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Page créée en 2011
Vertu théologale, La Foi, dans le tympan du portail central

Élevée sous le Second Empire, l'église Saint-Augustin est la seule de l'architecte Victor Baltar, par ailleurs bâtisseur des Halles de Paris et auteur, dans sa carrière, de la restauration de nombreuses églises. 100m de long, 80m de haut au lanternon, dôme de 25m de diamètre : c'était la première fois que l'on construisait une église de cette taille avec une ossature métallique couverte de pierres. Baltard ne chercha pas à cacher le métal : l'ossature se voit au niveau de la voûte et des colonnes. Des piliers en fonte dorée ornés d'anges polychromes soutiennent tout l'édifice. Le chœur circulaire accueille un grand ciborium en fonte et s'ouvre sur trois chapelles dominées, chacune, par une tribune ouverte.
Saint-Augustin est aménagée en style romano-byzantin, parfois éclectique : roman pour la nef avec ses arcs en plein cintre, byzantin pour le chœur avec sa coupole, mais aussi antique pour le ciborium et Renaissance vaguement ailleurs. C'est une église austère, sombre, comme aucune autre à Paris. On est très loin de la beauté de Saint-François-Xavier ou de La Sainte-Trinité, édifiées à la même époque. Comme on dit, l'architecte a voulu mêler les critères artistiques de l'époque aux besoins spirituels de la communauté des fidèles... Que donnerait Saint-Augustin si les élévations étaient crème clair?
Il n'y a pas de vitraux en verre blanc. Au premier niveau de l'élévation dans la nef, ils sont à figures géométriques ; au troisième niveau, ils représentent des saints et des martyrs. Ce qui explique que la nef soit assez sombre.

La nef de l'église Saint-Augustin
La nef de Saint-Augustin et son austérité impressionnante
Les piliers de fonte dorée (solidaires des parois) se voient à droite et à gauche, ornés d'anges à leur partie supérieure, en fonte dorée eux aussi.
La voûte en berceau repose sur une charpente en fer qui ressemble à de la dentelle. Au centre du chœur trône un grand ciborium en fonte dorée sous une voûte byzantine.
La façade de Saint-Augustin
La façade et son architecture inspirée du roman.
Trois baies à arcade en plein cintre sont surmontées d'une frise où Jésus est entouré des apôtres.
Dans les niches à droite et à gauche, on trouve Moïse, Elie, saint Augustin et saint Thomas d'Aquin.
A noter que la rose, au-dessus, a été exécutée avec une armature en fonte.
Vue du chevet depuis le boulevard Malesherbes
Le dôme, entouré de trois de ses quatre tourelles, parade
fièrement le long du boulevard Malesherbes.

La construction de l'église Saint-Augustin. Ce quartier de Paris était surnommé jusqu'au début du Second Empire, «la Petite Pologne» en raison de la misère qui y régnait. La volonté de Napoléon III de créer des grands axes de circulation dans la capitale, bordés d'immeubles modernes, remodela le profil de la population. «La Petite Pologne» fut vite transformée en un quartier bourgeois. Le besoin de le doter d'une église digne du standing de ses habitants se fit pressant. L'espace n'était pas large : il y avait juste un trapèze délimité par le boulevard Malesherbes et l'avenue Portalis (aujourd'hui César Caire). De plus, si vous regardez une carte de Paris, vous constaterez un changement d'angle dans le boulevard Malesherbes à cet endroit. Y édifier une grande église, pensait le baron Haussman, dissimulerait cette obliquité dans la perspective.
C'est à Victor Baltard (1805-1874) que fut confiée cette tâche. Il avait su régler, à la satisfaction du Prince-Président, le problème des Halles en 1852. Le chantier commença en 1860. Il fut suivi de près par l'empereur. Reprenant l'innovation de l'architecte Louis-Auguste Boileau pour l'église Saint-Eugène, Baltard proposa une ossature métallique couverte de parois de pierres et d'une voûte de brique. Ce mode de construction était, argumenta-t-il, économique et solide. Il n'y avait pas besoin de

contreforts ou d'arcs-boutants. Utiliser le métal pour bâtir, c'était moderne. Et c'était aussi ce que souhaitaient les catholiques parisiens de l'époque : allier la modernité aux besoins spirituels sans perdre de vue les formules stylistiques habituelles. Victor Baltard choisit l'éclectisme : porches néo-romans, coupole byzantine, arcades en plein cintre dans la nef, ciborium à l'antique, le tout en privilégiant les techniques artistiques nouvelles.

L'église Saint-Augustin fut inaugurée le 28 mai 1868 et ne déchaîna pas l'enthousiasme. Très vite, on reprocha à l'architecte la part trop importante donnée à la technique. D'autres regrettèrent que le tracé des rues s'imposât à l'architecture et non pas l'inverse, privant l'édifice d'une harmonie à sa mesure. Enfin, durant la guerre de 1870, les moqueurs n'hésitèrent pas à assimiler le lanternon (donné ci-dessous) à un casque prussien et à railler la religion calviniste de l'architecte, ce qui le disqualifiait, disait-on, pour construire des églises catholiques.
L'édifice a bénéficié d'une restauration extérieure en 1991-1992.

Source : «L'église Saint-Augustin», article de Georges Poisson (conservateur général du Patrimoine), revue «Napoléon III», 2e trimestre 2010.

le lanternon au-dessus de la coupole
Hommage au métal : le lanternon de Saint-Augustin culmine à 80m.
La forme et la couleur voulues par Baltard sont, bien sûr, tout à fait originales. Durant la guerre
de 70, les critiques de l'église l'assimilèrent à un casque prussien (Baltard était protestant).
Fresque dans le tympan du portail central
Le fronton de chacun des trois portails est orné d'un médaillon en lave émaillée.
Créés par Jean-Paul Balze (1815-1884), ils représentent les vertus théologales.
Ci-dessus, le médaillon du portail central représente la Foi. Ci-dessous, la Charité.
Fresque dans le tympan d'un portail latéral
Vue du choeur et du ciborium de Saint-Augustin
Le chœur et le ciborium en fonte dorée
Au second plan, la chapelle du Sacré-Cœur
Dans la tribune au-dessus, l'orgue de chœur
Vitrail dans la coupole
Vitrail «Notre-Dame»
C'est le vitrail «central» de la coupole au-dessus
du chœur (grisaille relevée au jaune d'argent).
Cliquez sur l'image pour voir le vitrail en gros plan
La chapelle de la Vierge et la tribuneVitrail "La descente de Croix"Vitrail "La visitation"
La chapelle de la Vierge vue depuis un des escaliers qui montent au ciborium.
Elle est dominée par une tribune ouverte ornée de deux vitraux : la Descente
de Croix et la Visitation, œuvres de Claudius Lavergne (1814-1887)
Elévations du côté droit dans la nef de Saint-Augustin
Elévations du côté droit. La nef donne directement dans les chapelles latérales. Il n'y a pas de bas-côté.
Comme le terrain sur lequel l'architecte Baltard a construit l'église est en trapèze, les chapelles latérales s'élargissent à mesure que l'on avance vers le chœur.
Sculptures de pierre et piliers de fonte dans le choeur
Sculptures en pierre et piliers en fonte dorée
ornés d'anges dans le chœur
Vitrail dans la nef
Exemple de vitrail au dernier niveau de l'élévation
dans la nef. Ils sont extrêmement travaillés.
Œuvres de Charles-Laurent Maréchal (1801-1887)
Le ciborium de Saint-Augustin
Le ciborium en fonte dorée dans le chœur
Ici, il est vu de la nef et surplombe le maître-autel
Le choeur et la chapelle du Sacré Coeur
La chapelle du Sacré Cœur
C'est l'une des trois chapelles qui ornent le chœur circulaire de Saint-Augustin. Elle fait face à la chapelle Saint-Joseph.

A DROITE, en gros plan, saint Augustin, docteur de l'Église, dans un vitrail à deux lancettes dans la nef ----»»»
Cliquez sur l'image pour voir le vitrail en entier.
Un ange en fonte sur pilier du choeur
Ange en fonte polychrome
sur un pilier du chœur
Saint Augustin (vitrail de la nef)
Chapelle de la Vierge
Chapelle axiale de la Vierge
(On y retrouve toujours les piliers de fonte dorée.)
Vitrail "La Descente de Croix" au-dessus de la chapelle de la Vierge
Vitrail de la Descente de Croix de Claudius Lavergne
(1814-1887) dans la chapelle de la Vierge
Statue de la Vierge à l'Enfant dans la chapelle de la Vierge
Statue de la Vierge à l'Enfant
dans la chapelle de la Vierge
Œuvre en marbre de Léon Jaley (1802-1866)
Chapelle Saint-Antoine
Chapelle latérale Saint-Antoine (côté gauche de la nef)
L'exiguïté du terrain où est bâtie l'église a transformé les «chapelles»
latérales de Saint-Augustin en confessionnaux ou en bureaux.
Seule la chapelle Saint-Antoine est une chapelle traditionnelle.
Statue de sainte Marthe dans la chapelle de la Vierge
Statue de sainte Marthe
dans la chapelle de la Vierge
Œuvre d'Aimé-Napoléon Perrey (1813-1883)
Tableau "La mort de sainte Monique"
Tableau dans la nef
«La mort de sainte Monique» (la mère de saint Augustin)
par Eugène-Ulysse Maillart (1840-1926)
Chapelle Saint-Joseph dans le choeur
Chapelle Saint-Joseph dans le chœur
Les chapelles du chœur ont été construites avec des matériaux nobles : colonnes en marbre rose, mosaïque pour les autels.
Architecture dans le choeur et la coupole
Vue de la coupole et des vitraux (en bas) de la tribune qui domine la chapelle axiale de la Vierge
Cette image est typique de l'église Saint-Augustin : un mélange de pierre et de métal qui, par endroits, prend presque des allures de bric-à-brac...
La chaire à prêcher de Saint-Augustin
La chaire à prêcher XIXe de Saint-Augustin
L'orgue de tribune et sa rose
L'orgue de tribune est dû à Barker (1868).
Il a été révisé par Cavaillé-Coll en 1899, puis dans la seconde moitié du XXe siècle.
L'orgue se dégage sur une très belle rose du maître-verrier Prosper Lafaye (1806-1883). L'armature de la rose est en fonte.
Fresque au-dessus de l'orgue du choeur
Fresque au-dessus des orgues du chœur (peintes par William Bouguereau, 1825-1905)
Compte tenu de la hauteur et du peu de lumière, l'artiste a opté pour des personnages qui
se détachent sur un fond bleu et un paysage très simple.
Vitrail dans la coupole (détail)
Exemple des très beaux vitraux grisaille relevés au jaune d'argent dans la coupole.
Le XIXe siècle maîtrisait parfaitement la technique des vitraux.
Ici, en gros plan, celui de saint Merry. Cliquez sur l'image pour voir le vitrail en entier.
Le choeur et le ciborium avec vue sur la nef
Vue du chœur avec le ciborium en gros plan. Dans Saint-Augustin, la pierre et la fonte se juxtaposent partout.
Au-dessus de la nef, la voûte en berceau repose sur une très belle charpente en fer.

Documentation : «Paris d'église en église» (Massin éditeur), ISBN :978-2-7072-0583-4 + «l'église Saint-Augustin» de Georges Poisson, article de la revue «Napoléon III» , 2e trimestre 2010
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