Accueil
 Histoire navale
 Céramique
 Bibliographie
 Les Grands Thèmes
  PATRIMOINE
  Châteaux, palais,
    Églises, monuments
Est Ouest Sud-Ouest Nord IdF Sud-Est Centre-OuestCentre-Est
RÉGIONS


 Contact
Page créée en juin 2011
??
Vierge à l'Enfant dans l'absidiole gauche

L'histoire de l'église Saint-André-de-l'Europe part de la congrégation des Oblats de Marie Immaculée. En 1860, celle-ci fait construire un bâtiment conventuel rue de Saint-Pétersbourg dans le 8e arrondissement de Paris. En 1897, les religieux élèvent une église dédiée à Notre-Dame de l'Immaculée Conception dans le style néogothique en s'inspirant de l'art gothique ogival du XIIIe siècle.
En 1901, la loi sur les associations conduit à la suppression de la congrégation ; l'église est fermée.
En 1959, l'évêché crée la nouvelle paroisse Saint-André-Apôtre. Elle est dédiée à Saint-André-de-l'Europe en 1959.
L'église est intéressante pour sa très belle verrière à l'abside. Les vitraux sont à la gloire de l'ultramontanisme, c'est-à-dire de l'autorité absolue du pape sur l'ensemble de l'Église et des fidèles par-delà les États et les gouvernements. Dans cet esprit, le culte de Marie avec Bernadette à la grotte de Lourdes, les docteurs de l'Église, le Péché originel et même un Arbre de Jessé veulent symboliser la place de l'Église triomphante dans la société française de la seconde moitié du XIXe siècle.

La nef de Saint-André-de-l'Europe
La nef et le chœur de l'église Saint-André-de-l'Europe.
Le style est le néogothique inspiré du XIIIe siècle.
ASPECT EXTÉRIEUR DE L'ÉGLISE SAINTE-ANDRÉ DE L'EUROPE

La façade est d'un style gothique très dépouillé.

Saint André sur la façade.

Le portail et ses colonnes à chapiteaux.

L'apôtre André est souvent associé à une croix en forme de X,
celle de son martyre. Certains érudits y voient simplement
l'initiale du mot Christ en langue grecque, le X.
ASPECT INTÉRIEUR DE L'ÉGLISE SAINTE-ANDRÉ DE L'EUROPE

Élévation néo-gothique à trois niveaux de la nef.

Architecture intérieure.
En 1897, les architectes Alfred Coulomb et Louis-Pierre Chauvet ont opté pour un néogothique traditionnel : une nef à six travées flanquées de bas-côtés simples et une abside à cinq pans.
Les grandes arcades sont en tiers-point et portent sur des colonnes cantonnées de quatre colonnettes engagées, surmontées de chapiteaux à feuillages.
Au-dessus des chapiteaux, une triple colonne engagée monte élégamment jusqu'à la voûte. Le triforium est ajouré par une suite d'ouvertures à trois baies. Au-dessus s'élèvent les fenêtres hautes.
Les deux bas-côtés se terminent chacun par une absidiole.
Les deux absidioles sont reliées par un déambulatoire assez étroit qui s'ouvre sur deux petites chapelles rayonnantes.
Toutes les voûtes sont sur croisées d'ogives.
La verrière de la nef est constituée de vitraux à motifs géométriques comprenant deux symboles des litanies de la Vierge. Cette verrière a été réalisée par l'atelier Georges-Claudius Lavergne (1814-1887).
Ces vitraux (exemples donnés ci-après) laissent passer beaucoup de lumière. Saint-André-de-l'Europe est une église très lumineuse.
Les trois verrières de l'abside sont historiées.


Piéta dans le bas-côté droit
Georges Serraz (1883-1964).
La stylisation des figures conduit à privilégier la gestuelle et la douleur qui l'imprègne.

Piéta dans le bas-côté droit, détail.

Baptistère avec bas-reliefs en bronze. ---»»»
 

Le bas-côté droit et sa série de confessionnaux.

Vitrail dans la nef. Il comprend deux symboles illustrant les litanies de la Vierge. ---»»»
Les vitraux de la nef sont de l'atelier Georges-Claudius Lavergne (1814-1887).

Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, détail.
Statue dans l'avant-nef.
LE CHŒUR DE L'ÉGLISE SAINTE-ANDRÉ DE L'EUROPE

Vitrail de l'abside.
En bas, la congrégation des Oblats.
En haut, les Pères de l'Église.

Le chœur et l'abside de Saint-André-de-l'Europe.

Entre deux ouvertures à trois baies trône la statue en bois
de l'apôtre Saint-André avec la croix de son supplice.
Avant le changement de dédicace de l'église, il y avait à cet endroit
une statue de l'Immaculée Conception.

Vitrail de l'abside.
En bas, le péché originel :
Adam et Ève sont chassés du paradis.
En haut : l'Arbre de Jessé.

L'ultramontanisme en France dans la seconde moitié du XIXe siècle.
La Révolution a bousculé le monde religieux en France. En 1801, le Concordat, signé entre le premier Consul et le pape Pie VII, institue la liberté des cultes, mais renforce l'autorité spirituelle du pape sur l'Église de France. L'ultramontanisme est né et va s'accroître au cours du siècle.
Simultanément le Concordat place l'Église sous la dépendance de l'État (le premier consul nomme les évêques). En réaction, Rome va imposer son emprise sur la liturgie et les fondements mêmes du catholicisme.
Des dogmes importants sont publiés pour mieux façonner et circonscrire la foi des fidèles : dogme de l'Immaculée Conception en 1854, Syllabus de Pie IX en 1864 qui dresse la liste des «erreurs» de la pensée moderne ; enfin, en 1870, dogme de l'infaillibilité pontificale et de la primauté universelle de droit divin du pape.
Ces trois étapes sont à la gloire de l'ultramontanisme et le renforce en France. En 1905, le Vatican réaffirme le pouvoir du pape au détriment des associations cultuelles, des Ordres et des congrégations.

Georges-Claudius Lavergne.
Georges-Claudius Lavergne était un peintre verrier parisien marqué par une forte tradition religieuse. Pour Saint-André-de-l'Europe, il créa une verrière où resplendit un ultramontanisme triomphant.
La présence de la Vierge dans la grotte de Massabielle, à Lourdes, dans la lancette centrale, illustre le dogme de l'Immaculée Conception.
Les Pères de l'Église, dans la lancette de gauche, symbolisent le pouvoir du pape et son infaillibilité.
Enfin, l'Arbre de Jessé, dans la lancette de droite, veut rappeler que la foi catholique va chercher ses racines sur plusieurs millénaires d'Histoire du monde.
Source : «les édifices néogothiques parisiens et leurs verrières : églises et chapelles catholiques» par Martine Callias-Bey (documentation du ministère de la Culture, juillet 2009).


Le chœur néogothique de Saint-André-de-l'Europe.

Statue en bois de saint André dans le chœur (XXe siècle).

L'Arbre de Jessé, détail :
Jessé endormi.
Atelier Lavergne père et fils.

Le Christ en croix dans le chœur.

On pourra voir d'autres Arbres de Jessé dans l'église Notre-Dame-la-Grande à Poitiers, l'église Saint-Pierre à Dreux, l'église Saint-Nizier à Troyes, Notre-Dame à Niort et, bien sûr, admirer le chef-d'œuvre d'Engrand le Prince à l'église Saint-Étienne de Beauvais.
Pour en savoir plus sur l'Arbre de Jessé et le rôle de l'abbé Suger dans sa formulation, voyez l'Arbre de Jessé de la basilique Saint-Denis.


L'Arbre de Jessé de Saint-André-de-l'Europe.
Atelier Lavergne père et fils.
On reconnaît Moïse, David et sa lyre et, dans le registre, du haut, deux rois de Juda.
Le Sacré-Cœur, qui tend la main vers Jessé endormi, porte l'inscription (en latin) :
un rameau sortira de la souche de Jessé.

Vitrail central de l'abside
Bernadette devant la Vierge à la grotte de Massabielle.
Atelier Lavergne père et fils.

Sur le mur est affiché
le Je vous salue Marie écrit en vingt langues.
Ce multilinguisme veut rappeler que l'Église, par sa dédicace,
s'adresse à l'Europe entière.
Chapelle Notre-Dame.

Vitrail de l'abside : le Péché originel (Lavergne père et fils). L'Ange chasse Adam et Ève du Paradis.
Voir la toile de Louis-François Français sur le même thème à l'église de La Sainte Trinité à Paris.

Vitrail de l'abside : la Vierge de Lourdes.
Atelier Lavergne père et fils.

Vitrail avec litanie de la Vierge : Siège de la Sagesse.

Vitrail avec litanie de la Vierge : Maison d'Or.

Vitrail avec litanie de la Vierge : Tour de David.
LES DEUX CHAPELLES ABSIDIALES

Chapelle absidiale Notre-Dame.

Notre-Dame-de-toute l'Europe, détail.
Cette Vierge pourrait être confondue avec une déesse gréco-romaine !

Dans ce site, vous pouvez voir quatre belles Vierge à l'Enfant
dans les chapelles de la Vierge des églises de Paris :
1) le chef-d'œuvre de Jean-Baptiste Pigalle à l'église Saint-Eustache
2) la Vierge d'Auguste-Louis Ottin à Notre-Dame-de-Clignancourt
3) la Vierge d'Alfred-Adolphe Lepère à Notre-Dame-des-Champs
4) La Vierge d'Antonio Raggi à la chapelle saint-Joseph des Carmes.


Notre-Dame-de-toute l'Europe
Sculpture anonyme.

Chapelle du Sacré-Cœur
dans l'absidiole droite.

Statue du Sacré-Cœur
dans l'avant-nef.

Vitrail central de l'abside : La basilique du Rosaire à Lourdes.

Vitrail de l'abside : la congrégation des Oblats
Atelier Lavergne père et fils.

Statue moderne de saint Joseph portant l'Enfant dans la nef. ---»»»


Chemin de croix, station I :
Jésus est condamné à mort.
Il a été réalisé par un membre de la congrégation
des Oblats de Marie Immaculée.

Chemin de Croix, station XIII :
Marie reçoit le corps de Jésus.

Vitrail dans l'abside : les docteurs de l'Église.
Atelier Lavergne père et fils.

Saint Joseph portant l'Enfant, détail.
L'artiste a sculpté un saint Joseph très athlétique !

L'orgue de tribune est dû au facteur Bécasse.
Fin XIXe siècle.


Statue de sainte Geneviève
dans la nef, détail.

«««--- Modèle des vitraux de la nef
illustrant les litanies de la Vierge.

La nef de l'église Saint-André-de-l'Europe vue du chœur.

Documentation : «Paris d'église en église», Massin éditeur
+ «Les églises de France, Paris et la Seine», éditions Letouzey et Ané, 1936
+ «Les édifices néogothiques parisiens et leurs verrières : églises et chapelles catholiques» de Martine Callias-Bey
(Documentation du ministère de la Culture, juil. 2009).
PATRIMOINE CARTE PATRIMOINE LISTE Retourner en HAUT DE PAGE
Menu Paris