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Cette troisième page consacrée
à la cathédrale Saint-Étienne de Sens
termine l'examen des grandes verrières de la Renaissance
dans le transept
: les Saints Protecteurs (ci-dessous), les Saints
Archevêques de Sens et la Vie
de saint Nicolas. Elle aborde ensuite des thèmes architecturaux
avec le chœur
et ses deux chapelles
orientées (les plus anciennes chapelles de la cathédrale) et
le déambulatoire.
C'est dans le déambulatoire que le visiteur pourra admirer les grandes
verrières du XIIIe siècle : le
Bon Samaritain, le Fils
Prodigue, Thomas
Becket, saint
Eustache. Enfin, l'attention est portée sur les trois chapelles
rayonnantes.
La chapelle
axiale, dédiée à saint Savinien, date de la première
période de construction (début du XIIe siècle). Elle a été
agrandie au XIIIe. Quelques photographies sont proposées du très
beau marbre de 1772 illustrant le martyre
de Savinien par Joseph Hermand.
La chapelle
du Sacré-Cœur, quant à elle, remonte à la
Renaissance. Son pendant, la chapelle de Sainte-Colombe,
date du XVIIIe siècle. Elle abrite le mausolée
du Dauphin et de la Dauphine, œuvre de Guillaume Coustou
le Jeune (1777).
Ces deux dernières chapelles contiennent des vitraux dignes
d'intérêt, notamment une Sibylle
de Tibur (des années 1550) et un très rare vitrail du
XVIIIe siècle : une Crucifixion
datée de 1748.
Cette page revient abondamment sur le problème architectural
des retombées
de voûtes d'ogives, déjà exposé en page
1 pour les bas-côtés. Ici, ce problème, typique
du gothique primitif, est explicité sur les voûtes du déambulatoire,
là où, selon les historiens, le maître de Sens
a montré quelques maladresses.
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| BAIE 123 : VERRIÈRE DES SAINTS PROTECTEURS
DU DIOCÈSE (1646) |
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Baie 123 :
LES SAINTS PROTECTEURS DU DIOCÈSE DE SENS
Atelier Antoine Soulignac, 1646. |
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Baie
123 : verrière des Saints Protecteurs du diocèse
de Sens.
Cette grande verrière, qui se dresse
dans le transept nord et que l'on aperçoit quand
on sort du déambulatoire, date de 1646. Œuvre
d'Antoine Soulignac, elle remplace une verrière
du XVIe siècle détruite lors d'une forte tempête
en 1644.
Deux séries de quatre grands personnages se dressent
sur un fond architectural en plein cintre. Les femmes
sont peintes sur un fond incolore à peine bleuté ; les hommes sur un fond noir. On trouve, en bas, les
saintes Paule, Colombe, Béate et
Madeleine ; en haut, les saints Savinien,
Étienne, Laurent et Potentien.
Le soubassement abrite les armoiries épiscopales. Au
tympan : emblèmes héraldiques, ciboires et encensoirs,
sabres et glaives, complétés par des pots-à-feu. Selon
le Corpus Vitrearum, la verrière est bien conservée.
Source : Corpus
Vitrearum, les vitraux de Bourgogne, Franche-Comté,
Rhône-Alpes, éditions du CNRS.
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Baie 123, détail : sainte Paule, sainte Colombe,
sainte Béate et sainte Madeleine.
Les Saints protecteurs du diocèse, œuvre d'Antoine
Soulignac.
Année 1646. |
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Antoine
Soulignac est un peintre verrier parision
peu connu. De son œuvre, on a aussi conservé
les grandes verrières à l'abside de l'église
Saint-Eustache
à Paris.
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Saint Étienne |

Saint Laurent |

Sainte Colombe |

Sainte Paule |
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| QUATRE SAINTS ET SAINTES
DANS LA VERRIÈRE DES SAINTS PROTECTEURS DU DIOCÈSE DE SENS (Année
1646). |
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| BAIE 115 : VERRIÈRE DES SAINTS ARCHEVÊQUES
DE SENS (vers 1517) |
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Baie 115 : LES SAINTS ARCHEVÊQUES DE SENS. |
Baie 115, détails.
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1) Le chanoine Jean Debray (1519), archidiacre d'Étampes,
donateur du vitrail des Saints Archevêques de Sens
(vers 1517)
2) Un archevêque de Sens dans le même vitrail. |
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Baie 115, détail : deux archevêques et le
donateur. |
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Baie
115 : verrière des Saints Archevêques de
Sens.
Cette grande verrière, de 12 mètres de
haut sur 4,8 mètres, illumine le transept nord
quand on arrive dans le chœur
depuis le vaisseau central. Elle a été offerte par le
chanoine Jean Debray (1519), archidiacre
d'Étampes. Comme bien d'autres vitraux dans le
transept de la cathédrale, elle est l'œuvre de
Jean Hympe et de son fils et datée aux alentours
de l'année 1517.
Les deux paires de rangées d'archevêques sont
séparées par une zone de meneaux transversaux vitrés
par de la mosaïque colorée. L'effet n'en est pas
très heureux. Y a-t-il eu, par manque de fonds,
une obligation de simplifier l'ornementation de la séparation
centrale de la verrière ?
Les deux points intéressants de ce vitrail sont, d'une
part, les fonds damassés des panneaux, dominés par des
linteaux à motifs Renaissance, d'autre part les
bordures Renaissance en grisaille et jaune d'argent
qui encadrent à gauche et à droite tous
les personnages, comme on peut le voir ci-dessus.
Le haut du tympan abrite une lapidation de saint Étienne.
La verrière a été restaurée en 1883 par l'atelier
d'Émile Hirsch.
Source : Corpus
Vitrearum, les vitraux de Bourgogne, Franche-Comté,
Rhône-Alpes, éditions du CNRS
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| BAIE 118 : VERRIÈRE DE SAINT NICOLAS (1502) |
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Baie 118 : VERRIÈRE DE SAINT NICOLAS
Ateliers troyens de Liévin Varin, Jehan Verrat et Balthazar
Godon.
Année 1502. |
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Baie 118
: verrière de saint Nicolas.
Cette grande verrière, installée à côté
de celle de l'Arbre
de Jessé, est l'œuvre des maîtres verriers
troyens Liévin Varin, Jehan Verrat et Balthazar
Godon. Elle date de 1502 et a été offerte par la
confrérie de Saint-Nicolas qui regroupait les gens de justice
de l'archevêque. Ce dernier rendait la justice au temporel
et au spirituel. Il avait donc à son service des ecclésiastiques
(un official pour le représenter, un promoteur et des juges
assesseurs) et le tribunal du bailli (qui était composé de
laïcs).
La verrière illustre les principaux épisodes de la
vie de ce saint qui fut évêque de Myre en Anatolie,
au début du IVe siècle : 1) le miracle du premier jour
de sa naissance où il tient debout tout seul ; 2) la
dot des trois pucelles sauvées de la débauche par la générosité
de Nicolas ; 3) Nicolas est désigné évêque de Myre ;
4) il apaise la tempête ; 5) il sauve trois officiers
condamnés à mort injustement ; 6) la mort de saint
Nicolas.
On remarquera la scène des trois officiers romains,
vêtus de robe blanche, prêts à se faire
décapiter, et sauvés par le zèle de saint Nicolas.
Cette dernière histoire est racontée dans La Légende
dorée de Jacques de Voragine (1292), rédigée à
la fin du XIIIe siècle. Dans le cours du XIIe, elle
a été remplacée par celle des trois enfants tués par un boucher
et ressuscités par le saint. À l'époque où il
rédigeait sa Légende, Voragine ne la connaissait sûrement
pas.
Il faut s'arrêter sur le registre des donateurs qui
est digne d'intérêt car on y voit les différents acteurs
de la justice épiscopale : à gauche, un official représentant
l'archevêque et agenouillé devant une Vierge à
l'Enfant ; un juge devant saint Nicolas ; un avocat devant
sainte Catherine d'Alexandrie ; enfin, un notaire, présenté
très certainement par saint Yves, lui aussi patron
des professions de robes.
La verrière a été restaurée par Émile Hirsch
en 1884, notamment la scène de la Mort du saint. Elle
est jugée comme «assez bien conservée» par le
Corpus Vitrearum.
Sources : 1) Les vitraux
de la cathédrale de Sens, éditions APROPOS ;
2) Corpus Vitrearum, les Vitraux de Bourgogne, Franche-Comté
et Rhône-Alpes, éditions du CNRS.
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Baie 118, détail : le premier miracle de saint Nicolas
(il se tient debout sur sa baignoire le jour de sa naissance).
Ateliers troyens, année 1502. |

Baie 118, détail : saint Nicolas sauve trois officiers
injustement accusés.
Ateliers troyens, année 1502. |

Baie 118, détail : saint Nicolas, appelé par des
marins, apaise la tempête.
Ateliers troyens, année 1502. |
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Baie 118, détail : les donateurs de la verrière..
De gauche à droite : l'official, qui représente l'archevêque
de Sens, un juge, un avocat et un notaire (désignations inscrites
sur chaque vitrail).
Ils sont présentés par une Vierge à l'Enfant, saint Nicolas,
sainte Catherine d'Alexandrie et saint Yves.
Ateliers troyens de Liévin Varin, Jehan Verrat et Balthazar
Godon.
Année 1502. |
| LES CHAPELLES ORIENTÉES DU TRANSEPT |
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Chapelle Saint-Jean-Baptiste et baptistère (origine XIIe siècle). |

La chapelle de la Vierge (bras sud du transept)
est en gothique rayonnant. |

Vierge à l'Enfant offerte par le chanoine
Manuel de Chaulnes en 1334
Chapelle de la Vierge. |
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Les chapelles
du transept.
Dès sa construction (vers 1130), la cathédrale a été
conçue avec trois chapelles : une chapelle
axiale, actuellement dédiée à saint Savinien, et
deux chapelles au niveau de ce qui est maintenant le transept,
mais qui n'existait pas à l'époque. Ces chapelles possèdent
des autels dirigés vers l'est (l'orient). Ce sont donc des
chapelles orientées.
La chapelle
Saint-Jean-Baptiste est la plus imprégnée de style
roman : suite d'arcatures aveugles en plein cintre et voûte
en cul-de-four (photo ci-dessus).
Cependant le Bulletin monumental de 1982, consacré
à la cathédrale de Sens,
se montre perplexe. Il rappelle que rien ne permet d'affirmer
que la voûte en cul-de-four était le parti prévu à
l'origine. La chapelle a été très restaurée dès
avant le XIXe siècle et la moulure qui court à
la base de cette voûte en cul-de-four est de style classique ! Conséquence : même si les restaurations ont respecté
le style original, on ne peut rien conclure quant à
un éventuel signe d'antériorité de cette chapelle sur les
autres parties de la cathédrale. D'autre part - et le Bulletin
monumental le rappelle aussi - les murs de cette absidiole
n'ont pu être montés qu'une fois construit le mur du
bas-côté nord.
La chapelle
de la Vierge possédait, à l'origine, une architecture
romane semblable à celle de la chapelle
Saint-Jean-Baptiste. Mais cette chapelle, disposée au
sud, a été réédifiée dans la seconde moitié du XIIIe siècle
selon les règles du gothique rayonnant : avec un fin
réseau de pierre ouvrant largement les murs au-dessus d'un
soubassement orné d'arcades. Si la chapelle Saint-Jean a des
aspects clairement romans (dans des parties peut-être
reconstruites), la chapelle de la Vierge, telle qu'on peut
la voir actuellement, s'inscrit déjà dans l'ère
d'un gothique bien installé, celui du XIVe siècle.

Combien de travées droites ces deux chapelles possédaient-elles ? Une, deux ou trois ? Rien ne permet de le dire. Après
les fouilles d'Adolphe Lance, le plan proposé par Viollet-le-Duc
leur attribue une seule travée droite.
C'est la conclusion reprise par l'historien Charles Porée
pour le Congrès archéologique d'Avallon en 1907
et le chanoine Eugène Chartraire dans sa Petite
monographie de la cathédrale parue en 1928. Mais ce résultat
a été mis en doute par l'architecte L. Bégule, dans son ouvrage
sur la cathédrale paru en 1929, qui en voyait trois.
Terminons cet aperçu architectural en rappelant que
la construction du transept, à partir de 1490, a bien
sûr nécessité une adaptation de la partie occidentale
de ces chapelles.
Claire Pernuit, dans Sens, première cathédrale gothique,
écrit - sans plus de précision - que, lors de cette construction,
l'une des travées de la chapelle
Saint-Jean-Baptiste a dû être détruite. Le chanoine Chartraire
écrit, quant à lui : «En avril 1502, les maçons abattent la
première travée de la chapelle
Saint-Jean, l'architecte [Martin Chambiges] désirant remplacer
l'arc en plein cintre qui en forme l'entrée sur l'ancien transept.»
Et il ajoute que l'on n'a d'ailleurs aucune preuve de l'existence
de cet ancien transept... Comme quoi, l'historique de l'architecture
des grandes cathédrales, en l'absence de documents précis,
n'est jamais simple.
L'ornement principal de la chapelle
de la Vierge est la belle statue de la Vierge
à l'Enfant, offerte par le chanoine Manuel de Chaulnes
en 1334.
Sources : 1) Bulletin monumental,
La cathédrale de Sens, 1982 ; 2) Sens, première cathédrale gothique, éditions APROPOS,
2014 ; 3) La cathédrale de Sens d'Eugène Chartraire, Petite monographie des grands édifices de la France, 1928.
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Le transept et les chapelles orientées.
Combien les deux chapelles orientées avaient-elles de
travées droites ?
Viollet-le-Duc ne voyait qu'une seule travée droite.
En 1929, l'architecte Bégule en voyait trois. |

Baie 18, détail : Couronnement de la Vierge, XIVe
siècle,
Chapelle de la Vierge. |
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| LE CHŒUR DE LA CATHÉDRALE SAINT-ÉTIENNE |
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L'entrée du chœur et l'autel de messe de la cathédrale de Sens.
La magnifique grille centrale, dessinée par Michel-Ange Slodtz, date
de 1760. |
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Le
chœur de la cathédrale Saint-Étienne.
Ce chœur est fermé par des grilles hautes. Il est
impossible d'y pénétrer, ce qui empêche d'apprécier
le baldaquin
et le maître-autel de près. Ces deux ouvrages,
conçus par l'architecte Servandoni, ont
été sculptés par les frères Slodtz dans
les années 1740.
L'entrée du chœur est fermée par une magnifique
grille (photo ci-dessus).
Depuis le XIIIe siècle, un jubé médiéval
fermait le chœur sur la nef. Jugé vétuste,
un premier projet en 1726 eut pour dessein d'en modifier
la partie centrale. Le maître serrurier parisien
Jean de Brie réalisa la nouvelle ferronnerie
qui fut mise en place en 1732.
Vers 1760, le cardinal de Luynes lança
un nouveau projet pour renouveler l'ensemble du jubé
en créant deux autels latéraux conçus
par Joseph Hermand (photo ci-contre). On relia les deux
autels par une nouvelle grille bien plus prestigieuse
que celle de Jean de Brie. Dessinée par Michel-Ange
Slodtz et réalisée par Guillaume
Doré, ses nombreux motifs à la feuille d'or
représentent des objets liturgiques.
Un tableau du peintre E. Bodier au musée
de Sens, illustrant le Concile tenu à Sens
en 1850, permet de s'en faire une idée assez
précise.
Au XIXe siècle, des voix s'élevèrent pour
détruire le jubé : on voulait libérer la perspective
pour mieux suivre le déroulement de l'office. En 1868-1869,
les autels latéraux furent donc détruits et remplacés
par une extension de la grille dans le style de celle
Slodtz (l'histoire du jubé dans les sources est
muette sur ce remplacement).
Leurs parties sculptées sont aujourd'hui exposées au
musée
de Sens. On peut y voir, disposées en deux paires,
les trois Vertus théologales (Foi, Espérance et Charité)
associées à une Vertu cardinale, la Justice.
La porte de Jean de Brie a été déplacée
à l'entrée de la chapelle Saint-Savinien
(où elle se trouve toujours).

Les vitraux de l'abside de Saint-Étienne ne s'approchent
en rien de la vue féerique offerte par d'autres cathédrales,
comme par exemple Saint-Gatien
à Tours.
À Sens,
seule la verrière d'axe et ses deux voisines
reçoivent des vitraux historiés (du XIIIe siècle).
Ils illustrent la Passion du Christ, des scènes
de la vie de la Vierge et des scènes de la vie
de saint Étienne. Quelques extraits en sont proposés
ci-dessous.
Le reste du chœur est illuminé par des verrières décoratives
surmontées de tympans trilobés et ornés de personnages
ou de saynètes. Ces trilobes sont du XIIIe ou du XIXe
siècle. On donne plus
bas quelques exemples de trilobes du XIIIe siècle.
Source : Sens, première cathédrale gothique, éditions APROPOS, 2014.
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Les instruments du culte resplendissent au sein de la grille
centrale du chœur posée en 1760.
Dessinée par Michel-Ange Slodtz, cette grille a été réalisée
par Guillaume Doré. |
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Baie 102,
détail : Vie de saint Étienne
Vers 1230-1240, |
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Essai de reconstitution du jubé de 1762.
Maquette présentée au MUSÉE
DE SENS par Marc Barbier, échelle 1/20e. |

La Foi et l'Espérance : sculpture de l'ancien jubé de la cathédrale
(vers 1762)
Ouvrage de Joseph Hermand.
MUSÉE
DE SENS |

L'ange musicien du lutrin
dans le chœur.
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VIE DE LA VIERGE ET ENFANCE DU CHRIST
Baie 101, XIIIe siècle. |

Le baldaquin dans le chœur, dessiné par Servandoni (vers
1740). |
| «««--- Le couronnement du baldaquin dessiné
par Servandoni (vers 1740). |
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Baie 101, détail du tympan : Vie de la Vierge
et
de l'Enfance du Christ
XIIIe siècle.
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Saint Pierre et saint Paul
Trilobe d'un vitrail du chœur
XIIIe siècle.
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Le Christ montrant ses plaies
Trilobe d'un vitrail du chœur
XIIIe siècle. |
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| Voir les trilobes de Moïse
et d'Abraham
(XIIIe siècle) à la page 1. |
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| LE DÉAMBULATOIRE ET LES VERRIÈRES
DU XIIIe SIÈCLE |
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Le déambulatoire nord et son arcature romane du XIIe siècle.
La grille que l'on voit correspond à l'entrée de la chapelle
Saint-Thomas-Becket,
construite au XIVe siècle entre les contreforts du chœur.

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Les chapiteaux de part et d'autre
de cette chapelle montrent déjà la difficulté des travées
tournantes du déambulatoire.
Dans les chapiteaux à droite de la chapelle (à gauche sur
la photo), pas de décalage de niveau entre le chapiteau du
doubleau et celui du formeret ; à gauche de la chapelle,
il y a décalage.
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Le déambulatoire
de la cathédrale de Sens.
Le déambulatoire est un endroit où
il faut impérativement lever les yeux : d'une part
pour l'architecture de la voûte, d'autre part pour les
très beaux vitraux du XIIIe siècle. Après
beaucoup d'atermoiements, les historiens ont obtenu la preuve
que le premier maître de Sens
avait, dès l'origine, pourvu le déambulatoire d'une
chapelle d'axe de forme rectangulaire : la chapelle Saint-Savinien.
C'était un choix délibéré car la structure architecturale
d'un déambulatoire ouvert sur plusieurs chapelles rayonnantes
était déjà connue et répandue dans le monde roman.
Si la cathédrale du XIIe siècle brille par son uniformité,
elle n'en demeure pas moins un édifice de transition. On le
voit aisément dans le déambulatoire nord. Celui-ci présente
une série d'arcades en plein cintre, enrichie de chapiteaux
typiquement romans : oiseaux et lions affrontés, taille
de la vigne (ce dernier est d'ailleurs le plus beau chapiteau
de tout l'édifice).
Le visiteur ne manquera pas de remarquer - en levant les yeux
- la maladresse des travées tournantes du déambulatoire.
Les voûtes tournantes que l'on observe sont bien sûr
en forme de trapèze, mais les formes n'en sont pas
régulières, pas plus que les croisées d'ogives. Enfin,
on retrouve ici le simple culot qui reçoit la tombée
d'ogive, profil déjà vu dans les bas-côtés du
vaisseau central.
En fait, d'un point de vue chronologique, c'est le cheminement
inverse qui est correct : le constructeur des bas-côtés,
vraisemblablement par fidélité au parti du premier maître,
a reproduit ce qui existait dans le déambulatoire. On donne
ci-après un exemple de cette retombée atypique : le
doubleau et le formeret retombent sur une colonnette, mais
pas la nervure d'ogive. Ce qui apparaît comme une erreur
puisque la grande tradition gothique veut que toute nervure
tombant d'une voûte doit être reçue sur
sa colonnette propre. Soyons indulgents : comme indiqué dans
l'encadré sur les bas-côtés de la nef (voir à
la page
1), la cathédrale Saint-Étienne a été érigée à
une époque où les éléments du style gothique n'étaient
pas encore figés en système.
Le déambulatoire offre un autre exemple de ce qu'on peut considérer
comme des tâtonnements du premier maître
: dans les parties tournantes, les chapiteaux des formerets
sont placés nettement au-dessous du chapiteau recevant le
doubleau (voir photos ci-dessous) alors que, dans les parties
droites, ces deux chapiteaux sont au même niveau.
Dans le Bulletin monumental de 1982 consacré à
la cathédrale de Sens,
Jacques Henriet écrit à ce sujet : «(...) pour
construire les voûtes de travées de plan trapézoïdal
dont la base atteint plus de 9 mètres et pour éviter
un surbaissement très exagéré des formerets, l'architecte
a prévu le départ de ceux-ci à un niveau inférieur.»
Cependant, ce départ est en fait un repentir car la bonne
disposition n'avait pas été vue à l'origine. Henriet
ajoute en effet : «Cette solution (...) n'a pas été
immédiatement perçue par le "Maître de Sens"
qui a implanté le mur extérieur et les piles du chœur
jusqu'au niveau des départs des voûtes sans apprécier
pleinement les difficultés que lui causerait l'ampleur des
travées tournantes. Lorsqu'il a fallu monter les voûtes,
le problème surgit et l'architecte décida alors de
procéder à l'abaissement des chapiteaux des formerets.»
Le lecteur non initié aura compris que la conception des travées
tournantes d'un déambulatoire ne se fait pas à la légère
et que tout doit être anticipé. De la sorte, le déambulatoire
de la cathédrale Saint-Étienne présente, dans ses irrégularités,
un véritable cas d'école, typique du gothique primitif.
Nous engageons le visiteur de la cathédrale à passer
un peu de temps dans cet endroit pour observer ces ajustements.
Ils font partie intégrante de l'histoire de l'architecture.
Voir le complément de l'analyse des retombées des voûtes
à la page
1 dans l'encadré sur les bas-côtés.
Nous avons vu que, à l'origine, seule existait la chapelle
d'axe. Au XIVe siècle, on construisit trois chapelles
entre les contreforts du chœur : Sainte-Apolline, Saint-Martial
et Saint-Thomas-Becket. En 1556, une chapelle rayonnante sera
dressée au sud, la chapelle Notre-Dame-de-Lorette (devenue
depuis chapelle du Sacré-Cœur)
où l'on peut admirer le vitrail de la Sibylle
de Tibur. Puis, en 1703, son pendant au nord sera ouvert
à son tour. Ce sera la chapelle Sainte-Colombe.
Ces chapelles rayonnantes sont données plus bas.
Sources : 1) Bulletin monumental,
La cathédrale de Sens, 1982 ; 2) Sens, première cathédrale gothique, éditions APROPOS, 2014.
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Travée droite : pas de décalage de niveau entre le chapiteau du doubleau
et le chapiteau du formeret.
La nervure d'ogive retombe sur un culot au-dessus des chapiteaux :
elle n'est pas reçue sur une colonnette. |

Travée tournante : décalage de niveau entre le chapiteau du doubleau
et le chapiteau du formeret.
La nervure d'ogive retombe sur un culot au-dessus des chapiteaux (absence
de colonnette). |
| LES IRRÉGULARITÉS DES RETOMBÉES D'OGIVES SONT
UNE PART DE L'HISTOIRE DE L'ARCHITECTURE GOTHIQUE |
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Vue partielle de la voûte du déambulatoire
et des trapèzes (qui ne sont pas très bien assurés). |
La tribune de l'archevêque
---»»»
La fenêtre à gauche est celle de la tribune
de l'archevêque :
ce dernier pouvait suivre l'office
tout en restant dans ses appartements.
À droite, l'escalier mène à la salle
du Trésor. |
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Le déambulatoire sud dans sa partie romane.
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Lions adossés
Chapiteau roman dans le déambulatoire (vers 1150). |

Tête de grotesque crachant des lianes
Chapiteau roman dans le déambulatoire (vers 1150). |
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Les méchants dans la gueule des démons.
Chapiteau roman dans le déambulatoire.
(Vers 1150) |

La taille de la vigne.
Chapiteau roman dans le déambulatoire (vers 1150) |

Animaux monstrueux.
Chapiteau roman dans le déambulatoire (vers 1150). |
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Arcature aveugle de type roman dans le déambulatoire nord.
Elle est surmontée de deux vitraux du XIIIe siècle :
le Bon Samaritain et le Fils prodigue. |
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Baie
15 : verrière du bon Samaritain
Cette magnifique verrière (qui jouxte
celle du Fils
prodigue) affiche cinq mètres de haut pour
deux mètres de large. Elle est datée aux alentours
de 1207-1215. C'est l'une des plus belles verrières
du XIIIe siècle que l'on puisse contempler en
France.
L'histoire du Bon Samaritain est trop connue pour que
l'on s'y étende ici. Notons simplement que les épisodes
liés à cette histoire figurent dans trois carrés
posés sur la pointe (l'homme agressé ; le prêtre
et le lévite qui passent leur chemin ; le Samaritain
qui conduit l'homme à l'auberge), chaque carré
étant enrichi de quatre lobes proposant l'interprétation
parabolique de l'image centrale.
La parabole du Bon Samaritain, qui ne se trouve que
dans l'évangile de Luc, est présentée comme une allégorie
de l'histoire du monde depuis Adam (la Chute, Moïse,
l'Incarnation du Christ, sa Passion et sa Résurrection).
Le Corpus Vitrearum indique que le vitrail a
été restauré, sans donner plus de précisions.
Sources : 1) Les
vitraux de la cathédrale de Sens, éditions APROPOS ;
2) Corpus Vitrearum, les vitraux de Bourgogne, Franche-Comté, Rhône-Alpes, éditions du CNRS.
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Baie 15, détail : au centre, le prêtre et
le lévite passent leur chemin.
Dans les lobes, épisodes de la vie de Moïse.
Verrière du Bon Samaritain, vers 1207-1215. |
Baie 15, détail
: au centre, le Samaritain conduit ---»»»
l'homme blessé dans une auberge
et paie l'aubergiste pour ses soins.
Dans les lobes, des scènes de la Passion.
Verrière du Bon Samaritain, vers 1207-1215. |
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| BAIE 15 : VERRIÈRE DU BON SAMARITAIN
- vers 1207-1215 |
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Baie 15 : LA PARABOLE DU BON SAMARITAIN
Vers 1207-1215.
L'un des plus beaux vitraux du XIIIe siècle
que l'on puisse voir en France. |
Thomas
Becket et Alexandre III ---»»»
Huile sur toile
Michel Honoré Bounieu (1740-1814). |
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Baie 15, détail : cinq hommes armés
attaquent un voyageur. |

Baie 15, détail : les Saintes Femmes devant
le tombeau. |
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Déambulatoire nord avec vue sur la chapelle Sainte-Colombe.
Série d'arcades romanes sur la gauche. |

Baie 17, détail : un grand festin accueille le
Fils prodigue.
Verrière de la Parabole du Fils prodigue, vers 1207-1215. |
Baie 17, détail
: à droite, le fils cadet réclame sa part d'héritage ; ---»»»
à gauche, le père partage son bien entre
ses deux fils.
Verrière de la parabole du Fils prodigue.
Vers 1207-1215. |
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| BAIE 17 : VERRIÈRE DU FILS PRODIGUE
(vers 1207-1215) |
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Baie 17 : LA PARABOLE DU FILS PRODIGUE
Vers 1207-1215. |
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Baie
17 : verrière du Fils prodigue.
Aussi belle et de même taille
que celle du Bon
Samaritain, la verrière du Fils prodigue
est, là encore, datée des années 1207-1215.
Tout le monde connaît l'histoire de ce fils
cadet, développée dans l'évangile de Luc, qui
réclame à son père sa part d'héritage.
Tandis que son frère aîné, plus consciencieux,
s'en va travailler aux champs, le fils cadet s'en
va tout dépenser en réjouissances chez des courtisanes.
Un vitrail le montre allégoriquement enchaîné
par des démons. Ayant tout perdu, il devient gardien
de porcs pour assurer sa subsistance, signe d'une
déchéance complète.
Enfin, honteux, il revient chez son père,
qui lui pardonne. Son frère rentre des
champs et proteste contre tant de laxisme !
Une scène, qui ne figure pas dans la parabole
de Luc, vient conclure l'histoire sur une note
positive : le père parvient à
convaincre son fils aîné de pardonner lui
aussi.
Les douze saynètes, à dominante
bleue, se détachent sur un fond à dominante
rouge. On pourra regretter le contraste un peu
vif entre le rouge et la gamme des bleus.
Comme pour la verrière du Bon
Samaritain, le Corpus Vitrearum indique
que le vitrail a été restauré, sans donner plus
de précisions.
Sources : 1) Les vitraux de la cathédrale de Sens, éditions APROPOS ; 2)Corpus
Vitrearum, les vitraux de Bourgogne, F-Comté, Rhône-Alpes.
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Baie 17, détail : le fils prodigue est accueilli
par son père.
Verrière de la Parabole du fils prodigue, vers
1207-1215. |
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| BAIE 21 : VERRIÈRE DE SAINT EUSTACHE (vers
1207-1215) |
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Baie 21 : VIE DE SAINT EUSTACHE
Vers 1207-1215. |

Baie 21, détail : Eustache et sa famille
sont martyrisés dans le taureau d'airain.
Verrière de la vie de saint Eustache, vers 1207-1215.
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Baie 21 : verrière de saint Eustache.
Cette verrière remonte aux années 1207-1215. Elle fait partie des quatre verrières
du XIIIe siècle de la cathédrale avec le Bon
Samaritain, le Fils
prodigue et la Vie
de Thomas Becket.
Comme on le voit à gauche, le dessin de la verrière
est complexe et original. Le même motif de carré
entouré de pétales, le tout inscrit dans un cercle tangent
à la bordure, se répète deux fois et demie.
Le décor est très riche : palmettes, rinceaux
s'entremêlent dans les cercles et dans les bordures.
Les blancs donnent du rythme au dessin sur un fond d'un
bleu puissant.
Enfin, les personnages élancés et les multiples plis
de leurs vêtements s'insèrent bien dans
le style des premières années du XIIIe siècle.
L'histoire de saint Eustache est une légende qui va
chercher ses origines dans les mondes romain et celtique,
ainsi qu'au Proche-Orient.
Placide est un général de l'empereur Trajan (98-117).
Au cours d'une chasse, la croix du Christ lui apparaît
entre les bois d'un cerf qu'il poursuit. Et le Christ
lui demande pourquoi il le poursuit ainsi.
À la suite de cette vision, il se convertit au
christianisme avec sa femme et ses deux fils. Il devient
Eustache, traduction grecque de Placide. Comme Job,
une suite de malheurs le frappe : ses esclaves meurent ; ses biens sont pillés. Avec sa famille, il part en
Égypte refaire sa vie, mais le capitaine du navire
retient sa femme pour prix de la traversée.
Traversant une rivière à gué, un lion
et un loup s'emparent de ses fils. Il se vend ensuite
comme ouvrier agricole.
Mais Trajan a besoin de lui. Il le fait rechercher et
lui confie le commandement de son armée. Eustache remporte
la victoire (vitrail ci-contre à droite). Puis,
une suite d'événements heureux lui fait retrouver sa
femme et ses fils.
Cependant l'empereur Hadrien succède à
Trajan et exige qu'Eustache sacrifie aux dieux. Ce qu'il
refuse (voir à droite). Lui et sa famille sont
alors placés dans un taureau d'airain chauffé à
blanc. On tirera leurs corps intacts de la fournaise.
La verrière n'est pas un original du XIIIe
siècle. Seule la partie supérieure (1,80m
de haut) remonte à cette époque. Le reste a été
recréé par un restaurateur de l'Yonne dans les années
1850, peut-être en s'inspirant du vitrail de saint
Eustache de la cathédrale
de Chartres. Son pastiche est d'une qualité remarquable.
Sources : 1) Les vitraux de la cathédrale de Sens, éd. APROPOS ;
2) Corpus Vitrearum, les vitraux de Bourgogne, Franche-Comté, Rhône-Alpes, éd. du CNRS ; 3) Le vitrail de saint Eustache,
les cahiers de Culture et Foi, publication du diocèse de Sens.
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| BAIE 16 : TYMPAN DE LA VERRIÈRE DES
QUATRE SAINTS (XIVe siècle) |
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Baie 16, détail du tympan : la résurrection des morts,
XIVe siècle.
Chapelle Saint-Martial dans le déambulatoire sud. |
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Baie 21, détail : Eustache prend le commandement
des armées de Trajan et obtient la victoire.
Verrière de la vie de saint Eustache, vers 1207-1215. |

Baie 21, détail : Hadrien demande à Eustache
de sacrifier aux dieux, ce qu'il refuse.
Verrière de la vie de saint Eustache, vers 1207-1215.
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Arcades et statue romanes dans le déambulatoire nord.
Au-dessus, le vitrail de la vie de Thomas Becket (vers 1207-1215). |
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| BAIE 23 : VERRIÈRE DE SAINT THOMAS BECKET
(vers 1207-1215) |
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Baie 23, détail : tentative de réconciliation
entre
Thomas Becket (à gauche) et le roi Henri II Plantagenêt
(à droite)
en présence du roi de France, Louis VII, au centre.
Verrière de la vie de saint Thomas Becket, vers 1207-1215. |
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Baie
23 : verrière de Thomas Becket.
Cette verrière illustre des scènes
de la dernière année de la vie de l'archevêque
de Canterbury, avant son assassinat en 1170. Elle est
datée des années 1207-1215 et possède la même
taille que les trois autres verrières du XIIIe
siècle (5m sur 2m).
Son agencement, tout différent, est constitué de suites
de médaillons groupés par cinq. Le Corpus Vitrearum
signale que la verrière a été restaurée, sans
donner plus de précisions.
La présence de ce thème dans un vitrail de la
cathédrale de Sens
est logique. Thomas Becket, archevêque de Canterbury,
est venu par deux fois à Sens
quand il était en exil forcé en France : d'abord en
1164, auprès du pape Alexandre III, lui aussi
en exil ; puis de 1166 à 1170. Puis il retourna
à Canterbury et trouva la mort dans le chœur
de sa cathédrale, sous les coups des chevaliers de la
cour d'Henri II Plantagenêt.
On retrouve la griffe artistique du début du XIIIe siècle
: personnages élancés et raffinement des plis dans les
vêtements.
Sources : 1) Les vitraux de la cathédrale de Sens, éditions APROPOS ;
2) Corpus Vitrearum, les vitraux de Bourgogne, Franche-Comté, Rhône-Alpes, éditions du CNRS.
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L'Assomption
Nicolas Restout
Deuxième quart du XVIIIe siècle. |

Statue provenant de la maison jadis habitée
à Sens par Thomas Becket.

On peut désormais la voir dans le déambulatoire
de la cathédrale, au-dessous de la verrière
consacrée à la Vie de saint Thomas Becket.
Il est possible que la statue représente le saint.
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Baie 23, détail
:Thomas Becket revient en Angleterre par Sandwich, le
port de son archevêché. ---»»»
Il veut éviter Douvres qui est un fief des partisans du
roi Henri II.
Verrière de la vie de saint Thomas Becket, vers
1207-1215. |
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Baie 23 : VIE DE SAINT THOMAS BECKET
Vers 1207-1215. |
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Baie 23, détail : Thomas Becket est accueilli
par les moines de Canterbury.
Verrière de la vie de saint Thomas Becket, vers 1207-1215.
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Baie 14; détail : Vierge à l'Enfant
XIVe siècle
Chapelle Sainte-Apolline dans le déambulatoire sud. |
«««--- Chapelles Saint-Martial et Sainte-Apolline
dans le déambulatoire sud.
C'est ainsi que se présentaient les chapelles des bas-côtés
nord
et sud détruites par Adolphe Lance à partir de
1858.
Voir l'encadré
à la page 1. |
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| LES TROIS CHAPELLES RAYONNANTES DU DÉAMBULATOIRE |
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Le déambulatoire avec les trois chapelles rayonnantes protégées par
des grilles. |
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Les trois
chapelles rayonnantes.
Si le déambulatoire regorge de richesses architecturales
(qui sont une part de l'histoire de l'architecture gothique
et de son évolution), les trois grandes chapelles rayonnantes
présentent, quant à elles, des richesses artistiques
qu'il faut prendre le temps d'admirer. Malheureusement, ces
chapelles sont en général fermées. Néanmoins, avec de la chance,
la chapelle Saint-Savinien
sera peut-être ouverte, ce qui vous permettra d'approcher
tout près du Martyre
de saint Savinien, magnifique groupe sculpté
du XVIIIe siècle.
Historiquement, une première chapelle axiale de forme
rectangulaire a été érigée au XIIe siècle, au moment
où s'élève la partie orientale de la cathédrale.
Au XIIIe, la chapelle est agrandie et devient polygonale.
C'est son état actuel.
Viendront, vers 1550, la chapelle du Sacré-Cœur
au sud, puis au XVIIIe siècle, son pendant, la chapelle
Sainte-Colombe
au nord. L'ouvrage Sens, première cathédrale gothique,
nous apprend que la construction de la chapelle Sainte-Colombe
a été financée grâce à un legs de 6000 livres
de l'abbé Legris en 1703. Son nom mérite d'être rappelé.
Au milieu de la chapelle Sainte-Colombe
s'élève le mausolée du Dauphin et de la Dauphine,
père et mère de Louis XVI. Cette œuvre
de Guillaume Coustou le Jeune a été terminée en 1777.
La grille de la chapelle étant fermée, le visiteur ne voit
pas grand-chose des trois grandes statues : l'Immortalité
et la Religion d'un côté, l'Amour conjugal de l'autre.
La chapelle du Sacré-Cœur présente deux œuvres d'art : une
voûte à caissons, typique de la Renaissance, et un vitrail
du XVIe siècle sur le thème de la Sibylle de Tibur.
Les grilles, là encore fermées, n'empêchent pas de les contempler.
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| LA CHAPELLE RAYONNANTE DU SACRÉ-CŒUR
(vers 1550) |
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La chapelle rayonnante du Sacré-Cœur,
anciennement chapelle Notre-Dame de Lorette.
Devant des grilles toujours fermées, on peut admirer la belle
voûte
à caissons, typique de l'architecture de la Renaissance,
ainsi que le vitrail de la Sibylle de Tibur (XVIe siècle). |
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Baie 6 : verrière de la Sibylle de Tibur.
Cette verrière est datée par le Corpus
Vitrearum de l'année 1546 ou de l'année 1556. Toujours
est-il qu'elle fut offerte, comme l'ensemble de la chapelle,
par le chanoine Nicolas Fritard vers 1550.
Le vitrail est attribué sans preuves à Jean
Cousin l'aîné. Et l'auteur du carton se serait
peut-être inspiré d'une gravure d'Antoine de Trente,
elle-même inspirée d'une œuvre du Parmesan.
Le vitrail illustre un passage de la Légende dorée
de Jacques de Voragine. Rappelons-en l'histoire.
Le sénat romain veut déifier l'empereur Auguste, mais
celui-ci veut savoir auparavant si le monde verra un
jour naître un homme plus grand que lui. Le hasard
veut qu'il s'adresse à la sibylle de Tibur (ancien
nom de Tivoli) le jour même de la Nativité. La
prophétesse voit apparaître un cercle d'or autour
du soleil et, en son milieu, «une vierge, d'une
beauté merveilleuse, portant un enfant sur son sein»
(traduction de Teodor de Wyzewa, La Légende dorée,
Diane de Selliers Éditeur).
La sibylle demande à l'empereur de regarder ce
prodige et lui déclare que cet enfant sera plus grand
que lui.
Donné ci-contre, le vitrail fait une large part à
l'architecture antique et au ciel. Jacques de Voragine
précise qu'une voix, venant de nulle part, déclara en
désignant la Vierge : «Celle-ci est l'autel du
ciel [ara coeli]». La chambre où
eut lieu ce miracle fut consacrée à la Vierge.
Et, plus tard, on érigea l'église de Santa Maria Ara
Coeli à cet endroit.
Cette prophétie servant de lien entre le monde gréco-romain
et le monde chrétien, le christianisme a conservé les
sibylles, qui sont en fait des prophétesses païennes.
En 1814, lors du bombardement de la ville par les cosaques,
le vitrail fut traversé par un boulet. Restauré à
deux reprises en 1844 et en 1886, il faudra attendre
la restauration de 1999 pour arriver à un résultat
convenable.
Sources : 1) Les
vitraux de la cathédrale de Sens, éditions APROPOS ; 2) Corpus Vitrearum, Vitraux de Bourgogne, de Franche-Comté
et Rhône-Alpes.
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Baie 6 : VERRIÈRE
DE LA SIBYLLE DE TIBUR ---»»»
Année 1542 ou 1556. |
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Baie 6, détail : la sibylle demande à l'empereur
Auguste de regarder l'apparition dans le ciel :
«une vierge d'une beauté merveilleuse portant un enfant sur
son sein» [Jacques de Voragine, La Légende dorée].
Vitrail de la Sibylle de Tibur, vers 1550. |

Baie 6, détail : les femmes à côté
de la sibylle s'inquiètent-elles de la prophétie ?
Vitrail de la Sibylle de Tibur, vers 1550.
Les marques de verre brisé, qui ne correspondent à aucun réseau
de plomb, sont-elles les restes de l'impact du boulet cosaque de 1814 ? |

Baie 6, détail :Vierge à l'Enfant.
Vitrail de la Sibylle de Tibur, vers 1550.
Loin de resplendir d'«une beauté merveilleuse», la Vierge
semble plutôt soucieuse du sort terrestre qui guette son fils. |
| LA CHAPELLE RAYONNANTE SAINTE-COLOMBE (début du
XVIIIe siècle) |
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Baie 9, détail : le Christ en croix.
Année 1748. |

Baie 7, détail : saint évêque assis
en trône entre deux anges céroféraires.
1532 et XVIIIe siècle. |
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Vitrail
du Christ en croix (XVIIIe siècle).
Il est rare de voir un vitrail du XVIIIe
siècle dans une église française. S'adaptant à la nouvelle
vague représentée par l'esprit des Lumières, les chanoines
de cette époque ont pris l'expression au mot : ils ont
introduit la lumière naturelle dans les églises. De
la sorte, des vitraux médiévaux jugés trop opaques (surtout
dans les chœurs) ont été cassés ; ailleurs, des
verres blancs simplement bordés d'une frise florale
sont venus fermer les baies.
En conséquence, l'art du vitrail s'est perdu
en France alors qu'il fleurissait en Angleterre.
Le vitrail du Christ en croix avec la Madeleine ne comprenait
à l'origine que la scène centrale et la
bordure de tulipes et d'œillets. Le complément
de vitrerie à bornes, placé autour, date de 1846.
La verrière est jugée en assez bon état par le
Corpus Vitrearum.
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Baie 7, détail : saint évêque assis en trône
entre deux anges céroféraires.
1532 et XVIIIe siècle.
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Mausolée du Dauphin et de la Dauphine
par Guillaume Coustou le Jeune, 1777
dans la chapelle Sainte-Colombe.
La chapelle étant fermée par des grilles, on ne peut pas
faire le tour de ce magnifique mausolée. |
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Baie 9 : LE CHRIST EN CROIX AVEC LA MADELEINE
Année 1748. |

Baie 9, détail : sur le visage de la Madeleine
coulent quelques larmes.
Vitrail du Christ en croix avec la Madeleine
Année 1748. |
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| LA CHAPELLE AXIALE SAINT-SAVINIEN (début du XIIe
siècle, modifiée au début du XIIIe siècle) |
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La chapelle axiale Saint-Savinien est en gothique classique
du XIIIe siècle. |

Saint Savinien
dans la sculpture de Joseph Hermand, 1772. |
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Le Martyre de saint Savinien
Groupe sculpté en marbre de Joseph Hermand, 1772.
La sculpture est accompagnée d'une haute draperie en stuc qui
cache
une partie du vitrail des XIIe et XIIIe siècles qui se
trouve derrière. |
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Le
Martyre de saint Savinien.
Cette œuvre magnifique de 1772 mérite d'être
regardée de près (quand les grilles de la chapelle
sont ouvertes). Ciselée dans le marbre par Joseph
Hermand, qui venait de réaliser les sculptures et
reliefs des jubés, elle s'insère dans le réaménagement
global de la cathédrale, décidé par les chanoines au
XVIIIe siècle.
Savinien est l'évangélisateur de la Sénonie au premier
siècle de notre ère.
Suivons les Annales Hagiologiques de la France
(éditées en 1860 sous la direction de Ch. Barthélemy)
pour y découvrir l'épisode qui clôt sa vie.
Devant un tribunal romain, Savinien, premier évêque
de Sens,
a proclamé sa foi chrétienne envers et contre
tout. Il sait qu'avec ses compagnons il est condamné
à mourir.
On lit ensuite : «Comme on le conduisait au supplice,
Savinien ayant obtenu du temps pour prier se retira
dans la crypte de l'église de Vif, sous l'invocation
du saint Sauveur, qui se trouvait sur son chemin, et
dans ces profondeurs qui lui servent de base, célébrant
le divin sacrifice, - après en avoir accompli selon
la coutume les rites sacrés, il se démit des pouvoirs
de l'épiscopat entre les mains de Potentien, qu'il nomma
son successeur. Mais, les cruels licteurs souffrant
impatiemment ce retard, se précipitèrent dans cette
crypte et frappant de l'épée et de la hache deux coups
sur le sommet de la tête du très-saint pontife incliné
sur l'autel, ils le tuèrent.»
La sculpture de Joseph Hermand respecte les grandes
lignes de ce meurtre : un soldat s'apprête à frapper
Savinien de sa hache, tandis qu'un autre a saisi le
prélat à la gorge.
Cette œuvre, d'une grande tension, est installée sur
l'autel en 1772. Malheureusement, le sculpteur
a jugé bon de l'envelopper dans une haute draperie en
stuc. On voit, sur la photo, qu'elle cache le bas de
la verrière composite qui se trouve derrière et qui
rassemble des fragments de vitraux des XIIe et XIIIe
siècles.
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Baie 1 : Vies de saint Thomas et de saint Savinien.
Vers 1180 et première moitié XIIIe siècle.
Verrière composite. |

L'orgue de tribune.
Deuxième quart du XVIIIe siècle et quatrième
quart du XIXe siècle. |

Baie 24, détail : saint Pierre et sainte Anne, XVe siècle. |
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L'orgue
de tribune.
Le premier orgue de la cathédrale date de
1440. Installé sous les voûtes du bas-côté nord, il
était utilisé pour les intermèdes musicaux. À cette
époque, en effet, les chants sont exécutés a cappella
par les chanoines.
Au XVIe siècle, un buffet réalisé par le décorateur
Jean Cousin l'Aîné et un nouveau mécanisme viennent
l'enrichir. En 1722, un nouvel instrument le remplace.
Il est installé près de l'entrée du chœur,
du côté de la chapelle
de la Vierge. Cet emplacement étroit est funeste
pour la sonorité et aucun agrandissement n'est possible.
Un instrument plus grand, qui réutilise des parties
du précédent, prend alors place à l'endroit traditionnel
qu'est le revers de la façade occidentale. L'orgue est
livré en 1734. Sa puissance est accrue ; la propagation
du son est jugée excellente.
À la Révolution, l'orgue est utilisé pour les fêtes
civiques et le culte de l'Être suprême. Ce qui est peu.
En 1802, le culte catholique est restauré. L'orgue est
doté d'une nouvelle soufflerie. Peu entretenu, l'instrument,
très fragile comme toutes les orgues, est signalé en
mauvais état lors de plusieurs inspections.
À la fin du XIXe siècle, cependant, Charles Gounod
a l'occasion d'y jouer et s'en fait le défenseur. En
1890, il est restauré.
L'orgue est classé monument historique en 1973, tandis
qu'une restauration globale est entreprise dans le style
fin du XVIIIe siècle. Il est inauguré le 20 octobre
1991.
Source : Sens,
première cathédrale gothique, éditions APROPOS, 2014.
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La nef de la cathédrale vue depuis le chœur. |
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Documentation : «Sens, première cathédrale gothique», éditions APROPOS, 2014
+ «Les vitraux de la cathédrale de Sens», éditions APROPOS, 2013
+ «La cathédrale de Sens» d'Eugène Chartraire, Petite monographie des grands édifices de la France, 1928
+ Bulletin monumental, La cathédrale de Sens, 1982
+ Corpus Vitrearum, Les vitraux de Bourgogne, Franche-Comté et Rhône-Alpes, Éditions du CNRS |
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