Saint-Vincent-de-Paul.

L'Éducation de Louis IX
Vitrail de Charles Champigneulle Fils.
Chpelle Saint-Louis dans le déambulatoire nord.

Sainte Geneviève distribuant des aumônes. ---»»»
Auguste Pichon, 1855.
Chapelle Sainte-Geneviève dans le déambulatoire nord.

Saint Germain et sainte Geneviève.
Auguste Pichon, XIXe siècle.
Chapelle Sainte-Geneviève dans le déambulatoire nord.

L'Éducation de Louis IX, détail.
Vitrail de Charles Champigneulle Fils.
L'ORGUE DE TRIBUNE

L'orgue de Saint-Eustache est l'un des plus grands de France.

Sainte Cécile trône au sommet de la tourelle centrale du grand orgue.
Carton de Victor Baltard, 1854.

Frise décorative en pierre
de la tribune d'orgue.

Les orgues de Saint-Eustache.
Elles sont parmi les plus grandes de France. Dues au facteur Ducroquet (1854), elles ont été restaurées par le néerlandais Van Den Heuvel en 1989.
La sculpture sur bois du buffet (carton de Victor Baltard) est une pure splendeur. La beauté des personnages et la rose à l'arrière-plan créent une féerie scénique qu'il faut apprécier avec une paire de jumelles. Elle rappelle celle de l'orgue de la cathédrale Saint-Gatien à Tours.


Le haut des tourelles des grandes orgues de Saint-Eustache, éclairé par la rose, dégage une féerie certaine.
Personnages : Saül tenant sa lance, sainte Cécile, David jouant de la harpe.
On retrouve une beauté similaire aux grandes orgues de la cathédrale Saint-Gatien à Tours.

Magnifique sculpture sur bois dans la partie haute des tourelles.

«««--- Tourelle droite de l'orgue.
Le roi David joue de la harpe, sculpture d'Eugène Guillaume (1822-1905).

Le bas du buffet et la pierre sculptée de la tribune.

Une caractéristique de l'orgue de Saint-Eustache :
la console, indépendante, est installée dans la nef.

En dehors des concerts et des messes, une cage de verre la protège.

Vue de la nef et de l'orgue de tribune depuis le chœur.

Documentation : «Paris d'église en église», Massin éditeur
+ «Les églises de France, Paris et la Seine», Letouzey et Ané, Paris, 1936
+ «La Grâce de Saint-Eustache», Éditions Place des Victoires, 2019.
+ brochure sur l'église disponible dans la nef.
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