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Assiette de porcelaine de la manufacture Nast à Paris

Si vous visitez Paris et que vous aimez contempler de belles choses, le musée de céramique de Sèvres est une étape incontournable. Sur deux niveaux, vous y trouverez des céramiques de la Renaissance, des majoliques, de l'art islamique, des faïences de Delft, en passant par les faïences françaises (Moustiers, Strasbourg, Rouen, etc.)
Pour les yeux, le meilleur - et le plus avancé technologiquement - est au premier étage : collections de biscuits, de vases, d'assiettes et autres depuis l'époque de Vincennes (avant l'installation de la manufacture à Sèvres en 1756) jusqu'au XXe siècle. Vous pouvez admirer dans cette page des vues de quelques magnifiques objets de porcelaine ou de faïence ainsi que des photographies des salles et des vitrines du musée.

"Le Parnasse de Russie", biscuit de Sèvres, détail
LA FAÏENCE AU NIVEAU 1
Céramique hispano-mauresque
Céramique hispano-mauresque et majoliques italiennes, XVe-XVIIe siècles
Majolique urbino
Majolique urbino «Icare tombant»
Céramique islamique d'Iran 3 plats de céramique d'Iznik
.

CI-DESSUS,  Trois plats de céramique d'Iznik, Turquie, époque ottomane (vers 1490-1580)

«««--- A GAUCHE   Vitrine de céramique islamique d'Iran
Époques safavide et Qadjar, XVe-XIXe siècles

A DROITE Pichet en Grès du XVIe siècle provenant d'Allemagne      ---»»»

Pichet en grès
Faïence hispano-mauresque
Faïence hispano-mauresque XVIe-XVIIe siècles
Majolique Urbin
Majolique Urbino, école de Xanto
vers 1535-1540
Plat à décor polychrome représentant Jupiter et Sémélé
Voir la page sur les majoliques au musée du Louvre sur ce site.
Majolique Urbin
Majolique Urbino
Plat à décor polychrome
Majolique italienne
Majolique italienne Faenza, décor à compendiario (à la palette restreinte au bleu et jaune) 2e moitié XVIe siècle

Faenza
Coupe à décor polychrome sur fond bleuté
« Homme à genoux à la lisière d'un bois»
Faenza, vers 1520-1530

Terre vernissée, petite fontaine
Terre vernissée
Petite fontaine
Origine : Saintonge
Salle des poteries antiques et des terres vernissées
Salle des poteries et des terres vernissées

Fontaine d'applique en forme de façade de cathédrale ---»»»
Terre vernissée
Malicorne (Sarthe)
Vers 1830
Fontaine d'applique, terre vernissée
LA FAÏENCE ET LA PORCELAINE AU NIVEAU 2
Le grand escalier
Le grand escalier paré de ses plaques de porcelaine
À DROITE, le Salon des vases en porcelaine de Sèvres ---»»»
Le Salon des vases en porcelaine de Sévres
Vase étrusque
Vase étrusque dit des «Chasses royales historiques»
Vases et plaque de porcelaine
Vases et plaque de porcelaine
«««--- SALON DES VASES EN PORCELAINE DE SÈVRES ---»»»
Vase XIXe siècle
Vase XIXe siècle
porcelaine de Sèvres, vitrine
Assiettes et biscuits de porcelaine de Sèvres dans une vitrine
porcelaine de Sèvres, vase
Porcelaine de Sèvres
Vase «Afrique»
porcelaine de Sèvres, assiette de porcelaine
Assiette de la collection «Arts industriels»
«Dragueur mû par la vapeur»
porcelaine de Sèvres, vitrine
Un aperçu d'une salle du premier étage avec, au premier plan, un vase décoré de scènes mythologiques
porcelaine de Sèvres, vitrine
Partie d'une grande salle du premier étage. Dans les vitrines, des vases et des biscuits.

À DROITE, Biscuit de Sèvres, Le Parnasse de Russie, 1779, modèle de Boizot.      ---»»»
Surtout du service en porcelaine de Sèvres créé pour Catherine II
Les figures représentent les Arts, les Sciences et les Lettres.
Elles rendent hommage à la souveraine, qui a pris les traits de Minerve.
"Le Parnasse de Russie", biscuit de porcelaine de Sèvres
"Le Parnasse de Russie", biscuit de porcelaine de Sèvres, détail
Le Parnasse de Russie, détail
Assiette du service des départements
Assiette du service des «Départements»
«La Meurthe et la ville de Pont-à-Mousson»
"Le Parnasse de Russie", biscuit de porcelaine de Sèvres, détail
Le Parnasse de Russie, détail

porcelaine de Sèvres, assiette du service des "Petites vues de France"
Sèvres
Assiette du service des «petites vues de France»,
«Le château de Nantes»

porcelaine de Sèvres, vitrine
Vitrine d'assiettes de porcelaine. Au-dessus, une série de vases de Sèvres et de Nast
Table de faïences françaises

La Manufacture de Sèvres possède des assiettes, des plats et des tasses en quantité. Il arrive que, dans une salle
du musée, «le couvert soit mis». CI-DESSUS, une table de faïence française avec deux jolis dindons.

A DROITE, Tableau «Corinne au cap Misène» de Gérard (musée des Beaux-Arts de Lyon) revu par      ---»»»
Marie-Victoire Jaquotot, l'un des meilleurs peintres sur porcelaine du XIXe siècle en France
Ce tableau sur porcelaine date de 1825.

Corinne au cap Misène, peinture sur porcelaine
Jean-Bart, peinture sur porcelaine
«Jean Bart, chef d'escadre»
Peinture sur plaque de porcelaine par Marie-Victoire Jaquotot, 1836
Vitrine du musée de Céramique de Sèvrres
Vitrine d'assiettes et de personnages en porcelaine de Vienne.
Au-dessus, tableaux translucides peints sur porcelaine. Au centre, deux tableaux de Marie-Victoire Jaquotot, dont «Corinne».
«Portrait de Jules II», plaque de porcelaine
Plaque de porcelaine
«Portrait de Jules II» de Raphaël
par Marie-Victoire Jaquotot, 1840
«La Maîtresse du Titien», plaque de porcelaine
Plaque de porcelaine
«La Maîtresse du Titien» d'après le Titien
par Jean-François Robert, 1826
«La Madone dite au Grand-Duc», plaque de porcelaine
Plaque de porcelaine
«La Madone dite au Grand-Duc» de Raphaël
par Abraham Constantin, 1824

Pourquoi des tableaux reproduits sur plaques de porcelaine?
À la fin du XVIIIe siècle, on commença à prendre conscience du problème que posait la conservation des tableaux. Le temps paraissait avoir une action destructrice jugée irréversible. Il fallait agir et reproduire ces chefs-d'œuvre du passé sous peine de les perdre à jamais. C'était d'ailleurs l'époque où l'imitation était regardée comme un art. Plusieurs voies s'offraient : la copie sur émail, la copie en mosaïque, les copies sur pierres dures et sur marbre, enfin la céramique. Avec son caractère d'absolue inaltérabilité, la peinture sur céramique finit par s'imposer. Les recherches sur les pâtes, les tests sur les «poudres» pour obtenir les meilleures couleurs créaient une émulation vive entre les porcelainiers (notamment parisiens). Cette concurrence acharnée fit croître la qualité des créations à un niveau inaccessible aux autres styles de copies. La céramique tirait ainsi profit de la présence d'artistes de très haut niveau qui, souvent, se disputaient les commandes. On peut citer ainsi Marie-Victoire Jaquotot (1772-1855), considérée comme l'une des plus talentueuses, Abraham Constantin (1785-1855) et Marie-Adélaïde Durand-Ducluzeau. Le musée de Sèvres expose plusieurs de leurs œuvres et certaines sont reproduites dans cette page.
Convaincus de travailler pour la postérité, ces artistes jouissaient d'une réputation flatteuse dans les milieux artistiques et gouvernementaux (la notion de «sauvegarde du patrimoine national» gagnant les esprits dans les ministères). Dans sa thèse de doctorat en Histoire de l'Art, Anne Lajoix cite ce court extrait des Mémoires d'un touriste de Stendhal : «Dans deux cents ans, on ne connaîtra les fresques de Raphaël que par Monsieur Constantin». La perte annoncée des chefs-d'œuvre de la peinture paraissait certaine à tous.
Raphaël - regardé à l'époque comme le maître des maîtres - fut l'un des peintres les plus copiés. Et beaucoup le furent. Le catalogue des œuvres réalisées par Marie-Victoire Jaquotot montre deux grandes familles : les copies des tableaux admirés par

les générations antérieures et les portraits. On trouve ainsi des copies de Raphaël bien sûr, et de Holbein, Mantegna, Léonard de Vinci, Rubens, Titien, Mignard, Nattier, Champaigne, Tintoret, van Dyck, van Loo, etc., ainsi que des contemporains comme Quentin de la Tour, Girodet, Gérard et Isabey. Les tableaux étaient ôtés des musées pour plusieurs mois, ce qui n'allait pas sans heurt avec les conservateurs. Évidemment, lorsqu'on demandait à un artiste de confier sa toile à un peintre sur porcelaine, il se sentait très flatté.
Cependant il y avait un obstacle de taille. Outre l'obligation de travailler sur une dimension réduite du fait de la matière utilisée, les contraintes de la peinture sur porcelaine rendaient ces œuvres très chères. En effet, pour obtenir une copie parfaite, il fallait un artiste très habile comme peintre et, en même temps, expert dans l'art de mélanger les «poudres». Car seuls de savants mélanges permettaient d'obtenir des couleurs conformes à celles du modèle. Et dans cet art Marie-Victoire Jaquotot excellait. Si l'on ajoute enfin la possiblité des accidents de cuisson qui réduisaient le travail à néant, on comprend aisément l'envolée des prix... et le désappointement des Pouvoirs publics, commanditaires d'une bonne partie des créations.
La peinture sur céramique connut ses heures de gloire de l'Empire à la Monarchie de Juillet. Puis vinrent les premières découvertes en photographie... L'on comprit alors que cette invention, marquée par des progrès rapides, allait permettre de reproduire les chefs d'œuvre du passé à un coût bien moindre et - par exemple - de se servir de ces «copies» à des fins pédagogiques. L'engouement des débuts fit place au désintérêt, bientôt accentué par le mépris des artistes du second XIXe siècle envers la copie (un type d'œuvre qui fut désormais exclu du domaine de l'art). Enfin l'oubli s'installa. Les plus grands peintres sur porcelaine, à l'époque de Louis XVIII, Charles X et Louis-Philippe, sont à présent des inconnus.
Source
: «Marie-Victoire Jaquotot, 1772-1855, Peintre sur porcelaine» d'Anne Lajoix, Société de l'Histoire de l'Art français (Éditions Le Trait d'Union - Florence Hatier)

Plaque de porcelaine
Plaque de porcelaine fabriquée à Sèvres
«Langlacé pinxit», 1829 d'après le Poussin

L'engouement pour les tableaux sur plaque de porcelaine, de l'Empire à la Monarchie de Juillet, associé à ce que l'on considérait être un devoir culturel de sauvegarde du patrimoine artistique, conduisit à encadrer ces œuvres aussi somptueusement que les plus beaux tableaux des grands maîtres de la peinture.

Vitrines des faïences françaises (Moustiers, Strasbourg)
Vitrines des faïences françaises (Moustiers, Strasbourg, etc.) au premier étage
Vitrine
Vitrine du premier étage
En face, armoire des porcelaines de Vincennes
Vitrine d'objets des manufactures de porcelaine de Paris, XIXe siècle
Vitrines d'assiettes et de vases des manufactures de porcelaine de Paris au XIXe siècle (Nast, Petit Caroussel, Diehl, etc.)
Assiette 1er Empire, Manufacture Nast
Assiette 1er Empire
Manufacture de Nast
Si vous aimez les biscuits de porcelaine, voir «L'Alliance»
(modèle de Boizot) dans la page de la Préfecture des Yvelines
Biscuit de porcelaine, "La Beauté couronnée par les Grâces"
Biscuit de porcelaine : «La Beauté couronnée par les Grâces», vers 1775. Modèle de Boizot
Rappelons qu'un biscuit est une pâte de porcelaine cuite, sans couverte, donc sans émaillage, ce qui lui garantit un aspect mat particulièrement chaleureux.
Vase de Lafosse
Manufacture de Sèvres
Vase de Lafosse, porcelaine dure
Décor en pâte sur pâte, 1886
Les Muses, plaque de porcelaine (détail)
Secrétaire
Plaque de porcelaine avec les muses, détail
(La plaque entière est donnée ci-dessous)
porcelaine de Sèvres, assiette
Assiette du service «A vues diverses» : «le port de Flessingue»

Bustes de Louis XVIII et du Comte d'Artois encadrant un superbe
secrétaire où trônent les muses sur une plaque de porcelaine ---»»»»
Porcelaine de Sèvres, bustes et meuble
Biscuit de Sèvres, "Les mangeurs de raisins"
Biscuit de Sèvres, «les Mangeurs de raisins», vers 1757
porcelaine de Sèvres, vase
Vase XVIIIe siècle
porcelaine de Sèvres, vase
Vase de Sèvres
à motif de guirlandes
porcelaine de Paris, "Vénus et l'Amour"
Biscuit de porcelaine dure, «Vénus et l'amour»
Paris, fabrique de Locré, XVIIIe siècle

Documentation : Panneaux dans les vitrines du musée de Sèvres
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