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Si vous visitez Paris et que vous aimez contempler
de belles choses, le musée de céramique de Sèvres
est une étape incontournable. Sur deux niveaux, vous y trouverez
des céramiques de la Renaissance, des majoliques, de l'art
islamique, des faïences de Delft, en passant par les faïences
françaises (Moustiers, Strasbourg, Rouen, etc.)
Pour les yeux, le meilleur - et le plus avancé technologiquement
- est au premier étage : collections de biscuits, de vases,
d'assiettes et autres depuis l'époque de Vincennes (avant
l'installation de la manufacture à Sèvres en 1756)
jusqu'au XXe siècle. Vous pouvez admirer dans cette page
des vues de quelques magnifiques objets de porcelaine ou de faïence
ainsi que des photographies des salles et des vitrines du musée.
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| LA FAÏENCE
ET LA PORCELAINE AU NIVEAU 2 |
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Le grand escalier paré de ses plaques de porcelaine
À DROITE, le Salon des vases en porcelaine de Sèvres
---»»» |
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Vase étrusque dit des «Chasses royales historiques» |

Vases et plaque de porcelaine
«««--- SALON DES VASES EN PORCELAINE DE SÈVRES
---»»» |

Vase XIXe siècle |
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Assiettes et biscuits de porcelaine de Sèvres dans une vitrine
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Porcelaine de Sèvres
Vase «Afrique»
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Assiette de la collection «Arts industriels»
«Dragueur mû par la vapeur»
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Un aperçu d'une salle du premier étage avec, au premier
plan, un vase décoré de scènes mythologiques
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Partie d'une grande salle du premier étage. Dans les vitrines,
des vases et des biscuits.
À DROITE, Biscuit de Sèvres, Le Parnasse de Russie, 1779,
modèle de Boizot. ---»»»
Surtout du service en porcelaine de Sèvres créé
pour Catherine II
Les figures représentent les Arts, les Sciences et les Lettres.
Elles rendent hommage à la souveraine, qui a pris les traits
de Minerve.
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Le Parnasse de Russie, détail
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Assiette du service des «Départements»
«La Meurthe et la ville de Pont-à-Mousson» |

Le Parnasse de Russie, détail |
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Sèvres
Assiette du service des «petites vues de France»,
«Le château de Nantes»
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Vitrine d'assiettes de porcelaine. Au-dessus, une série de
vases de Sèvres et de Nast
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La Manufacture de Sèvres
possède des assiettes, des plats et des tasses
en quantité. Il arrive que, dans une salle
du musée, «le couvert soit mis».
CI-DESSUS, une table de faïence française
avec deux jolis dindons.
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A DROITE, Tableau «Corinne
au cap Misène» de Gérard (musée
des Beaux-Arts de Lyon) revu par
---»»»
Marie-Victoire Jaquotot, l'un des meilleurs peintres
sur porcelaine du XIXe siècle en France
Ce tableau sur porcelaine date de 1825.
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«Jean Bart, chef d'escadre»
Peinture sur plaque de porcelaine par Marie-Victoire Jaquotot,
1836 |

Vitrine d'assiettes et de personnages en porcelaine de Vienne.
Au-dessus, tableaux translucides peints
sur porcelaine. Au centre, deux tableaux de Marie-Victoire Jaquotot,
dont «Corinne». |

Plaque de porcelaine
«Portrait de Jules II» de Raphaël
par Marie-Victoire Jaquotot, 1840 |

Plaque de porcelaine
«La Maîtresse du Titien» d'après le Titien
par Jean-François Robert, 1826
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Plaque de porcelaine
«La Madone dite au Grand-Duc» de Raphaël
par Abraham Constantin, 1824 |
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Pourquoi
des tableaux reproduits sur plaques de porcelaine?
À la fin du XVIIIe siècle,
on commença à prendre conscience du problème
que posait la conservation des tableaux. Le temps paraissait
avoir une action destructrice jugée irréversible.
Il fallait agir et reproduire ces chefs-d'uvre
du passé sous peine de les perdre à jamais.
C'était d'ailleurs l'époque où
l'imitation était regardée comme un art.
Plusieurs voies s'offraient : la copie sur émail,
la copie en mosaïque, les copies sur pierres dures
et sur marbre, enfin la céramique. Avec son caractère
d'absolue inaltérabilité, la peinture
sur céramique finit par s'imposer. Les recherches
sur les pâtes, les tests sur les «poudres»
pour obtenir les meilleures couleurs créaient
une émulation vive entre les porcelainiers (notamment
parisiens). Cette concurrence acharnée fit croître
la qualité des créations à un niveau
inaccessible aux autres styles de copies. La céramique
tirait ainsi profit de la présence d'artistes
de très haut niveau qui, souvent, se disputaient
les commandes. On peut citer ainsi Marie-Victoire
Jaquotot (1772-1855), considérée comme
l'une des plus talentueuses, Abraham Constantin (1785-1855)
et Marie-Adélaïde Durand-Ducluzeau. Le musée
de Sèvres expose plusieurs de leurs uvres
et certaines sont reproduites dans cette page.
Convaincus de travailler pour la postérité,
ces artistes jouissaient d'une réputation flatteuse
dans les milieux artistiques et gouvernementaux (la
notion de «sauvegarde du patrimoine national»
gagnant les esprits dans les ministères). Dans
sa thèse de doctorat en Histoire de l'Art, Anne
Lajoix cite ce court extrait des Mémoires
d'un touriste de Stendhal : «Dans deux cents
ans, on ne connaîtra les fresques de Raphaël
que par Monsieur Constantin». La perte annoncée
des chefs-d'uvre de la peinture paraissait certaine
à tous.
Raphaël - regardé à l'époque
comme le maître des maîtres - fut l'un des
peintres les plus copiés. Et beaucoup le furent.
Le catalogue des uvres réalisées
par Marie-Victoire Jaquotot montre deux grandes familles
: les copies des tableaux admirés par
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les générations
antérieures et les portraits. On trouve ainsi
des copies de Raphaël bien sûr, et de Holbein,
Mantegna, Léonard de Vinci, Rubens, Titien, Mignard,
Nattier, Champaigne, Tintoret, van Dyck, van Loo, etc.,
ainsi que des contemporains comme Quentin de la Tour,
Girodet, Gérard et Isabey. Les tableaux étaient
ôtés des musées pour plusieurs mois,
ce qui n'allait pas sans heurt avec les conservateurs.
Évidemment, lorsqu'on demandait à un artiste
de confier sa toile à un peintre sur porcelaine,
il se sentait très flatté.
Cependant il y avait un obstacle de taille. Outre l'obligation
de travailler sur une dimension réduite du fait
de la matière utilisée, les contraintes
de la peinture sur porcelaine rendaient ces uvres
très chères. En effet, pour obtenir une
copie parfaite, il fallait un artiste très habile
comme peintre et, en même temps, expert dans l'art
de mélanger les «poudres». Car seuls
de savants mélanges permettaient d'obtenir des
couleurs conformes à celles du modèle.
Et dans cet art Marie-Victoire Jaquotot excellait. Si
l'on ajoute enfin la possiblité des accidents
de cuisson qui réduisaient le travail à
néant, on comprend aisément l'envolée
des prix... et le désappointement des Pouvoirs
publics, commanditaires d'une bonne partie des créations.
La peinture sur céramique connut ses heures de
gloire de l'Empire à la Monarchie de Juillet.
Puis vinrent les premières découvertes
en photographie... L'on comprit alors que cette invention,
marquée par des progrès rapides, allait
permettre de reproduire les chefs d'uvre du passé
à un coût bien moindre et - par exemple
- de se servir de ces «copies» à
des fins pédagogiques. L'engouement des débuts
fit place au désintérêt, bientôt
accentué par le mépris des artistes du
second XIXe siècle envers la copie (un type d'uvre
qui fut désormais exclu du domaine de l'art).
Enfin l'oubli s'installa. Les plus grands peintres sur
porcelaine, à l'époque de Louis XVIII,
Charles X et Louis-Philippe, sont à présent
des inconnus.
Source : «Marie-Victoire
Jaquotot, 1772-1855, Peintre sur porcelaine»
d'Anne Lajoix, Société de l'Histoire de
l'Art français (Éditions Le Trait d'Union
- Florence Hatier)
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Plaque de porcelaine fabriquée à Sèvres
«Langlacé pinxit», 1829 d'après le Poussin
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L'engouement pour les tableaux
sur plaque de porcelaine, de l'Empire à la Monarchie
de Juillet, associé à ce que l'on considérait
être un devoir culturel de sauvegarde du patrimoine
artistique, conduisit à encadrer ces uvres
aussi somptueusement que les plus beaux tableaux des
grands maîtres de la peinture.
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Vitrines des faïences françaises (Moustiers, Strasbourg,
etc.) au premier étage |

Vitrine du premier étage
En face, armoire des porcelaines de Vincennes |

Vitrines d'assiettes et de vases des manufactures de porcelaine
de Paris au XIXe siècle (Nast, Petit Caroussel, Diehl,
etc.) |

Assiette 1er Empire
Manufacture de Nast
Si vous aimez les biscuits de porcelaine, voir «L'Alliance»
(modèle de Boizot) dans la page de la Préfecture
des Yvelines |
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Biscuit de porcelaine : «La Beauté couronnée
par les Grâces», vers 1775. Modèle de Boizot
Rappelons qu'un biscuit est une pâte de porcelaine cuite,
sans couverte, donc sans émaillage, ce qui lui garantit
un aspect mat particulièrement chaleureux. |

Manufacture de Sèvres
Vase de Lafosse, porcelaine dure
Décor en pâte sur pâte, 1886 |

Secrétaire
Plaque de porcelaine avec les muses, détail
(La plaque entière est donnée ci-dessous) |
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Assiette du service «A vues diverses» : «le port
de Flessingue»
Bustes de Louis XVIII et du Comte d'Artois encadrant un superbe
secrétaire où trônent les muses sur une plaque
de porcelaine ---»»»»
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Biscuit de Sèvres, «les Mangeurs de raisins», vers 1757
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Vase XVIIIe siècle |

Vase de Sèvres
à motif de guirlandes |

Biscuit de porcelaine dure, «Vénus et l'amour»
Paris, fabrique de Locré, XVIIIe siècle |
Documentation : Panneaux dans les vitrines
du musée de Sèvres |
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