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Cette page est consacrée au chœur
de Saint-Germain-l'Auxerrois, à son double déambulatoire
et à ses chapelles.
On donne successivement :
Le chœur de l'église (ci-après) avec les vitraux d'Étienne
Thevenot et d'Antoine Lusson (XIXe siècle) ;
Le déambulatoire
nord et ses chapelles ;
Le déambulatoire
sud et ses chapelles (avec le triptyque
marial du XVIe siècle) ;
Le déambulatoire
est et les chapelles du chevet : chapelle
des Saints-Patrons, chapelle
du Tombeau, chapelle
de la Bonne-Mort et chapelle
Saint-Landry.
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| LE CHŒUR DE L'ÉGLISE SAINT-GERMAIN-L'AUXERROIS |
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Le chœur de Saint-Germain-l'Auxerrois vu depuis l'autel de messe
de la croisée.
Au premier plan, l'autel de messe et l'ambon (que l'on voit pour moitié
à gauche) sont des créations de Philippe Kaepplin, au
XXe siècle. |

Élévation sud du chœur vue depuis une arcade
nord.
Première moitié du XIVe siècle.
Modifications en style classique antiquisant intervenues au
XVIIIe siècle. |

Le chœur et les stalles de 1847 par l'ébéniste
Caffin. |
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Architecture
du chœur (2/2).
---»» Le sort des vitraux anciens de l'abside,
qui avaient vraisemblablement survécu à
la campagne d'éclaircissement des années
1745-1754, fut réglé après la mise
à sac de l'église le 15 février
1831. Si les vitraux du premier niveau ont pratiquement
tous été brisés, ceux de l'abside
et du transept n'ont pas souffert de la rage des casseurs.
Malheureusement, l'historien Nicolas-Michel Troche,
au XIXe siècle, relate un fait navrant [rapporté
par Élisabeth Pillet] : peu après le sac,
le vitrier de la Préfecture, accompagné
d'ouvriers, déposa les cinq grandes verrières
de l'abside parce que les bordures portaient des fleurs
de lys, symbole d'une monarchie honnie. Ces verrières
ont toutes disparu.
Les six vitraux actuels ont été réalisés,
vers 1840, par l'atelier d'Étienne Thevenot
et, en 1866, pour les deux baies 105 et 106 à
l'extrémité ouest, par celui d'Antoine
Lusson. Ils représentent des apôtres,
l'Arbre de Jessé, des saints et des saintes,
isolés pour Thevenot ou par paires pour Lusson.
Les stalles du chœur datent de 1847. Les belles
grilles basses, en fer forgé, qui ferment le chœur,
sont l'œuvre du ferronnier Dumiez en 1744. Elles
portent les monogrammes de saint Vincent et saint Germain,
entourés de fleurs de lys.
Sources : 1) Les églises
flamboyantes de Paris d'Agnès Bos, éditions
Picard, 2003 ; 2) Les
églises de France : Paris et la Seine, article
de Maurice Dumolin, 1936 ; 3)
Le vitrail à Paris au XIXe siècle
d'Élisabeth Pillet, Corpus Vitrearum,
2010 ; 4) Paris d'église en église,
Massin, 2007.
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Baie 101, les Prophètes :
Isaïe, Jérémie, Ézéchiel et
Daniel.
Atelier Étienne Thevenot, 1840. |

Baie 103, les Prophètes : Amos.
Atelier Étienne Thevenot, 1840 |

Baie 105, les Saintes : sainte Anne et sainte Madeleine.
Atelier Antoine Lusson, 1866. |
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Vitrail moderne à deux lancettes dans le chœur. ---»»»
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Architecture
du chœur (1/2).
L'aspect actuel du chœur de Saint-Germain-l'Auxerrois
porte l'empreinte des travaux de rénovation et d'éclaircissement
pratiqués vers le milieu du XVIIIe siècle.
La présentation traditionnelle de l'église fait dater
le chœur du XIIIe siècle. Maurice Dumolin écrit ainsi
en 1936 dans Les églises de France : Paris et les
Seine : «Le portail,
le chœur et son premier bas-côté, qui accusent le troisième
quart du XIIIe siècle, la chapelle
de la Vierge, au sud de la nef,
qui semble appartenir au dernier quart du même siècle,
font présumer une reconstruction totale de l'église
dans cet intervalle.» Le chœur daterait donc du troisième
quart du XIIIe siècle.
En 1966, Maurice Eschapasse, inspecteur des Monuments
historiques, n'écrit pas autre chose dans le Dictionnaire
des églises de France : «Après l'élévation de l'enceinte
de Philippe Auguste, la population du quartier avait
augmentée [sic] très vite et l'église, devenue
insuffisante, fut reconstruite au cours de la seconde
moitié du XIIIe siècle. Le chœur et son premier bas-côté
ainsi que la chapelle
de la Vierge au sud de la nef
remontent à cette époque.»
La datation est reprise par d'autres historiens. On
la trouve, en 2008, dans Paris d'église en église
: «Trop exiguë, elle [l'église] est remplacée par un
nouveau sanctuaire au XIIIe siècle».
Vers l'an 2000, tout change car, dans le cadre de sa
thèse de doctorat, l'historienne Agnès Bos étudie attentivement
les archives de la paroisse et du chapitre. Elle y trouve
un compte de la fabrique pour les années 1340-1358 qui
témoigne d'«importants travaux» conduits dans cette
même période et vraisemblablement dans les années antérieures.
Sa conclusion est nette : ces travaux «amenèrent selon
toute probabilité à la reconstruction totale du chœur».
Sans donner d'autres détails, Agnès Bos ne fait ensuite
qu'énumérer les modifications intervenues dans le chœur
au XVIIIe siècle. Son analyse de Saint-Germain-l'Auxerrois
porte sur les autres parties de l'édifice.
À propos des années 1340-1358, rappelons que la guerre
de Cent Ans a commencé en 1337 avec l'arrivée d'Édouard
III et de son armée en Guyenne. Dans les décennies à
venir, la guerre sera circonscrite à l'Ouest de la France.
Les problèmes de disette, de manque d'argent, de brigandage
ne concernent pas encore l'Île-de-France.
Quoi qu'il en soit, on sera donc davantage dans le
vrai en datant le chœur de Saint-Germain-l'Auxerrois
du second quart du XIVe siècle et non pas du troisième
quart du XIIIe.
Au niveau architectural, l'élévation, à deux niveaux,
fait preuve de beaucoup d'élégance (photo ci-contre).
La séparation entre les deux niveaux est nette : le
chœur est assez large pour rendre inutile une quelconque
simulation de l'élancement par l'absence de corniche
horizontale. C'est même le contraire : les grandes verrières
à deux lancettes sont distinctement séparées de la suite
d'arcades par une moulure franche, de section rectangulaire,
interrompue par les consoles à la retombée des ogives.
Les grandes verrières à deux lancettes et tympan apportent
beaucoup de lumière.
Quel était l'aspect du chœur au XIVe siècle ?
On sait que les piles étaient rondes et sans cannelures
; les écoinçons, sans relief. Les chapiteaux portaient
des crochets, selon l'art gothique traditionnel. Quant
aux vitraux, leur décor est un mystère. Comme l'église
était celle de la Cour (avant qu'elle ne déménage à
Versailles),
on peut penser qu'ils étaient historiés et qu'ils avaient
été réalisés par les meilleurs peintres verriers médiévaux
de Paris, ce qui devait plonger la nef
et le chœur dans une pénombre permanente.
Au XVIIIe siècle, le besoin de lumière se répandit dans
les lieux de culte. En 1738, le chapitre décida de mener
un éclaircissement drastique : du verre blanc vint remplacer
un ensemble de verrières que les peintures devaient
trop opacifier. Néanmoins, il semble que l'abside ne
fut pas touchée. Dans Le vitrail à Paris au XIXe
siècle, Élisabeth Pillet précise que cette offensive
du verre blanc a été menée entre 1745 et 1754 sous la
direction de l'architecte Claude Bacarit, chargé de
la nouvelle décoration du chœur, secondé par son beau-frère,
le sculpteur Louis-Claude Vassé.
Nouvelle décoration du chœur : en effet, en 1744, un
événement important était survenu. Après quatre ans
de procédure, le chapitre des chanoines de Saint-Germain-l'Auxerrois
fut intégré au chapitre de la cathédrale
de Paris. La paroisse récupéra l’espace du chœur,
jusqu'alors à l'usage exclusif des chanoines.
La fabrique décida d'agencer le chœur au goût du jour
: l'art classique dans sa version antiquisante. En 1747,
le jubé de 1544, décoré par Jean Goujon, fut détruit.
(Quelques éléments sont exposés au Louvre.) Il sera
remplacé en 1767 par une grille
de clôture.
Vers la même époque, les piles du chœur sont cannelées,
les chapiteaux, remplacés par des tores ornés de guirlandes.
Quant aux écoinçons des arcades, ils sont creusés «pour
donner l'illusion du bois ou du marbre» [Agnès Bos].
Ce qui donne l'aspect actuel du chœur. «En même temps,
écrit l'historien Maurice Dumolin, le clocher fut découronné
de sa flèche en pierre et de ses clochetons.»
---»»» Suite 2/2
à gauche.
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Le chœur et ses grandes verrières du XIXe siècle
conçues par Thevenot et Lusson. |
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Baie 104, les Apôtres : saint Jacques..
Atelier Étienne Thevenot, 1840. |
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| ABSIDE : QUELQUES EXEMPLES DES TRÈS BEAUX
VITRAUX D'ÉTIENNE THEVENOT (1839 et 1840) |
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Baie 100, Arbre de Jessé : Marie, détail.
Atelier Étienne Thevenot, 1839. |

Baie 100, Arbre de Jessé : Jessé, détail.
Atelier Étienne Thevenot, 1839. |
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Baie 101, les quatre Grands Prophètes : Jérémie, détail.
Atelier Étienne Thevenot, 1840. |

Baie 102, les Évangélistes : saint Jean, détail.
Atelier Étienne Thevenot, 1840. |

Baie 102, les Apôtres : saint Jacques, détail.
Atelier Étienne Thevenot, 1840. |
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Baie 106, les Saints : saint Maurice et saint Louis,
détail.
Atelier Antoine Lusson, 1866. |

Baie 102, les Évangélistes : saint Marc, détail.
Atelier Étienne Thevenot, 1840. |
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Étienne-Hormisdas
Thevenot (1797-1862), peintre verrier (1/3).
Dans l'abside, la comparaison des vitraux d'Étienne
Thevenot avec ceux d'Antoine Lusson montre clairement
la supériorité du premier sur le second, sauf si Antoine
Lusson, anticipant le fait que personne ne verrait les
verrières de près, s'est contenté du minimum... Thevenot,
pour sa part, a utilisé trois ou quatre cartons de visages
différents, puis a réalisé des variantes au niveau des
barbes et de la coiffure pour les apôtres et les prophètes.
Les exemples donnés ici permettent de s'en rendre compte.
La vie d'Étienne Thevenot commence par une carrière
militaire au service des Bourbons. En 1830, Charles
X est chassé du trône par la révolution
des Trois Glorieuses. Fidèle à
ses convictions, Thevenot quitte l'armée et retourne
à sa propriété de Montferrand.
Il y vit du revenu de ses terres et se consacre au dessin
et à la peinture. Intéressé par
des domaines aussi variés que la science, l'art,
la religion ou encore les langues, on peut le qualifier
de bienfaiteur philanthrope de la ville de Clermont.
Notons quelques-unes de ses fonctions : membre et trésorier
de la fabrique de Notre-Dame
du Port, administrateur de la Caisse d'Épargne
de Clermont, membre de la société de Saint-Vincent-de-Paul.
Catholique fervent, il fonde en 1844 le Cercle catholique
de Clermont «dans le but, écrit Françoise
Gibert, d'y faire des conférences littéraires,
artistiques, scientifiques et religieuses, de créer
une bibliothèque pour ses membres, et d'entretenir
une Société de bienfaisance.»
En 1834, Thevenot entre à l'Académie
des Sciences, Belles Lettres et Arts de Clermont
dont il assurera le secrétariat pendant huit
ans. Il enrichit les Annales de ses Mémoires
personnels sur des sujets d'Histoire, d'archéologie
chrétienne du Moyen Âge et sur la peinture
sur verre. Sur le plan national, Prosper Mérimée,
inspecteur général des Monuments historiques,
le fait nommer en 1837 correspondant de la commission
des Monuments historiques, puis, en 1840, inspecteur
des Monuments historiques du Puy-de-Dôme. Par
l'entremise du Clermontois, dès 1841, dix-neuf
monuments de ce département sont inscrits sur
la liste des Monuments historiques.
---»» Suite 2/3
ci-dessous.
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Baie 102, les Évangélistes : saint Matthieu et l'ange, détail.
Atelier Étienne Thevenot, 1840. |
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Étienne-Hormisdas
Thevenot (1797-1862), peintre verrier (2/3).
---»» En France, l'art du vitrail est en sommeil au XVIIIe
siècle. Le comte de Chabrol fait partie du petit cercle qui
va relancer, dès les années 1820, la peinture sur verre dans
l'Hexagone. Le comte voyage en Angleterre en 1825 et découvre
le travail des verriers anglais Warren White et Jones. Revenu
à Paris, c'est lui qui commande à cet atelier des vitraux
pour les églises parisiennes de Sainte-Élisabeth
et de Saint-Étienne-du-Mont.
En 1828, la manufacture de Sèvres
créera le premier atelier de peinture sur verre en France,
mais ses premières créations ne seront pas jugées comme des
réussites, notamment celles pour l'église clermontoise de
Notre-Dame
du Port.
Le 26 juillet 1835, un terrible orage s'abat sur Clermont.
Dans la cathédrale
Notre-Dame, plusieurs hautes verrières nord, datées de
l'époque de saint Louis, sont brisées. Étienne Thevenot, qui
s'intéresse depuis quelques années déjà à l'art du vitrail
et qui a rencontré le comte de Chabrol, décide alors de se
consacrer à cet art. En collaboration avec Émile Thibaud,
un artiste formé par Antoine Gros, il va ouvrir un atelier
de peintres verriers à Clermont.
Les deux associés vont rapidement constater leur divergence
en matière de dessin et de peinture. Ils se sépareront dès
1837 et dirigeront chacun leur propre atelier. Cependant,
un lien les rattachera toujours : ils vont créer tous les
deux des vitraux dits archéologiques, c'est-à-dire
réalisés selon l'art et la pratique de leur époque. À l'opposé,
l'autre école de l'art du vitrail regroupe la manufacture
de Sèvres
et l'école anglaise. Pour celles-ci, «un vitrail doit être
la reproduction exacte d'un tableau, écrit Françoise Gibert,
avec une technique relevant davantage de la gravure.»
Étienne Thevenot va se passionner pour son art jusqu'à sa
mort en 1862, c'est-à-dire pendant près de trente ans. Avant
de se lancer dans le métier, il veut se pénétrer de l'esprit
du Moyen Âge. Dès 1836, il visite les églises parisiennes
célèbres pour leur vitrerie médiévale : Notre-Dame
de Paris, la Sainte-Chapelle, Saint-Séverin,
Saint-Gervais-Saint-Protais,
Saint-Étienne-du-Mont,
Saint-Merry,
etc.
Son périple passera aussi par Bourges,
Clermont, Riom,
Saint-Denis
ou encore Montluçon.
Il est intéressant de noter que Thevenot va classer les vitraux
en quatre périodes : l'âge byzantin (XIIe, XIIIe et début
du XIVe siècle) ; l'âge ogival (XIVe et XVe siècles) ; l'âge
de transition (XVIe siècle) ; la décadence (XVIIe et XVIIIe
siècles). Il y rajoute sa propre époque, celle du renouveau
avec les Anglais et Sèvres.
---»» Suite 3/3
ci-dessous.
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Étienne-Hormisdas
Thevenot (1797-1862) (3/3).
---»» Comme bien de ses confères, Étienne
Thevenot est à la fois restaurateur et créateur,
mais sa part créatrice se concentre plutôt sur
les douze dernières années de sa vie. Une cinquantaine
d'édifices dans vingt-six départements français
et à l'étranger le verront à l'œuvre.
Sa vie professionnelle ne fut pas un long fleuve tranquille.
Édouard-Adolphe Didron, directeur-fondateur de la revue
réputée qu'étaient les Annales archéologiques,
fut un adversaire acharné. Dans sa revue, Didron, esprit
fougueux, n'eut de cesse de critiquer sans vergogne le travail
de Thevenot, voire de le torpiller pour que des marchés
lui échappent.
La polémique créée autour de la restauration
par Thevenot de cinq des vitraux du chevet de la cathédrale
Saint-Étienne de Bourges
est un exemple des querelles qui minaient ce milieu artistique,
usant parfois de la calomnie. Il a fallu attendre l'analyse
de l'historienne du vitrail Karine Boulanger en 2003 pour
rendre justice au travail du peintre verrier clermontois.
Dans cette affaire, sa pratique s'est révélée
en phase avec les règles actuelles de la restauration
des verrières.
Source : Étienne-Hormisdas
Thevenot (1797-1862) par Françoise Gibert, Bulletin
historique et scientifique de l'Auvergne, n°104, année 2003.
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«««--- Baie 103,
Les Prophètes : Abdias, détail.
Atelier Étienne Thevenot, 1840.
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Baie 103, les Prophètes : Joël, détail.
Atelier Étienne Thevenot, 1840. |
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Baie 103, les Prophètes : Amos, détail.
Atelier Étienne Thevenot, 1840.
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«««--- Baie 100,
Arbre de Jessé : David, détail.
Atelier Étienne Thevenot, 1839.
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Baie 102, les Évangélistes : Saint Luc, détail.
Atelier Étienne Thevenot, 1840 |

Grille de clôture du chœur dans le déambulatoire
sud (Pierre Dumiez, 1767).
S.V. : monogramme de Saint Vincent, deuxième dédicataire de l'église. |

Grille de clôture du chœur.
Œuvre de l'artisan ferronnier Pierre Dumiez, datée de
1767. |

Le maître-autel du sanctuaire est daté du XIXe siècle.
Au XVIIIe siècle, les piles cylindriques ont été
cannelées, les chapiteaux sculptés en forme de guirlande,
les écoinçons évidés.
Le site Internet de la paroisse indique que le crucifix et les chandeliers
ont été offerts par Charles X en 1826.
Le roi, habitant les Tuileries, était un paroissien de Saint-Germain-l'Auxerrois. |
| LE DÉAMBULATOIRE NORD ET SES CHAPELLES |
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Le double déambulatoire nord vu du chevet.
Bas-côté «intérieur» : XIVe
siècle ; bas-côté «extérieur»
et chapelles : XVIe siècle.
Sur la droite : la chapelle Saint-Denis et le tableau Les
Disciples d'Emmaüs d'Auguste Galimard (1813-1880).
La flèche bleue indique une console très sommaire
en forme de cône. |

Chapiteau de style classique avec deux têtes d'angelots.
Déambulatoire nord. |

Chapelle NOTRE-DAME DE LA BONNE-GARDE et ses ex-voto
(déambulatoire nord).
La flèche rouge montre l'arrêt assez disgracieux
d'une retombée d'ogive. |
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Chapelle
Notre-Dame de la Bonne-Garde.
C'est la chapelle du remerciement à Marie : les piliers
à l'entrée sont couverts d'ex-voto placés après la Grande
Guerre. Curieusement, c'est devant un mur de pierre
nu que se dresse la statue de Notre-Dame de la Bonne-Garde
(photo ci-dessous).
Un tableau a sans doute disparu.
Le côté opposé à la statue est digne d'attention. On
y voit un arc triomphal (ci-dessous) riche de deux chapiteaux
finement ciselés. En 1647, la chapelle a été concédée
au marquis de Rostaing qui y fit placer un monument
funéraire, mais on ignore lequel. Dans Les églises
de France, Paris et la Seine (1936), l'historien
Maurice Dumolin parle des «mausolées que la famille
de Rostaing possédait dans l'église et dans celle des
Feuillants de la rue Saint-Honoré.»
De son côté, Louis Réau dans son Histoire du vandalisme
(première parution en 1959), traitant de la réintégration
des œuvres d'art dans les églises au début de la Restauration,
écrit : «Saint-Germain-l'Auxerrois ne récupère pas les
admirables gisants des Poncher, mais reçoit en échange
les tombeaux des Rostaing provenant de l'église des
Feuillants.» Ce sont très vraisemblablement les deux
priants de la chapelle
des Saint-Patrons : Charles de Rostaing (
1645) et Tristan de Rostaing ( 1582), datés de
l'année 1659.
Il est donc difficile de savoir ce que l'arc triomphal
abritait. Ce monument mystérieux a-t-il été détruit
à la Révolution ou transporté ailleurs sans qu'on en
ait gardé la trace ? En outre, y avait-il une
peinture murale derrière ou bien le mur était-il déjà
nu ?
Actuellement, l'espace est rempli pauvrement par une
copie d'un tableau
de Murillo.
Un œil averti remarquera que la chapelle est embellie
par deux bas-reliefs en pierre qui encadrent la baie.
On y voit deux saints. L'un (donné ci-dessous)
regarde le crucifix, l'autre accompagne l'Enfant-Jésus.
La famille de Rostaing a-t-elle décidé par elle-même
de l'identité de ces personnages ?
À propos d'ex-voto, on pourra voir à Paris
l'église Notre-Dame
des Victoires qui en est couverte et avoir un sourire
amusé envers l'étonnant
ex-voto apposé par un fidèle insatisfait dans la
crypte de l'église Sainte-Radegonde
à Poitiers.
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Le
déambulatoire nord et ses chapelles.
Au nord, le bas-côté «intérieur»
(c'est-à-dire côté chœur)
remonte au XIVe siècle (comme celui au sud).
Le bas-côté «extérieur»
(côté chapelles) a été reconstruit
au XVIe siècle.
L'ensemble des chapelles nord date du XVIe siècle.
Rappelons le mode habituel de création des chapelles
latérales (nef ou chœur) dans une église,
aux époques passées.
Dans un premier temps, l'édifice était
construit sans chapelle latérale. Les murs gouttereaux
s'élevaient entre les piliers, à l'extrémité
des bas-côtés, fermant ainsi l'espace.
La voûte de pierre était contrebutée
par les arcs-boutants qui restaient extérieurs
à l'église.
Pour l'ajout d'une chapelle, achetée par un paroissien
fortuné ou une confrérie, les marguilliers
vendaient l'espace extérieur situé entre
deux arcs-boutants et donnaient à l'acheteur
les normes de construction et de décoration.
Le mur gouttereau contenu entre les piliers d'entrée
de la future chapelle était démoli, ouvrant
celle-ci sur le bas-côté.
À Saint-Germain-l'Auxerrois, au XVIe siècle,
il s'agissait tout à la fois de reconstruire
certaines chapelles vétustes et d'en bâtir
de nouvelles là où les murs gouttereaux
étaient toujours en place. Encore fallait-il
trouver des paroissiens volontaires pour payer les travaux ! Même si la possession d'une chapelle privée
était très honorifique, cette recherche
de familles philanthropes était parfois très
longue. À la cathédrale Notre-Dame
d'Amiens, elle s'est étalé sur quatre
siècles.
En 1546, nous apprend l'historienne Agnès Bos,
les marguilliers de Saint-Germain-l'Auxerrois convoquèrent
l'assemblée paroissiale pour discuter des chapelles
nord du chœur, qui devaient être reconstruites.
La fabrique voulait bien avancer l'argent pour lancer
le chantier, mais les généreux donateurs
devaient prendre le relais. Personne ne se manifesta
et on s'arrêta là.
En 1569, c'est-à-dire une génération
plus tard, les marguilliers remirent le sujet sur la
table. Cette fois, ils réussirent à trouver
deux volontaires et les deux chapelles nord près
du transept furent édifiées. Avec usage
concédé aux donateurs. Et l'on s'en tint
là.
En 1580, trois nouveaux paroissiens se signalèrent,
dont l'un était membre de la fabrique. Un contrat
fut passé avec Nicolas Delisle, maçon
juré du roi, et son fils pour ces trois chapelles
supplémentaires et la reconstruction du bas-côté
«extérieur».
Bon an, mal an, le côté nord du chœur
et ses chapelles put être achevé vers la
fin du XVIe siècle.
Pour assurer l'homogénéité de l'ensemble,
le contrat imposait le style architectural : Nicolas
Delisle dut copier les deux chapelles déjà
bâties du côté du transept. De fait,
toutes les chapelles nord se ressemblent, notamment
dans leurs voûtes. (Celles du côté
sud ont des voûtes très diverses - voir
plus
bas.)
Le visiteur de l'église tirera avantage à
déambuler dans le double bas-côté
nord du chœur. Il y admirera trois chapiteaux de
style classique ornés d'oves et de chérubins.
C'est déjà le style de l'époque.
Deux sont donnés ci-contre et ci-dessous. Il
n'y a rien de ce genre dans le déambulatoire
sud dont le bas-côté extérieur date
de la première décennie du XVIe siècle.
Détail architectural : les piles ondulées
à l'entrée des chapelles sont très
massives (photo plus haut, ci-contre), ce qui est rare
pour des piles qui ne soutiennent pas une charge imposante.
Autre détail : ou bien les consoles qui reçoivent
la retombée des arcades à l'entrée
des chapelles nord ne sont que des cônes très
sommaires (flèche bleue dans la photo plus haut,
ci-contre) ; ou bien les retombées pénètrent
assez maladroitement dans le pilier via ce qu'Agnès
Bos appelle «une grosse sorte de nervure en forme
d'obus» (flèche rouge dans la photo ci-dessous,
à gauche).
Une seule console se distingue : la chapelle Sainte-Clotilde
(qui jouxte le bras nord du transept)
possède une console à style floral, enrichie
d'une tête d'angelot. Elle est donnée plus
bas.
Source : Les églises
flamboyantes de Paris d'Agnès Bos, éditions
Picard, 2003.
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Chapiteau de style classique avec un chérubin souriant.
Déambulatoire nord. |

Le déambulatoire nord vu depuis la croisée
et ses chapiteaux Renaissance avec leurs angelots. |
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Arc triomphal de la chapelle Notre-Dame de la Bonne-Garde.
On y trouvait au XVIIe siècle le monument
funéraire des Rostaing.
On remarquera le bas-relief à la gauche du vitrail. |

Baie 19 : saint Louis
Atelier Joseph Vigné, 1845, carton de Jules Quantin.
Chapelle Notre-Dame de la Bonne-Garde. |
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Chapelle Saint-Vincent de Paul.
Déambulatoire nord.
On remarquera la verrière de l'atelier Joseph Vigné,
datée de 1845,
la voûte d'ogives et, à l'entrée, la belle
grille de clôture.
Toutes les chapelles nord du chœur ont le même style
de voûte. |
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| LE DÉAMBULATOIRE SUD ET SES CHAPELLES |
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Le double bas-côté sud vu en direction du chevet.
Bas-côté intérieur : XIVe siècle.
Bas-côté extérieur : charnière XVe-XVIe
siècle.
Deux piliers de section carrée cassent l'alignement des
piles cylindriques qui les précèdent.
On ne connaît pas l'analyse des charges qui a conduit
à bâtir ces piliers qui semblent plus massifs que
les autres. |
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Le
déambulatoire sud et ses chapelles (2/2).
---»» Ce sont d'abord trois peintures murales réalisés
par Victor-Louis Mottez (1809-1897), datées des années
1840-1847. Deux
sont données ici.
Mais la plus belle pièce est sans aucun doute une Vierge
à l'oiseau en bois polychrome de l'École troyenne,
datée du XVe siècle. La statue trône au milieu du décor
néo-gothique de l'ancienne
petite sacristie pour les chapelains.
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Le
déambulatoire sud et ses chapelles (1/2).
La construction du bas-côté «intérieur»
du déambulatoire sud est datée du XIVe
siècle ; celle du bas-côté «extérieur»
remonte à la charnière XVe-XVIe siècle.
La présence de ce bas-côté a permis
de bâtir, dès la première décennie
du XVIe, les trois chapelles latérales proches
du croisillon sud du transept.
Aucun chapiteau ne vient orner le double-bas-côté
sud. Dans la photo ci-contre, les deux piliers proches
du chevet ont une section carrée, alors que la
norme dans les déambulatoires nord et sud est
en cylindre. Cette anomalie reste inexpliquée.
Le visiteur curieux constatera que, contrairement à
celles des chapelles nord, les voûtes des chapelles
sud suivent chacune un dessin propre. On en donne ici
deux (ci-dessous et dessous
à gauche). Il est problable qu'elles ont
un fondateur différent (et qu'il a pu choisir
son style de voûte) : c'est ainsi qu'Agnès
Bos dans Les églises flamboyantes de Paris
(Picard, 2003) explique cette diversité.
Hormis ces voûtes, les chapelles paraissent très
semblables. La fabrique a dû imposer des règles
pour éviter des disparités trop fortes.
Le double bas-côté sud offre quelques œuvres
artistiques que le bas-côté nord ne possède
pas.
---»» Suite 2/2
ci-dessous.
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La voûte à liernes et tiercerons de la chapelle
Saint-Pierre. |
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Voûte de la chapelle des Saints-Apôtres. |

Baie 12 : Jésus et les douze apôtres.
Atelier de Lusson, 1846, carton de Viollet-le-Duc.
Chapelle des Pères et docteurs de l’Église. |
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Saint Pierre mis en croix
---»»»
Auguste Charpentier (1813-1880)
Chapelle Saint-Pierre.
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Les trois Vertus théologales : Espérance, Foi et Charité
peintes par Jules Quantin (1810-1884) en 1857.
Chapelle des Saints-Apôtres. |

Le Christ remettant les clés du royaume à Pierre
Copie d'un tableau d'Alonso Cano (1601-1667)
Chapelle Saint-Pierre. |
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| LE TRIPTYQUE MARIAL DU DÉAMBULATOIRE SUD |
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L «Triptyque marial» dans le déambulatoire sud.
Il est constitué de parties d'un retable du XVIe siècle
illustrant la Vie de la Vierge et la Genèse. |

Dieu introduit Adam et Ève au jardin d'Éden
Panneau peint du triptyque marial.
École française, années 1510-1530. |

La Vierge de l'Annonciation, détail.
Panneau peint du triptyque marial.
École française, années 1510-1530. |

Présentation de Marie au temple, détail : Anne et Joachim.
Triptyque marial des années 1510-1530. |
|
Triptyque
marial.
Cette très belle œuvre du XVIe siècle
est malheureusement incomplète.
Rattachée à l'École française
(elle est présentée parfois comme venant de
l'École flamande), elle est datée entre 1510
et 1530. Confisquée durant la Révolution, elle
a ensuite été vendue.
Après le sac
de l'église en février 1831, la paroisse
a acheté de nouveaux ornements, dont ce retable en
bois doré et peint. Cependant, toute la partie centrale
en bois sculpté était manquante, c'est-à-dire
un tiers du triptyque tel qu'on le voit actuellement.

Le retable actuel représente, sur deux des panneaux
peints extérieurs, l'histoire de la Faute originelle.
Sur tout le reste (ce qui constitue l'essentiel du triptyque),
on y découvre des Scènes de la Vie de Marie
et de sa légende.
Notons parmi les épisodes légendaires de la
Vie de Marie, un panneau sculpté en bois illustrant
saint Luc peignant le portrait de la Vierge (donné
ci-contre) et un miracle de Marie : le pendu sauvé
(donné ci-dessous.)
|
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Saint Luc peint le portrait de la Vierge.
Triptyque marial des années 1510-1530. |

Un miracle de Marie : le pendu sauvé.
Panneau en bois sculpté et doré du triptyque marial
des années 1510-1530.
École française ou flamande. |

Ces deux piliers du déambulatoire sud semblent
avoir eu un rôle qui est inconnu.
À l'arrière-plan, la chapelle des Saints-Apôtres.
On y remarque un tableau
dont le thème est mystérieux. |

Vierge à l'oiseau
École troyenne, XVe siècle.
Elle provient de l'hôpital de Brienne,
près de Troyes. |

Porte de l'ancienne sacristie.
Fresque de Victor-Louis Mottez (1809-1897) :
: «M. de Merson, curé de Saint-Germain l'Auxerrois, mettant
sous la protection de saint Germain et de saint Vincent
la restitution de l'église.» |

Baie 14 : Saint Pierre.
Atelier Lusson, 1865, carton de Viollet-de-Duc.
Chapelle Saint-Pierre. |

Ancienne petite sacristie pour les chapelains.
La porte néo-gothique est dominée par une statue
de la Vierge à
l'oiseau de l'école troyenne du XVe siècle.

Une autre Vierge de l'École troyenne est la Vierge
au raisin
de la basilique Saint-Urbain à Troyes. |

Tableau au thème non précisé.
Chapelle des Saints-Apôtres.

Le site Web de l'église ne donne aucune information sur
ce tableau dont le thème est assez mystérieux.
Est-ce saint Norbert montrant
un corporal taché du sang du Christ ? |

Saint Martin partageant son manteau avec un pauvre
Fresque de Victor-Louis Mottez (1809-1897)
datée des années 1840-1847.
Porte de l'ancienne sacristie. |

La Consécration de sainte Geneviève, 1818.
Jacques-Augustin Pajou (1766-1828)
Chapelle des Pères et Docteurs de l’Église. |
| LE CHEVET ET SES CHAPELLES |
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Le déambulatoire du chevet ouvre sur cinq chapelles.
Premier quart du XVIe siècle. |
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Le déambulatoire le long du chevet n'a qu'un seul collatéral.
Au fond, l'ancienne tribune
de la reine Marie-Amélie et
la chapelle Sainte-Geneviève (non donnée dans cette page). |
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Le
chevet (1/2).
Pour l'historienne Agnès Bos dans Les églises flamboyantes
de Paris (Picard, 2003),
aucun document n'indique la date de construction du
déambulatoire qui court le long du chevet. Cependant,
par déduction avec d'autres éléments d'architecture,
on peut affirmer qu'il en existait déjà un avant le
XVIe siècle.
Le chevet fut refait au début du XVIe en même que ses
chapelles. La magnifique interpénétration des voûtes
en étoiles aux extrémités nord et sud du chevet (voir
plan ci-dessus)
en apporte la preuve : il s'agit à l'évidence d'un même
programme architectural. Le maître maçon a réalisé là
une prouesse qu'il est malheureusement impossible d'apprécier
à sa juste valeur. Personne ne peut avoir assez de recul
pour obtenir une vision globale meilleure que celle
offerte par la photo ci-contre, pourtant obtenue avec
une très faible focale.
On pourra se reporter au chevet de l'église Saint-Pierre
à Caen
pour admirer un travail du même style. Dans le chevet,
le maçon, au début du XVIe siècle, a dû relier un sanctuaire
à quatre pans à un déambulatoire à cinq chapelles rayonnantes.
---»» Suite 2/2
à gauche.
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| CHEVET : CHAPELLE DES SAINTS-PATRONS (ou CHAPELLE
SAINT-JEAN L'ÉVANGÉLISTE) |
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Chapelle
des Saint-Patrons (ou chapelle Saint-Jean l'Évangéliste).
En 1519, les maçons Louis Poireau et Pierre
Moreau s'engageaient à construire les deux chapelles
qui entourent la chapelle d'axe, dont la chapelle des
Saints-Patrons fait partie. À l'époque, ces maçons étaient
reconnus parmi les meilleurs en activité à Paris.
La voûte de cette chapelle et son débordement sur le
déambulatoire présentent un magnifique réseau de deux
étoiles d'ogives qui s'interpénètrent (ci-contre) sur
un fond bleu foncé orné de petites étoiles dorées (voir
plan).
Le mobilier le plus intéressant est le monument funéraire
de Tristan et Charles de Rostaing. Père et fils furent
conseillers du roi et bienfaiteurs de la paroisse. L'œuvre,
datée de 1659, est due au ciseau du sculpteur Philippe
de Buyster. Selon Louis Réau (Histoire du vandalisme,
1959), l'église a récupéré, sous la Restauration, les
tombeaux des Rostaing provenant de l'église détruite
des Feuillants, en compensation de la perte des gisants
de la famille Poncher. Ce sont très probablement ces
deux priants.
L'autre monument est un retable
en pierre de l’École française du XIXe siècle, sculpté
en 1840 par Louis Desprez (qui est aussi l'auteur des
statues du porche).
Saint Vincent et saint Germain, patrons de la paroisse,
entourent la Trinité.
Les baies reçoivent des vitraux d'Étienne Thevenot créés
dans les années 1840.
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Baie 5 : le Christ et Marie entourés de deux anges.
Atelier Étienne Thevenot, années 1840.
Chapelle des Saints-Patrons. |

Priants de Charles ( 1645) et Tristan ( 1582) de
Rostaing.
Œuvre de Philippe de Buyster, début du XVIIe siècle.
Chapelle des Saints-Patrons. |
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Chapelle des Saints-Patrons (ou chapelle Saint-Jean l'Évangéliste).
On remarquera le dessin complexe de liernes et de tiercerons
à la voûte. |

Retable de l'École française du XIXe siècle.
Saint Vincent et saint Germain, patrons de la paroisse, entourent
la Trinité.
Chapelle des Saints-Patrons. |
|

Priant de Tristan de Rostaing ( 1582), chevalier des ordres
du roi, détail.
Œuvre de Philippe de Buyster, début du XVIIe siècle.
Chapelle des Saints-Patrons. |
| CHEVET : CHAPELLE DU TOMBEAU |
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Baie 0 : scènes de la Passion du Christ copiées
sur des vitraux de la Sainte-Chapelle.
Atelier Louis Steinheil, 1838, cartons de Lassus et Didron Aîné.
Chapelle axiale dite «du Tombeau». |

Baie 0, scènes de la Passion du Christ, détail
: la Cène.
Atelier Louis Steinheil 1838,
Carton de Lassus et Didron Aîné.
Pastiche d'un panneau de la Sainte-Chapelle. |

Autel de la chapelle du Tombeau
et son Christ mort du XVIe siècle. |
|
Jésus
aux limbes après sa mort.
La baie 2 de la chapelle du Tombeau illustre des épisodes
de la Passion et ceux survenus après la Résurrection.
L'un des panneaux (donné ci-dessous) montre Jésus
descendu aux limbes. Ce thème, apparu au Moyen
Âge, est souvent présent au sein des épisodes
de la Vie du Christ après sa mort.
Confondant sans doute le purgatoire et les limbes des
Patriarches, le cartonnier a représenté
des âmes souffrantes au milieu des flammes. Rappelons
que les limbes correspondent à l'endroit situé
devant l'entrée des Enfers, où les Justes
attendent de rentrer au Paradis. Un Paradis dont le
péché originel a scellé la porte.
Il n'y a là nulle punition, mais l'idée
médiévale était que Jésus
devait être le premier à rentrer dans le
Royaume céleste, ouvrant ainsi la porte aux Justes.
Donc ceux-ci devaient attendre la Résurrection.
Les flammes où baignent les Justes n'ont pas
à être représentées ici.
Ils n'ont pas de mine attristée non plus, bien
au contraire.
Toutefois, le Dictionnaire critique de théologie
(PUF, 2016) indique que, pour saint Bonaventure, le
limbe des Pères est bien un lieu infernal, mais
qu'il s'agit d'un enfer habité par une espérance
(!) Ce qui est un concept paradoxal. On se souvient
du panneau suspendu devant la porte de l'Enfer de Dante
: Que celui qui entre ici abandonne l'espoir.
Soulignons que l'atelier d'Étienne Thevenot se
permettait parfois quelques anachronismes ou des irrégularités
en peignant des événements peu connus
du récit biblique. On donne ci-après un
tableau
(qui n'est pas dans l'église Saint-Germain-l'Auxerrois)
daté de 1620 et d'un peintre inconnu, illustrant,
de correcte manière, la Descente aux limbes.
Sur le même thème, l'église parisienne
de Notre-Dame-de-la-Croix-de-Ménilmontant (20e
arr.) offre un très beau tableau de Pierre-François
Delorme (1783-1859) : Jésus
descendant aux limbes. Cette œuvre illustre
très bien le côté majestueux et
solennel de cet événement.
|
|

Baie 0, détail : Jésus est arrêté,
détail.
Pastiche d'un panneau de la
Sainte-Chapelle du XIIIe siècle. |
Clé de voûte de la chapelle du Tombeau.
Armoiries de Jehan Tronson. |
|
| CHEVET : CHAPELLE DU TOMBEAU |
|

Chapelle axiale, dite du Tombeau, et ses vitraux du XIXe
siècle (photo prise en 2022). |
|
Chapelle
axiale dite «du Tombeau».
En décembre 1504, les marguilliers autorisèrent le marchand
drapier Jean Tronson, lui-même ancien membre de la fabrique,
à faire construire une chapelle dans l'axe du chœur.
L'historien Maurice Dumolin indique que Jean Tronson
était le beau-père de Pierre de l'Estoile, connu pour
ses chroniques écrites à Paris
pendant les guerres de Religion. Agnès Bos signale dans
Les églises flamboyantes de Paris que, avant
la chapelle de Jean Tronson, il n'y avait qu'un simple
mur qui fermait l'axe. «Tronson reçut l'autorisation,
écrit-elle, de faire détruire le mur de l'église au
chevet et les maisons qui se trouvaient derrière.».
Dumolin précise que, jusqu'à cette démolition, un autel
dédié à Notre-Dame était dressé entre les deux gros
piliers où venaient s'appuyer les arcs-boutants du chevet.
La nouvelle chapelle fut le siège de la confrérie des
drapiers. L'état de cette chapelle est, en 2022, très
dégradé. Si elle était restaurée, on la verrait «assez
élégante avec ses fines colonnettes recevant les ogives
de la voûte et engagées dans des supports plus massifs»
[Agnès Bos]. La photo ci-dessus le montre : il faut
de la bonne volonté pour goûter au charme de cette chapelle
telle qu'on la voit actuellement...
Jean Tronson imprima sa marque : la clé
de voûte porte ses armoiries et, sur la façade extérieure,
c'est sans doute lui qui a fait sculpter ces étranges
carpes découpées en tronçons qui forment un liseré
au-dessus du premier niveau externe de la chapelle.
Au soubassement de l'autel gît un Christ
mort (XVIe siècle) qui est le seul reste d'une ancienne
Mise au Tombeau qui a valu son nom à la chapelle. Sur
les murs, les peintures à la cire sont de Louis-Auguste
Couder (1844) : l’Adoration des bergers et l’Arrivée
des mages.
Les vitraux, cassés lors du sac
de l'église en février 1831, ont été remplacés par
des créations de Louis Steinheil (pour la baie 0), puis
de l'atelier d'Étienne Thevenot pour les baies 1 et
2. La baie 0, donnée ci-contre, illustre des scènes
de la Passion sur un carton de Lassus et Didron. C'est
une copie d'un vitrail de la Sainte-Chapelle.
Entièrement payé par le curé de Saint-Germain-l'Auxerrois,
l'abbé Demerson, ce vitrail est historiquement le premier
vitrail archéologique de l'église. Il fut même le déclencheur
qui conduisit, en juin 1838, l'administration parisienne
à libérer des fonds pour enrichir l'édifice d'autres
vitraux archéologiques. Le Préfet de la Seine, Claude-Philibert
de Rambuteau, ne voulait pas laisser l'abbé Demerson
isolé : l'État devait appuyer de ses deniers cette louable
volonté de décorer une église saccagée. Étienne Thevenot
fut reconnu comme particulièrement compétent pour cette
tâche. En 1844, quatorze nouveaux vitraux avaient été
posés dans le chœur,
essentiellement réalisés par son atelier.
Sources : 1) Les églises
flamboyantes de Paris d'Agnès Bos, éditions Picard,
2003 ; 2) Les églises
de France : Paris et la Seine, article de Maurice
Dumolin, 1936 ; 3) Le
vitrail à Paris au XIXe siècle d'Élisabeth Pillet,
Corpus Vitrearum, 2010.
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Baie 1, détail : La Transfiguration
Atelier Étienne Thevenot, vers 1840.
Chapelle du Tombeau. |
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Saint Antoine de Padoue ---»»»
avec l'Enfant-Jésus.
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La
critique du pastiche au XXe siècle.
Après le premier conflit mondial, un style nouveau s'empara
timidement des maîtres verriers. La nouveauté se répandit
de plus belle après le second conflit. Conséquemment,
la critique du pastiche pratiqué au XIXe siècle devint
acerbe. Dans l'ouvrage Le vitrail français, paru
en 1958, l'historien Jean Taralon expose clairement
ses griefs.
Au XIXe siècle, il était admis que le XIIIe était la
période «où l'art gothique avait atteint son sommet,
aussi bien en vitrail qu'en architecture», écrit-il.
À Saint-Germain-l'Auxerrois, les pouvoirs publics aidant,
on dérogea à la règle de l'unité des styles en demandant
à Lassus le dessin d'un pastiche du XIIIe siècle pour
la baie centrale (n°0) de la chapelle axiale.
Le but était, comme l'expliquait Édouard Didron, «de
montrer plus aisément l'excellence et la supériorité
du style [du XIIIe siècle].» Lassus pasticha plusieurs
panneaux d'un vitrail de la Sainte-Chapelle. Jean Taralon
écrit : «Après les essais manqués de Brongniart [directeur
de la manufacture de Sèvres],
c'était la première réalisation de cet ordre, et on
l'avait beaucoup admirée, bien que l'emploi d'un bleu
trop poussé, juxtaposé, sans l'intermédiaire d'un filet
blanc, à un rouge, lui donnât dans les champs un ton
violet désagréable.»
Ce procédé de la copie fit école : quand des panneaux
manquaient dans une baie, on prit le parti de compléter
le programme iconographique ou stylistique par des pastiches
sans se soucier de l'équilibre dans la distribution
de l'éclairage.
L'historien poursuit : «Les hommes du XIXe siècle étaient
moins attentifs à l'aspect sensible du problème qu'à
son côté intellectuel. Et le rôle monumental du vitrail
paraissait assuré à ces architectes et à ces archéologues
lorsqu'il satisfaisait aux règles de la doctrine qu'ils
avaient établie, même si, comme il arrive souvent, le
résultat, malgré cette soumission à l'iconographie,
au style, à l'échelle, voire aux coloris, était au contraire
de trahir l'architecture qu'elle prétendait respecter,
par une mauvaise distribution des effets lumineux.»
Pour Jean Taralon, le problème des verrières à restaurer
a été mal posé au XIXe siècle parce qu'on l'a confié
aux chimistes, aux théoriciens et aux archéologues alors
qu'il aurait dû être traité par les architectes, les
peintres ou les esthéticiens. Ces derniers se seraient
posé la vraie question : quel rôle joue l'atmosphère
colorée d'une paroi translucide dans un édifice ?
Il écrit ainsi : «Le vitrail d'axe de Saint-Germain-l'Auxerrois,
avec ses verres teints, sa composition iconographiquement
et architecturalement irréprochable, a utilisé toutes
les recettes qui faisaient les bons vitraux du XIIIe
siècle. Et c'est un mauvais vitrail du XIXe.»
Il prend l'exemple de la verrière de la Descente
de croix réalisée par Engrand le Prince à la cathédrale
de Beauvais en 1522 : c'est un très beau vitrail
parce qu'il participe «à ce qu'il y a de meilleur dans
l'art de son temps». «Relier l'art du vitrail à l'art
vivant, c'est là le secret perdu, conclut-il, (...)
et c'est ce secret-là que les spécialistes du XIXe siècle
ne surent jamais découvrir.»
Source :
Le Vitrail français, éditions Mondes, 1958.
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Baie 2 : scènes de la Vie de Jésus
Passion et après sa Résurrection.
Atelier Étienne Thevenot, vers 1840. |

Baie 1, détail : les Noces de Cana, détail
Atelier Étienne Thevenot, vers 1840. |
| Vitraux de la
chapelle du Tombeau (pastiches des vitraux du XIIIe
siècle). |
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Baie 0 : Jésus au jardin des Oliviers.
Pastiche d'un panneau de la Sainte-Chapelle du XIIIe siècle.
Atelier Louis Steinheil 1838, carton de Lassus et Didron Aîné. |
«««--- Baie 2 : Jésus
descend aux limbes, détail.
Chapelle du Tombeau.
Atelier Étienne Thevenot, vers 1840.
Voir le texte ci-dessus. |
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Baie 1 : Entrée du Christ à Jérusalem.
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Baie 1 : La résurrection du fils de la veuve de Naïm.

Chapelle du Tombeau.
Atelier Étienne Thevenot, vers 1840. |
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La Descente de Jésus aux limbes
Dans le style du peintre Van den Broeck, panneau de chêne, vers 1620.
En dépit de la présence de deux démons, Jésus
n'est pas dans les enfers, mais juste devant leur entrée.
CE TABLEAU N'EST PAS DANS L'ÉGLISE SAINT-GERMAIN-L'AUXERROIS.
|
| CHEVET : CHAPELLE DE LA BONNE-MORT (ou CHAPELLE
SAINT-ROCH) |
|

La chapelle de la Bonne-Mort (à gauche) et la chapelle Saint-Landry
(à droite) dans le déambulatoire.
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Baie 4, détail : Tobie
---»»»
Atelier Étienne Thevenot, 1847.
Chapelle de la Bonne-Mort.
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Baie 8 : saint Pierre.
Atelier Étienne Thevenot, 1847. |

La chapelle de la Bonne-Mort (ou chapelle Saint-Roch)
Autel, vitraux et statues sont du XIXe siècle. |

La Mise au tombeau
Henri-Joseph Triqueti (1804-1874)
Chapelle de la Bonne-Mort. |

Baie 6, détail : saint Joseph, la Vierge, le Christ
et saint Michel.
Atelier Étienne Thevenot, 1847. |

Statue de sainte Philomène (XIXe siècle)
par Dominique Molchneht, 1841.
Chapelle de la Bonne-Mort. |

Piéta de Bonnardel, détail.

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Hippolyte Bonnardel a ciselé
un visage plein de compassion, mais qui, aussi, est
concentré sur le geste précis qui doit
retirer la couronne d'épines de la tête
du Christ.
Dans le même ordre d'idée, on pourra voir
à l'église du Saint-Esprit (Paris, 12e
arr.) l'admirable expression donnée à
la Vierge par le sculpteur Jacques Martin (1885-1976)
dans le haut-relief de la Mort
de Joseph.
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Chapelle
de la Bonne-Mort ou chapelle Saint-Roch.
Comme pour la chapelle
des Saints-Patrons, la construction de la chapelle
de la Bonne-Mort (avec sa superbe voûte en étoile)
a démarré en 1519. On y voit trois œuvres
intéressantes :
- Une Mise au tombeau d'Henri Triqueti datée
de 1841 et réalisée à partir d’un dessin
de J-B Lassus (donnée ci-contre) ;
– Une Pietà
d'Hippolyte Bonnardel daté de 1859 ;
– Une statue de sainte
Philomène par Dominique Molchneht, datée
de 1841.
Les trois baies reçoivent des vitraux d’Étienne
Thevenot, datés de l'année 1847.
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La voûte à liernes et tiercerons de la chapelle
de la Bonne-Mort. |

Chapelle Saint-Roch : Piéta d'Hippolyte Bonnardel (1824-1856)
D'un geste appliqué, la Vierge retire la couronne d'épines
de la tête du Crucifié.
Chapelle de la Bonne-Mort. |
|
| CHEVET : CHAPELLE SAINT-LANDRY |
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Chapelle Saint-Landry. |

Peinture du XIXe siècle sur l'autel, détail.
Le Christ est entouré de Clovis II, sainte Bathilde,
saint Landry et Erchinoald. |
|
|
Chapelle
Saint-Landry.
Landry était évêque de Paris
au VIIe siècle. Il aurait fondé l’Hôtel-Dieu. L'iconographie
le représente en habit pontifical, tenant une crosse.
Son attribut est le pain qu'il distribue aux pauvres.
La fresque
de Joseph Guichard (1806-1880) le montre nourrissant
le peuple parisien pendant une famine.
Œuvres d'art de la chapelle (XIXe siècle) :
– Au-dessus de l'autel, une peinture d'un Christ en
croix entouré de quatre anges avec Clovis II, son épouse
sainte Bathilde, saint Landry et Erchinoald ;
– Le gisant d’Étienne II Aligre ( 1633) et le
priant d'Étienne III Aligre ( 1677), tous deux
ont été chancelier de France ;
– Des peintures de Joseph Guichard, datées de 1843,
illustrant la vie et les miracles de saint Landry.
Les vitraux (atelier d’Étienne Thevenot) sont à thème
géométrique.
|
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Étienne III d'Aligre (1592-1677)
par Laurent Magnier (1618-1700)
Chapelle Saint-Landry. |
|

Statue d'Étienne II d'Aligre (1550-1635) au premier plan.
Peinture murale représentant des épisodes de la vie
de saint Landry par Joseph Guichard (1806-1880).
Chapelle Saint-Landry. |

Étienne II d'Aligre (1550-1635), détail.
par Laurent Magnier (1618-1700).
Chapelle Saint-Landry.
|

Landry nourrit le peuple de Paris pendant une famine,
Tableau daté de 1843.
Joseph Guichard (1806-1880).
Chapelle Saint-Landry. |

|
|
«««--- Landry nourrit
le peuple de Paris pendant
une famine, détail.
Joseph Guichard (1806-1880)
Chapelle Saint-Landry.
Le peintre a appliqué
- ostensiblement -
les règles de décence
en vigueur dans les églises.
|
|
|
La
décence.
Quand ils dessinaient des êtres humains dans des œuvres
religieuses, les peintres du XIXe siècle respectaient
la plupart du temps des règles de décence, surtout quand
ces œuvres étaient exposées dans des églises sous forme
de peintures murales ou de vitraux.
On voit ci-dessus que Joseph Guichard (1806-1880) a
soigneusement couvert le téton de la femme souffrant
de famine, par la main de son nourrisson.
Ève est bien sûr l'exception : il arrive de voir son
arrière-train ou sa poitrine exhibés sans complexe par
le peintre. Ainsi à l'église parisienne de Saint-Vincent-de-Paul
: pour décorer le porche, l'artiste Pierre-Jules Jollivet
peint, entre 1845 et 1859, des plaques de verre émaillé
illustrant la Genèse. Et ne cache rien des seins de
la première femme ! Ajoutons quand même que ces
dessins furent jugés inconvenants et retirés de la façade
en 1861...
Un autre exemple est donné à l'église Saint-Vaast
à Béthune. Dans un vitrail réalisé par l'atelier Champigneulle
sur un carton d'Henri Pinta, à la fin des années 1920,
un ange chasse Adam et Ève du Paradis. La tenue d'Éve,
que l'on voit de dos, pourrait être qualifiée de très
«sexy» puisqu'un petit feuillage laisse visible la raie
des fesses.
On ne sait quel jugement a été porté à l'époque sur
ce vitrail, posé, qui plus est, dans l'abside !
|
|
|
 |
Documentation : «Paris d'église
en église», éditions Massin, 2007
+ «Les églises de France : Paris et la Seine»,
Librairie Letouzey et Ané, 1936
+ «Les églises flamboyantes de Paris» d'Agnès
Bos, éditions Picard, 2003
+ «Saint-Germain l'Auxerrois», dépliant disponible
dans l'église
+ Site Web de l'église : saintgermainlauxerrois.fr
+ «Le vitrail à Paris au XIXe siècle» d'Élisabeth
Pillet, Corpus Vitrearum, P.U.R., 2010
+ «Les vitraux de Paris, de la Région Parisienne et du
Nord-Pas-de-Calais», Corpus Vitrearum, CNRS, 1978
+ «Vitraux parisiens de la Renaissance», Délégation
à l'Action artistique de la Ville de Paris, 1993
+ «Mémoires au sujet des vitraux anciens dans les églises
de Paris» de M. Lafaye, 1871
+ «L'Art de Paris» de Jean-Marie Pérouse de Montclos,
éditions Place des Victoires, 2008
+ «Dictionnaire des Monuments de Paris», éditions
Hervas, 1992
+ «Mgr de Quélen et les incidents de St-Germain-l'Auxerrois
en février 1831» de Guillaume de Bertier de Sauvigny,
Revue d'Histoire de l'Église de France, 1946. |
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